13.10.2025 – Chronique du lundi

13 octobre 2025 § Poster un commentaire

La nouvelle comédie tragique de l’automne

Tout compte fait, avouons que l’automne met du temps à s’installer, nous sommes mi-octobre et nous dormons encore les fenêtre ouvertes sur les bords de la Garonne. Le weekend fût beau et chaud comme un weekend de mai sur la plage, alors que seuls les embruns du Canal du Midi remontent sous nos volets. Nous sommes le 13 octobre 2025 et je vous souhaite la bienvenue, chères lectrices ou auditrices et chers auditeurs ou lecteurs, dans la Chronique de ce lundi qui s’annonce sous un radieux et chaud soleil. Que vous m’écoutiez sur les ondes de la Radio FMR [+] de Toulouse ou que vous me lisiez sur le blog de mon site web philippepitet .com.

Mais je ne me démène pas face à vous dans ces mots et ces phrases pour vous parler de pluie et de beau temps, malgré la douceur présente et inquiétante d’un été qui n’en finit pas, ici d’où je vous entretiens, dans cet épisode de mes éditoriaux du temps qui passe sous mes yeux.
Ce beau temps chaud me fait penser que quelques jours encore beaucoup de mes congénères ressentaient le froid d’un septembre pourri. Un ressenti très localisé en France plutôt du Nord et dans certains autres coins du monde, car cette année 2025 a connu le troisième mois de septembre le plus chaud jamais mesuré sur Terre, avec des températures élevées près des pôles et en Europe de l’Est, selon les données publiées jeudi 9 octobre par l’observatoire européen Copernicus [+]. Ce mois de septembre passé, a connu une température moyenne de 16,11 °C, elle était 1,47 °C au-dessus de la période pré-industrielle (1850-1900), ainsi qu’on peut le lire dans l’article sur le web publié le 9 octobre dernier par France Info intitulé : « L’année 2025 a connu le troisième mois de septembre le plus chaud jamais mesuré, selon l’observatoire Copernicus » [+].
À travers le grand brouhaha actuel du monde et ses soubresauts guerriers, Sapiens a-t-il perdu de vue la finitude de son monde ? Jamais nous n’avons autant constaté l’augmentation régulière des températures de la planète, la déforestation, la saturation de notre atmosphère par le CO2, l’acidification irréversible des océans, l’extinction massive des espèces vivante, et j’en passe. Mais après tout qu’importe tout cela, quand il s’agit du profit pour le capitalisme consumériste, extractiviste et nationaliste.

Voyez, même si on pense en toucher la fin, le génocide qui réduit la Palestine en cendre pour faire place à un affairisme teinté de nationalisme immonde, sature nos capacités de réflexions de quel côté que l’on se trouve de la pensée humaine. De même que ce conflit fratricide sur le flanc Est du continent européen qui réduit tout discernement quand il s’agit de s’opposer à l’industrie de la guerre. Une industrie extrêmement mortifère avant même qu’elle ne tue des combattant·es sur le front des opérations, mais qui reste le dernier recours pour que les oligarchies du monde entier puissent maintenir le mouvement croissant de leurs enrichissements respectifs. Et forcément, à force de jouer la carte du nationalisme, ces enrichissements se confrontent parfois et génèrent des guerres et autres atrocités sur le dos des lumpenprolétariats du monde entier. Malgré toute la misère et les drames que cela engendre, voire l’instabilité pour son propre système, le consumérisme et l’extractivisme, sur lesquels repose le capitalisme ultralibéral triomphant, ne peut se passer du nationalisme afin de se maintenir comme unique système de gouvernance au monde. Un des plus importants problèmes qui est posé à notre humanité est la capacité de notre Planète Bleue à nous héberger et nous donner à vivre sans nous concentrer dans des zones saturées. Hélas cette gouvernance mondiale des blocs bourgeois ne fait qu’exacerber les peurs et stigmatiser les migrations désespérées d’êtres humain·es qui ne cherchent qu’à survivre. Alors même que ce sont ces fameux blocs bourgeois qui provoquent les situations de désespoir à travers leurs turpitudes. L’ennemi c’est l’autre, la solidarité entre humain·es n’existe plus. Ces élites du capital délétère pour concentrer encore plus de richesse dans leurs mains, détruisent et pillent systématiquement ce nid jusqu’alors douillet qu’est notre Terre. On ne peut s’imaginer à quel point cela est ancré dans la tête des gens. Et à quel point même les plus pauvres et les plus éloigné·es d’une quelconque capacité à devenir riches, sont pilotés par ces doctrines que l’on pourrait presque appeler nématomorphes. À l’instar de ces vers parasites [+] qui prennent les commandes d’un autre organisme juste pour assurer leurs cycles de reproduction.

