06.10.2025 – Chronique du lundi
6 octobre 2025 § Poster un commentaire
Ainsi va la feuille de l’arbre qui résiste à l’automne…
Un nouveau lundi pointe son nez et comme à l’habitude le lundi, me voici venir à votre rencontre chères et chers ami·es qui suivez mes éditoriaux du temps qui passe sous mes yeux chaque semaine, assidument ou non, mais qu’importe. Éditos qui sont bel et bien rentrées dans leur 6e saison. Bienvenue à vous dans cette Chronique du lundi 6 octobre 2025. Mais avouons que cette 6e saison de mes billets hebdomadaires reste terriblement jeune face aux 45 saisons que ma très chère Radio FMR [+] affiche au compteur de ce temps passé.
Lundi dernier nous avons lancé officiellement notre nouvelle saison radiophonique 2025-2026. 44 ans nous sépare de notre 1re saison et ça fait toujours bizarre de dire à la jeunesse : « J’y étais ! »
Il y a au fond de moi ce sentiment étrange d’un souvenir de ce soir d’hiver où je n’avais pas encore tout à fait vingt ans, et où après avoir passé les semaines précédentes dans un état de bizarre hésitation à me dire que je ne pourrais jamais parler dans un micro, je me décidais. Ce soir là, poussé par les potes j’ai fini par monter dans ce studio bricolé à travers des fûts de bière, au-dessus de ce mythique bar qu’était le Régalty de Toulouse, rive gauche au tout début de l’avenue de Grande-Bretagne, et où toutes les rockeuses, tous les rockers, la punkitude et la faune new-wave de la Ville rose se pressaient. Ce soir là, en disant quelques bons mots autour de quelques musiques du moment, je ne me suis sûrement pas rendu-compte que je commençais là une longue carrière éditoriale approximative, mais néanmoins décontracté et assidue quand on la situe dans la perspective d’un temps long. C’était lors de cette première saison radiophonique 1981-1982. À l’époque, dans une période bien tourmentée de ma vie de débutant absolu, j’essayais d’étudier l’art, tout comme je me risquais à jouer dans des groupes post-punks. Et la radio, notre formidable Radio FMR, venait ainsi de me prendre dans des filets dont j’avoue ne m’en être jamais réellement éloigné, alors même que j’ai si souvent déserté les bords de Garonne et l’eau verte du Canal du Midi.
Je vous raconte des faits qui eurent lieu il y a près d’un demi-siècle et me vautre encore une fois dans un cabotinage n’y parlant que de moi, alors que je ferais mieux de vous narrer les affaires du monde, même si ces dernières ne donnent pas l’envie de nous y attarder.
En effet, jeudi dernier toute la Global Sumud Flotilla [+] a fini par être totalement arraisonnée illégalement par l’armée de l’état israélien devenu état voyou parmi les plus voyous. Grâce au nombre et à la navigation furtive de ces petites embarcations, un navire a pu entrer un temps dans les eaux territoriales gazaouies ainsi qu’on a pu le lire dans quelques entrefilets [+] de la presse. Pendant ce temps, vendredi dernier, le Hamas semblait accepter un plan de paix crapuleux présenté par l’apprenti dictateur aux manettes des États-Unis d’Amérique et approuvé en façade par le dictateur encore plus crapuleux qui mène Israël vers les rivages de l’infamie. Le Hamas en aurait donc accepté quelques termes [+], dont la libération des otages israéliens encore détenu·es. Mais hélas Gaza est toujours sauvagement bombardée par l’armée soi-disant la plus éthique du monde. Elle n’arrêtera pas le massacre, trouvant le moindre prétexte fallacieux jusque dans les plus profonds décombres de leur turpitude. À part quelques chantres de l’éditocratie française animée par une extrême-droite opportuniste, tout le monde, toutes les instances internationales le disent : il n’y a aucun espace de sécurité pour la population martyre de l’enclave palestinienne. À l’approche du deuxième anniversaire de ce que l’on pourrait nommer le Pearl Harbor israélien, cette étincelle à-travers laquelle les mafieux de Tel-Aviv ont sacrifié [+] près de 1200 de leurs propres concitoyen·nes, et qui a permis la mise en route du plan génocidaire en cours, il y a fort à parier que cette clique crapuleuse continue à vitrifier son El Dorado gazaoui, afin d’y faire place nette pour sa future Riviera, ou tout du moins des débouchés immobiliers bien juteux. Les forces mortifères du capital s’en frottent les mains, nos entreprises du CAC40 en particulier.
