03.02.2025 – Chronique du lundi
3 février 2025 § Poster un commentaire
Comme un ciel empli des rayons d’un soleil qui aurait disparu !
Chères et chers ami·es du web comme des ondes, permettez-moi de vous souhaiter une chaleureuse bienvenue dans cette Chronique du lundi 3 février 2025. Un éditorial du temps qui passe sous mes yeux dont l’écriture a commencé au fond de l’obscurité d’un petit matin de ce premier lundi de février et dont la courte mais perturbé rédaction se termine à la fin de l’après-midi bien ensoleillée de ce même jour.
Ce matin le froid étendait son emprise derrière les fenêtres protectrices de l’appartement où je vis à présent depuis tant d’années de bonheur en compagnie de cette formidable photographe qu’est ma chère et tendre Thérèse Pitte [+] ainsi que ses deux adorables enfants que je vois grandir quand ils accompagnent notre quotidien au cœur de la Ville rose. J’avoue que je m’étais endormi hier soir avec la forte volonté de faire un bout de grasse matinée bien méritée après plus de deux semaines passées à fond dans workshop réjouissant certes, mais bien prenant dans l’esprit et dans le corps.
En fait Louison l’espiègle petite chatte de la famille en a décidé autrement et m’a réveillé un peu avant six heures du matin par un monologue tout en aigus miaulements qui portait sur un sujet qui lui tenait fortement à cœur. Un sujet, d’après ce que j’ai compris de son discours de félin, qui portait sur le manque flagrant de bouts de pâté dans son écuelle. Je ne lui en veux pas. Ces moments font aussi partie de la fabrique du bonheur au quotidien. Du coup cela m’a mis en joie pour la journée et je me suis dit qu’il fallait que je la passe à la cool sous le Soleil, malgré tous les nuages qui ont tendance à s’accumuler à l’horizon de mes activités de Sapiens.
Voilà deux semaines que je vous fais le coup du type bien trop occupé pour pouvoir vous narrer le temps qui passe sous mes yeux et mes oreilles. Et bien je ne ferai pas mieux aujourd’hui, mais avec une motivation totalement opposée. J’ai trop besoin de moment dilettante et d’école buissonnière.
Et même si depuis un temps l’actualité des humain·es n’en finit pas de nous étonner tant son niveau de stupidité est élevé, je ne vous entretiendrai aujourd’hui que de quelques banalités à propos de ce fameux temps qui passe sous mes yeux. Quand bien même si depuis l’accession du blond peroxydé au visage étrangement orangé au pouvoir, nous vivons le florilège prévu de la catastrophe dûment notifiée. Le mec et ses complices avaient annoncé la couleur, on ne peut pas dire qu’ils avaient menti et que l’on soit déçus du résultat. Enfin déçu n’est pas vraiment le mot, je devrais plutôt dire étonné.
Je ne comprends pas la phase de sidération que traverse le monde. C’est d’ailleurs un des faits des plus visibles que l’on observe lorsque l’on interroge les effets de la communication politique à l’heure de la post-vérité. En gros on sait fallacieux autant que crapuleux tous les arguments avancés pour mettre en œuvre une politique inégalitaire, violente, ultra-libérale et mortifère, malgré cela rien n’est vraiment relayé dans les médias du capital. Voire ceux-ci normalisent ces stupides aberrations. Du coup une majorité relative de citoyen·nes se jette sans réfléchir dans toutes les idées les plus faciles d’accès, ce qui permet l’accession au pouvoir des fous furieux du moment. Et pour finir tout le monde s’en étonne. Force est de remarquer que c’est bien ainsi que fonctionne la démocratie bourgeoise, ce système politique dans lequel nous vivons en occident depuis plusieurs générations à présent et qui va de pair avec le capitalisme. Un système qui a découvert il y a peu cette facilité du mensonge sans démenti grâce à la main mise du bloc bourgeois sur la presse devenue organe de propagande. Ce qui affermit un système qui semblait vaciller sous le coup de quelques utopies émancipatrices pendant un temps. En fait ce n’est pas nouveau et ça vient de loin, car la force du capitalisme est bien de savoir réutiliser à son profit toute force contestataire qui nait en son sein.
Il est bien là le tour de passe-passe, sous ce faux semblant qu’est la liberté d’expression à géométrie variable. Dans les systèmes de représentation parlementaire organisés par le bloc bourgeois la liberté de l’individu est extrêmement ténue, elle est même quasiment inexistante, seule son illusion est réelle. Alors oui, dans des degrés et des niveaux différents bien sûr. J’entends déjà les cris d’orfraie qui me vitupère aux oreilles que je n’ai qu’à aller vivre en Russie, en Iran ou en Chine, voire pire : au Venezuela !
