Labeur dans l’espace et autres bricologies

S’emparer de la question spatiale dans l’art ou occuper l’espace ont souvent été vus comme des enjeux majeurs pour l’artiste. Le désir de visibilité l’a souvent poussé au « plus grand, plus gros, plus fort ».
Je n’ai jamais été à l’abri de ces injonctions. Avant même la fin de mes études d’art, l’envie était trop tentante.
Mais au-delà de ces considérations primaires, l’intérêt de l’appropriation de l’espace m’est apparu comme l’opportunité d’y créer ou recréer des schémas, des plans, des territoires à partir de la projection mentale que je pouvait me faire de mon environnement. Rapidement l’appétence pour les « volumes bricolés » est devenue un des moteurs importants de ma pratique.
Tout au long des années 1980 jusqu’à la premières moitié de le décennie suivante tout d’abord avec La Coalition Éphémère, par la suite avec les NGA, puis en n avec le collectif BAO Comix Group, dans les mouvances, entre-autres, du Post-Punk, de la Figuration Libre, de l’Art Performatif, du Déconstructivisme, ou bien encore de la Movida, cette appropriation (souvent illicite) de l’espace essentiellement public s’est faite dans les rues et sur les murs mêlant des techniques d’« Action Painting » – pochoirs, fresques, tampographie, … -, de constructions éphémères, de démolitions intempestives et de performances sonores.

Scénographie, vidéo et performance de Philippe Pitet pour "Fassbinder - Work In Progress", enquête performative de 206 à 2018

Fassbinder – Work In Progress, enquête performative – 2016-2018

Parallèlement à un travail purement plastique et formelle d’appropriation de l’espace, j’ai exploré, et continue encore à explorer dans le cadre de multiples collaborations, des territoires plus éloignés à la frontière de la performance et de la théâtralité
Toutefois, j’ai rapidement abandonné la conception spectaculaire et démesurée qui pouvait prévaloir dans ces travaux pour revenir à des pratiques qui prennent en compte la fragilité de notre monde, sans rejeter la technologie, pour adhérer aux principes de la Bricologie. L’usage de matériaux de récupération et de technologies « Lowtech », l’appropriation de l’espace suivant des schémas sérendipiens et l’humour (même désespéré) sont des outils privilégiés dans mon travail.

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– Bricologies –

 

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