04.09.2023 – Chronique du lundi
4 septembre 2023 § Poster un commentaire
Est-ce la saison des noisettes, ou simplement la rentrée sous le vent ?
Le temps légèrement incertain du weekend a cédé la place à un temps bien lourd. L’Autan s’en donne à cœur joie et souffle son air chaud par fortes rafales. L’ombre d’un retour de canicule plane sur nos têtes. D’ores et déjà nous savons que la rentrée va battre des records de chaleur malgré les dénis qui s’accumulent dans la tête de celle ou celui qui a si peur de l’avenir que sa seule stratégie sera de toujours jouer à l’autruche. Une autruche si facilement instrumentalisée par ceux et celles qui ne voient dans tout qu’opportunité de s’enrichir avec cette seule devise : « après moi le déluge ! ». Je n’aime pas faire l’autruche la tête dans le sable et le cul à l’air, alors j’ouvre les yeux et dans mon continuum espace-temps au moment où je compose le début de cette nouvelle Chronique du lundi mon éphéméride indique le 4 septembre 2023, il est 5h. Et c’est dans le noir d’une nuit finissante que je vous y souhaite une très douce bienvenue malgré les horribles nouvelles du monde qui ne manquent pas de s’étaler lamentablement sous nos regards incrédules et sur lesquelles je reviendrai tout au long de cette journée de rentrée et de noisettes.
Car c’est bien cela, nous sommes effectivement en septembre. La saison estivale s’achève et cette semaine avec ma petite famille recomposée nous voilà à nouveau bien ancrés dans la Ville rose, rentrée oblige. Ceci dit, pour vous dévoiler un peu de notre si adorable vie privée, les deux (presque) grands enfants de Thérèse [+] entament cette année pour l’un son début de cursus de collégien et pour l’autre la fin de ce même cursus. Nous voilà donc revenus dans une ville qui déplace ses monuments aux morts pour cause d’erreur dans la conception initiale du tracé d’une ligne de métro !
J’adore le petit billet bien senti sur le sujet de l’excellent maire de l’Union, commune de la banlieue Est toulousaine pour celles et ceux qui ne sauraient pas. Des mots fort à propos que vous pourrez lire en suivant ce lien [+].
Enfin pour ma part je ne suis pas encore complètement rentré sur les bords de la Garonne car quelques affaires du quotidien du moment me mobilisent en haut des collines surplombant le cours du Dadou dans le fin fond de mon bon vieux Tarn où je me suis rendu ce matin entre ces lignes. Et, pour être précis, c’est du fond de mon atelier perdu quelque part au cœur de ces fameuses collines que je compose le corps du billet de ce jour. Pas loin de là où il y a déjà presque 9 ans la police déchaînée tuait un jeune homme qui ne voulait pas voir disparaître des zones humides nécessaires à la vie. Des zones sacrifiées à la construction d’un barrage [+] aussi inutile que totalement à contre-sens de nos besoins. Pas loin de là non plus, à quelques encablures en direction sud-ouest par rapport à ma localisation géographique présente, à la limite de la Haute-Garonne et du Tarn, des arbres centenaires sont abattus [+] pour un projet d’autoroute d’un autre âge qui artificialise encore et toujours un sol qui n’en a vraiment pas besoin.
En ce qui concerne ce projet imbécile autoroutier, je ne remets pas en cause le désenclavement de Castres c’est juste qu’un véritable aménagement des routes existantes et un renforcement du fret ferroviaire entre Toulouse et Castres seraient bien mieux à propos que ce projet qui n’aura d’effet que de nous détruire encore plus pour le profit du bloc bourgeois. Je vous laisse lire ici en lien [+] cet autre réflexion du décidément excellent maire de l’Union déjà cité il y a quelques mots plus avant dans ce billet du jour. Une réflexion fort pertinente qui synthétise bien la situation aberrante dans laquelle nous plongent ces projets imbéciles.
Apprendra-t-on un jour quelque chose de l’histoire et serons-nous ainsi capable de raison ?
Heureusement loin de ce tumulte, aujourd’hui j’aime me retrouver entouré de ces vieilles et familières pierres. Le temps n’y a pas d’emprise, un peu comme un contrepoint à ce que je vous narrais la semaine dernière au sujet de ce temps qui passe inexorablement. Assis ici sur une pierre de taille, tapotant sur mon PAD, contemplant la colline en face, je sais qu’il faut juste savoir l’apprécier et en profiter avec la tendresse qui sied aux femmes et aux hommes qui aiment la vie. « Carpe diem, quam minimum credula postero » dit le célèbre vers d’un poème [+] d’Horace [+]. Ver érigé à travers les millénaires en proverbe qui parle de notre fragilité face à ce temps qui passe trop vite. Des mots bien plus optimistes que ceux de Virgile [+] dans ses Géorgiques [+] qui nous dit « Sed fugit interea, fugit irreparabile tempus, singula dum capti circumvectamur amore » et que le temps a réduit à la fameuse maxime « Tempus fugit » inscrite sur nombre d’horloges de par le monde.
