03.06.2024 – Chronique du lundi

3 juin 2024 § 2 Commentaires

C’est un peu comme voir le monde derrière un cactus…

Un nouveau lundi pointe son nez, une nouvelle Chronique du lundi suit les traces de son. Nous sommes le lundi 3 juin 2024 et vous entrez dans la première chronique de ce nouveau mois de juin. 4e mois de juin qui traverse mes chroniques hebdomadaires. C’est assez inespéré. Et sur cet air de satisfecit à peine voilé, je vous souhaite la bienvenue pour aujourd’hui.

Alors quoi de neuf depuis la semaine dernière dans la saumâtre soupe que nous sert l’actualité de ce monde bien pourri ? Du côté de la guerre à l’Est de notre horizon, les caméras de nos actualités ont déserté le terrain. On dirait que la mort sous les bombes y est moins intéressante. Pas grand chose à y voir pour le moment et les industries de l’information ont déserté le terrain imaginant des territoires plus propices à leurs mortifères « storytellings ». Elles sont parties ailleurs, laissant le terrain aux industries de guerre qui sont aux mains des mêmes oligarchies [+] à l’Est, comme à l’Ouest.

Plus d’une dizaine de points chauds, où les humain·e·s s’entretuent parsèment [+] la Terre. Pour la plupart se déroulant à bruit feutré voire totalement ignorée par cette fameuse industrie de la manipulation [+] des opinions que sont les médias. On pourra observer qu’à part l’horrible drame à caractère colonial autant que génocidaire qui se déroule dans la bande de Gaza, mais aussi en Cisjordanie, il y a peu de couverture pour les autres charniers humains en cours. À chaque fois on sait que ce qui va être mis en scène dans la diffusion de l’information à propos de ces tragiques événements où la vie humaine n’a aucune valeur, sera propice à l’instrumentalisation et à la propagande. Le pire est que pendant longtemps les organes de propagande du « camp du bien » ont fait croire à une impartialité irréprochable. Un des effets positifs de la globalisation est bien que ces visions ethnocentrées et manipulatrices volent en éclats.

Bon, même avec ma meilleure des volontés je ne referai pas le monde !
Juste peut-être prendre conscience de tous les travers de cette propagande officielle à travers la presse [+] du bloc bourgeois m’aide un peu à ne pas m’engager dans des voies délétères ni à suivre les discours les plus imbéciles pourtant plébiscités par une forte partie de nos congénères. Ne plus se laisser envahir par les messages distillés à travers les médias est un premier pas. Un pas difficile quand on ne veut pas tomber dans toutes ces imbéciles théories à tendances complotistes. À vouloir ne pas croire aux propagandes outrancières du capitalisme et de ses médias faiseurs de guerres, on se demande comment ne pas tomber dans le tas des fausses informations. Alors, oui l’éducation [+] aux médias est essentielle, surtout dans ce présent où la technologie nous offre des accès illimités à l’information. Connaître les travers de tous les médias de la presse aux plateformes de réseaux sociaux est donc primordial, mais l’éducation tout court est fondamentale et l’esprit critique [+] qui devrait y être mis en œuvre l’est tout autant.

La semaine qui vient de passer sur les écrans français est l’exemple parfait d’une grossière manipulation de masse opéré par la presse du bloc bourgeois dans toutes ses nuances, un naufrage de la raison [+]. Un autocrate va-t-en guerre qui a l’heur d’être dans le camp bien est invité à dérouler sa propagande en direct dans une chaîne du paysage audiovisuel du pays sans aucune contradiction apporté par le journaliste qui l’interrogeait[+], ni même l’once d’une question embarrassante. Il faut dire que ce premier ministre israélien venait de faire le même type d’exercice sur les ondes de CNN au USA. Bref nous voilà face à un criminel de guerre qui fait sa petite campagne d’opinion chez ses copains. Alors même si d’un coup face aux faits qui sont têtus, c’est à dire plus de 40 000 morts dont 41 % d’enfants sous les bombardements, les dirigeants occidentaux demandent à leur pote de se calmer un peu, qu’en façade l’industrie israéliennes est exclue [+] de salons de la mort, il y a fort à parier que le changement n’est pas pour demain.

De l’autre côté du miroir aux alouettes de cette propagande généralisée le monde des médias du capital se permet des forfaitures en règle… En effet depuis des semaines et des mois un acharnement médiatique [+] est en œuvre sans aucun complexe contre Rima Hassan [+], une des candidates présente en France sur la liste LFI aux imminentes élections européennes. Pour ma part, je vous l’ai déjà exposé des dizaines de fois, je ne crois pas aux vertus démocratiques de la représentation parlementaire. Les modèles libertaires et anarchistes sont au cœur de mes convictions politiques, mais pour éviter de voir les voix de la déraison l’emporter trop haut, je vais avoir ce réflexe bien bourgeois de voter tout de même pour ces élections à un tour qui se tiendront dimanche prochain. Et surtout je n’ai pas honte d’affirmer que je voterai pour la liste de Manon Aubry [+] où se trouve cette candidate bête noire d’une presse dont je viens tout au long de la chronique du jour de vous narrer les imbéciles méfaits.