Depuis le début de cette horreur qui se déroule sous nos yeux, je n’ai jamais étalé mes états d’âme tentant de rester factuel sur le sujet. Parce que mes attaches et mon histoire personnelle m’ont toujours gardées dans ma retenue, j’ai été solidaire d’ami·es qui ont perdu des proches parents dans les attentats meurtriers du 7 octobre 2023. Mais là j’avoue que je bous dans mon for intérieur. Voilà longtemps que je manifeste ma solidarité avec le peuple palestinien. Il y a un an et demie en mai 2024, j’ai participé avec enthousiasme à « Art Wake Up » [+], organisé en coopération avec le Secours Populaire [+] dont les fonds récoltés ont permis de venir en aide aux palestinien·nes, parmi lesquels de nombreuses et nombreux artistes. Ces derniers jours, j’ai manifesté en soutien aux habitant·es de Gaza, pour l’arrêt immédiat des bombardement, l’arrêt immédiat des exactions israéliennes, l’arrêt immédiat des massacres, l’arrêt immédiat du génocide. Et aussi pour la libération des équipages de la Global Sumud Flotilla, retenus prisonniers autant que prisonnières en totale illégalité. Plus de 20 journalistes étaient sur ces bateaux, des député·es français·es aussi. Des citoyen·nes venu·es de partout dans le monde qui même tout activistes qu’ils sont n’ont pas à subir de torture de la part d’un pays qui se targue d’être la seule démocratie du Levant. Les traitements inhumains, comme ceux infligés [+] à la jeune militante suédoise Greta Thunberg, sont à vomir. Mais depuis des décennies ce sont des traitements que l’on inflige à des palestiniennes et des palestiniens de tous âges innocentes autant qu’innocents.
Je suis foncièrement athée et je l’assume. Je n’ai aucune accointance avec une quelconque espèce de religion ou de secte, mais j’ai manifesté les larmes aux yeux en pensant à la communauté juive, ici en France, comme partout dans le monde qui se retrouve l’otage de forcenés putrides à la tête de cet état d’Israël devenu le fer de lance du colonialisme occidental. Toutes et tous ces ami·es, tous ces proches qui finissent par être stigmatisé·es comme dans des temps que l’on croyait révolus, m’angoisse. L’antisémitisme ambiant, ici en France, mais partout dans le monde est la conséquence directe de la politique coloniale [+] d’Israël, il faudra bien qu’un jour cela soit dit haut et fort. Les cibles mises dans le dos des citoyen·nes de confession et même seulement de culture juives sont posées directement par celles et ceux qui s’en disent défenseur·es et protecteur·ices. C’est une honte, surtout quand on voit comment un parti d’extrême-droite français fondée par des nazis en profite pour récupérer sans pudeur les faveurs d’une population aux abois, les piégeant dans des mortels filets.
Et il ne faudrait surtout pas croire que je défends ce « deux poids deux mesures » ambiant. Reconnaître cette recrudescence de l’antisémitisme devrait l’être, comme devrait être enfin reconnu cet incroyable racisme systémique à l’encontre des populations issu·es d’une immigration récente comme ancienne en Europe et dont les racines plongent dans nos turpitudes coloniales. En France les cibles sont aussi mises systématiquement sur le dos des racisé·es et bien particulièrement de nos concitoyen·nes musulman·es [+] par tout ce qui fait la droite rance de son extrême à sa gauche. Le racisme quel qu’il soit n’est pas une opinion c’est un délit.
Voilà, je savais bien que parler de ce monde qui part droit dans le mur ne pouvait faire que m’énerver. Surtout quand je vois ce qui se passe en France et comment dans ce grand silence douteux, le pouvoir est en train de lâcher ses ressortissant·es prisonniers, je le répète encore : illégalement, en Israël depuis jeudi dernier. Espérons que la mobilisation populaire, menée par la base syndicale et beaucoup d’organisations de gauche, finira par porter ces fruits cette semaine, et que toutes ces personnes sortiront de ces geôles [+] dignes d’un autre âge.
Mais bon, on aura compris que le gouvernement de la France, n’est pas trop en phase avec une quelconque protection de ses ressortissant·es, et encore moins des élu·es de la nation qui sont plutôt à gauche. Un gouvernement qui aura mis un mois pour se constituer et reprendre les mêmes et en pire, après des semaines de tergiversations, malgré la gauche de droite française toujours prompte à s’arrimer à la gouvernance du bloc bourgeois, suivie par la gauche molle, elle, toujours prompte à trahir ses engagements, mais qui restait encore trop gauchiste aux yeux de ce bloc bourgeois aux commandes à travers un président totalement égotique. En fait tout le monde a peur de voir la France basculer dans le fascisme 2.0 à la Trump, alors qu’elle s’y vautre déjà depuis des mois et des années. Et les arrangements [+] entre macronistes et extrême-droite pour s’emparer des rouages de l’Assemblée Nationale [+] en sont le bel exemple du moment.
