04.12.2023 – Chronique du lundi
3 décembre 2023 § Poster un commentaire
Comme une brindille qui flotte sur le courant de l’automne
Mes chères et chers fidèles internautes ainsi que tous les autres, nous sommes le 4 décembre 2023, il doit être pas loin de 6h du matin en date et heure auxquelles je commence la rédaction de cette nouvelle Chronique du lundi à bord de laquelle je vous souhaite une bienvenue frigorifiée certes mais chaleureuse sans en douter.
En effet un peu de chaleur est bienvenue car après un très beau et généreusement ensoleillé mais bien venteux weekend, j’entends la pluie faire ses gammes sur les tuiles. Louison notre petite chatte qui a bien grandi à présent semble me dire qu’il serait temps d’hiberner alors qu’elle hésite à sortir sur le balcon ! Il pleut un peu et de temps à autres depuis plus de deux semaines, des pluies intermittentes qui nous paraissent glacées du côté du Canal du Midi, et même si cela n’est pas suffisant c’est tant mieux, nous avons tant besoin de ce précieux liquide. La Garonne va peut-être reprendre pour un temps ses couleurs de fleuve bouillonnant autant qu’imprévisible. Il paraît que du côté de notre chère Drôme l’eau coule avec tumulte et fracas sous les ponts. Bien tardivement, il y a eu de la neige vers les cimes des Pyrénées comme des Alpes ces derniers jours, les réservoirs se reconstituent avec peine [+], les ruisseaux, les rivières et les fleuves coulent difficilement malgré les trompeuses apparences. Vous savez qu’il se pourrait que le lit des rivières soit un filtre indispensable pour l’eau qui nous est essentielle à la vie ainsi qu’on peut l’apprendre en suivant ce lien [+], vers le journal du CNRS.
Il est presque 7h et la pluie a déjà cessé de tomber.
Sur ces considération aquifères, j’avoue que je ne vais pas vous entretenir bien longtemps avec mes élucubrations à propos du temps qui passe sous mes yeux aujourd’hui. De toute façon vous comprendrez aisément que je n’ai aucune envie de parler par exemple de la mascarade incroyable que constitue la fameuse COP 28 [+] qui se tient à Dubaï. Pas que je ne veuille plus me prêter à cet exercice hebdomadaire, mais l’heure tourne vite et je n’ai que très peu de temps à m’y consacrer. Pour le coup peut-être trouverez -vous bien moins de consistance à ma soupe éditoriale du jour. Ainsi que je viens de vous l’annoncer je suis déjà occupé dès mon réveil à l’aube de cette nouvelle semaine et totalement absorbé par mes occupations artistiques, en préparation de plusieurs et imminents événements. Ce qui ne me laisse quasiment aucun espace pour vous délivrer un billet d’humeur chargé de la consistance nécessaire à votre satisfaction. Vous m’en voyez bien peiné mais je ne peux point faire autrement. Le principe de rédaction de mes Chroniques du lundi étant l’écriture le jour même de la parution, elles seront longues ou courtes selon l’activité du jour.
En plus de trois ans d’assiduité, j’en ai écrite sur des bords d’autoroutes, ou des coins de chantiers, sur des sentiers de randonnées, dans des salles de cours ou encore sur le coin du lit pour les finir dans l’angle d’un plan de travail entre deux touches d’encre de chine, les commençant au réveil dans le petit matin de ces lundis pour en finir la rédaction avant le soir minuit. Hélas aujourd’hui je n’ai que quelques minutes ce matin pour reprendre mes notes de la semaine passée, les mettre en ordre et rédiger le contenu rédactionnel idoine qui les mettra dans une perspective la moins bancale possible. Une perspective qui devra satisfaire vos neurones attentifs. Et là je viens déjà de passer trop de temps en digressions babillardes. Car je dois incessamment prendre le chemin de l’atelier pour me propulser ensuite en direction de mes chantiers en cours loin de ce dernier pour finir ce soir par d’interminables réunions ou discussions bien prévisibles lorsque tout doit aller trop vite. Je vois donc dans l’obligation donc vous quitter, enfin tout du moins quitter les manettes de la rédaction, d’ici moins de deux heures dans le continuum de mon espace-temps présent, car il y est déjà 7h50.
Alors je serai succinct et pour aujourd’hui je me contenterai de vous partager quelques lectures glanées par-ci et par-là comme je viens de le faire en introduction au sujet de l’eau. Des lectures avec les liens idoines agrémentés de mes considérations d’usage ou quelques notes que j’ai griffonnées ces derniers temps dans mes petits carnets à penser. Et puis je sens aujourd’hui que ne plus me coller à ces informations quotidiennes délétères placées sous le signe d’une éternelle stupidité guerrière ne pourra que nous faire du bien.
