02.09.2024 – Chronique du lundi
2 septembre 2024 § Poster un commentaire
La rentrée dégueulasse !
Amies et amis qui suivez mes Chroniques du lundi chaque semaine depuis bientôt 4 ans, que vous soyez sur le 89.1Mhz de la bande FM à Toulouse ou sur la DAB+ locale canal 7c, que vous vous trouverez directement sur le www.radio-fmr.net [+] en webstream, ou tout simplement que vous me lisiez sur le blog de mon propre site web philippepitet.com, pas de doute je compose ces mots alors que mon calendrier affiche 2 septembre 2024. Je vous souhaite donc la bienvenue dans ce premier billet du mois de septembre d’une année qui entame sa descente vers sa fin.
Inexorable temps qui s’écoule à raison de 24 heures par jour et 3600 seconde par heure, un temps qui passe et que l’on a toujours du mal à attraper dans son ensemble. Au départ, mes Chroniques du lundi n’étaient pas vraiment faites pour le format radio, ou à peine, car tout de même vu mes rapports si proches, depuis tant de décennies avec la Radio FMR [+] de Toulouse, j’avais un peu cela en tête. À travers ce que l’humanité venait de traverser, de pandémie en confinements, j’étais guidé par le besoin de narrer ce que mes yeux voyaient, mes oreilles entendaient, tout ce que mes sens ressentaient. Ainsi étaient écrits les mots des mes premiers éditoriaux hebdomadaires. En étant sur mon site web philippepitet.com vous pouvez remonter et explorer ce temps qui a passé sous mes yeux. Toutes mes Chroniques du lundi y sont en libre lecture pour l’ensemble et même en écoute pour certaines
Ainsi, vous l’aurez remarqué, il est clair que je suis bien moins littéraire depuis que ces chroniques sont parlées régulièrement dans le poste. Je vous prie de m’en excuser, promis cette saison, je vais essayer d’aligner ces deux planètes que sont le monde de l’écrit et celui du parler. Je n’aurai pas trop de mal sachant que la narration, elle, reste la même.
D’autant que dès le départ, mon objet était surtout de convoquer le filtre de l’art pour parler des activités de Sapiens. J’avoue que j’ai bien souvent commenté les actualités comme aurait pu le faire le plus vulgaire néophyte au coin d’un bar de quartier, sans trop invoquer les prouesses picturales de « La Liberté guidant le peuple ». Peut-être très prochainement vous parlerais-je de Delacroix, pourtant trop bonapartiste et pas ma tasse de thé, ou d’autres dans l’histoire de l’art qui ont réfléchis au monde qui les entouraient ?
Restons aujourd’hui car c’est donc la rentrée et il me semble que ça ne sent pas très bon pour nos abatis. Des forcené·es se sont emparé·es du pouvoir en France et sont bien décidé·es à ne pas le rendre aux citoyen·nes qui le réclament. On sent l’embrouille. Voilà qui va encore plus énerver une société sous pression, du coin du bar jusqu’aux coins des rues.
Il est vrai que beaucoup de choses énervent et mettent la pression à nos neurones qui finissent par bouillir dans nos têtes transformées en cocotes-minutes, pour exploser dans un cocktail d’approximations douteuses. On doit toujours se méfier de ses émotions, sauf que l’on a du mal à en échapper ces jours-ci. Tout cela pour vous dire à quel point j’ai souvent déserté mes aspirations intellectuelle du départ pour finir dans la marre d’indignations non contenues autant que non feintes, peut-être parfois peu constructives, mais qui sont les moteurs de mes réflexions posées à travers les mots de mes billets hebdomadaires.