Dans notre société des Sapiens, aux endroits où elle a inventé ce que l’on appelle démocratie libérale, ces vers nématomorphes de la pensée sont bel et bien les organes de presse d’accompagnement du capital. De droite extrême comme de gauche molle, ils maintiennent les citoyen·nes dans la bonne doctrine libérale du capitalisme consumériste, extractiviste et nationaliste.
Le prix Nobel de la paix 2025 est un exemple de manipulation flagrante de la pensée. La focalisation sur une candidature guignolesque mais perdante de l’actuel président des États-Unis, a éclipsé le fait que ce prix avait été attribué à une personne l’extrême-droite Vénézuélienne, comme le titre l’Huma, un journal qui depuis plus de 120 ans est à l’opposé des médias d’accompagnement du capital, « Le prix Nobel de la paix a bien été décerné à une figure de la droite extrême… mais pas à Trump » [+]. En fait, tel que cela était présenté, même les plus sincères et intelligent·es de nos congénères ont été soulagé·es que cette vénérable institution mondiale qu’est ce Prix Nobel de la Paix ne choisissent pas le fameux président à la crinière peroxydée. Bref on ne nous présente toujours qu’un faux choix entre peste et choléra, nous administrant ensuite l’antidote salvatrice, nous ancrant de plus en plus dans les paradigmes inverse du progrès.
Dans ce cas épiphénoménal du dernier prix Nobel, à côté de cette opposante très conservatrice dans un Vénézuéla extrêmement convoité à cause de ses réserves pétrolières, il y avait d’autres personnalités mondiales dont, entre-autres, Îlham Ehmed [+] une représentante kurde du Rojava qui était à mon avis bien plus légitime à recevoir ce prix. Sauf que c’est devenu bien plus licite et correct de pousser les pions du fascisme que de mettre en évidence une expérience de démocratie directe menée depuis plus de dix ans au Rojava [+]. Expérience attaquée et bien mal vue par un monde fort peu enclin a accepter qu’une gouvernance libertaire non libérale puisse fonctionner un tant soit peu, même si malheureusement ce modèle est en train de péricliter.

