09.10.2023 – Chronique du lundi

9 octobre 2023 § Poster un commentaire

Un peu comme une raie manta qui s’en battrait le coquillard…

À l’heure où je compose ces lignes de cette nouvelle Chronique du lundi, nous sommes le 9 octobre 2023, même si je ne connais pas l’heure à laquelle vous en prenez connaissance, il est pour moi pas loin de 8h du matin, ce qui fait tard par rapport à mes amorces habituelles de chronique. Le réveil est dur, je dois être en fort déficit de sommeil en ce moment. Mais trêve de plainte et avant toute chose permettez-moi de vous souhaiter bonjour et bienvenue tout aussi chaleureux l’un que l’autre.

Le temps est doux, les températures du crépuscule à l’aurore ont enfin daigné descendre autour de 20 °C dans une persistance dont on avait oublié la qualité depuis des mois dans une Ville rose dans laquelle j’avoue tout de même être loin de m’y trouver en permanence… Sauf que toujours aussi chaud en journée, ce temps nous rappelle la fin de l’été plus qu’un doux « été indien » sur les bords de la Garonne, alors que nous sommes bien en automne. Point de feuilles qui jaunissent pour le moment.
Le temps est suspendu, les gens s’en réjouissent et c’est triste [+]. Comme je vous en entretenais ici même dans une de mes Chroniques du lundi il y a déjà pas loin de deux ans : au fond de moi je me dis que l’enfer nous semble si doux entre deux catastrophes climatiques. Les yeux fermés nous roulons toujours à vive allure, alors que l’on criminalise [+] les scientifiques et l’on continue à détruire le vivant pour bétonner [+] sous la pression d’intérêts financiers imbéciles, à l’image de cette présidente de région dont le nom à une lettre près ressemble à un mot synonyme de ravage en français !

Heureusement à mes pieds la petite féline de la famille est tombé dans la folie du matin des chats et fait des galipettes autant comiques qu’adorables. Dans la culture de masse actuelle cela ferait un très bon « LOL cat » [+]. Alors que le monde s’enflamme une nouvelle fois et que la loi du plus fort continue son œuvre délétère, ces moments de petites joies me ramènent tout de même à la vie.
À travers cette inéluctable et incroyablement stupide actualité guerrière qui voit les armes se déchaîner dans les terres d’une Palestine déjà à l’agonie d’un martyre perpétuel et où David est passé dans le camp de Goliath depuis des décennies [+], qui n’excuse évidemment pas les horreurs commises par le Hamas [+], quelle affliction et comment ne pas avoir envie de tendresse ici et maintenant ?

Alors évidemment dans ce contexte dramatique où la mort se compte en base cent, la politique politicienne vient pointer son nez dans la belle France moisie [+].
Alors évidemment pour la presse et le gouvernement unanimes, les extrêmes gauchistes insoumises autant qu’insoumis ou les salauds d’écologistes vont un temps devenir ces méchantes et ces méchants qui soutiennent les terroristes islamistes dans l’outrance de caricatures, une outrance [+] qui trouvera un fort écho dans toute la petite et la grande bourgeoisie, mais aussi chez toutes et tous les autres qui n’ont pour réfléchir que les miroirs médiatiques de la stupidité du monde.
Alors évidemment toutes celles et tous ceux des plus rationnel·le·s qui savaient bien que la cocotte minute gazaouite ne pouvait qu’exploser [+] violemment, ne peuvent plus l’ouvrir sans se faire traiter d’antisémites [+] primaires.
Évidemment donc : on ne peut que la fermer ! Alors que l’on souhaite juste le rétablissement d’un dialogue et la stricte observance des résolutions [+] de l’ONU depuis 1948 au sujet de la partition de la Palestine. Hélas, sans être un oracle on sait à présent que l’escalade continuera, les morts se compteront sur base mille et peut-être dix-mille dans les temps qui viennent. Et en conclusion de l’affaire, ce seront encore les industries de la guerre ou de la mort qui sortiront gagnantes de cette folie où l’obscurantisme [+] règne en maître.

Une industrie des armes gagnante sur tous les fronts, car les bruits de bottes et de canons [+] sont tout aussi déchaînés aux confins des anciennes frontières de l’empire soviétique, de son Ouest jusqu’à son Sud. Comme dans un Caucase où les intérêts gaziers [+] valent mieux que des centaines de milliers d’existences paisibles. Et puis dans le croissant fertile des origines de nos civilisations, il y a ces bombes turques qui écrasent le Rojava [+], seule contrée qui devrait être défendue becs et ongles par tout ce que le monde compte de démocraties… Si seulement ces dernières étaient honnêtes dans leurs intentions.

Hélas nous le savons bien maintenant, il n’y a aucune démocratie [+] réelle de par notre planète. Nos pays occidentaux qui se prétendent l’être la main sur le cœur n’en sont que des avatars bourgeois. C’est tellement vrai que l’on ne sait plus concevoir le terme démocratie sans l’associer aux logiques de la loi du marché et d’un capitalisme mortifère pour Sapiens et sa planète. Alors toutes ces guerres d’un autre âge nourries au feu des nationalismes, des religions et des dogmes, ne sont que les fruits de ce que nos soi-disant démocraties ont semés depuis plus de deux siècles.
Il ne faut pas être trop inculte pour savoir que tant qu’il y aura des fous ou des folles fascisant·e·s, nationalistes, religieux au pouvoir dans quelque pays que cela soit les armes cracheront leur morves mortelles sur des peuples qui n’auront qu’un destin de souffrance. Alors oui ces folles et ces fous porté·e·s aux pouvoirs dans ce faux processus démocratique mis en place par une société mondiale dont le seul objectif est la consommation [+], le sont par un peuple de votant·e·s déboussolé·e·s et arc-bouté·e·s à ce qui croient être des privilèges ou des avantages, mais qui s’opèrent toujours aux dépends d’autres, et ce n’est pas nouveau [+].
De toute façon ces affaires magouilleuses du capital sont bien à la manœuvre et on sait à présent comment toute oligarchie de la classe bourgeoise de par le monde s’est accommodée, s’accommode [+] et s’accommodera toujours des idées les plus nauséeuses sans aucun soucis ni regret.

