06.11.2023 – Chronique du lundi

6 novembre 2023 § Poster un commentaire

Regarder la lune en plein jour…

Le temps est définitivement et bien tardivement passé à l’automne… enfin !
Après quelques moments de fortes pluies bienvenues, la fraîcheur s’est installée que ce soit ici et maintenant sur les bords de Garonne ce petit matin du 6 novembre 2023, ou sur les bords de Drôme que ma petite tribu reconstituée a malheureusement quittés vendredi soir. Pour le coup en parlant de bienvenue c’est sur ces mots que je vous la souhaite cordialement aujourd’hui pour cette nouvelle Chronique du lundi toute automnale.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, il a fallu deux terribles autant que meurtrières tempêtes sur nos côtes et plus loin dans les terres pour nous extraire d’un séduisant mais bien trop asséché été indien. Dehors il pleut à grosses gouttes intermittentes sur les toits de tuiles. Une légère symphonie qui donne le la d’une journée qui s’annonce bien maussade en tous points, entre histoire de ciel et turpitudes des humain·e·s qui vivent dessous.

À ce point de départ de ce billet du jour vous devez vous demander si je vais une fois encore vous parler de pluie et de beau temps ainsi que j’ai propension à le faire au long de mes chroniques du lundi depuis trois ans. En temps normal parler du temps qu’il fait sur nos têtes est le signe que l’on est bien peu inspiré au moment d’avancer quelques mots quand on se pique de commenter le temps qui passe sous nos yeux. Mais l’état d’extrême tension climatique de la planète générée par les activités l’être humain devient un véritable sujet politique sur lequel on peut disserter avec conviction. Ce que j’essaye de faire plus qu’à mon tour. Et pour celles ou ceux qui me suivent vous savez à quel point j’aime bien cette expression : « plus qu’à mon tour » !

Sauf qu’il me semble déjà à l’avance que ma chronique d’aujourd’hui sera tout pareil à celle des semaine précédente, bien peu prolixe, dense et fournie, en deux mots : bien courte. Ce qui n’est pas, je vous l’avoue sans honte, pour me déplaire tant je suis las de voir les choses du monde actuel et encore plus fatigué de les commenter.

Pour revenir à ce qui concerne la pluie et le beau temps, je ne vais donc point m’y attarder car comme que je viens de vous le narrer en introduction, après un passage de quelques jours à l’ombre délicieusement pluvieuse et extrêmement ressourçantes de Justin [+] ou du Glandasse [+], dans notre havre de paix Diois, nous revoilà revenus, Thérèse [+], les enfants et moi dans le tumulte d’une ville pas toujours très rose où notre temps chargé d’emplois multiples à repris son cours. Alors peut-être serait-il temps de parler des choses qui fâchent dans notre monde ? Comme celles de la guerre et de la paix ? Hélas pour la suite de l’exercice éditorial du jour, là aussi je n’en ai pas réellement envie tant l’imbécilité crasse de mes congénères en ce domaine m’épuise.

Peut-être juste à vous dire quelques phrases furtives narrant la situation du moment telle que je la ressens. D’abord à commencer sans vouloir me brosser le poil dans le bon sens, car il y a maintenant près d’un mois je prédisais le pire à propos de cet effroyable drame qui se joue au Moyen-Orient. Il ne fallait pas être grand devin pour annoncer ces prédictions, tellement la stupidité tient le monde en ses griffes. D’autant que vous l’aurez remarqué j’étais même en-dessous de la réalité qui se joue à présent. La stupidité de Sapiens dans ce mois passé c’est bien l’horreur absolue que l’on observe impuissant face à cet anéantissement de milliers, bientôt de dizaines de milliers, de femmes, d’hommes de tous âges et d’enfants, face à cette boucherie d’un autre âge. Les larmes de rage auront beau monter aux yeux rien n’y fera, la folie continuera et l’enfer s’abattra encore et toujours sur une population déjà exsangue depuis des décennies.