D’autant que notre maisonnée s’active au plus vite depuis son réveil. Constance, l’adorable fille aînée de ma non moins adorable chère et tendre compagne Thérèse [+], doit prendre le bus dans une paire d’heures pour son voyage en Angleterre avec son collège. Je me colle aux tartines, au thé ainsi qu’au café, et dans un flux incontrôlé au mouvement sérendipien des neurones de mon cortex, je me mets à penser au collège de Constance. Elle est actuellement élève de troisième, elle va passer son brevet en fin d’année scolaire. Je me rappelle une récente réflexion suite à une conversation que nous avions eue avec cette adorable ado au sujet de son actuel professeur de musique assez approximatif à son avis, vu sa forte capacité d’analyse et sans vouloir protéger à tout prix ce cher être que l’on voit grandir avec amour, nous avons partagé ce sentiment d’approximation tout en le modérant dans nos têtes. Constance est ce que l’on peut appeler une très bonne élève dans un collège du centre-ville de la quatrième ville de France, cette Ville rose à l’économie gavée par la manne économique de l’aéronautique [+], les classes moyennes y sont supérieures comme on dit. Et pour ainsi dire, car il faut être honnête, sociologiquement et selon la carte scolaire le collège de notre Constance est majoritairement peuplé d’une progéniture issue de la bourgeoise locale. Il se trouve évidemment plongé dans cette fascination bien imbécile pour la compétition [+] et toute la théologie élitiste et fantasmée qui l’accompagne. Mais là n’est pas le sujet, car la réflexion qui me traverse en ce moment porte plutôt sur l’indigence [+] qui règne autour l’apprentissage de l’art et de son histoire dans notre éducation nationale. Quelque que soit la discipline de l’art et en l’occurrence en ce qui concerne la jeune Constance il s’agit de musique. Un seul professeur de musique dans tout ce collège qui accueille autour de 600 élèves. C’est la même jauge pour la professeure d’art plastique. À chacune de ces pratiques de l’art on trouve un·e enseignant·e éreinté·e qui n’offrent à chaque fois qu’un point de vue unique de la discipline qu’ils enseignent. Je veux bien que l’on oppose à ma réflexion la rigueur et l’impartialité des programmes [+] appliqués, la réalité est bien moins intelligente dans les faits et sur le terrain. Ainsi, sans développer une quelconque paranoïa complotiste de bas étage, je me dis qu’il n’y a aucune volonté, en dépit des apparences [+], à faire aimer et surtout à comprendre la force de l’art dans notre société où la compétition est un des carburants de nos modèles capitalistes. Comme il est clair qu’il n’y a aucune appétence de la part des élites à faire aimer à tous·tes les adultes en devenir ces matières essentielles à la vie hors compétition. Le système éducatif français est à l’évidence à côté de la plaque avec cette doxa inchangée depuis des siècles qui tend à former des élites qui, elles, sont souvent déjà sensibilisées aux choses de l’art et à laisser pour compte les plus défavorisé·e·s. La France est loin d’être la seule dans ce cas [+], mais il me semble que depuis longtemps cette France centralisatrice n’a su générer que des reproductions de classe dans la société comme dans l’art ainsi que nous le rappelle Pierre Bourdieu dans la distinction [+], un ouvrage qui a déjà près de 45 ans mais qui reste évidemment d’une brûlante actualité quand il s’agit de reproduction sociale.
Une France dont la direction du bloc bourgeois n’en finit plus de se protéger au sommet de son arrogance, à l’image de ce Garde des sceaux en exercice au caractère bougon qui a été exonéré de faits assez grave tout de même par une justice d’exception et relativement prévisible tant sa partialité faisait défaut dès que l’on eut connu la composition de ce haut tribunal. Des faits qui ont été reconnus et avérés donc mais qui se sont faits sans qu’il n’en ai eu l’intention, ou un truc dans le genre, si vous n’avez rien compris vous pouvez prendre connaissance de l’affaire en cliquant sur ce lien [+] vers « Frustration Magazine ». Voilà l’affaire d’une décision de justice abracadabrante qui ne fera pas trop honneur au sacro-saint vœu pieu de la séparation [+] des pouvoirs dans une république qui se voulait exemplaire.
Une France aussi aux prises avec un raz-de-marée fasciste et d’extrême-droite totalement décomplexé [+], faisant feu de tous les faits divers pour stigmatiser toute personne ne pensant pas comme elle, sous l’œil bienveillant de la gouvernance capitaliste qui la sait être son assurance vie. Alors que l’on criminalise [+] et on voue aux gémonies les mouvement écologistes et progressistes, on peine à protéger [+] les lanceu·rs·ses d’alertes, on écrase les plus pauvres, on retourne toutes les situation à son profit, on entretient jusqu’à outrance le cercle vicieux écocidaire, capitalisme extractiviste prédateur, ainsi que l’on voit avec cette autorisation de forage pétrolier [+] sur les lieux même dans les Landes où explosa un mégafeu il y a à peine un peu plus d’un an.
