27.09.2021 – Chronique du lundi

27 septembre 2021 § 5 Commentaires

La vie en rose…

Amies et amis internautes, peut-être aussi auditrices et auditeurs bien qu’à cette heure avant l’aube je ne me sois pas encore décidé à parler dans un micro aujourd’hui, nous sommes le 27 septembre 2021, il est 5h30 à l’heure où je commence l’écriture de cette nouvelle chronique du lundi, et je vous souhaite bien le bonjour sur mon site, ou ailleurs peut-être plus tard en écoute…

De retour à l’ombre des platanes de notre bon vieux Canal del Miègjorn, le vent d’Autan a soufflé chaud en début de weekend, puis l’orage a lavé les pavés de la ville. L’air est très doux dans la pénombre de la chambre. Je suis bien à Toulouse ce matin. Les rumeurs qui bruissent de la vie naissante d’une ville industrieuse en témoignent. Des rugissements feutrés de moteurs éclatent par-ci par-là au bout de la rue vers les boulevards.

Les jours raccourcissent, mais le jour présent va bientôt pointer sa lumière à travers la fenêtre entre-ouverte. Et de Toulouse dont je vous narrais la couleur rouge la semaine dernière, avec toute la tendresse d’un vrai natif des bords de Garona, il sera encore question aujourd’hui.

Il sera question de Tolosa (les o se prononcent ou et le a final se prononce o en occitan) effectivement à l’orée de ma 6e décennie d’existence, avec cette pensée émue pour mon quartier de naissance qu’est Saint Cyprien, San Subra, saint cypr’, ce vieux quartier hospitalier de la rive gauche, peuplé d’anars espagnols autant qu’occitans. Je suis né comme beaucoup de ma génération rue des Teinturiers.
Puis j’ai vécu ensuite rue Viguerie. Bon, à tout vous avouer je n’ai vécu que très peu de temps, quelques mois tout au plus au tout début de ma vie, dans ce quartier qui jusqu’à peu fut tant cosmopolite et si populaire.
Ceci dit j’y reste viscéralement attaché car c’était aussi le quartier où vivaient mes grands-parents, j’y trainais mes fonds de culottes courtes plus souvent qu’à mon tour. Ces grands-parents m’y ont appris une autre histoire de la ville que celle que l’on voudrait nous faire gober à travers une francisation forcée autant que mortelle et les strass d’un embourgeoisement délétère.

Et puis au long de mon existence, dans ces allers et retours que j’ai pu faire entre la capitale occitane et un ailleurs meilleur, j’y ai rencontré des chers amis comme Vinyl Vincent et son magasin d’imports. Vincent qui plus tard ouvrira le mythique Atomium de l’autre côté du Pont-Neuf sur la rive droite.
J’y ai croisé parfois Gilbert Vivien qui y déambulait tel un pelharòt avant de créer son fameux « Bleu bleu » [+] au bord du fleuve, bien en aval de l’autre côté, face à Blagnac.
J’y ai vécu quelques mois d’un de mes premiers amours dans un appartement du côté de la rue de la République.
J’y ai furtivement bossé à dessiner illustrations et bd dans un journal joliment intitulé « Bouduc » qui se voulait un magazine branché et moderne, toutefois financé par d’obscurs revenus d’une industrie pornographique de basse qualité.
Tout cela se passait avant 1983 alors que j’étais étudiant en art faisant croire que j’apprenais le droit et les langues pour donner le change à une famille qui souhaitait me voir apprendre un métier honorable. Ou encore pour satisfaire des amis qui détestaient l’arrogance des élèves des Beaux-Arts et préféraient pour parler d’art l’université au bout de la ligne 148.

Je suis revenu au cœur de cette rive gauche toulousaine, dix ans plus tard pour installer quelques temps mon atelier rue Saint Nicolas, dans des locaux et en la compagnie d’une agence de journalistes et photographes qui œuvraient dans la chronique musicale (pour les Inrocks, ou Jazz Magazine par exemple). Cette agence me faisait bosser parfois sur quelques créations graphiques à destination de leurs clients. J’avais même créé leur logo dans un style très naturellement hispanique. Comme tout ce qui imprégnait ce quartier, le local était peuplée de bons anars occitanistes sur lesquels l’Espagne poussait un peu sa corne.
Un peu arnaqueurs aussi il faut être honnête, mais c’était trop chouette de refaire le monde devant un pichon còp de vin ou una cervesa au soleil d’une étroite terrasse de bar de quartier, dans ces rues et placettes qui avaient pris les couleurs de l’Afrique de l’Ouest.

