16.09.2024 – Chronique du lundi

16 septembre 2024 § Poster un commentaire

En transit quelque part où je ne suis pas…

L’été arrive vraiment à sa toute dernière fin. Nous sommes déjà mi-septembre et voici qu’après une courte période de pluie et de froid tout relatif, le soleil et la douce chaleur ont refait surface. Ce matin le bruit des oiseaux marins, mouettes rieuses ou goélands leucophées (je n’ai jamais su en faire la différence !), se chamaillant les carcasses de quelques proies, m’ont sorti d’un sommeil sétois. C’est depuis cette magnifique ville de pêcheurs au pied du Mont Saint Clair que je vous souhaite un chaleureux et méditerranéen bonjour, chères et chers ami·es qui me rejoignez dans cette Chronique du lundi 16 septembre 2024.

Ce lundi, dans le continuum de mon espace temps je commence donc la rédaction de cet épisode de mes hebdomadaires billets sur les rivages de notre chère Méditerranée. Il doit être dans les 7 heures du matin. Mais hélas je sais que mon emploi du temps dans cette journée me ramènera vers la capitale occitane avant la fin de son écriture. Ainsi aurais-je sûrement l’impression de vous faire un numéro légèrement « gonzo » [+], ou plutôt « on the road », sans toute fois avoir une quelconque prétention beatnik [+]… Ou alors j’en écourterai la rédaction afin d’en garder l’odeur du sel et de la mer.

Quelques raisons artistiques et amicales nous ont amenés, Thérèse [+] et moi en bord de mer. Le Festival SLA [+] à Sète, ou plutôt SLI cette année pour acronyme de Sète-Lisbonne, en était en partie la cause. Une manifestation d’art contemporain qui fait la part belle aux échanges internationaux d’artistes tous les deux ans. Cette année pour l’édition 2024 les échanges se font entre Sète et Lisbonne, après s’être faits avec Los Angeles ou Palerme lors de précédents épisodes. Un très chouette festival où l’on a pu voir de belles propositions de près de 30 artistes qui vivent et travaillent à Sète d’une part et d’invité·es venu·es de la capitale portugaise évidemment, comme nous l’annonce le titre de la manifestation. Dans 15 jours la réciproque sera de mise ainsi les artistes sétoise et sétois seront reçu·es par leurs homologues portugaises et portugais. J’ai adoré revoir brièvement Philippe Saulle [+] qui en était le commissaire. Philippe fut avec d’autres, dont moi-même, à l’origine des Nouvelle Galeries Atomium [+] dans les années 80. Cela ne nous rajeunit pas !
Je pense ce matin qu’il n’a pas forcément bien reconnu mon visage sur le moment. Nos rides ne plaident pas en nos faveurs et des années nous séparaient de nos dernières rencontres, les mondanités nous ont séparés à travers tout ce brouhaha de vernissage, ou plutôt de fête de finissage, c’est assez drôle de se dire qu’à travers tout cela il a fallu du temps pour remettre le passé dans les rails de la mémoire.

Dans tous les cas ce fut une belle occasion de venir flâner à travers cette ville portuaire sur l’invitation de notre très cher ami Chad Keveny [+], formidable artiste d’origine irlandaise et infatigable globe-trotteur qui s’est basé depuis quelques années dans ce port occitan qui a vu naitre Paul Valéry ou autre Georges Brassens. C’est fou comme on aime citer des célébrités pour caractériser une ville. J’aurais dû plutôt citer Hervé Di Rosa [+] par exemple, peintre majeur de ce que l’on a appelé la Figuration Libre [+] qui lui est une célébrité vivante, qui vit et travaille à Sète et que je suis très content d’avoir revu à l’occasion de cette édition du SLA au sein de laquelle il présente la super exposition « Beau/Bad/Ugly » [+] au MIAM [+]. Pour en revenir à Chad, c’était vraiment joyeux de passer une paire de jours, à discuter des choses de l’art et de le voir travailler ses carnets d’aquarelles, voire même d’en être le sujet… Ce qui n’est pas fait pour faire dégonfler mes chevilles !
Je me souviens que c’est grâce à lui et un passage à Sète en transit vers Die, il y a presque quatre ans, en pleine pandémie de COVID, que j’ai commencé à rédiger mes Chroniques du lundi.

