13.11.2023 – Chronique du lundi
13 novembre 2023 § Poster un commentaire
Un brouillon de cultures
Chères et chers amis autant qu’amies, à qui j’écris cette nouvelle Chronique du lundi le 13 novembre 2023, il est autour de 19h, heure à laquelle je m’apprête à publier cet opus de mes babils hebdomadaires. Je l’ai commencée ce matin à 9h bien passées ce qui est extrêmement tard par rapport à mes habitudes, et je fus très intermittent et poussif tout au long de la journée pour la rédiger. Quelques fatigues sont tombées sur mes vieux os ces derniers jours, j’ai presque failli abandonner sa rédaction, tellement je n’y étais pas. Mais laissez-moi vous y accueillir par cette phrase d’accroche qui ne peut se terminer que par une sincère bienvenue.
Ainsi donc bienvenue dans ce nouveau billet hebdomadaire. Bienvenue sur ces quelques lignes du jour dont vous verrez à la lecture qu’elles se pourraient être bien rapides et furtives, fatigue contemporaine à l’appui. Cela dit, j’annonce toujours cela et il s’avère à la fin que la chronique du jour se trouve être bien plus prolixe que ce que j’annonçais à son amorce… Alors laissons mon verbe du jour se déployer à son gré, advienne ce qu’il pourra et surtout sans contrainte. Mais vous l’aurez compris qu’aujourd’hui l’heure tardive à laquelle j’ai débuté mon billet, sachant que je dois le délivrer avant l’apéro, ne permettra tout de même pas un grand cru. je me laisserai juste tenter par une petite piquette [+] rafraichissante !
Vous le voyez depuis des années à présent au fil de ces courts, moins courts ou longs éditoriaux qui exposent le temps qui passe sous mes yeux, mon angle narratif est souvent – voire toujours – assujetti à la subjectivité de mes points de vues. C’est normal me direz-vous. Sauf que cela peut en irriter plus d’un·e. Jusque dans mon usage fréquent et systémique de l’écriture inclusive je l’avoue. Mais si vous avez bien prêté attention à ces tentatives d’éditoriaux à tendance narcissique, je n’y ai jamais eu une quelconque volonté prosélyte. Je dis ce que je pense et vous en ferez bien ce que vous en voudrez, quand vous le voudrez.
Peut-être cela confirmera ou mieux confortera vos idées. Ou à l’inverse, peut-être cela vous sera insupportable et serez totalement opposé·e·s aux mots que j’y couche à travers les lignes de mes pensées. En fait la lecture et l’écoute de mes logorrhées vous appartient autant que ce que j’écris et dis m’appartient. Alors nous pourrions déjà constater que même si on se sent assuré d’avoir cette liberté, il ne faut pas oublier que tout ceci reste des constructions culturelles. C’est donc ainsi que je ne suis loin d’avoir une réelle capacité objective, d’où toute ma subjectivité qui n’a d’égale que la vôtre. Je vois que j’en ai déjà perdu au fond de la salle !
Ma subjectivité s’exprime évidemment et surtout quand il s’agit de sujets sensibles, de politique, de guerre ou de paix. J’exprime cela maintenant, car mes prises de position autour des dernières turpitudes du monde et particulièrement à propos de la tragédie qui se passe sur cette fameuse Terre dite Sainte et de son exploitation politique imbécile en terre hexagonale, m’ont valu quelques inimitiés appuyées. Je n’en fais pas un fromage et je renvoie les fâcheuses et le fâcheux à la prise en compte de mes réflexions quelques mots plus amont.
Et pour finir ces annonces qui puisent leurs racines formelles dans les merveilleuses œuvres de Pierre Dac [+], au premier abord quand il s’agit de réflexion autour de toute expression, j’ai toujours détesté la contrainte. La contrainte n’est légitime que quand elle s’exécute pour le bien commun, sinon elle prive Sapiens de toute ses libertés fondamentales. Alors il est clair que je continuerai toujours – jusqu’à ma fin – ainsi que j’ai commencé mon existence consciente : avec cette liberté, certes toute relative mais toute aussi essentielle, de m’exprimer selon mon point de vue.