Et d’ailleurs en parlant de ces indignations, s’il y en a une qui monte jusqu’à mes narines fulminantes, c’est bien celle qui concerne toutes ces exactions qui se déroulent autour d’un grand chantier d’un autre âge connu désormais sous le fameux nom de A69. Une autoroute donc, qui arrive à peu près 50 ans trop tard entre Castres et Toulouse. Pour celles et ceux qui ne connaitraient pas cette histoire, ou la percevraient à travers le prisme des médias du capital consumériste et extractiviste, cette voie routière, du temps de l’automobile triomphante était appelée de tous les vœux d’une économie glorifiée à l’époque pour son totalitarisme carboné. Sauf que voilà, les temps ont changés, l’économie n’est plus la même, les flux n’ont plus rien à voir avec ceux des décennies passées, la planète crève des activités inconséquentes de Sapiens, et nous aurions pu penser que d’autres pratiques plus vertueuses se mettraient en place pour relier cette zone du Sud du Tarn à la capitale occitane. Comme par exemple : le transport ferroviaire, puisqu’une ligne existe et a été rénovée il y a peu. Ou encore, voire en parallèle : l’aménagement des routes existantes, sans en faire une autoroute. Autoroute dont le tracé est de plus en plus contesté par une majorité de la population tarnaise qui ne dépensera jamais les presque 9 € pour un passage entre Castres et Toulouse. Bref un éventail de solutions alternatives était prêt.
Hélas et comme à l’habitude le vivant garant de notre survie est sacrifié à l’hôtel des intérêts financiers du capitalisme. Des intérêts crapuleux qui prendront toujours le dessus. Des intérêts poussé par les politiques mortifères menées par des femmes et des hommes dont on voit maintenant qu’il ne pensent qu’au profit loin des communs qu’ils seraient sensés préserver un minimum. Les déprédations policières pour ne citer que celles de ce weekend passées [+], où une maison a failli être totalement incendiée et ses occupant·es immolé·es [+] et où une jeune militante fut projetée d’un arbre et a fait une chute [+] de 8 mètres provoquant 6 fractures le long de sa colonne vertébrale, en sont la preuve flagrante. Et puis il faut remettre les choses dans l’ordre, même si l’état a décidé de se débarrasser d’un préfet du Tarn trop zélé, la machine mortifère est lancée. Les arbres seront abattus, les gens expropriés, les zones humides asséchées. Elle n’a rien à faire des actions en justice [+] dont elle est criblée de toute part et qui font remonter publiquement tous les mensonges qu’a pu proférer la promotion de ce projet. Cette machine avance et détruit sans complexe ni remords. Il serait temps de la stopper, car elle fait partie d’un schéma global délétère qui s’accroche comme un poux, malgré le rejet qu’elle suscite au sein d’une grande majorité des populations dans nos sociétés industrialisées, surtout et heureusement à travers les jeunes générations.
Les dernières élections législatives auraient pu nous donner un espoir ici comme ailleurs. Malheureusement, comme je vous le narrais la semaine dernière, nous voyons bien que le résultat ne plait pas au bloc bourgeois. Les possédant·es ne céderont jamais un pouce de leurs près carrés. Et là je profite de voir mes paroles portées par un média indépendant, radio indépendante depuis plus de 4 décennies, pour répéter encore et encore que face à toutes ces inversions de sens véhiculés au cœur de la vie publique par tous les médias aux mains du capital, qu’ils soient publics comme privés, il faut revenir aux basiques et ne pas oublier que si la droite et surtout toute la galaxie des décérébré·es macronistes avaient voté au second tour comme l’ont fait les électrices et électeurs de gauche, pour faire barrage au fascisme, le RN n’aurait eu que 63 élu·es, 58 de moins que ce qu’ils ont réussi à obtenir, et bien moins qu’en 2022, et la coalition NFP compteraient plus de 250 député·es. Voilà c’est simple, c’est précis, c’est factuel. Toute autre considération pour constituer un gouvernement est de la merde !
Le président de la république française actuel se tient comme un forcené à son poste et ne gouvernera pas avec les forces et le programme du NFP, il l’a bien exprimé, il est hors de question d’appliquer le programme « trop à gauche » du bloc parlementaire arrivé en tête à ces élections législatives. Il est soutenu par la droite, l’extrême droite et le MEDEF qui s’entendent comme larrons en foire sur le dos du lumpenprolétariat, c’est à dire nous, qu’ils et elles exècrent viscéralement.