Aujourd’hui les ruelles typiques de ce vieux quartier de ville du Sud sont lâchées à la voracité de la meute immobilière. Exit les pauvres, les moches, exit la mixité sociale et ethnique, s’acabèt la memòria del quartièr, bienvenue aux forts pouvoirs d’achats blonds aux yeux bleus fantasmés… Ça fait mal, et je vais arrêter là cette histoire en bordure de prairie des filtres. Cette histoire de mes jeunes souvenirs et de mémoires de ville dite rose.
Une ville rose que je persiste voir rouge à travers ses briques et la lumière d’un soleil un peu voilé par un masque de nuages épars parfois lourds qui éclaire d’une couleur entre gris-bleu et ocre ces murs de briques qui rient de moi bienveillants de l’autre côté de la petite cour peuplée de figuiers, de palmiers, de sureaux, de troène, de lauriers ou autres glycines.

Le décor, un peu en image d’Épinal est bien planté, le déjeuner est avalé. Je reprends mes notes et reste à Toulouse.
En lisant ces notes de chronique avant de partir travailler dans mon atelier, je me dis que j’aurais déjà pu vous entretenir de l’anniversaire de l’explosion de l’usine AZF dans celle de la semaine dernière, vu que je l’écrivais la veille des commémorations. Mais à la réflexion, il y avait trop à dire et il ne fallait pas le dire trop tôt.
Revenir sur cette tragédie c’est revenir sur une déflagration qui secoua la ciutat mondina dans un Monde en plein délire de paranoïa terroriste, et pour cause juste, après la chute de deux tours à New-York. Revenir sur cette tragédie c’est revenir sur un choc traumatique qui reste gravé, indélébile, dans la mémoire de la ville.
Grâce aux miracles de la technologie, miracles très polluants (je reviendrai un jour sur le bilan carbone d’un clic), j’ai pu voir mardi dernier à travers un live FB que sous un ciel qui pleurait de toutes ses larmes, il se commémorait avec la CGT je le crois bien, le vingtième anniversaire de cette catastrophe industrielle majeure.
Pour celles et ceux qui l’auraient oublié ce même jour 20 ans plus tôt, le 21 septembre 2001, l’usine d’engrais chimique de la Grande Paroisse, filiale de Total, explosait violemment sur les paisibles bords de Garonne un peu en amont de la confluence avec l’Ariège.

Cette explosion a totalement ravagé plusieurs quartiers au Sud de la ville, et au-delà la laissant meurtrie toute entière pour des années (en bon toulousain, prononcer : aN-Nées !).
Ce qui est étonnant, depuis que j’ai l’âge de me souvenir, j’ai toujours entendu les toulousain·e·s parler des risques de l’explosion de ce complexe chimique anciennement appelé ONIA… Quelque chose qui serait monstrueux, si ça arrivait… Ça l’a été ! Comme si cette fatalité avait toujours été inéluctable.
J’étais loin de Toulouse à cette époque et donc n’ai pas vécu réellement le drame ce jour là, je l’ai vécu à distance sans les outils de communications qui nous sont si familiers à présent. Je l’ai vécu dans l’angoisse de savoir si j’allais revoir celles et ceux qui m’étaient si chers et chères. J’y suis revenu tant bien que mal dès le lendemain, non sans encombres pour y aider ces gens que j’aimais. J’y ai vu un paysage urbain dévasté peuplé de bris de verre et de visages hagards. C’était impressionnant. J’ai abondamment pleuré.

Je suis passé par les studios de Radio FMR [+], à l’époque ils se trouvaient dans l’ancien Bikini [+] cet espace de toutes les alternatives musicales, en bord du fleuve. Nous les avions installés sous la scène de cette mythique salle de concerts face au complexe chimique qui s’étalait sur l’autre rive du fleuve. Le 22 septembre 2001, la façade toute composée de grandes baies vitrées était totalement éventrée jusqu’aux murs opposés des dizaines de mètres plus loin. Les équipements étaient ravagés. Je m’attendais à y voir du sang. Les personnes sur place étaient en total état de choc, ils étaient étonnées d’être encore en vie.
C’est une constante de l’affaire, quand les toulousaines et toulousains s’expriment sur le sujet, il remonte à la surface mémorielle des tas d’anecdotes et de récits qui racontent comment beaucoup de vies ont été miraculeusement épargnées, malgré la violence de l’explosion…