En ces temps où les discours les plus imbéciles ont pignon sur rue et où la religion n’a de cesse que de s’inviter à la table de nos sociétés pour y prendre la parole et détourner la raison, j’aime bien me replonger dans l’histoire de nos pays aux accents d’oc. La religion comme dans tant d’autres régions du monde a marqué ces derniers au fer rouge. D’abord et évidemment avec les fameux cathares ou les vaudois. Et puis nous savions que les massacres tristement célèbres de la saint Barthélémy furent perpétrés par des catholiques exacerbés en août à Paris. Ce que l’on sait moins c’est que ces massacres se prolongèrent en septembre et en octobre dans le Midi du royaume de France, Tout au long de ces mois de 1572 le pouvoir catholique, dans les contrées occitanes entre Rhône et Garonne, orchestra une véritable et mortelle chasse aux « parpalhots » [+] de crainte de voir s’établir sur les bords de la Méditerranée une république des Provinces-Unis du Sud à l’image de ce qui se passait sur les rives de la mer du Nord, aux Pays-Bas.
Au fond de moi là aussi je me dis que l’on devrait mieux apprendre l’histoire des Sapiens pour savoir prendre assez de recul sur les turpitudes du monde. Hélas en voyant les programmes d’histoire des écoles, collèges et lycée je vois bien que la saveur en est édulcorée et que tout n’est que survol. Qui dans la Cité mondine connait sa propre histoire par exemple ?

Voilà je vais quitter cette actualité brûlante autant que brutale malgré un petit passage par un passé historique un tantinet élégiaque, pour revenir vers les paradigmes de l’art. Et tout d’abord puisque nous sommes à Toulouse je sais qu’aujourd’hui lundi ce soir à 18h, il y aura la présentation de boulots d’artistes réunis au sein de Béguinart [+], dont entre-autres nos chères et chers ami·e·s Pauline Zenk [+], Lilie Pinot [+] et Chad Keveny [+] dont je vous ai mainte fois narré mon appétence pour leurs pratiques artistiques respectives. C’est une exposition intitulée « Petits Formats », malheureusement assez courte qui se tiendra au Goethe Institut de Toulouse [+] et qui ne durera que les deux jours suivants de cette semaine, mardi et mercredi.

Ensuite et ce n’est pas le moindre des sujets. Je vous convie à visiter nos ateliers ma compagne la photographe plasticienne Thérèse Pitte [+] et moi, dans notre super espace de création à Toulouse qu’est l’Atelier TA [+] dans le cadre des JAA [+] d’Occitanie, avec d’autres artistes de l’atelier, mais aussi deux invité·e·s en les personnes d’Élodie Lefebvre [+] et de Herbôt [+] . Nous vous y accueillerons samedi 14 et dimanche 15 octobre prochains de 14h à 18h. Nous vous présenterons nos labeurs récents évidemment, mais aussi et surtout tout ce qui fait sens dans nos processus de création, et aussi des ateliers autour de la création numérique les samedi avec nos amis de Combustible Numérique [+]. C’est ouvert à tout le monde [+] petits comme grands. Venez nombreux·ses, ce sera à Toulouse 32 Rue des jumeaux à l’angle des Raisins et de Bonnefoy… Il vous suffira de suivre le plan ici en lien [+]. Sinon dans notre quartier mais surtout partout en Occitanie n’hésitez pas à rendre visite à vos artistes préféré·e·s autant que ceux qui vous sont inconnu·e·s dans leurs ateliers, aiguisez donc votre curiosité le temps de ce weekend !

Voilà sur cette belle autopromotion, je vous laisse avec une image d’une vidéo de ma composition, celle-ci d’il n’y a pas si longtemps. Vidéos que vous pourrez retrouver aussi dans le cadre de ces JAA Occitanie 2023, à Montauban pour le coup, au cœur d’une soirée d’images qui trouvent leurs sens propres et figurés dans l’absurde. Ce sera dans l’atelier de cet artiste génial qui explore l’absurde tel une matière brute, ce cher ami et complice Stéphane Castet [+] qui lui aussi ouvrira son atelier avec pléthore de labeurs propres et invités dont celui de Nikita Suaud [+] un autre artiste (jeune !) de grand talent, à suivre en suivant ce dernier lien [+].

Sur cette ultime auto satisfecit, je vous souhaite une belle semaine d’octobre et vous donne rendez-vous pour une nouvelle Chronique du lundi dès la semaine prochaine . Addisiatz amigas e amics !

Capture d'écran de la vidéo "Bon Voyage" du plasticien Philippe Pitet - Vidéo du cycle "No Show" - 2018
Capture d’écran de la vidéo « Bon Voyage » – Vidéo du cycle « No Show » – 2019

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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