Je vais arrêter de faire le petit latiniste distingué que je ne suis pas, mais alors vraiment pas ! Je vais juste poser mon regard sur ce fameux temps qui passe et, par implacable induction, poser aussi mes mots…
Des mots que je ne sais pas s’il les faut atterrés ou énervés quand on voit cette communication déployée déplorablement par le gouvernement de notre bien malheureuse République Française. Un gouvernement en pleine offensive de rentrée. Ainsi que je le disais aussi la semaine dernière : nous avons eu droit à une polémique au sujet du port d’un certain vêtement stigmatisant une population pourtant hyper minoritaire, alors qu’en France l’école, le collège, le lycée et même l’enseignement supérieur sont en lambeau et manquent plus que cruellement de moyens [+] pour relever les défis auxquels cette institution primordiale à la formation et à l’émancipation des citoyens·nes doit faire face. Mais on sent bien ici que le modèle qui pointe son nez avec une privatisation [+] de plus en plus prégnante de l’éducation nationale sous le vocable imbécile de la fameuse « start up nation » est celui qui fera l’exégèse de la gouvernance capitaliste du monde. Ce combat mortifère contre cette émancipation par l’éducation que mène le bloc bourgeois, les têtes pensantes du MEDEF [+] en figures de proue, et contre toute intelligence est bien sûr assumé par un gouvernement en roue libre.
Gageons sans risque que ces histoires stériles de vêtements ne sont que des contrefeux visant à cacher la horde des turpitudes à venir.
Petit aparté à parler de robes longues, soyons clairs il est évidemment que je suis contre tout ce qui contraint la moitié féminine de l’humanité à des règles de soumission indignes. Mais on aura bien compris aussi que le débat mené par ceux et celles qui en font les choux gras sur ce fameux vêtement n’a rien à voir avec un quelconque combat pour la libération des femmes.
Bon tout ceci dit, un bonheur n’arrivant jamais seul, dans la fabuleuse « storytelling » de rentrée gouvernementale, il y a aussi cette pantomime d’un président de la république qui invite toutes le forces en présence au parlement pour organiser un monologue [+] d’autosatisfaction. Mais surtout pour expliquer qu’il n’y a pas de soucis à rester en haut du pouvoir pour un troisième mandat [+] à l’encontre de toute règle de notre république. À travers toutes ces confusions entretenues, peut-être est-ce ainsi que meurent les républiques et naissent les dictatures. Le combat ne fait que commencer les ami·e·s si on ne veut pas que la France ressemble à une autocratie [+] à la mode Orbán. Bien sûr l’expérience fascisante du pouvoir existe ailleurs en Europe comme au Sud des Alpes, sauf qu’il ne faut pas oublier que la France, au pouvoir extrêmement pyramidal et centralisé, n’est pas l’Italie où les pouvoirs sont dilués et le risque est bien plus grand pour nos libertés fondamentales et sociales.
Il me semble qu’à ce point de ma chronique du jour il faudrait passer à autre chose que ces séquences politiques autant anxiogènes que délétères. Perdu dans mes pensées embrouillées et regardant la silhouette agreste de la colline face à moi je pense à la coupe du monde de rugby à XV masculin qui commence en fin de semaine avec un match entre l’équipe de la Nouvelle-Zélande et celle de France pour son ouverture. En fait j’avoue que j’aimais bien ce sport, j’avoue aussi y avoir un peu joué dans ma jeunesse. Je peux témoigner que dans ce fameux rugby de nos campagnes communément appelé rugby de clocher [+] malgré la « castanha » qui pouvait y régner, il y avait effectivement certaines valeurs qui s’y propageaient. On n’y jouait pas pour gagner, mais pour participer à une espèce de truc improbable qui mêlait en vrac : honnêteté, panache, courage, résistance, abnégation, altruisme, coopération, réflexion… Et j’en passe. Bref pas grand chose à voir avec la compétition proche du « Struggle For Live » individualiste que proposait le football.
Et puis un jour il y a eu l’idée que ce sport deviendrait un spectacle mondialisé qui pourrait devenir un objet de profit capitaliste comme les autres. Cette fameuse coupe du monde est sponsorisée à fond par des industries mortifères. On y voit en gros le logo de la multinationale pétrolière [+] phare française qui pille et qui tue de par le vaste monde. Enfin il y a ce dernier rebondissement qui est tombé en fin de semaine où l’on a vu la sélection au dernier moment d’un suprémaciste blanc, raciste condamné [+] à 6 mois avec sursis. Un nouvel épisode insupportable pour moi qui ai un vécu occitan de l’Ovalie, où malgré tout ce qui a pu être dit, la tolérance, le respect, la solidarité, l’écoute de l’autre, le partage, l’acceptation de la défaite et l’humilité dans la victoire étaient des fondements primordiaux du jeu. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
N’en déplaise à certain·e·s qui nous serinent qu’il faut tenir le sport loin de la politique, je soutiens pleinement l’action [+] des députés de la NUPES qui ont demandé illico le retrait de ce joueur de la sélection française. D’autant que ces mêmes qui voudraient voir le sport loin de la politique ne se privent pas de l’instrumentaliser quand il s’agit d’exacerber les sentiments nationalistes. Et surtout ont tôt fait d’enflammer des polémiques autour de rappeurs engagés. D’autant aussi qu’un autre joueur d’origine nord africaine avait été écarté avec justesse par le sélectionneur il y a quelque mois parce que ce dit joueur était sous le coup d’une condamnation pour violence conjugale [+]. C’est un peu deux salles deux ambiances.