Des anecdotes qui n’en sont pas et que l’on ne doit jamais effacer de nos mémoires. Il y a eu plusieurs dizaines de morts, des milliers de blessés souvent très grave. Et je trouve par exemple que l’on a vite oublié cette histoire de l’ouvrier Hassan Jandoubi, une des nombreuses victimes en première ligne, qui avait été rapidement donné comme le terroriste parfait. On lui avait fait endosser, un temps bien trop long, le costume du terroriste idéal alors qu’il a juste été un nouveau martyre sacrifié à l’autel du capital et de la productivité croissante.

D’autres explosions du même type parsèment l’histoire des industries humaines. La dernière en date, bien plus importante, encore très fraîche dans nos mémoires a dévasté un Beyrouth déjà affecté par des guerres meurtrières et surtout une énorme crise économique.
Comme à l’habitude : si nous sommes certes toutes et tous égaux comme égales face à la brutalité de la mort, ce sont les plus faibles et les classes laborieuses qui trinquent et peinent le plus à se relever. J’espère que la commémoration des 20 ans de l’explosion d’AZF rappellera au moins cela à travers nos mémoires, individuelles comme collectives.

Commémorations, je tiens à le faire remarquer, où aucun membre de notre jupitérien gouvernement n’a daigné venir représenter la compassion de la République à l’égard de la douleur de ses citoyens. Ce qui est un marqueur bien peu encourageant pour le rappel à la mémoire collective et pour la cohésion sociale. La guerre aux gueuses et gueux bat son plein, peut-on encore en douter ?

La matinée de ce premier lundi d’automne est bien entamée, le Soleil a enfin fait sa percée dans un air doux et calme d’un País de cocanha. Je vais en finir pour aujourd’hui avec la mémoire toulousaine, Vous l’aurez compris, je vous l’ai maintes fois narré, mon travail de plasticien convoque depuis longtemps très souvent la mémoire. J’y reviens régulièrement… N’ayez crainte, je reviendrai sur ces mémoires Toulousaines encore plus d’une fois je pense.

L’espace d’un repas, je vous propose de rester dans cette cité comtale mais au temps présent. En effet, il y a a deux chroniques en amont je vous entretenais de deux manifestations phares dans les domaines des arts visuels et plastiques à Toulouse. Il me fallait bien continuer à vous en parler tant elles restent importante dans le paysage toulousain. Manifestations importantes qui se trouvent à présent bien fragilisées par une politique culturelle totalement indigente.
Si je vous en parle encore, ce n’est pas que je sois un fervent thuriféraire de ces dites manifestations, car je me laisse le choix de les critiquer à ma guise, c’est juste qu’il serait tout de même bien malhonnête de ma part de les mettre de côté et de ne pas en parler, alors que je pourfend la politique culturelle pitoyable menée par les édiles de ma ville natale.
Ceci dit, je tiens à préciser que Thérèse [+] et moi n’étions pas à Toulouse mais dans la Drôme lors des inaugurations respectives de ces manifestations dont je n’ai pas encore cité les noms, mais vous l’aurez peut-être compris, il s’agit de Manifesto [+] et du Printemps de Septembre [+].
Pour le coup dans la chronique de ce jour, n’ayant pas été présent lors des pompes de leurs ouvertures ni disponible dans la semaine qui a suivi, si je peux me détacher des anecdotes propres aux mondanités événementielles afférentes à ces inaugurations, je ne pourrais pas vraiment vous conter le contenu artistique de celles-ci ni vous commenter les expositions.

Je le sais, certaines et certains pensent qu’il est dommage de ne pas être au cœur des vernissages de ce type d’événements car on pourrait y rencontrer les artistes et « avoir la chance » de discuter avec, voire discuter de ses propres propositions artistiques avec des diffuseurs potentiels, ou de faire du réseau quand on aime bien grenouiller, on peut effectivement le voir ainsi.
Ce n’est pas ma vision du panorama.
Pour moi il y a les œuvres présentées que l’on voit et que l’on appréhende dans les lieux idoines (ou non parfois !). Alors autant approcher ces labeurs artistiques comme faisant partie d’un public non privilégié, il y aura toujours des médiatrices ou des médiateurs compétents pour vous faire apprécier le travail des artistes à son juste entendement. D’autant que ces deux manifestations sont totalement gratuites d’accès. Pour tout dire, je suis jusqu’au bout contre tout privilège.
Je reviendrai donc sur ces éditions du Printemps de Septembre et de Manifesto dans une de mes prochaines chronique après avoir pris le temps qu’il faut pour parcourir et arpenter au maximum les espaces d’expositions, histoire de vous parler uniquement de l’art qui s’y déploie.