Ce monde craque de toutes parts et les tenant·es du bloc bourgeois veulent nous faire croire qu’il n’y a aucune alternative à leurs turpitudes. Les narratifs et éléments de langages mis en place nous ramènent toujours vers cette gestion par la peur, et donc l’inéluctable arrivée d’un nouveau fascisme à la gouvernance mondiale. C’est valable en France comme ailleurs, il n’y a qu’à voir les résultats des élections locales en Allemagne où l’extrême-droite s’installe petit à petit dans le paysage à la même hauteur d’audience que de ce côté du Rhin, des deux côtés de ce fleuve les « fascistes nouveau format » recueillent tristement les voix d’un tiers du corps électoral. La peur de l’autre, la xénophobie et le racisme sont les moteurs principaux de ces votes, attisés par une actualité toujours traitée du point de vue de l’ordre et de la loi. Comme cette montée en épingle de la mort d’un gendarme, aussi horrible que soit ce fait divers, alors que la criminalité et que la mortalité dans les rangs des forces de l’ordre dans le cadre de l’exercice de leurs missions baisse fortement [+] et régulièrement. Chaque fait divers de ce type est du pain béni pour le capitalisme qui peut ainsi s’accrocher au pouvoir en détournant la vue des citoyen·nes, alors que près de mille personnes meurent tous les ans en France directement à cause de leur travail [+].
C’est peut-être pour tout cela que nous devons toutes et tous être nombreux·ses dans les rues partout sur les territoires de la République Française à nous mobiliser en masse et à manifester notre opposition à cette gouvernance qui nie les aspirations des peuples, samedi prochain 7 septembre 2024. En tout cas j’y serai !
Avant de vous quitter je voulais juste vous dire un mot sur l’art qui se fait actuellement et vous annoncer que le jeudi 5 septembre qui arrive, le photographe contemporain André Mérian [+] dédicacera son livre « Doutes » [+] à Zoème [+] une super librairie, galerie d’art et maison édition qui se trouve au 8 de la rue Vian à Marseille, en plein cœur du quartier de la Plaine. J’adore le travail photographique que mène André. Un travail autour des paysages où l’être humain moderne a laissé ses traces dans les zones en périphérie des urbanismes de nos sociétés industrielles. Si vous êtes du côté de la cité phocéenne ce jour là n’hésitez pas à aller à la rencontre de ce formidable artiste et de son travail.
Voilà, je vous laisse, il est 13h passé à l’horloge du continuum espace-temps dans lequel je termine d’écrire les lignes de cette Chronique du lundi 2 septembre 2024, je vais rejoindre ma chère et tendre Thérèse [+] pour déjeuner, puis j’irai enregistrer en studio ces mots que vous pourrez entendre aussi dans le poste sur les ondes cette semaine, ou ailleurs sur le web pour un long moment. Quant au titre du jour, en plus de l’actualité, il fait référence à une exposition des NGA [+] il y a déjà 37 ans, je trouvais qu’il tombait fort à propos aujourd’hui. Sinon toujours pour donner un bonus à l’aspect écrit et visuel de mes chroniques, si vous vous trouvez dans la rubrique « Journal – Diary » de mon site web, je répète : philippepitet.com, vous pourrez accéder à tous les liens disponibles dans ce présent éditorial du temps qui passe, et surtout vous pourrez voir ce petit visuel dessiné sur un bout de papier collant à la marque bien connue, rapidement exécuté au départ pour motiver toutes et tous nos ami·es d’Art En Grève Occitanie [+] et qui vous enjoint à rejoindre la lutte. Bonne semaine à vous toutes et tous, à lundi prochain, ou au jour que vous le souhaiterez… Addisiatz amigas e amics !

Audio diffusé la semaine du 2 septembre 2024 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse :
La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

Laisser un commentaire