22.09.2025 – Chronique du lundi
22 septembre 2025 § Poster un commentaire
L’automne, c’est bien quand les feuilles tombent ?
Amies lectrices et auditrices, amis auditeurs et lecteurs, que vous soyez assidu·es de mes billets hebdomadaires ou non, que vous me lisiez sur le blog de mon site web philippepitet.com ou que vous m’écoutiez sur ma très chère Radio FMR [+], je vous souhaite bien le bonjour et bienvenue dans cette Chronique du lundi 22 septembre 2025. Deuxième jour d’un automne entré en scène sur les chapeaux de roues, ici où je me trouve en ce moment : entre Garonne et Canal du Midi, nous faisant basculer d’une ambiance moite et tropicale vers un monde de pluie froide et diluvienne. Bon bref, ce sont les équinoxes, et j’aime bien les équinoxes. Ça me donne l’occasion de parler de la pluie et du beau temps. Parce qu’avec toutes les dingueries en continu que nous livre l’actualité, ça fait du bien de parler de la météo !
En fait je vous avoue qu’aujourd’hui j’ai vraiment une trop grosse flemme pour vous entretenir du temps qui passe sous mes yeux. Tout d’abord les turpitudes et les infamies qui s’accrochent aux sommets des états du Monde me foutent un peu la gerbe, comme on dit vulgairement. Les crétins et les crétines aux ordres des capitaines des industries capitalistes qui mènent les agendas dans leurs camps respectifs, foutent le bourdon à la planète et accessoirement la détruisent. Je dis accessoirement car cela n’a pas l’air d’inquiéter les clowns qui sont sensés rendre publiques ces gouvernances mortifères, c’est à dire le 4e pouvoir qu’est la presse. Mais hélas la presse qui a pignon sur rue est celle de l’éditocratie financée par le capitalisme consumériste, extractiviste et nationaliste.
Comme à l’habitude, ce n’est pas cette fameuse presse qui dénoncera ce scandale lorsqu’un 1er ministre de la République Française passe plus de 9 mois à mentir éhontément à ses compatriotes sans contradiction avant de laisser le terrain à un autre chef de gouvernement qui s’empresse de mentir à son tour sur les diplômes qu’il n’a pas obtenus [+]. Et autres broutilles, comme ses amitiés troubles avec un fameux garde du corps du Président de la République qui bénéficiait de privilèges sidérants [+]. Cette presse docile dans un même mouvement escamoteur, essayera de nous dissimuler le plus possible les frasques d’un élu local vendéen mort lors d’une soirée « chemsex » [+] – c’est à dire une partie fine à tendance homosexuelle sous l’emprise de la drogue -. Un élu qui avait le bon goût d’être un ami proche de l’actuel Ministre démissionnaire de l’Intérieur mais qui s’accroche à son pouvoir de nuisance tel un pou assoiffé de sang. L’ami du ministre était bien catho et conservateur de type « Travail, Famille, Patrie » comme lui, la fameuse France des honnêtes gens sûrement. Ce n’est pas tant que des circonstances de drogue et de stupre entourent ce fait divers somme toute banal, mais c’est bien toute l’hypocrisie sur laquelle la vie politique bien ancrée à droite et à l’extrême-droite repose depuis si longtemps [+].
Tout cela surtout, pendant que les forces de l’ordre tabassent des citoyen·nes pacifiques par mesures préventives, incendiant, défigurant, étouffant, mutilant, tuant, bien au-delà de ce que l’on peut nommer violences policières [+]. D’ailleurs ici en France comme dans de nombreux pays occidentaux cette association de mots : « violences policières », est autant proscrite que cet autre attelage de vocables : « génocide palestinien ». Pour ces dernier, peut-être qu’à partir d’aujourd’hui, il y aura moins de risques à les dire, après la reconnaissance par la France de l’état palestinien, comme ça vient d’être fait par quelques autres pays [+] du camp dit occidental ces derniers jours. Enfin, on peut toujours rêver.
En tout cas, tout ces mots ne sonnent pas très joli-joli pour la bourgeoisie bon chic – bon genre de nos contrées, car ça fait tâche à travers les lignes des magazines bien ordonnés et les images de la messe télévisée journalière du 20h [+] organisée par ce bloc bourgeois bien policé.
Un monde de l’information de propagande où l’on trouve peu d’éditorialistes pour nous exposer d’autres faits incontestables qui changeraient les esprits de braquet. Comme par exemple et entre-autres, à quel point le modèle allemand s’enfonce dans un sous équipement structurel et vacille sur ses infrastructures en ruines [+]. Ou encore comment le démantèlement des structures sociales ont mis aux abois les populations [+] du monde anglo-saxon. La seule chose qui paraît évidente pour ce petit monde consanguin reste l’horizon guerrier [+]. Alors vous comprendrez que je n’ai pas trop envie de m’attarder dans les contrées narratives de ce monde délétère aux abois. Surtout après avoir entendu l’effroyable parangon des ultra riches français nous expliquer qu’un certain Gabriel Zucman [+] était un horrible bolchévique qui voudrait détruire notre économie florissante, une attaque contre la liberté, voire la mort de notre belle civilisation avec sa fameuse taxe. Logorrhée évidemment reprise à tue-tête par la toujours même presse.