À cet instant de ma chronique, je vais me permettre une petite digression comme j’aime bien le faire depuis près d’un an. Juste pour préciser que si nous étions loin de Toulouse et ne pouvions pas être aux joyeuses parties d’ouvertures sus-citées, nous n’étions de toute façon pas invité·e·s à ces dites festivités.
On peut laisser le bénéfice au doute et le mettre sur le dos d’erreurs de listings…
Le fait est que nous ne sommes plus invité·e·s à toutes ces agapes mondaines de l’art dans la ville rose, ni Thérèse qui n’occupe plus un poste important au Château d’Eau de Toulouse pour des raisons bien connues, ni moi qui ne produit plus d’émissions sur l’art contemporain ou ne suis plus président de quoi que ce soit.
Et nous devons être honnêtes, les personnes que nous sommes ne doivent plus intéresser grand monde. Surtout quand les personnes que nous sommes ne sont dans la tête de nos congénères de l’art contemporain local que de vagues artistes. Tellement nos utilités étaient placées ailleurs pour beaucoup, dans un milieu où les rôles sont bien établis.
Alors j’ai l’air de balancer l’air de rien, comme ça, mais soyons clairs : au même titre que la semaine dernière je vous disais n’avoir rien contre les parisiens qui allaient se ruer sur l’immobilier toulousain, je n’ai rien non plus à titre personnel contre ces gens qui jouent selon cette règle du jeux un peu absurde et fermée. Je n’en tire aucune aigreur, je sais me regarder tous les matins dans la glace comme on dit.
Et puis il faut être honnête jusqu’au bout, il nous reste des amitiés solides dans le réseau. Enfin, pour clore l’aparté, je le répète encore une fois : j’ai toujours détesté cette notion de privilèges, il faut savoir rester cohérent.

Ceci dit et bien dit car il fallait l’exprimer, j’avoue tout compte fait que je préfère un Printemps de Septembre qui irrigue financièrement l’écosystème de l’art local en employant pléthore d’artistes, au moins pour les régies ou les supports de prod, qu’un Fifigrot [+] qui se commet avec une galerie dénommée par un chiffre et dont les choix très confus dénotent une faible appétence pour autre chose qu’une approche décorative de l’art.
Mais bon, comme je le dis aussi à longueur de chronique : il faut de tout pour faire un Monde de l’art !

Restons à Toulouse, pour prendre un contre exemple et pour vous dire ce que je trouve pertinent dans l’art contemporain. À cet instant, je me dois de vous parler de cette très chouette initiative d’un collectif qui se propose de travailler sur des sujets de recherche entre sciences sociales et art, ils ont ouvert une plateforme web 100 % indépendante, libre et autogérée, n’hésitez pas à vous y propulser et aussi à les aider sur enquête critique (en majuscule et tout attaché) point org [+].
J’ai eu vent de ce collectif grâce à l’excellent laboratoire d’art dans la cité qu’est l’atelier « trois‿a » [+] au cœur d’un rare quartier populaire du centre de Toulouse. « trois‿a » est un espace de travail partagé et de programmation artistique épisodique. Il est situé 3A rue de Turin, dans le quartier Bonnefoy, à Toulouse, pas loin de notre Atelier TA [+], d’IPN [+] ou encore de Lieu-Commun [+]. Encore un exemple qu’il peut y avoir de la pertinence dans l’art contemporain.

Du coup à cette heure avancée de l’après-midi, nous sommes arrivés à ce moment de cette présente chronique qui parle beaucoup d’art contemporain, où je vais quitter les berges de la Garonne pour monter (virtuellement) vers les circonvolutions de la Seine pour parler d’un emballage [+] que je ne pouvais passer sous silence.
J’ai vu en effet ces derniers jours que l’empaquetage de l’Arc de triomphe place de l’Étoile à Paris dans des toiles tissées ne passait pas de toute évidence inaperçue.
Seul·e·s les étourdi·e·s ne s’en seront pas aperçu·e·s, mais c’est bien d’une œuvre totalement posthume de Christo et Jean-Claude [+] dont il s’agit ici.
Pourquoi posthume ? Et bien il faut préciser que Jean-Claude, de son nom complet Jean-Claude Denat de Guillebon, est décédée il y a près de 12 ans déjà et son compagnon et mari de Christo Vladimiroff Javacheff est passé de vie à trépas en avril 2020.