Les nouvelles attaques ad-nauseam contre La France Insoumise, sont des marqueurs bien visible du règne de l’extrême-droite dans l’Hexagone. LFI, force politique principale de l’opposition actuelle en France, pourtant bien plus proche de la social démocratie que de la gauche extrême, même si elle s’estime radicale, se trouve sous les feux nourris et continus des promoteurs de ce fameux fascisme 2.0, entre fausses informations [+] et sondages bidonnés [+],
En attendant, même si La France Insoumise n’est pas si radicale, l’engagement de leurs membres force le respect. Surtout quand il s’agit des 2 député·es de l’Assemblée Nationale – Marie Mesmeur et François Piquemal -, ainsi que des 2 députées Européennes – Emma Fourreau et Rima Hassan – , incarcéré·es au mépris de tout droit international dans des sinistres geôles politique d’un état soi-disant allié au Levant. Toutes et tous les quatre ont d’ailleurs entamé une grève de la faim [+]. Nous devons exiger leurs libérations immédiates, tout comme la libération immédiate des autres personnes, sans exception, kidnappées lors de l’abordage des navires de la Global Sumud Flotilla, jeudi dernier, et qui sont encore détenues dans ces geôles.
Je vais arrêter cette litanie contre toutes ces turpitudes du monde de Sapiens et des nervis du capitalisme consumériste, extractiviste et nationaliste. Je vais d’ailleurs bientôt clore ce billet du jour. Mais avant de vous quitter je voulais vous dire deux ou trois choses de l’art.
En particulier – je n’y suis pas encore allé dans sa version définitive -, mais après une longue gestation, vient de se créer à Toulouse un nouveau lieu de monstration de l’art intitulé : « Inessential Space » [+]. Il se trouve dans le centre historique, sur les bords immédiats de Garonne, place de la Daurade. Cet espace est ce que l’on appelle un « artist run-space », c’est à dire un lieu d’art plastique et visuel tenu par des artistes. Voilà c’est à noter parce que c’est notable comme aurait pu le dire un certain Monsieur de La Palice ! En l’occurrence « Inessential Space » a été créé et est dirigé par l’artiste Damien Aspe [+]. L’expo collective en cours s’appelle « Laisse béton ! » [+], elle regroupe les travaux des artistes Lucie Laflorentie [+], Nicolas Daubanes [+], Jean Denant [+] et Rémi Groussin [+] dont le béton est un médium assumé et maitrisé, affaire à suivre donc.
Cette semaine à Toulouse il y aura un autre événement marquant dans un autre artist run-space de la Cité Mondine, à Lieu-Commun, artiste run space [+] plus exactement. Cet événement est « F.L.I.R.T #2 dans le Speed Dating #8 sous les yeux de la COOP » [+] et vous retrouverez toutes les informations sur le site web de Lieu-Commun : lieu-commun.fr [+]. Le vernissage de cette expo et l’événement associé aura lieu ce mercredi 8 octobre 2025 à 18h, au 25 rue d’Armagnac dans le quartier Bonnefoy de Toulouse.
Pour finir cette semaine, toujours dans le même quartier Bonnefoy de Toulouse, passez donc nous voir samedi et dimanche prochains à l’atelier d’artiste en commun où je travaille dans la Ville rose : mon très cher Atelier TA [+]. Atelier où quelques un·es des artistes de la quinzaine qui partagent avec moi ce lieu de création exceptionnel, ouvrent les portes de leurs création dans le cadre des Journées des Ateliers d’Artistes [+] d’Occitanie 2025. C’est donc samedi 11 et dimanche 12 octobre 2025 de 14h à 19h. Venez nombreuses et nombreux, nous saurons vous accueillir avec joie et bonne humeur !
Nous sommes arrivé·es à la fin de l’éditorial du temps qui passe sous mes yeux de ce lundi 6 octobre 2025. Pour vous auditrices et auditeurs de la Radio FMR [+] de Toulouse, vous entendez en fond de mes paroles, ainsi que chaque semaines, une autre composition sonore créée il y a près de 25 ans pour une installation appelée Cremadura #3. Pour les lectrices et les lecteurs de mon blog sur mon site philippepitet.com je vous laisse avec une des images que vous pourrez venir voir le weekend prochain à l’Atelier TA [+] lors des JAA. C’est mon nouveau labeur autour de la montagne, dans lequel je me suis engagé il y a déjà bientôt un an et demie. Il s’appelle « Montanha », et j’aurais grand plaisir d’en discuter de vive voix avec vous lors de ces portes ouvertes.
Je rappelle à toutes celles et ceux qui m’écoutent qu’ils ou elles peuvent venir consulter le texte de mes Chroniques du lundi sur mon site web et ainsi accéder aux différents liens que je donne afin de documenter mes dires. Je pars vite bosser avec ma chère et tendre Thérèse [+] afin de commencer la préparation de notre ouverture d’atelier. Je vous souhaite une bonne semaine d’art, de combat et de résistance malgré l’adversité. A diluns venent, addisiatz amigas e amics.

Audio diffusé la semaine du 06 octobre 2025 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse :
La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

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