Bon bref laissons crier ces imbéciles pantenté·es se croire sorti·es de la grotte dans laquelle ils sont enchainé·es et regardons la réalité en face. La liberté octroyée par le capitalisme totalitaire qui nous gouverne, accepte tout sauf une remise en question de son existence. Nous l’avons bien vu avec toutes les séquences politiques en France de dénis démocratiques qui se sont particulièrement accentuées depuis l’accession au pouvoir de l’actuel hôte de l’Élysée, entre répression, mensonges et corruption, même si le feu couvait bien avant lui. Nous avons connu l’acmé de cette illusion républicaine aux dernières élections législatives en France. Sauf qu’aujourd’hui même la social-démocratie qui n’était qu’un accompagnement de gauche de ce totalitarisme du capital a fini par importuner ce dernier plus qu’elle ne le sert. Et c’est ainsi qu’elle se retrouve stigmatisée et ravalée au rang d’un extrême gauchisme répugnant à longueur de presse. Hélas avec un peu de jugeote c’est bien l’abjection d’un journal comme Le Point qui saute aux yeux quand en une il compare la députée LFI Rima Hassan à feu Le Pen père. L’abjection, c’est aussi qu’un journaliste local puisse relayer cette une de ce torchon sur les réseaux sociaux. L’abjection c’est encore quand on en fait des tonnes, y compris à la tête de l’état pour dénoncer la profanation de la tombe du tortionnaire décédé alors que rien ou presque n’est dit à propos des tombes profanées de tirailleurs sénégalais morts pour la France du côté de Lyon.
J’ai parlé de cette formation de gauche qu’est La France Insoumise. Il faut vraiment être inculte pour l’imaginer à l’extrême-gauche et même révolutionnaire, LFI s’inscrit juste dans un autre courant d’une social-démocratie un peu peu plus keynésienne peut-être, où le marché n’est pas aboli mais mieux encadré. Bien sûr je ne crache pas dans la soupe, et dans les règles du jeu actuel j’aurais tendance à pencher fortement de leur côté. Car dans ce jeu de dupes que sont les élections majoritaires à deux tours c’est bien une des rares forces politiques engagées sur l’échiquier qui reste un faible rempart face au rouleau compresseur du totalitarisme de ce capital consumériste et extractiviste à l’œuvre dans les gouvernances de nos vies de Sapiens.
Alors qu’à côté de tout cela on nous ressort le fameux Parti Socialiste Français des dinosaures et voilà donc sur le devant de la scène le grand retour des vieux gâteux. Je me demande s’il ne faudrait pas sédater une bonne fois pour toute ce petit monde que la presse du bloc bourgeois nous sort régulièrement des EPAHD de la politique. C’est pitoyable comme les médias de l’information consanguine essaye de nous vendre une « bonne gauche », comme un temps on essayait de nous vendre un « bon étranger » ou une « bonne ménagère »… Bon bref je vais arrêter et ne pas m’énerver, ce n’est pas bon pour mon teint. Et d’ailleurs je vais arrêter là mes considération de politique de comptoir. Je préfère rester dans mon bonheur égoïste qui prévalait déjà en début de cette chronique.
Je vais arrêter là tout de bon ce billet du jour, il est tard dans l’après-midi, et il faut que je l’enregistre puis que je le monte pour en faire un objet sonore audible pour les auditrices et les auditeurs. Je n’oublie pas que mes Chroniques du lundi sont aussi l’Édito de la semaine à la Radio FMR [+] de Toulouse.
Même si je pressens que la tournure prise par les événements n’est pas réjouissante, je n’ai pas envie de fulminer plus que cela dans ces lignes et ces paroles. Mais en quelques mots, en ce moment même au cœur de nos activités artistiques, nous voilà confronté·es à un gel sans précédent et même un recul insensé dans le fonctionnement des structures culturelles et associatives en France. En effet sous ce prétexte bien facile que le budget 2025 n’est toujours pas voté, l’état brandit la menace de la cessation de paiement et les collectivités, à divers titres et raison selon leurs engagements politiques, dégainent l’arrêt partiel ou total de toute aide à la culture et aux associations. En parallèle des dispositifs essentiels pour les milieux artistiques, culturels et associatifs, comme le Pass-Culture ont été arrêtés brutalement [+] vendredi dernier. Ou encore la même semaine dernière nous avons appris le gel total des Services Civiques [+], accentuant la précarité des personnes et des structures. On n’imagine pas à quel point l’attaque est énorme. Pour tout vous dire, je pense que beaucoup auront du mal en s’en sortir.
Du coup je vais encore revenir sur le pont pour gérer et faire face à ces nouvelles difficultés qui n’en finissent pas de poindre à l’horizon que ce soit à la radio ou dans la défense des droits des artistes. Heureusement il reste le bonheur de vivre un quotidien heureux comme je le narrais en début de chronique et surtout la capacité d’interroger le monde sans relâche à travers la création.
D’ailleurs, comme la semaine dernière ou les précédentes, comme la semaine prochaine, je finis toujours mon billet du jour avec une image tirée du corpus de mes travaux plastiques et visuels. Évidemment si vous êtes sur mon site philippepitet.com. Pour les auditrices, les auditeurs et les autres, n’hésitez pas à vous y rendre, c’est facile et c’est à porté de clic pour tout le monde. Aujourd’hui c’est une capture d’écran d’une vidéo que j’ai réalisée avec de super élèves de l’ESD-Toulouse [+] dans le cadre de ce fameux workshop dont je vous ai parlé il y a quelques mots ainsi que les deux précédentes chroniques.
Addisiatz amigas e amics !

Audio diffusé la semaine du 03 février 2025 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse :
La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

Laisser un commentaire