Il ne faut pas oublier qu’au début de cette phase de déchainement de violence aveugle, il y a une organisation politique religieuse radicale qui est arrivée au pouvoir en son temps d’abord suite à une élection législative en 2006 [+] dans un état palestinien embryonnaire rongé par une corruption délétère, où elle obtint une majorité relative. Et puis dans le sang [+] sur cette si étroite bande de Gaza. Une accession au pouvoir sous la bienveillance d’un anticommunisme primaire et maladif occidental qui a toujours vu les autres organisations palestiniennes comme le diable incarné. Nous ne devons pas oublier cette époque récente où les USA et ses alliés favorisaient tous les mouvements islamistes qui s’opposaient à toute révolution du prolétariat de par le monde musulman [+]. Mais il ne faut pas oublier non plus oublier le bloc des droites israéliennes au sommet de leurs corruptions [+] qui ont couvert cette ascension des islamistes radicaux à Gaza au pouvoir [+]. Cette droite religieuse et affairiste israélienne dont la motivation première était d’empêcher tout espoir de processus de paix entre peuples palestiniens et israéliens par tous les moyens. Doit-on encore rappeler l’attentat plus de dix ans plus tôt qui vit l’assassinat d’Yitzhak Rabin [+] ?
Cette organisation religieuse et radicale au pouvoir dans la cocotte-minute humaine sous pression qu’est la bande de Gaza, où la misère est le lot de l’écrasante majorité de ses habitants, a bel et bien décidé de massacrer que ce soit dans un kibboutz libertaire ou au cœur d’une fête d’une jeunesse, les plus ardents adversaires des religieux et de l’extrême droite au pouvoir en Israël. Et ainsi de frapper le peu de démocratie encore sur pied dans ce pays avec le but évident de la réduire à néant. Vu la folie sanguinaire aveugle qui s’est emparée de ce coin de Terre, tous ces fous de dieu ne sont pas loin d’avoir réussi. Il faut lire cet article en suivant ce lien [+] pour en prendre la mesure, article auquel j’ai emprunté ces quelques mots, de Sylvaine Bulle [+] – sociologue, professeure à l’ENSA [+] Paris Diderot – dans le média indépendant « AOC [+] ». Il suffit aussi de lire cet article dans cet autre média indépendant : « Contre-attaque » [+], libertaire celui-ci, en cliquant sur cet autre lien [+], pour voir à quel point la vie humaine n’est rien aux yeux des fiers à bras là-bas comme dans le monde entier. Et que quoi qu’il arrive ce sont toujours les civils qui morflent dans ces cas là, comme il est dit ici encore en suivant ce nouveau lien [+].

Et puis en corolaire de tout cela à cause de l’incroyable fureur des armes qui crachent la mort à Gaza dans une loi du talion que l’on croyait enfouie au plus profond du folklore de l’inhumanité, l’antisémitisme contre toute les communautés juives ne fait évidemment que se renforcer de par le monde. Des horreurs voient le jour comme cette chasse aux juifs au Daghestan décrite ici en cliquant sur le lien ici [+], il y a fort à parier que ces situations seront nombreuses là-bas, ici, comme ailleurs. On n’aurait jamais dû revoir cela un jour, sauf que la nature coloniale [+] qui prévaut dans l’implantation de l’état d’Israël « en l’état » alimentera toujours ces comportements nauséeux. Tout le monde commence à comprendre mais bien trop tard qu’il eut fallu créer un véritable état laïque dans cette terre dite sainte où toute les croyances auraient pu coexister, le chemin en est loin à présent [+]. Aujourd’hui ma grande peine et surtout angoisse est de voir que dans nos pays occidentaux se re-déploie la sempiternelle rhétorique anti-juive où tout est prétexte à stigmatiser ignominieusement cette communauté comme il est dit dans ce thread Instagram [+] d’un autre média indépendant « Cerveaux non disponibles » [+]. En fait toute parole qui va à l’encontre de la doxa mondiale[+] sur le sujet, ainsi que je viens de l’exprimer dans les mots précédents, devient l’objet d’un anathème qui voudrait voir leurs porteurs·euses justement verser dans l’antisémitisme… L’inversion des valeurs étant courant dans ce monde de la « post-vérité ».

