05.01.2026 – Chronique du lundi

5 janvier 2026 § Poster un commentaire

Plus que deux mots à dire : bon courage !

Chères lectrices, chers lecteurs, qui lisez ces lignes sur le blog de mon site web philippepitet.com, chères auditrices, chers auditeurs qui écoutez ces mots sur les ondes ou les électrons de la Radio FMR [+] de Toulouse, avant toute considération laissez moi vous souhaiter bienvenue dans ce premier éditorial du temps qui passe sous mes yeux de l’année 2026, Chronique du lundi 5 janvier 2026 pour être précis. Et par la même occasion si vous y accédez dans le continuum espace temps proche de sa parution ou de sa diffusion, je vous présente mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année, ainsi que l’usage de la sororité et de la fraternité des humain·es le suggère. À travers ces déferlements de boues d’une actualité nauséabonde, je vous souhaite survivre, espérer, avoir du courage, combattre et pour finir accéder au bonheur de vivre dans l’harmonie. Je sais c’est loin d’être gagné !

Surtout quand le plus gros état voyou [+] de la planète commence l’année en bombardant un pays et capturent le président et sa femme de ce pays qui détient la plus importante réserve de pétrole au monde sous prétexte qu’ils combattent les cartels de la drogue [+] alors qu’il ne représente que 1 petit pour-cent du trafic mondial de la drogue [+], et quand bien même si le président kidnappé avait fini par devenir un sombre et nième dictateur à moustaches. Pense-t-on toujours être du côté du bien contre l’axe du mal ? Et puis ensuite [+] ? Qui pour assouvir la soif de puissance de l’Empire ? Cuba ? La Colombie ? Le Brésil ? Le Mexique ? Le Groenland ? Pour ce dernier c’est déjà fait ! Dans cette affaire de violence d’état, aucune mention de mort·es ou de blessé·es dans les médias d’accompagnement, juste cette vulgaire notion de chute d’un dictateur. Si les État Unis d’Amérique avaient su créer les conditions démocratiques en abattant un dictateur l’Irak serait aujourd’hui un havre de paix au Moyen-Orient. D’ailleurs dans cette région du monde, nous ne sommes pas loin non plus du moment où le fou furieux blond décoloré de Washington et des nervis d’extrême-droite droite qui sévissent sans honte du côté du Jourdain ne compromettent les révoltes populaires légitimes en cours en Iran, à cause de leurs ingérences. L’année 2026 malgré tous nos vœux commence bien mal. Et c’est bonne chance pour la suite, plutôt que mes meilleurs vœux que je devrais souhaiter à nos congénères ici et maintenant.
Fort heureusement un embryon de résistance commence à émerger au cœur même de l’Empire, boosté par l’investiture du nouveau maire de New-York Zohran Mamdani [+], partout sur ces territoires nord américains les préparatifs d’élections locales ou intermédiaires donnent des signaux positifs en faveur des forces bien plus progressistes qu’avant l’ère Trump ne pouvaient l’être les fameux démocrates [+] de la bourgeoisie blanche nord-américaine.

Et c’est bien avec ces toutes petites lueurs d’espoir que je souhaite surtout voir les pensées de mes congénères s’éloigner des contingents de la haine ordinaire qui envahissent l’espace public, afin d’organiser une juste résistance à ces saloperies qui sapent notre honneur de Sapiens. Cette haine qui résonne trop fort à travers les amplificateurs des chaînes d’infos en continu du monde qui ne laissent aucune chance à la pensée et à l’intelligence car nous abandonnons tout recul face à leurs images orientées. Une haine qui explose aussi à travers le tambour battant de ces plateformes des réseaux du web que l’on dit sociaux, et dont pourtant je suis un grand consommateur comme des milliards de mes congénères. La convergence des deux est délétère pour notre humanité tout le monde le sais, les réponses politiques sont évidemment bien en dessous des enjeux voire imbéciles, alors il me semble que le meilleur souhait que nous pouvons faire serait de revenir vite IRL, In Real Life !