Vous permettrez alors que je puisse rester loin de cette compétition qui n’a plus aucun sens, si ce n’est que d’être un nouveau moment cathartique d’une société du spectacle décérébrée, une plongée au fond de tout ce qu’il y a de plus détestable dans le monde des humain·e·s résumé en cette seule expression délétère : « que le meilleur gagne ». Je ne m’appesantirai pas plus sur l’absurdité imbécile et totalement contre-productive que contient toute compétition entre représentant·e·s de la même espèce, si ce n’est à vous renvoyer sur ce qu’Albert Jacquard [+] en disait en son temps en suivant ce lien [+], une réflexion sur la compétition à laquelle j’adhère totalement.
Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi j’ai embrayé sur ce sujet peu intéressant en soi, voire quasiment anecdotique. Peut-être après tout cela me tenait à cœur de régler des comptes, alors qu’il existe tant d’autres choses à observer dans le monde et au cœur du temps qui passe sous nos yeux, souvent plus grave et sûrement bien plus importantes à connaître.
Ainsi savez-vous que nous, Sapiens, avons pompé trop d’eau dans les nappes phréatiques de la planète et que cela a modifié l’angle de rotation de notre planète ? J’ai découvert cette information qui n’est pas issue de cerveaux malades et complotistes traînant sur les plateformes de réseaux sociaux, en lisant cet article en lien ici [+] du média indépendant « La relève et la peste » se faisant écho d’une très sérieuse étude de chercheurs de l’Université de Séoul. Ça fait un peu froid dans le dos tout de même.
Et puis pour continuer à décrypter certaine nouvelles, j’aime bien celle-ci : Ötzi était plutôt noir [+] !
Ce qui nous remémore qu’il y a à peine 7000 ans presque toutes les européennes et tous les européens étaient noir·e·s [+], j’en vois au fond de la salle en PLS… Tout cela me donne envie d’écouter un truc improbable [+] et fort à propos dans l’actualité des affaires étrangères en cours.
Cette dernière considération me ramène à plusieurs choses qui se passent actuellement sur ce continent de nos ancêtres qui me tient tant au cœur. Entre les soubresauts d’une situation confuse au Gabon [+] après une nième mascarade pour une élection [+] présidentielle dans un pays où la France soutient éhontément depuis des décennies un régime corrompu sur fond d’intérêts capitalistes. La Côte d’Ivoire où des élections [+] municipales et régionales viennent de se passer en relatif bon ordre [+]. Et le rejet ferme [+] de l’ancienne puissance coloniale au Niger. Il faudrait tout de même revoir rapidement la copie de la diplomatie française dans cet ancien pré carré et chasse gardée de la France et surtout savoir tourner la page il me semble.
Je ne vais pas m’étendre plus avec mes considérations de politique étrangère de comptoir. Et là aussi si j’ai parlé de cette Afrique de l’Ouest qui m’est si chère, c’est bien pour des raisons tant familiales que de vie, parce que dans ce coin d’atelier tarnais qui ne me sert à présent que de stockage bric à brac de vieux travaux, je suis perdu dans des souvenirs qui remontent à grands flots du fin fond de mon hippocampe pour se jeter dans les lobes de mon cortex.
Et à vous parler de cette Afrique, avant de vous quitter, je ne pouvais pas passer à côté d’un événement organisé par Art Weapon [+] qui aura lieu le weekend prochain à Toulouse, plus exactement le samedi 9 septembre au Pavillon de la République du Conseil Départemental dès 18h pour une soirée fort à propos intitulée « Afrique en luttes » dont vous trouverez toutes les infos en suivant ce lien [+].
Voilà, après ce bien trop long exercice éditorial du, assez confus et peu construit, empli de considérations bien approximatives sur des sujets sans relations menés par les divagations de mes neurones à la dérive, je vais vous laisser. Non sans vous avoir dit un mot sur l’art qui se fait aujourd’hui surtout à propos du vernissage (tardif !), qui se tiendra lui aussi le samedi 9 septembre prochain, de l’exposition « L’envers du décor » [+] de cette formidable artiste qu’est Yvonne Calsou [+]. Une exposition sise non loin de la capitale occitane, dans la campagne Lauragaise, à l’ESCAL-Médiathèque [+] de Nailloux. N’hésitez pas à vous y rendre !
Je vous laisse ainsi avec une photo de mon bric à brac tarnais où l’on voit des vieux dessins et autres outils des années 80 d’un autre siècle, juste au moment où l’électricité vient de se couper sous la pression d’un terrible vent d’Autan à décorner les bœufs comme on dit, c’est raté pour aller à la cueillette des noisettes.
Alors je vous donne rendez-vous pas plus loin que lundi prochain et en attendant je vous souhaite une très belle semaine. Adissiatz…

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

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