Bon, si j’ai commencé ce billet du jour dès mon réveil à deux pas de la place du marché aux puces, je continue mon éditorial du temps qui passe sous mes yeux, à quelques kilomètres de là, sur la plage du Lido balayé par un fort Mistral. De jolis moutons parsèment le ciel bleu. Je regarde le Soleil, les vagues et les embruns. Thérèse capte des vues, j’espère du plus profond de mon cœur que de nouvelles séries de ses photographies à la limite de l’abstraction graphique à travers ses merveilleux cadrages viendront bientôt s’afficher sur les murs d’une accueillante galerie. Et je me dis que la vie est fantastique. Mais je sais au loin vers l’Ouest une famille qui a perdu un être cher, je pense à cette tribu, je pense à lui. Je suis triste sans l’être vraiment parce que je sais qu’il n’aurait pas voulu me voir affecté. Oui la vie est belle à celles et ceux qui savent la cueillir.

Aujourd’hui je voulais parler de tant de choses du temps présent et de l’actualité délétère qui l’accompagne. Mais voilà mon esprit est ailleurs. J’ai envie de parler de ces artistes qui donne du sens au monde des Sapiens. Et si quelqu’un donnait bien un sens à tout cela c’était le fantastique cinéaste et photographe qu’était JH Meunier [+] qui vient de quitter notre monde il y a moins d’une semaine. Je ne peux que répéter ce que j’ai déjà dit, la gorge nouée d’émotion.

JH, Jean-Henri Meunier, était un formidable cinéaste, mais aussi photographe. Un cinéaste du réel au regard si humain, si empathique qui a su magnifier la vie dans des œuvres majeures du cinéma et de la télévision. Il a disparu, une grande tristesse m’a envahi. Il était toujours curieux et enthousiaste, toujours généreux, toujours dans l’échange. Voilà un long moment que je ne l’avais pas vu, juste quelques trop rares conversations téléphoniques ces dernières années. Je m’en veux tellement aujourd’hui. Je m’étais juré de passer le voir cet été, les enchainements de la vie m’en ont empêché. Il y a déjà bien longtemps nous passions souvent des nuits de discussions et de convivialité, des ballades contemplatives dans ma vieille caisse, des moments privilégiés où l’humain était toujours le centre des sujets, dans de grandes discussions libertaires. Puis un soir à Toulouse il y a un peu plus de 10 ans, je l’avais embarqué presque à l’improviste dans les studios de Radio FMR pour un super entretien de nuit. Entretien radiophonique que j’ai retrouvé sur Mixcloud, et dont vous trouverez le lien sur : mixcloud.com/philippepitet [+]… Voilà, JH est mort, j’ai appris qu’il était entouré de sa famille et de ses ami·es, dans une dernière scène belle et émouvante, terrible et magnifique, je suis triste. Il nous manque déjà.

Je n’en dirai pas plus aujourd’hui cet épisode est très court, la route m’appelle tout compte fait. Je vais vous laisser ici face à la mer. Thérèse et moi repartons à regrets vers Toulouse, où j’enregistrerai ces mots en studio à la Radio FMR [+] pour qu’ils soient diffusés à travers les ondes et les câbles cette semaine comme à l’habitude. mais vous pouvez aussi en prendre connaissance sur mon site philippepitet.com, ici même si vous êtes en lecture.

Je vous laisse avec deux traits de cette Méditerranée que j’aime profondément et qui pourtant meurt sous les coups de notre inconscience. Je vous donne rendez-vous dès lundi prochain. D’aicí enlà, bona setmana a diluns venent, adissiatz amigas e amics !

Dessin de bord de mer - Encre sur papier. Par le plasticien Philippe Pitet, septembre 2024.
Dessin de bord de mer – Encre sur papier. 2024

Audio diffusé la semaine du 16 Septembre 2024 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse :


La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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