Et surtout ici et maintenant en France, à l’heure où je rédige ces mots, au lendemain et surlendemain de mobilisations éparses et cacophoniques desquelles on ne sait si elles ont l’objectif de défendre la paix ou de défendre le droit à continuer les massacres impunément, ou encore de se dire ouvertement raciste en montrant patte blanche [+] antisémite de façade. Alors pour celles et ceux qui l’auraient oublié il faudrait toujours marteler que sous le vocable sémite [+] se trouvent autant les peuplements hébreux, qu’arabes ou même qu’assyriens. À partir de là on pourrait dérouler les bobines de la raison dans cette marée de stupidité dont le gouvernement de notre pauvre République Française bat la mesure et donne le ton ainsi que le la sans vergogne.
Je ne veux pas à tout prix défendre les positions d’un parti plus que d’un autre, je ne crois pas aux vertus d’une démocratie soit-disant représentative à l’occidentale. Un modèle politique qui parait rester un dernier rempart de protection face à l’arbitraire et qui est aussi mince qu’une feuille de papier prête à s’enflammer à la moindre étincelle produite par les scories de la misère humaine. En fait ce « rempart » tient justement grâce aux oppositions à la destruction capitaliste du monde, parce qu’il admet encore des oppositions, mais jusqu’à quand ? Et dans ces opposition il y a en France ce parti de gauche qui pourtant siège fortement à l’Assemblée Nationale et qui fait l’objet de tous les fameux « bashings » [+] médiatiques ou même d’attaques violentes comme une espèce de tête de turc expiatoire d’un modèle à bout de souffle. Il n’y a qu’à voir comment de mensonges en mensonges le discours dominant a réussi a faire croire que l’antisémitisme en France était soutenu par la France Insoumise, voire que cette dernière en serait l’origine, alors que l’extrême-droite et la droite catholique la plus anti-dreyfusarde nous fait croire à sa compassion envers les humain·e·s de confession juive en France comme ailleurs, alors qu’elles glissent juste d’un racisme à une autre, et reviendra bien vite à ce racisme là. Il y a rarement eu de mon existence de si forts moments de récupération politique [+] autant décomplexée.
Il n’y a qu’à s’attarder un tout petit instant sur cet emballement médiatique autour de tags représentant des étoiles de David bleue sur les murs de la capitale ainsi que nous le dit Salomé Saqué dans cette vidéo en lien [+] sur la chaine Blast Info [+], alors qu’à côté on tague réellement avec des violents propos des permanences locales de La France Insoumise, à voir ici dans cet autre lien [+].
Entre un Président de la République qui ne sait qu’être monarque [+] de droit divin, le droit divin étant ici le bloc bourgeois, une première ministre qui ressemble à un « robocop » sans compassion et qui tente le record mondial de mépris d’un parlement à base de 49.3 et de motions de censures [+], une Présidente forcenée de l’Assemblé Nationale qui décide qui quoi comment à sa guise sans plus aucune règle [+] de cohérence, des partis de gouvernement qui ne se cachent même plus de leurs mauvaise foi, une connivence à peine cachée entre extrême-droite et pouvoir, des médias déchaînés à la botte du bloc bourgeois, des journalistes et éditorialistes consanguins aux réflexes imbéciles, la France, grâce ou plutôt : à cause de son extrême centralisation devient le phare de la stupidité mondiale.
C’est ainsi que bien des fois je me questionne sur le « comment vivre » dans une France qui s’enfonce de plus en plus au plus profond d’un autoritarisme à peine croyable. En l’espace de quelques années cette étrange impression de vivre dans les lignes du « 1984 » [+] de George Orwell [+] tend à devenir une réalité, alors que l’on a la triste impression d’avoir vécu il y a peu et à nouveau son « hommage à la Catalogne » [+]… Alors certes fort la réalité n’est pas un bloc continu de vérité ainsi que l’affirmait les formidables artiste contemporain·e·s d’ALP Le Collectif [+], dans leur puissante œuvre « La Réalité n’existe pas ! » [+], mais tout de même il devrait y avoir quelques limites me semble-t-il. Sauf que la confusion reste une arme [+] de domination indispensable pour le pouvoir.
Sinon à ce point de ma chronique du jour je veux être clair sur mes idées de gouvernance de monde qui sont foncièrement internationalistes et anarchistes, voire bien plus. Comme je l’ai exprimé maintes fois : je me reconnais dans le municipalisme libertaire [+] de Murray Bookchin [+], plus que tout autre idée politique du moment. Et ainsi je préfère finir mon exercice éditorial présent avec des informations concernant l’état de l’art.