Car évidemment ce qui était prévu est arrivé dans cet incroyable « bashing » de la seule force politique parlementaire en France qui s’est levée contre [+] cette guerre et que l’on a accusé de tous les maux de l’antisémitisme, alors que justement c’était la seule qui défendait à corps et à cris l’intégrité des deux peuples pris à parti dans cette folie. Je ne peux qu’être tout à fait d’accord avec Frédéric Lordon sur toute cette affaire, des propos à lire ici [+]. Et évidemment on voit toujours dans ce même mouvement imbécile de la confusion des valeurs porté par un parti d’extrême-droite français corrompu jusqu’à la moelle et fervent partisan du mensonge éhonté s’ériger en défenseur [+] du peuple juif, alors qu’il y a si peu d’années il les vouait aux gémonies gazières [+].

À travers ce terrible drame, comme je l’ai lu quelque part : « […] on assiste à la dissolution de toutes les valeurs morales les plus fondamentales […] ». Voilà des années je me gaussais du retour des cloportes. À présent dans les salons, les éditoriaux et les plateaux télé des médias dits « mainstream », en tout cas tous les médias du bloc bourgeois, on voit bien que les pensées malfaisantes et revanchardes ont envahis le monde.
Tout cela rajoute au spleen du moment, mais il ne faut pas céder au désespoir comme l’écrit Nicolas Framont ici en lien [+], dans un éditorial récent de « Frustration Magazine » [+].
Les résistances autant que les résiliences sont nombreuses malgré cet immonde marigot d’éditorialistes nauséabonds de la presse d’un bloc bourgeois qui essaye de hiérarchiser la valeur des assassinats de masse actuels à longueur de temps. Ainsi je ne vais pas me priver de partager cet éditorial du média indépendant « Blast » [+] écrit par son fondateur le journaliste Denis Robert [+] au sujet d’un philosophe d’opérette, un article que vous pourrez lire dans son intégralité en suivant cet autre lien [+].

La guerre c’est cette plaie putride du monde où seul·e·s les marchand·e·s d’armes et leur industrie en sortent gagnant·e·s [+]. Que ce soit sur les rives du Dniepr comme celles du Jourdain. Heureusement le temps que je rédige ces quelques mots pour ma chronique d’aujourd’hui, le soleil est sorti de derrière ses nuages, il me donne du baume au cœur. Je vais vous laisser ainsi et partir vaquer à mes occupations d’artistes vieillissant, non sans vous avoir annoncé deux ou trois choses de l’art qui vont se dérouler dans les prochains jours.

Tout d’abord puisque cela commence dès aujourd’hui lundi 6 novembre 2023 et que cela ne durera malheureusement que quelques jours cette semaine, jusqu’au 10 novembre pour être précis, si vous êtes à Toulouse n’hésitez pas à vous propulser au Centre Culturel Bellegarde [+] en plein centre-ville pour voir l’exposition de ce cher ami et artiste David Brunner [+] « Sur les routes de Mnémosyne » [+] en compagnie de Paul Monnier [+], pour une installation-performance qui interroge, par le biais sensible de l’art, l’usage des moyens mnémoniques numériques comme les disquettes, les disques durs ou autres supports optiques. Une exposition qui sera un support pour des présentations et master-class dont la thématique est la mémoire et dont vous pouvez avoir toutes les infos en suivant ce lien [+].

Toujours dans la Ville rose cette semaine, et on n’est jamais mieux servi que par soi-même, j’aurai le plaisir de co-animer un atelier « Imagerie de Combat » [+] mercredi 8 novembre en compagnie des formidables artistes que sont : Sophie Marty Edward [+], Alex Less [+] et Thérèse Pitte [+] dans notre Atelier TA [+]. Ce « workshop » s’inscrit dans le cadre du programme d’Expérimentation Culturelle du quartier Bonnefoy mise en œuvre par Lieux-Commun – Artist run space [+] en compagnie de l’Imagerie [+], Trois‿a [+], du Collectif IPN [+] et donc de l’Atelier TA [+]. C’est 32 rue des Jumaux à Toulouse, cela se déroule de 14h à 17h30 et c’est ouvert à toutes et tous… Dans la mesure des places disponibles comme on dit !