Bon je vais arrêter là mes sempiternels énervements face au monde des humain·e·s tel qu’il est, d’autant que je vous le disais en début de ce billet, je n’en ai pas le temps. Je préfère terminer ma chronique du jour en parlant d’art et de son monde, même si du coup je plonge dans la fameuse distinction de Bourdieux. Un monde de l’art endeuillé [+] dernièrement en région Occitanie, et dont l’écosystème reste plus que fragile dans cette région ainsi que l’a démontrée une enquête [+] du réseau Air de Midi [+] sur l’activité des artistes plasticien·ne·s dans cette région, et qui fut rendue publique la semaine dernière au MO.CO. [+] Montpellier contemporain.
Fort heureusement dans ce monde il y a des il y a des rencontres avec des œuvres et des personnes qui sont tout aussi ressourçantes que réjouissantes. En effet, je vous l’avais annoncé il me semble la semaine dernière : le formidable artiste qu’est Nicolas Puyjalon [+] accueillait Manuela Ferreira [+] et présente sur rendez-vous son travail jusqu’au 14 décembre prochain, dans cette expérience curatoriale domestique qu’il mène depuis plusieurs années nommée Galerie du Placard [+]. En fait Nicolas invite régulièrement un·e artiste a exposer dans le placard de la chambre (et parfois autour !) de son petit appartement du côté du quartier des Demoiselles à Toulouse, le temps de quelques jours. Je connaissais Manuela parce que c’est une amie de Thérèse et la femme de cet autre formidable artiste qu’est Yves Caro [+]. Je n’avais jamais approché « en vrai » le magnifique et précieux travail de Manuela. Ce weekend passé elle présentait une série de petits formats sur papier à la tempera, un travail de paysages imaginaires qui m’ont littéralement scotchés par la puissance d’attraction qu’ils dégagent à travers des jeux de formes aux couleurs magnifiques. Une formidable écriture plastique qui nous amène dans des contrées tout aussi lointaines que familières, comme des fenêtres ouvertes sur des havres de paix bienveillants. Cela fait le plus grand bien par les temps qui courent.
Alors qu’il va me falloir plus qu’impérativement vous quitter, je ressors une vieille note qui traine au fond d’un de mes carnets. Une note griffonnées au sujet de ce bon vieux Leonardo da Vinci [+]. En fait j’aime bien Léonard, ce n’est pas un peintre vraiment doué à l’inverse de beaucoup de ses contemporains de la Renaissance italienne. En général on l’aime bien en France parce que le roman national en a fait un personnage venu s’y installer [+] en grandes pompes pour l’amour de ce pays, encore une belle connerie bien française égotique que voilà… Non j’apprécie cet artiste singulier dans l’histoire de l’art européen, comme je l’ai dit mainte fois en conférence, parce qu’à mon sens c’est un des grands précurseurs des mouvements de la bricologie [+] dans l’art. Je vous parle de Leonard parce qu’il y a peu j’avais lu une histoire de son origine, dont vous pourrez prendre connaissance en suivant ce lien [+]. Serait-il donc le fils d’une esclave ? À mes moment perdus j’enquêterai sûrement, même si je ne vous en fait aucune promesse.
Et sur ces considérations bien approximatives je vais vous quitter, parce que moi aussi je vais bricoler à réparer quelques dégâts qui concerne de larges malentendus autour de certaines microbassines [+]. Une affaire dont je vous parlerai dès la semaine prochaine pour le coup promis ! mais avant je ne vais pas vous quitter sans vous avoir parlé de la 5e édition du Marché de Noël des artistes de Bonnefoy – Borderouge à Toulouse. Voilà déjà six années donc, entrecoupées par une crise pandémique, que plusieurs ateliers gérés par des artistes, des espaces où l’on produit et aussi où l’on diffuse les arts visuels et plastiques, ont décidé de se réunir pour affirmer leur solidarité à travers un écosystème de l’art en total marasme. Depuis plusieurs éditions d’autres espaces et ateliers ont rejoint cette grande fête. Vous trouverez tout le programme ici en lien [+], et vous pourrez le télécharger. Et puis dans le cadre de cet événement à travers tout un parcours dans ces quartiers est de la Cité Mondine n’hésitez pas à venir à l’Atelier TA [+] samedi prochain 9 décembre pour une soirée « Bambochade » [+] qui s’annonce déjà mémorable, je vous le garantis d’avance !
Sur ce je suis déjà en retard, il est 9h passées et je vous laisse sans aucune autre forme de politesse, si ce n’est comme depuis déjà près de deux mois avec une capture d’écran d’une des vidéos de mon cycle « No Show », qui sera présenté dans moins de 15 jours, mais je vous dirai tout la semaine prochaine. En attendant je vous souhaite de belles journées de fin d’automne et vous donne rendez-vous dès lundi prochain. Addisiatz amigas e amics !

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

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