Les candidats de cette liste étaient d’ailleurs en meeting samedi passé dans la Ville rose, à deux pas de chez moi, dans un centre des congrès plein à craquer. Et sur le champs des luttes politiques qui passent par les dignes démonstrations de rues, il faut noter que ce même dernier samedi 1er juin, il y eut une marche de manifestation en faveur des victimes en Palestine à travers deux quartiers dits populaires de la Cité mondine entre la Reynerie et Bagatelle, chose assez notable quand on sait que c’est toujours au centre-ville que cela se produit. Du coup je vous laisse lire une très chouette appréciation de cette manifestation ici en lien [+] vers le compte FB, d’un programmateur, animateur, musicien que je ne connais pas personnellement mais dont j’aime bien le boulot. En fait et pour conclure sur la partialité flagrante des médias français qui ont déjà fait le choix du fascisme jusque dans leurs recoins provinciaux : ces deux événements à Toulouse n’ont bénéficié de quasiment aucun écho, j’ai cherché et recherché pas un mot sur l’affluence dans ces rassemblements différents. Mais leurs popularités respectives doivent faire grincer des dents aux caciques socialos-radicaux de la fameuse gauche cassoulet dont le champion [+] dans ces élections a eu du mal à mobiliser les foules en dehors du cercle des militant·e·s il y a quelques semaines.

Sinon dans cette actualité qui devrait se concentrer sur les effort à faire afin de préserver des chances de survie à nos progénitures dans un monde que l’on pille sans limite. J’ai appris dernièrement la baisse de la consommation [+] de l’eau potable et c’est avec délectation que l’on peut imaginer que cela posera rapidement un problème pour le capital qui mise sur une croissance [+] infinie. Ce capital qui reverse plus à ses actionnaires que ce qu’il investit [+] pour des solutions durables.

Et pour finir ce billet du jour sur une note artistique bien plus bien plus réjouissante que ces tristes turpitudes du monde de Sapiens… Je vais ici rester à Toulouse, où malgré de sévères coupes budgétaires opérées par des édiles locaux tous et toutes obnubilés·e·s par l’eldorado immobilier et les quinzaines commerciales abreuvées au ballon ovale, vient de débuter le festival d’art contemporain « Le nouveau printemps » [+] avec tout une très belle programmation à voir un peu partout dans les vieux quartier des Carmes et Saint-Étienne. Bon je sais on est chez les bon·ne·s bourgeois·e·s et on n’est pas encore sur les territoires populaires, mais espérons voir cette utopie un jour, tant les boulots présentés tendent vers elles. Je voulais aussi vous annoncer un autre événement à cheval sur ce festival qui est à voir jusqu’à la fin juin. Cet autre événement est le WEACT 2024 [+], Week-End de l’Art Contemporain à Toulouse qui lui aura lieu dès cette semaine jusqu’à la fin du weekend prochain. Une autre occasion de voir des lieux et des boulots super chouettes. Dans le parcours de cette 15e édition vous pourrez passer chez le Collectif IPN [+], voisin de notre Atelier TA [+] vendredi 7 prochain pour l’ouverture de leur exposition « Artefact » [+], ce qui vous permettra de passer la porte mitoyenne dans la foulée pour venir participer à une soirée Hip-Hop de grande qualité chez nous à TA [+]

Après ces instants promos, je m’aperçoit qu’il est treize heures passé dans le continuum espace-temps de l’écriture de cette présente Chronique du lundi. C’est donc le moment d’aller déjeuner tranquillement au soleil (ou presque !) avec ma chère et tendre Thérèse [+]. Je vous laisse comme la semaine dernière avec une image de ma série de dessins hybrides « Slow Gangs », une série de 52 dessins conditionnés en poches plastiques créée il y a maintenant presque 7 ans et dont il faudra bien un jour que j’en fasse une petite édition. Mais en attendant il m’en reste quelques originaux à prix d’ami. Je dis ça je ne dis rien et je vous souhaite une bonne semaine et vous donne rendez-vous à lundi prochain. Addisiatz amigas e amics !

Dessin de la série "Slow Gangs" du plasticien Philippe Pitet ) Techniques mixtes - 2018
Dessin de la série « Slow Gangs ». Techniques mixtes 20×20 cm – 2018

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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