Ensuite pour élargir cet espèce d’agenda de la semaine qui arrive, si vous êtes du côté de Grenoble toujours mercredi prochain rendez-vous à l’Auditorium du musée de Grenoble pour une conférence débat organisé par Pascale Saarbach [+] et Alice Ensabella [+] de l’Université de Grenoble-Alpes [+] ainsi que de l’École supérieure d’Art et de Design Grenoble-Valence [+], autour des expositions écoféministes [+], en compagnie de la curatrice et critique d’art Julie Crenn [+], de l’artiste Silène Audibert [+] dont le dessin est au cœur de l’expression, ainsi que cette autre formidable artiste qu’est Élodie Lefebvre [+] dont je vous ai parlé mainte et mainte fois dans ces chroniques. Cet événement entre dans le cadre de l’exposition « Retisser le monde » [+] qui se tiendra entre-autres à la Galerie Xavier-Jouvin [+] au cœur de la capitale des Alpes iséroises.

Haha ! J’ai dégainé le mot « Écoféminisme » et j’en vois au fond en PLS redoutant une attaque de « wokisme »…Voilà qui sera bien fait pour iels, surtout quand je vois les grandes manœuvres de la bourgeoisie à travers ses journaux de la conservation qui va à l’encontre des réflexions liées aux progrès sociaux en créant ce nouveau gros-mot qu’est le « wokisme ». Du coup j’en profite pour faire un petit aparté pour vous donner ce lien [+] qui traine dans mes notes de chroniques depuis des mois et qui est bien utile à lire à ce propos.

Pour revenir à ce petit tour d’horizons artistique de mon point de vue partisan et subjectif, si vous êtes dans l’autre capitale occitane sur les bords de notre douce Méditerranée ce fameux mercredi 8 novembre de cette semaine, n’hésitez pas non plus à vous rendre au Cinéma Diagonal [+] à 17h30 pour une soirée de court-métrages plus que remarquables de mon cher et vieil ami F.J. Ossang [+], génial réalisateur et écrivain dont je vous parle régulièrement dans mes billets hebdomadaires. Vous pourrez y voir trois courts « Triptyque du paysage » réalisés dans les années 2000 : « Silencio », « Ciel éteint ! » et « Vladivostok », ainsi que « La dernière énigme » réalisé en 1982. La soirée [+] se tiendra en la présence de F.J. Ossang évidemment qui sera accompagné pour l’occasion par le chercheur et critique de cinéma Vincent Deville [+].

Enfin pour finir avec des choses légères de l’art, vendredi 10 novembre à partir de 18h au CIAM – La Fabrique [+], aura lieu le vernissage de la prochaine exposition en ce lieu universitaire emblématique de la création contemporaine à Toulouse qui s’intitulera « Fluo Party : art, mode et musique » [+], une bonne idée pour finir la semaine loin des tristes rives de la morosité.

Parler d’art, d’artistes et de création fait toujours du bien dans cet environnement mondial où le brouillard qui est tombé sur la pensée des Sapiens se coupe à présent au couteau. Le titre de cette présente Chronique du lundi n’ayant rien à voir avec tout cela (quoi que !) et restera inexpliqué un temps ou à jamais, je vous quitte et vous laisse une nouvelle fois avec une image extraite de ma vidéo « Fridge » créée en 2006 dans le cadre de mon cycle « No Show » dans un temps entre Berlin et la France. Addisiatz amigas e amics !

Capture d'écran de la vidéo "Fridge" du plasticien Philippe Pitet - Vidéo du cycle "No Show" - 2006
Capture d’écran de la vidéo « Fridge » – Vidéo du cycle « No Show » – 2006

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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