18.12.2023 – Chronique du lundi
18 décembre 2023 § Poster un commentaire
Le calme avant la tempête… Ou peut-être après !
Nous voilà donc bien campé·e·s dans les jours les plus courts de l’année et de la saison. L’hiver arrive dans à peine 4 jours à la suite de ce proche solstice qui annonce la naissance d’un nouveau cycle où les jours commenceront à rallonger dans nos contrées européennes. Mais avant, dans la temporalité de cette tout aussi naissante Chronique du lundi, nous sommes le 18 décembre au matin… Et je vous y souhaite bienvenue amies autant qu’amis ainsi que toutes et tous les autres car vous aurez remarqué que je n’ai pas l’habitus rancunier, tout du moins en paroles et en écrits. Pour le reste c’est peut-être différent. Mais là ne sera pas le sujet de cette nouvelle chronique. Une chronique dont je ne sais pas encore si elle aura un sujet car elle sera brève et courte. Non que mes activités soient aussi serrées que les précédentes semaine, bien au contraire me voilà en mode plutôt desserrage de boulonnerie, du coup je n’ai que peu appétence à m’attarder sur ce billet aujourd’hui.
Vous m’en excuserez – ou non, car tel est votre droit ! -, mais il y a des fois où il ne faut pas forcer les portes de la pensée, car il n’y a rien de pire que la fracture des neurones. Le monde qui nous entoure en fait les frais au quotidien. Alors bien tranquillement, « tranquillou » oserais-je dire trivialement, je vais m’acheminer vers un éditorial du temps qui passe sous mes yeux très succinct de quelques mots dans quelques grandes lignes. Vous remarquerez que je ne m’en fustige même pas, bien dilettante heureux que je suis.
Et puis je sors d’un super chouette weekend dans la caverne aux merveilles de mon cher ami et collègue Stéphane Castet [+]. Un bel espace où, comme je vous l’annonçais depuis un temps certain et surtout lors de mon précédent billet hebdomadaire, Stéphane et Marie sa compagne, brillante jeune architecte, avaient convié une douzaine d’artistes dont j’étais à présenter leurs boulots respectifs.
Marie et Stéphane avec leurs enfants y ont jeté l’ancre il y a une paire d’années un peu avant la crise pandémique mondiale pour y créer un espace de vie, de travail artistique et d’accueil. Un grand atelier d’artiste installé dans une ancienne usine à balais au cœur du quartier populaire de Sapiac à Montauban. Pour dire à celles et ceux à qui Montauban n’évoque qu’une fameuse réplique du film culte « Les tontons flingueurs » [+], voire pour les plus érudit·e·s Ingres [+] ou Bourdelle [+], ou pour les autres qui ignore l’existence même de cette petite ville chef-lieu du Tarn et Garonne, c’est une ville qui est quasiment prise dans la toile dévorant du réseau des banlieues lointaines de l’aire métropolitaine Toulousaine. Une ville dirigée par une droite proche de l’extrême et bien pourrie par la corruption domestique ainsi que la petite bourgeoisie locale aime bien voir la marche du monde. Une droite dure bien campée dans les valeurs chrétiennes dont l’opposition est celle d’une gauche quasiment à droite autrement appelée dans tout ce Midi toulousain : la gauche cassoulet [+], qui n’a d’humaniste que le nom mais qui se sent bien dans l’affairisme bourgeois. Rien de bien particulier donc dans ce paysage où il ne se passe culturellement rien malgré un très beau Musée Ingres-Bourdelle [+] ou un centre culturel suranné à souhait. Même si cette ville fut l’épicentre d’un fort mouvement contre-centraliste avec de grands penseurs comme Félix Castan [+], il ne s’y passe donc plus grand chose aux dires de ses habitant·e·s rencontré·e·s ces jours passés à. Si ce ne sont ces grosses manifestations comme en ce moment les Lanternes chinoises que l’on a déjà vu à Gaillac, une autre petite ville de la région en remontant le Tarn, spectacle de foire tout autant grand public que bien peu intéressant, voire affligeant. De la culture populaire et de qualité, comme les politicien·ne·s loca·les·aux aiment à se gargariser sans s’étouffer. Bref un désert à l’image de ce que la France centralisée a fabriqué depuis des siècles pompant toutes les substances créatives de ses territoires pour les passer à la moulinette de l’uniformité et de l’ennui, bien utile à la non réflexion et à la soumission.