Alors une première précision pour celles et ceux qui n’auraient pas compris les travaux d’emballages que l’on attribue au seul nom de Christo étaient l’œuvre conjointe des deux artistes qui formaient ce couple. Et c’est bien une œuvre posthume de Christo et Jean-Claude.
L’invisibilisation récurrente de La partie féminine du duo est heureusement en voie d’estompage.
Malgré tout les efforts des adeptes de la secte zemmourienne, la (trop) lente reconnaissance des femmes dans l’art est tout de même en marche.
Je tiens ensuite à préciser que je ne suis pas toujours emballé par les œuvres monumentales en art contemporain. Mais tout de même le travail qu’ont mené mains dans les mains ce couple que formaient Jean-Claude et Christo m’a toujours paru remarquable sur tout le questionnement qu’il nous amène à nous poser, comme tout simplement la place de l’être humain·e dans la nature.

Évidement, un peu comme quand Felice Varini [+] posait il y a trois ans ses cercles jaunes concentrique pour créer de nouvelles perspectives sur les murs de la cité de Carcassonne, on a droit aux cris d’orfraie des thuriféraires du bon goût contre le n’importe quoi de l’art contemporain et qui souvent sont les même qui votent fièrement Le Pen, Bertrand, Wauquiez, Estrosi, Cioti, Moudenc, Ménard ou prochainement Zemmour, la liste est longue !

Alors oui il faut se poser les questions de coûts dans ce genre d’installations, le coût de l’emballage de l’Arc de triomphe n’échappe pas à cette question [+].
Il y a aussi ce point de vue que même s’il n’a pas coûté d’argent public ce projet s’est aussi fait grâce aux avantages fiscaux accordés aux entreprises et particuliers donatrices autant que donateurs. Mais je ferai remarquer que c’est la loi depuis longtemps en France. Je voulais vous partager les arguments de celles ou ceux qui ont fait remarquer cette fiscalité avantageuse au profit de cette installation éphémère, je n’en retrouve pas les sources et les liens.
En tout cas, je trouve que les meilleurs arguments donnés le sont par Mr Mondialisation ce journal d’infos en ligne qui reste quand même bien engagé à la gauche de l’échiquier politique, c’est à lire sur sa page Facebook. Je regrette de devoir de vous envoyer chez l’infâme Zuckerberg, mais je n’ai trouvé ces textes relayés nulle part ailleurs, et en plus il vous faudra lire les commentaires de ce débat sur ce post en lien [+], j’en suis vraiment désolé, c’est la dure loi des commentaires et réponses en ligne.
Encore pire, je vous donne le lien vers un autre compte FB d’une amie artiste qui synthétise les arguments de Mr Mondialisation et qui est plus lisible sur ce lien [+], si vous ne voulez pas vous farcir la discussion sur le fil d’actu de la page du journal d’infos.

Partons des brumes françaises pour revenir dans notre Midi et surtout parlons enfin de ces fameux droits culturels dont je me suis toujours demandé ce qui couvait sous ce vocable. L’écoute de cette émission sur France Culture [+] en est peut-être un début d’explication, et comme il est dit en chapeau de l’article et du podcast : « Passer à côté des droits culturels, c’est passer à côté des droits humains fondamentaux ».
Ceci dit chez France Cul’ ils ont beau parler de droits culturels, ils n’ont pas fait très fort pour illustrer les 700 ans de la mort de l’immense Dante Alighieri [+], 5 poètes « incontournables » du moyen-âge, pas une trobaritz, pas un trobador, pas un mot sur la littérature occitane, pas un mot de langue d’oc, alors que l’on sait que l’homme de Florence avait pensé et commencé à écrire la Divine Comédie en occitan et non en italien. Et l’on se souvient que dans le chant vingt et quelques (désolé pour mon approximation) de cet ouvrage majeur de la littérature européenne, Dante rencontre Bertran de Born [+]… Et on se souvient aussi que la langue qui dominait la poésie de l’époque était ce que l’on nommait provençal (devenu occitan sur le tard), avant une bien triste colonisation française. Bon bref, Il y a sûrement prescription mais ce n’est pas terrible pour les droits culturels occitans !