Peut-être même aujourd’hui cette presse de la honte n’aura que quelques entrefilets à consacrer au décès de Léon Landini [+], dernier FTP-MOI [+] qui restait encore parmi nous. On se souviendra son dernier combat qu’il mena afin d’être invité et présent lors des cérémonies de la panthéonisation de ses compagnons de combat : Missak et Mélinée Manouchian, en 2024. Une invitation qui lui était refusée [+], alors que péroraient dans les invité·es officiel·les un aréopage d’héritiers et d’héritières du nazisme. Heureusement il nous reste une presse indépendante qui nous informe avec courage des turpitudes des fâcheuses et des fâcheux qui mènent la danse du Monde. Mais quand même, courage fuyons et concentrons-nous sur l’art.
Tout d’abord pour saluer le retour annuel d’une chouette initiative d’Olivier Gal [+], plus que talentueux éditeur, libraire, journaliste et curateur installé à Toulouse depuis fort longtemps et avec qui j’ai eu l’occasion travailler avec bonheur il y a quelques années. Une initiative sous le nom « Les Multiples » [+] qui revient à la galerie Bouquières [+] de Toulouse. « Les Multiples » y présenterons une sélection de tirages limités avec un focus sur pas mal de nouveautés. Ils partageront l’espace avec Gminuscule [+] qui propose une exposition en hommage aux 100 ans de l’Art Déco. Et cerise sur le gâteau, l’artiste Simon Lamouret [+] fera du centre de la galerie son atelier éphémère : l’occasion de venir découvrir son travail et le processus de création de son prochain album de dessins. C’est donc dans la Ville rose, 33 rue Bouquières, en plein cœur du quartier des Carmes, et cela dure toute la semaine depuis hier dimanche 21 jusqu’à samedi prochain 27 septembre 2025 On pourra aussi découvrir tout cela lors de nocturnes vendredi et samedi jusqu’à 22h.
Un peu dans un mouvement de grand écart, je vais vous projeter vers le Sud-est de l’Hexagone sur les bords de Drôme, à Die, pour découvrir le fruit d’un mois de résidences croisées entre Die et Berlin avec Nina Maller et Petra Spielhagen !
Ceci est le dernier échange, après huit ans de coopération, entre ette formidable expérience artistique qu’est DIEresidenz [+] et les Lichtenberg Studios [+] de Berlin qui ferment malheureusement définitivement leurs portes cet automne.
Dans ses photographies et installations, l’artiste berlinoise Petra Spielhagen [+] met en lumière l’interface entre le quotidien et la mise en scène. Pendant son séjour à DIEresidenz [+], elle se consacre au paysage, marqué et façonné par l’homme. À Berlin, Nina Maller [+] conçoit des montages avec des photographies d’archives du Musée de Berlin Lichtenberg [+], dont elle supprime certains éléments pour en faire ressortir l’essence, l’esprit poétique. En parallèle, elle réalise des moulages en argile des matières et matériaux qui l’entourent dans son environnement temporaire.
La restitution du travail de ces artistes a débuté mardi dernier et on pourra visiter l’exposition : 1150 Chemin du Pont des Chaînes à Die dans la Drôme, elle se voit jusqu’au 25 septembre 2025 sur rendez-vous par téléphone, comme toujours dans l’organisation de DIEresidenz. Vous trouverez les coordonnées idoines sur dieresidenz.net [+].
Je vais en finir avec la rédaction de cette Chronique du lundi 22 septembre 2025, avant d’aller prendre mon petit déjeuner très tôt avec ma chère et tendre Thérèse [+] et les enfants qui se préparent pour une longue semaine de cours, puis partir enregistrer tous ces mots afin que vous puissiez les entendre à travers ma voix sur les ondes et les électrons de la Radio FMR [+]. Mais juste avant je voulais vous partager ce que l’on appelle dans le jargon des aficionados de la communication numérique à travers un anglicisme de circonstance : « un thread »[+]. Je ne reviendrai pas sur ce que veut dire ce mot barbare, mais ce texte est intéressant quand on se soucis de l’engagement dans le monde de l’art, et surtout de l’art contemporain. On trouvera donc ce fameux « thread » sur le réseau Threads.com de Meta son autrice publie sous le nom de « art_lit_tes_ratures » et il date du 6 juillet 2025, à vous de chercher [+], vous y trouverez d’excellents arguments à l’encontre des fondations d’art aux mains du bloc bourgeois, sous la plume de l’autrice Adeline Bailleux [+], dont j’ai découvert les écrits à l’occasion.
Bon voilà, je vous quitte pour de bon. Si vous m’écoutez sur les ondes hertziennes, en stream ou en podcast dans les méandres de la Radio FMR [+] vous entendez un fond une musique créée pour une vidéo de mon corpus vidéographique : « No Show » [+]. Si vous me lisez sur mon site web philippepitet.com, je vous laisse avec un dessin composé en techniques mixtes, entre gros feutres qui tâchent sur papiers de toutes sortes et calques numériques d’un logiciel de retouche photographique bien connu. Un dessin qui parle de mémoire et de douleurs. Des souvenirs qui tombent comme les feuilles sur lesquels ils sont gravés. Bref que de l’embrouille et du bonheur !
Avant de clore la séance pour de bon, chères et chers ami·es, je tiens à vous rappeler que vous trouverez sur ce texte en lecture dans mon site web, tous les liens pour consulter les sources de mes élucubrations aussi approximatives que sincères. Et je tiens à rappeler enfin que rien ne vous empêche de me lire et de m’écouter aussi, tout comme l’inverse est de mise bien entendu, les liens du numérique sont au moins faits pour cela.
Je vous souhaite une bonne semaine d’automne bien fraîche et vous donne rendez-vous dès lundi prochain pour de nouvelles aventures. Addisiatz amigas e amics.

Audio diffusé la semaine du 22 septembre 2025 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse :
La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

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