Je ne sais pas pourquoi, tout cela me fait penser qu’il y a quelques jours une « nouvelle » chanson des fameux Beatles, produite avec une voix de synthèse créée à travers une IA d’un John Lennon décédé il y a déjà presque 43 ans, vient de sortir pour un public en manque de sensations fortes et pour le plus grand bonheur des marchands de vacuités intellectuelles. En ce qui concerne l’IA je préfère quand elle est utilisée avec humour, et ici en clin d’œil je vous conseille de regarder cette courte vidéo en suivant ce lien [+], ça vaut son pesant de fou-rire iconoclaste.
Vendredi soir accoudé à la rambarde de la mezzanine surplombant l’accueil de La Fabrique [+], ce lieu voulu il y a presque deux décennies pour accueillir des expérimentations culturelles au cœur de l’Université Jean-Jaurès Toulouse II-Mirail [+], alors que j’assistais à un chouette vernissage d’une exposition toute consacrée aux fluorescences dans l’art et dont je vous annonçais ce vernissage dans ma précédente Chronique du lundi, je laissais divaguer mes pensées. Souvent dans ces moments j’interroge au plus profond de moi ce qui pourrait se nommer « de l’impossibilité de la fête dans un monde en ruine ». Mais là, à ce moment au bord de ce vide, je l’avoue, l’ambiance autant bienveillante que sincèrement festive faisaient tomber les masques de tristesses. Et aujourd’hui à postériori je me dis qu’il y a des réjouissance dans l’art en mouvement qui répondent positivement à ces questions fondamentale. J’avoue avoir été plus qu’agréablement surpris par cette très belle exposition « Fluo Party » [+] voulue et superbement imaginée par l’ami Jérôme Carrié [+]. Elle se tiendra donc à La Fabrique du Mirail jusqu’au 15 décembre prochain. N’hésitez pas à lui rendre visite.
Lors de cette soirée à La Fabrique, Thérèse [+] et moi avons eu le grand plaisir comme à l’habitude de croiser la formidable artiste Françoise Maisongrande [+]. Ce qui me donne l’occasion de vous annoncer, si vous ne le savez pas déjà, que Françoise exposera au Quai des Arts de Cugnaux [+] dès ce samedi jusqu’au 13 janvier 2024. Le vernissage [+] de cette exposition intitulée « Muros » [+] se déroulera samedi prochain 18 novembre à 12h pour une chouette rencontre de l’artiste et du public entre midi et deux.
Une fois aussi ici n’est pas coutume car je n’ai pas trop l’habitude de vous propulser vers les Pyrénées centrales et en particulier vers ces Hautes-Pyrénées dont je viens de vous parler pour une raison bien plus dramatiquement politique, mais dans cet excellent lieu d’art contemporain qu’est l’Omnibus [+] à Tarbes qui se définit avec raison comme un « laboratoire de propositions artistiques contemporaines », vendredi 17 novembre cette semaine vous pourrez assister au vernissage de l’exposition « Tellement vrai » [+]. Des peintures et dessins de quatre artistes qui illustrent leur quotidien qui travaillent en s’inspirant de photographies, souvent prises par eux-mêmes. De beaux boulots de Julien Chelles [+], Trois Francs, Mélanie Maura [+], Jessica Ruiz [+] à découvrir.
Sinon, nous sommes le 13 novembre, il fait 25 °C ici sur les bords de la Garonne dans la cité Mondine. Et même à travers les averses de pluie souvent violentes, les moustiques font festin de sang humain tout au long de nos nuits, le figuier de la cour arbore encore ses belle feuilles vertes, le basilic sur la fenêtre de la cuisine reste aussi fourni que début octobre. Contre toute attente l’automne n’est toujours pas arrivé…
Voilà je n’en ferai pas plus pour aujourd’hui et vous laisse comme depuis maintenant 6 épisodes de ma Chronique du lundi avec une image extraite d’une de mes vidéos « No Show », un cycle de vidéos aussi courtes qu’absurdes que je mène avec une régularité aussi peu soutenue que rigoureuse depuis près de deux décennies. Je suis tombé sur des nids oubliés que j’ai enfin remis à jour… Un dur travail d’exhumation d’un parcours de vidéaste dilettante que l’on pourra voir dans la vie réelle pour une prochaine exposition flash juste avant Noël, il vous suffira de vous connecter sur ce site prochainement pour en connaitre plus… En esperant, addisiatz amigas e amics !

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

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