01.09.2025 – Chronique du lundi
1 septembre 2025 § Poster un commentaire
En mode combat !
Chères et chers ami·es, finalement même si elle ne l’est pas dans les calendrier, vu que l’été ne sera clos que le 20 septembre prochain, il me semble que la saison estivale est bien finie. À part pour quelques « happy few » qui savent faire prolonger leurs plaisirs respectifs, la rentrée répond bien à l’appel ce matin. Alors que vous soyez auditrice, lectrice, lecteur ou auditeur, sur le blog de mon site web philippepitet.com ou sur les ondes et les électrons de la Radio FMR [+], bienvenue dans cette nouvelle Chronique du lundi 1er septembre 2025. Le premier billet d’une saga éditoriale qui entre dans sa sixième saison, et qui va bientôt fêter ses 5 ans d’une série hebdomadaire ininterrompue depuis le 19 octobre 2020.
Il me faut être honnête, cet éditorial du temps qui passe sous mes yeux a pris une dimension particulière depuis que régulièrement toute les semaines, il y a près d’un an et demi, il est devenu l’éditorial officiel et régulier de ma très chère Radio FMR [+] de Toulouse. Même lorsque je ne réside pas dans la fameuse Ville rose. Tout cela grâce à la mise en œuvre de la toute nouvelle version du site internet de la radio, merci à elle. Jusqu’alors j’avoue que mes élucubrations du lundi ne passaient pas toujours par la case parlée.
J’avoue aussi que dès le début, le format écrit de ces Chroniques du lundi fut privilégié, même si sa dimension sonore était inscrite dans sa perspective. Tout du moins dans un cadre moins régulier que la dimension écrite et visuelle… Ici, j’insiste bien sur le mot visuel, car pour celles et ceux qui ne font que m’écouter à la radio, il vous faut savoir qu’en allant lire les textes de mes billets que je publie parallèlement dans mon site web philippepitet.com à la rubrique « journal », un peu avant leurs diffusions sur les ondes et le streaming, vous trouverez toujours une image issue de mon travail plastique et visuel. Qu’il soit récent comme ancien.
Dès ses prémices, cette série de billets d’humeur a été conçue comme une sorte de carnet de notes sur le monde de Sapiens, ou plutôt un carnet de voyage immobile relatant les turpitudes comme les gloires de mes congénères, du point de vue de mes yeux de plasticien. Des interrogations et des réflexions totalement subjectives qui n’engagent que moi. Beaucoup de gens aiment cet alignement de mes mots, j’ai eu quelques compliments virtuels tout comme IRL, acronyme du « in real life » comme disent les thuriféraires du monde numérique, dans la vie réelle, et j’aime beaucoup la vie réelle !
D’autres ont détesté et ont quitté les lignes de mes pensées, parfois avec fracas et remarques menaçantes. Que m’importe, penser un texte avec dans le tête un format radio reste toujours un exercice difficile, contenter les lecteur·ices comme les auditeur·ices, n’est pas simple. Regardez pour l’exemple, rien que dans la phrase qui vient de précéder l’instant présent, j’ai utilisé ce langage inclusif tant honnis par tant de gens, mais qui me semble incontournable si on a un minimum de conscience politique progressiste dans un monde où le fascisme du quotidien écrase les idées et les pensées. Pas facile de faire des heureuses autant que des heureux dans les rangs des fâcheux et des fâcheuses.
Au début de cette aventure éditoriale il y a bientôt 5 ans, j’avais aussi l’ambition que j’ai tenue pendant 254 semaines, jusqu’à la semaine dernière, d’écrire l’épisode du moment le jour même, le lundi, et de l’enregistrer dès lors que j’en avais terminé la rédaction dans cette même journée, pour diffuser sa version audio avant minuit. Ce que j’ai fait régulièrement et sans faillir. Exercice extrêmement périlleux et compliqué, lorsque mon activité m’amenait à travailler ou à me déplacer ces jours là.
Même si je note des idées et des informations qui m’intéressent à relater, tout au long de la semaine qui précède la rédaction. À travers ma curiosité sur le monde qui m’entoure, je compile aussi des collections d’informations dans lesquelles je puise régulièrement. Quoiqu’il en fut, cette rédaction était contrainte à la journée. Comme mon slogan l’annonce : « Tous les lundis entre zéro heure et minuit ». Pour cette nouvelle saison, je vais enfin déroger à cette règle et composer mes chroniques dans le weekend sûrement, voire même avant. Afin d’essayer de publier et diffuser dès le matin de ces fameux lundis. Voilà une chose dite et j’espère tenir cette ligne. Dans tous les cas cela sortira ma pensée de l’immédiateté de l’information trépidante qui secoue notre monde.