Mais je reviens à mes moutons, ainsi que ceux de Marie et de Stéphane, au sujet de ce weekend artistique qui vient de se dérouler dans cette ancienne usine à balais montalbanaise devenue vaste atelier d’artiste travailleur, loin du cliché de l’artiste gentrificat·rice·eur [+]. Stéphane m’avait donc convié à rejoindre la douzaine d’artistes qu’il avait invité·e·s pour une exposition à l’aspect d’un marché de Noël d’artistes. À travers les frimas d’un hiver presque naissant où la température flirtait avec le zéro et donc malgré le froid mordant adouci par de magnifiques rayons d’un doux soleil hivernal, un petit public de curieuses et de curieux est venu à notre rencontre tout au long de ces trois jours. En fait j’aime beaucoup ces temps de rencontres avec les publics où l’on peux dialoguer autour de sa pratique d’artiste, même s’il est évident que nous avons souvent du mal avec la « médiation » [+]. Bien sûr, dans ces moments un peu improbables on n’est pas face à des collectionneur·se·s qui apprécient et suivent le travail de l’artiste sur un long cours. Et bien évidemment l’apport financier de ces journées n’a rien à voir avec la débauche d’énergie pour les mettre en œuvre. Là n’est pas le sujet, ici il s’agit comme toujours de voir l’artiste se substituer aux défaillance de la société qui ne sait pas protéger et diffuser la richesse de la création au niveau où elle devrait être portée. C’est tout compte fait un acte de résistance contre le marché des industrie du divertissement. Ce furent trois jours autant intenses et géniales que foutraques entre ami·e·s sincères qui partagent les mêmes valeurs de l’art. Et aussi à travers de formidables rencontres qui sont toujours aussi surprenantes quand on sort de cet entre soi de l’art contemporain [+]. Dans tous les cas j’ai été plus qu’heureux d’y présenter une quinzaine de vidéogrammes de mon cycle « No Show ». Un cycle de vidéos et de films courts que j’ai entamé dès la fin des années 90 du XXe siècle – dit comme cela ça fait classe ! -, et qui parlent ou interrogent la notion de spectaculaire, de narration et d’effondrement (tout un programme !).
Alors à ce moment de ma tentative d’exercice éditorial hebdomadaire du jour vous aurez remarqué que je viens juste d’enfoncer des portes ouvertes en ce qui concerne l’art, l’art visuel et car vous aurez aussi remarqué ainsi que je vous l’annonçais dès le début de celui-ci : je n’ai pas trop envie de m’attarder dans ses lignes. Même pas pour m’énerver sur les soubresauts d’une actualité de ces derniers temps toujours aussi désespérante pour l’espèce humaine et par effet de contagion pour les autres. Une actualité de la tragicomédie humaine où en France on a vu un ministre de l’intérieur désavoué par la représentation nationale rassemblant sur ses bancs des intérêts bien divergents, mais qui garde la confiance du président de droit divin. Un temps encore où la première ministre de ce pays nous refait le coup du 49.3 pour la 22e fois consécutive. Alors que l’on se doute bien que si cet article de la constitution ou un autre permettant un passage en force n’a pas été sorti pour imposer la « loi sur la libération de la haine de l’étranger, la glorification de l’égoïsme et la lutte contre le wokisme ainsi que le grand remplacement » portée par le ministre des forces de l’ordre reconduit par son maitre, c’est que ce projet de loi n’était à coup sûr pas assez dur aux yeux des thuriféraires de l’esclavagisme bourgeois.
Bon bref tout ceci est encore moins sérieux quand on voit que dans le monde les guerres imbéciles, la misère entretenue et surtout les aléas climatiques amplifient inéluctablement le besoin de migration des Sapiens. Ce grand n’importe quoi dont la cause est une activité humaine dirigée par un capitalisme financier, extractiviste et consumériste pour le profit des oligarchies de les toutes contrées de la Terre, car il n’y en a pas une pour rattraper l’autre. Allez je vais vous laisser et ne vais pas aller plus loin que ces considérations bien loin de celles dont nous devrions discuter dans ces moments qui préfigurent les fêtes ainsi que la fameuse trêve des confiseurs, et que les horreurs parsèment l’actualité à l’image de ces soldats ivres de sang qui tirent sur celles ou ceux qu’ils sont sensé·e·s sauver [+] pourtant drappé·e·s de blanc.
Je vous quitte pour aujourd’hui avec la photo de quelques petites pochettes de ma série « Slow-Gangs », une série de 52 « dessins contemporains augmentés » réalisée tout au long de l’année 2018. Année qui commémorait le cinquantenaire des événements de 68, tout cela me semble bien loin, mais encore si proche. Il me reste quelques une de ces pochettes garnies d’objets graphiques faisant partie de l’édition originale. Je les ai sorties pour les montrer ce weekend, quelques unes sont parties dans des mains bienveillantes. Mais il m’en reste toujours à la vente, il suffit de me contacter pour vous en procurer des exemplaires originaux, avant que je n’en fasse des retirages. Voilà c’était juste histoire de faire de la promo avant Noël, car même si un bon artiste est un·e artiste mort·e, il faut bien qu’il ou elle vive un peu avant.
Après n’avoir parlé que de moi dans cette très courte chronique du jour, je vous quitte pour rejoindre ma chère et adorable Thérèse [+] en route vers de nouvelles aventures artistiques autant que domestiques avec joie, bonne humeur et tendresse… Je vous souhaite une belle semaine et vous donne rendez-vous lundi prochain, même si ce futur lundi tombera le jour de la nativité chrétienne, je n’ai pas de rancune !
Addisiatz amigas e amics, vos desiri de polidas fèstas de Nadal.

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

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