En France le cirque politique est évidemment relayé par une presse d’accompagnement qui a pris parti depuis longtemps, puisqu’elle se targue elle-même de faire la pluie et le beau temps. Depuis plusieurs mois, nous vivons dans un sketch à la tête du pays. La politique dans ce pays est le parangon de cette mauvaise blague où le néoliberalisme, avatar ultime du capitalisme, montre son visage totalitaire. Ce système et surtout ses oligarchies bénéficiaires ne peuvent accepter une quelconque opposition. C’est valable en Russie, en Chine et tout autre pays traditionnellement représentés en dictatures, mais c’est malheureusement valable dans nos pays occidentaux, ici même. C’est pour cela que la presse « mainstream » mise à fond sur la victoire électorale d’une extrême-droite aux prochaines élections, maintenant de fausses espérances progressistes avec la gauche de droite, bien représentée par le compagnon d’une journaliste vedette présentatrice d’un journal télévisé, et parfois aussi avec la gauche molle qui adore jouer les carpettes, dénigrant à outrance toute parole venant d’un peu plus à gauche, qui pourtant est loin d’être l’ultra-gauche fantasmée par ces journalistes dont le cerveau est animé à travers le filtre des puissants logiciels du bloc bourgeois. Quoi qu’il en soit on finit bien par s’apercevoir que le président ne démissionnera jamais, ou s’il le fait ce sera uniquement si son remplaçant ou sa remplaçante potentielle autant que potentiel poursuivra sa politique ultralibérale à la tête du pays. Et en attendant la suite, peut-être même que tout sera fait pour mettre au pouvoir une extrême-droite qui n’aura de cesse que de continuer la casse des biens communs et des plus précaires dans notre société. Bref l’arc républicain n’existe qu’à partir du moment où il ne remet pas en cause le totalitarisme du capitalisme, à lire sur le média indépendant « Reporterre » [+] dans son article du 3 octobre dernier intitulé : « Entente entre extrême droite et bloc centriste : le désarroi de la gauche » [+].

Je vais arrêter ici ma prose du jour et je vais vous laisser parce j’avoue être un peu crevé, car en compagnie de ma si chère et tendre Thérèse Pitte [+] ainsi que de tous les autres artistes de l’Atelier TA [+] nous avons accueilli le public ce weekend passé pour les JAA Occitanie [+]. Je dois vous dire avoir fortement et agréablement été surpris de voir passer dans nos murs Anne Stambach-Terrenoir [+], députée de la 2e circonscription de la Haute-Garonne, seule élue et responsable du territoire toulousain où se trouvent nos ateliers qui soit venue à notre rencontre pour une discussion ouverte, sincère autant que cordiale et curieuse. Je l’en remercie. On pourra noter que cette députée est une députée insoumise… Je dis ça je ne dis rien !
Bref ce furent deux jours intenses de portes ouvertes, précédés par une journée de préparation musclée, dont il faut maintenant trouver un temps pour s’en remettre. Et j’ai peu de temps car ce mercredi prochain, le 15 octobre entre 19h30 et 21h30, je reprends un peu de service avec Radio FMR [+] de Toulouse pour une séance d’écoute en public à l’auditorium de l’Espace Bellegarde [+] qui accueillera le talentueux (et très bon ami !) auteur-compositeur Yannick Boudruche [+]. Yannick présentera son album « Englishious », qui paraîtra officiellement le 20 octobre 2025.

Je vous laisse donc ici, j’espère avoir le temps d’enregistrer cette Chronique du lundi 13 octobre 2025 avant 14h afin de pouvoir la diffuser sur les ondes. D’ailleurs, si vous écoutez ce billet du jour sur ces ondes et ces électrons de la radio, vous entendez en fond sonore une composition que j’avais imaginée il y a plus de 20 ans quelque part en Chine près de Pékin et jouée lors d’une performance radiophonique au jour de l’an 2004, intitulée « KinouRendfou In Beijin » et le morceau s’appelle « Great Wall ». Pour celles et ceux qui ont la curiosité et le courage d’entrer dans mes lignes sur mon site web philippepitet.com je vous laisse avec la photo des dessins de carnet de montagne – « Montanhas » – que je viens de présenter sur un mur, dans le cadre des JAA 2025 à l’Atelier TA [+], voilà encore une histoire de mur !

Je vous souhaite une bonne semaine et vous dis : a diluns venent, addisiatz amigas e amics.

"Montanhas sus la paret", photo des carnets de dessins "Montanha" présentés lors des JAA 2025 à l'Atelier TA
Présentation des dessins de carnet « Montanhas » au JAA 2025 – Atelier TA. Crédit photo : Isabelle Pitet-Marfaing

Audio diffusé la semaine du 13 octobre 2025 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse :


La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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