Voilà que nous arrivons en fin de journée ce 27 septembre 2021 et par là même nous approchons du bouclage de cette 50e chronique du lundi.
Pour une fois, à part au sujet d’une dramatique explosion, je ne vous y ai entretenu que d’art et de culture, si ce n’est artistique, tout du moins générale,
Mes fidèles lectrices et lecteurs savent que j’use souvent dans cet exercice éditorial hebdomadaire de renvois vers des liens externes comme une revue de presse ou plutôt de clics, je tiens ici à préciser pour celles et ceux qui m’écoutent qu’il vous faudra aller sur mon site Philiipe Pitet tout attaché point com pour accéder à ces liens… Pour les autres vous y êtes déjà…

Et donc dans cette revue de recommandations à naviguer dans les édifiantes lectures que je donne régulièrement au cours de mes chroniques, j’ai eu vent il y a près d’un mois, le 30 août dernier, de la chronique d’un autre. Celle d’un médecin sur une radio du service public que je n’écoute pourtant plus depuis des décennies. Une chronique qui m’a parue juste et c’est pour cela que je souhaitais la partager.
Elle m’a paru juste car elle exprime tout à fait ce que je pense quant au bien commun qu’est la santé pour l’humanité entière. Ce médecin c’est Baptiste Beaulieu, je ne le connais absolument pas et ne sais pas sa couleur politique et la radio c’est la voix de son maître, c’est France-Inter [+]. Je vous laisse écouter pour vous faire votre propre opinion.

Ce ne sera pas ma seule sailli politico-sociale du jour, il me reste beaucoup à dire que je ne sais si je pourrai tenir ma règle de publication avant minuit à vouloir partager avec vous des informations glanées de-ci de-là à travers journaux et toile.

Tout d’abord, je ne sais pas si vous le savez, malgré toutes ces fausses certitudes colportées par tous ces gens aigris par la vie, frustrés par l’envie, apeurés par les autres et envieux de naissance, il y a quand même 13 fois plus de chômeurs que d’emplois vacants, chiffres à lire sur Libé [+].
Et si on arrêtait la surenchère ultra libérale du « quand je veux je peux », surenchère qui brosse le poil populiste de droite extrême, surenchère qui stigmatise les classes populaires pour une chasse aux pauvres toujours aussi indécente. Quand j’écris et dis cela, j’ai l’impression de me répéter à longueur de chronique. Quoi qu’il en soit, nous ne traverserons pas la rue !

Pour continuer dans ma lancée des choses à dire et à écrire aujourd’hui, je reviens à la semaine dernière où je vous disais à quel point nous vivions gouvernés par des sales énergumènes indécents autant qu’indécentes, on sait depuis longtemps que la chasse aux pauvres, comme je viens de l’écrire (et dire !), aux handicapé·e·s, aux laissé·e·s pour compte, est leur sport favori.
Cette mise au ban des personnes qui ont le plus besoin de l’aide de la société est une honte, vous pouvez retrouver un bel exemple de cette autre indécence parmi des centaines dans cet article de l’Huma [+] sur le désarroi des personnes handicapées.

Autre sujet à aborder, sans lien pour naviguer celui-ci, bien que je n’aime pas coller à l’actualité, mais tout de même : quand la mort d’un ancien ministre de François Mitterrand est annoncée et que toute la chaîne journalistique se tourne vers la Dépêche du Midi qui confirme, alors qu’il n’est pas encore décédé ce n’est pas qu’une malheureuse bourde.
Cet homme politique a fini par passer l’arme à gauche (ok mauvais jeu de mot !) quelques jours plus tard, mais son annonce prématurée est vraiment l’exemple flagrant de cette grave maladie qu’est la course au scoop qui gangrène le monde journalistique depuis toujours, et qu’elle s’est fortement aggravée depuis l’apparition du fameux 2.0 du Web. C’est dire si nous n’allons pas dans le bon sens.
La « Détresse » n’en est pas à sa 1re bévue et ce n’est sûrement pas la dernière pas besoin d’être devin pour en être certain autant que certaine, sauf que c’est tout le milieu de l’information qui se met au niveau de ce titre de PQR, je vous laisse deviner la signification qui se cache ici derrière cet acronyme…