Alors évidemment depuis le premier numéro de mes Chroniques du lundi, j’essaye de parler d’art et d’artistes, tout du moins de culture artistique, mais vous aurez remarqué que je parle beaucoup de politique et de société dans ces billets. J’ai un point de vue qui est bien minoritaire dans le monde de l’éditocratie et des médias dominants. Ces journaux, ces télévisions, ces radios, ces sites web et ces algorithmes dans les mains des puissant·es et qui mènent une guerre idéologique sans pitié. Promouvant les pires travers de la post-vérité et inversant les valeurs, ils détruisent la raison pour mieux détruire les corps et les peuples sur l’hôtel du capitalisme extractiviste, consumériste et nationaliste. Profitant de cette chance d’avoir une audience, même minime à travers une radio libre et ma (petite !) notoriété, il me semble normal dans ces conditions de jeter mes forces intellectuelles contre ces sinistres salopard·es aux ordre du bloc bourgeois qui façonnent le monde de nos pensées et de nos imaginaires. Pour tout vous dire je pense que ni le travail de Pierre Bourdieu [+], ni celui de Peter Watkins [+], entre-autres, n’ont pris une ride, des décennies après leurs publications. En parlant de Watkins, une rétrospective lui sera faite lors du tout prochain festival Fifigro [+] de Toulouse. Pour conclure, j’ai un point de vue d’artiste évidemment très subjectif et je pense en être assez fier. C’est aussi ainsi que je m’engage dans cette lutte inégale qui voudrait voir la bêtise systémique prendre le dessus. J’ajoute sur ce, que je suis aussi assez fier d’avoir aidé à créer, avec tant d’autres, il y a près de 45 ans une radio libre qui perdure malgré son nom, et de l’avoir accompagnée, parfois à bout de bras, tout au long de ces décennies plus souvent plombées que dorées.
Voilà donc pour commencer cette nouvelle saison, et je ne vais pas m’étaler malgré une actualité écœurante sur le front des guerres et des génocides, malgré cette irrépressible envie de dire à quel point je voudrais voir tous ces criminels de guerre pourrir sur le gibet. Malgré aussi une rentrée politique bouillante en France, chauffée par les dingueries de l’été. De partout les éruptions populaires s’étendent sur le globe. Nous savons l’explosion sociale pas si lointaine, je l’espère. Pour qu’enfin un jour proche nous puissions enfin tourner la page des gouvernances mortifères qui nous mènent à notre perte. Déjà dans une semaine en France, un premier ministre des plus nullissimes et son gouvernement des plus crapuleux va tomber, à moins d’un retournement improbable de situation. On s’attend déjà en suivant, à la trahison de la social démocratie à la française. J’imagine toutes et tous ces sinistres qui vont s’engouffrer dans les portes que le bloc bourgeois va leur ouvrir, afin de faire perdurer la domination délétère d’une classe à bout de souffle mais qui s’accroche comme une horde de parasites décérébrés. Nous sommes plus nombreuses et nombreux que cette engeance, malgré les forces de coercition qu’elle compte mettre en œuvre pour écraser toute contestation à son ordre. Le combat se fera donc dans les blocages, dans la rue, sur les ondes, dans les textes et dans l’art à côté des forces du progrès, dès maintenant, heureusement je ne suis pas seul nous sommes beaucoup d’artistes au sein des collectifs Travailleur·euses de l’art, ici à Toulouse Travailleur·euses de l’art 31 [+], pour le mener à notre niveau. À commencer par ma chère et tendre Thérèse [+], ma compagne sur scène comme dans la vie, ainsi que le dit la formule consacrée, même si en tant qu’artistes visuels et plastiques nous sommes très éloigné·es du strass et des paillettes de la scène et nous le revendiquons sans ombrage.
Dans les semaines qui suivent je reviendrai vous entretenir de cette revendication primordiale, mais j’arrête là, car pour ce nouveau cycle de mes éditoriaux qui commence aujourd’hui, j’ai décidé de ne plus être si prolixe et profus dans mes considérations approximatives. Et donc rester sur des longueurs plus accessibles et moins roboratives.
Pour celles et ceux qui m’écoutent, vous entendez des morceaux et des compositions de mon cru en solo ou en groupe, composés il y a déjà un temps ou récemment. Pour celles et ceux qui me lisent, comme je vous le disais en début de cette Chronique du lundi 1er septembre 2025, je vous laisse toujours en compagnie de l’image d’un de mes boulots plastiques. Aujourd’hui la boucle de musique que vous entendez en ce moment même et derrière ma voix sur la Radio FMR [+] de Toulouse, est issue d’un morceau de « JoZef et les Philles » [+], groupe des années 80 dans lequel j’ai trainé quelque peu mes doigts et mon souffle. Et pour l’image, je vous laisse avec la photo de deux duos de dessins au pochoir sur feuilles Canson, que j’ai faits il y a un peu plus d’un an dans le cadre d’ateliers de création avec des publics en difficulté. Ces images seront mises en vente dans le cadre d’une vente aux enchères début octobre pour le Secours Populaire [+]. Mais je vous en reparlerai d’ici là.
À présent, juste avant de vous quitter, j’espère que cette chronique du jour vous aura donné envie de l’écouter si vous la lisez et de la lire si vous l’écoutez. Je vous souhaite une belle semaine de rentrée combative, je vous donne rendez-vous dès lundi prochain. A diluns venent, addisiatz amigas e amics.

Audio diffusé la semaine du 1er septembre 2025 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse :
La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

Laisser un commentaire