Avant d’aller boire l’apéro, vous deviez vous attendre à ce que dans ce texte du jour je me fasse écho d’un fameux débat qui opposait un député intègre des Bouches du Rhône au fort charisme et aux vrais convictions à un éditorialiste malhonnête aux idées crapuleuses mais excellent pion dans une stratégie mise en œuvre par un bloc bourgeois qui ne cédera jamais le pouvoir à travers les urnes. Débat organisé par une non moins fameuse chaîne d’informations en continu qui pourrait tout aussi bien s’appeler « pute à clics » ou « pute à scoops »…
Et bien non ! Je n’aime pas coller à l’information je viens de le dire. Laissez-moi prendre du recul et peut-être vous dirais-je quelques mots sur ce cirque dans une prochaine chronique. Ceci dit rien n’est moins sûr.

Mais en attendant, à travers toute les vaines polémique, et les silences gênés d’une presse qui ne pourra jamais rouler pour un candidat vraiment à gauche, pour moi Mélenchon a bien fait de se confronter à ces idées nauséeuses. Il a bien fait malgré ces espèces de mères et pères la vertu en mode cathos de gauche qui nous expliquent qu’il ne faut jamais discuter avec ces gens alors que l’on sait qu’il faut combattre ces idées fascisantes au corps à corps, au pied à pied.
C’est une véritable guerre de tranchée à mener. Force est de remarquer que les seuls à mener le combat dans la dignité restent les Insoumis. Je suis loin d’être d’accord avec beaucoup de leurs obsessions notamment anti-germaniques et bien trop nationaliste style XIXe siècle, mais ils restent ce que je trouve de mieux dans les forces en présence sur l’échiquier politique français comme on dit. D’autant qu’à l’heure même tardive où je rédige cette ligne le résultat de la primaire écologiste n’est pas connue.

Tout ça me fait penser à une petite anecdote de politique intérieure allemande ce coup-ci. Mes ami·e·s allemand·e·s sont totalement hilares quand un journal français s’interroge sur le fait que pas une fois le mot islam ne fut prononcé et que le mot immigration fut quasi inexistant lors de la campagne des législatives qui vient de se dérouler Outre-Rhin. Ce journal c’est Le Parisien pour ne pas le citer, un journal bien français proche de la PQR dont je vous indiquait l’acronyme quelques considération plus haut,

Sur ce, je sens que je vais me faire couler un bon jus de tomate façon Bloody Mary pour me distraire les papilles et détendre l’atmosphère en restant rouge.

D’ailleurs le jour rougeoie aussi et se couche dans la cour. L’automne arrive vite, l’équinoxe est passé. Je lève la tête pour voir l’heure défiler, Il est tard, il est temps de dîner. J’avais noté tant de choses à dire aujourd’hui…
Ainsi comment passer sous silence cet autre trait bien particulier de notre vie politique franchouillarde et ses comportements sexistes qui s’étalent des assemblées communautaires ou locales aux plus hautes assemblées de la nation. La palme revient à un opposant à la majorité de la mairie de Paimpol, voir cet article en lien du Huffingtonpost [+] pour en savoir plus. Ou peut-être à celle de Boulogne, toujours sur cet autre article du Huffingtonpost [+].
On pourra remarquer que ça implique quasiment toujours des élus un peu mâles et conservateurs, ce qui n’est pas réellement étonnant, et il n’y en a pas qu’à droite. Mais n’oublions pas que ce sont souvent les mêmes qui fustigent les soi disant mauvais traitements réservés aux femmes des populations émigrées. On peut évaluer le chemin qui reste à parcourir entre mauvaise foi et mentalité de crapules. Zemmour n’est pas seul, il peut être rassuré.

Et dans cette ligne bien droite de la perspective conservatrice on trouve ces grosses bouses de français de souche et leur liste d’islamo-gauchistes, nous pourrions être en droit de penser que les institutions et l’état républicain réagiraient au plus haut de leur sommet afin de protéger ses citoyennes et citoyens qu’elles que soient leurs origines de ce genre d’agissements. Hélas la bienveillance vis à vis de groupuscules haineux d’un pouvoir corrompu par les idées du replis de la droite extrême il n’en sera rien fait. Je ne suis pas fan de Télérama, mais cet article [+] éclaire bien le sujet.

Heureusement à travers ces nouvelles imbéciles voire désespérantes du fil de l’actualité de notre monde contemporain, il y a quelques réjouissantes et super informations. Comme celle de ce maire communiste de Grigny, qui est devenu meilleur maire du Monde [+]. J’aime bien préciser et j’aimerais le crier plus haut et plus fort : c’est bien un maire communiste… Ouf, je peux enfin me coucher !

Pour finir, car il faut bien s’arrêter là aujourd’hui, j’ai ressorti une vieillerie : une planche de BD sans queue ni tête d’une qualité narrative approximative, dessinée pour ce fameux journal toulousain du début des années 80 auquel j’avais donc furtivement collaboré et dont je vous parlais en début de chronique. Vous pourrez en outre remarquer que la qualité de la reprographie est déplorable. Ce qui me permet de boucler avec le début de cette chronique, que’t desiri una bona setmana e disi a la setmana que ven.

Planche d’une BD // Board cartoon – Bouduc 1983

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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§ 5 réponses à 27.09.2021 – Chronique du lundi

  • Bonjour Kinou

    Magnifique chronique ( si, j’ai tout lu, peut être pas tout compris, mais tout lu) comme d’habitude

    Je voulais juste faire un commentaire, je rentre de Paris aujourd’hui, ma fille habitant dans le 16 eme (oui c’est une bourge :=)) je suis passé devant l’arc de triomphe
    Je ne critique pas l’art , nous en avons une fois discuté ensemble, tu m’avais expliqué qu’il ne fallait pas réfléchir, soit tu aimes, soit tu n’aimes pas (je résume) , donc je peux te dire sans honte : même si un monument qui commémore des victoires et donc des guerres et donc la mort de gens qui n’ont rien demandé ne m’emballe pas (pas d’allusion à la phrase suivante), je dois dire que je trouve cet emballage très moche

    Bonne soirée

    • Coucou Éric,
      Merci pour ton commentaire et surtout pour tes encouragements.
      Tu as tout à fait raison d’avoir une approche personnelle de l’art.
      Personnellement j’aime le travail de Jean-Claude et Christo, y compris cette œuvre à titre posthume parce qu’il me parle de la fragilité du Monde, et de celle de l’être humain dans celui-ci.
      Voilà en art, comme en toute autre matière, je ne suis pas prosélyte et je pense que chacune ou chacun doit pouvoir penser et aimer ce qu’il ou elle veut.
      Je t’embrasse fort
      Bonne soirée à toi aussi

  • pour avoir une idée de la langue d’oc est ce que le poète Gélu en donne une idée?

    • Bonjour,

      Merci pour votre commentaire et question.
      Première précision : je ne suis pas occitaniste et n’ai pas envie de l’être, j’ai juste trempé dans cette culture de par ma naissance toulousaine et mes études d’arts dans la Ville rose et mes fortes attaches que j’y ai tissées au long de ma vie. Je renoue avec cette langue et cette riche culture que je ne connais que à travers l’écrasante hégémonie française dans ma culture personnelle. Je renoue avec mes racines pas uniquement à Toulouse, où j’ai tout compte fait posé mes valises il y a peu, mais aussi à travers des travaux que je mène dans tout le Midi. Et enfin j’aime cette langue et cette culture car elle n’ont jamais constitué de nation (au sens des nationalismes européens du XIXe siècle).
      Je réponds à votre question (qui n’en est pas forcément une!), avec un avis totalement personnel et assumé.
      Je vous avoue que je ne connaissais pas vraiment Victor Gelu. Je connaissais son existence, mais cela s’arrêtait là. Merci de m’avoir donné l’occasion de le découvrir, et d’avoir d’avoir consulté des bribes de sa poésie, très rapidement ce matin après la lecture de votre commentaire.
      Dans tout les cas, oui et effectivement je peux dire que c’est un poète occitan : il est de Marseille. De plus il écrivait en provençal, ce qui m’amène a dire que : oui ce poète nous donne une idée de la langue d’oc. Sinon et au-delà, j’aime beaucoup les sujets sociaux qu’il approchait et qui produisent encore une lecture extrêmement moderne.
      Voilà qui me donne envie d’en découvrir plus.
      Je vous en remercie encore.
      PhP.

      P.S. Il écrivait apparemment son provençal en graphie française, ce qui était courant à l’époque (C/f chez les Félibres et les normes de la graphie mistraliennes), mais ça ne l’éloigne pas de la langue d’oc… Tout le reste reste une vaine querelle de clochers et de coqs de poulaillers !

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