Pour en finir avec les vœux et revenir justement dans la vrai vie, il y a les tristesses qui la parsèment comme en ce tout dernier jour de l’année 2025 qui vient de se clore, avec le décès du botaniste Francis Hallé [+]. Ce scientifique n’était pas seulement un immense chercheur en biologie végétale et un défenseur acharné des forêts et des arbres, c’est surtout un·e de celles et ceux qui ont fait découvrir les vertus de la forêt primaire à beaucoup. C’était aussi un être humain qui savait écouter, partager et se mettre au service d’autrui. En effet au mitan des années 80, lorsqu’il dirigeait la fameuse expédition du « radeau des cimes » [+] en Amazonie, il est dit qu’il préparait chaque étape avec les populations locales, et il faisait toujours monter plusieurs représentants autochtones avec la première équipe car il disait : « c’est leur forêt, pas celle des chercheurs ! ». J’avais adoré ces expéditions qui voyaient un équipement scientifique d’observation ressemblant à une étrange embarcation et qui navigaient sur les cimes forestières. Depuis lors, alors que je me couche à l’ombre des sous-bois, je regarde se dessiner les motifs que représentent ces sommets laissant filtrer un peu de douce lumière. Les contours et les lignes formées par les interstices en font un univers où s’échappe mon imagination. Il paraît que Francis Hallé était un remarquable dessinateur. Alors je sais, la mort est le sens final de la vie pour nous humaines et humains bien chétifs autant que chétives. Nous devrons toutes et tous passer par là. Quelqu’un comme Francis Hallé eut une vie remarquable, il est mort à un âge que je ne pense même pas pas atteindre moi-même. Alors que d’autres décès ont parsemé et jalonné ces derniers jours, il me semblait nécessaire de parler, de rendre hommage à un congénère dont on peut, avec plaisir et sans soucis, ne pas séparer l’œuvre de l’homme (ou de la femme !). C’est vers cela à tous les niveaux de nos implications au monde que chacun·e d’entre nous devrait tendre, vœux pieu et difficile à tenir, je le concède !
Et puis tout de même en ce tout début d’une année qui semble être celle de tous les dangers pour notre pauvre planète et le vivant qui la peuple, Sapiens en ligne de front, il serait aussi bon de se souvenir que l’entraide, la coopération et l’altruisme, devraient être non seulement enseignés mais pratiqués à outrance. À lire pour s’en rappeler sur le média indépendant « La relève et la peste » [+] avec l’agronome libertaire Pablo Servigne [+], dans un article paru en octobre dernier et intitulé : « C’est la tendresse qui va sauver le monde » [+].

Comme bonne résolution cette année, j’ai décidé de ne point vous abreuver de Chroniques du lundi fleuves et roboratives, je les prévois légères et courtes, non qu’il n’y ait pas de choses à dire dans les actualités du monde chaque semaine, il y en a trop et je m’en insurge en m’étalant bien assez pour être sérieux. Je vais donc abréger, à commencer par cette première de l’année.
Mais juste avant de vous quitter en arrêtant la rédaction de la présente, pour enfin aller prendre mon petit déjeuner avec ma chère et tendre Thérèse [+], et démarrer une semaine de labeur dans mon espace de travail toulousain de mon cher Atelier TA [+], où je travaille avec tant d’ami·es chères autant que chers, espace qui doit être bien frigorifié, hiver oblige, je voulais juste vous entretenir d’une découverte (presque !) faite lors de ces derniers jours avant de revenir sur les bords de la Garonne. En effet dans notre trop court dernier séjour dans notre havre de paix à Die aux pieds de nos montagnes chéries du Diois et sur les bords de Drôme, chère rivière de impétueuse de montagne, j’ai découvert dans un micro dispositif de monstration au cœur du génial « entre-pÔt » de Die [+], le très beau travail plastique de Nicolas Boldych [+] aux crayons de couleurs sur larges leporellos restituant avec une grande poésie de longues lignes de crêtes alpines. Vous pouvez retrouver une partie de son travail dans son blog « La ligne des Montagnes, dessins au fil des crêtes » à l’adresse URL suivante : lalignedesmontagnes.blogspot.com [+].

Je vous laisse pour cette semaine. Si vous écoutez ces mots sur les ondes de la Radio FMR [+] de Toulouse, vous entendez en fond encore une fois et comme à l’habitude, jusqu’à ce que le stock soit épuisé, le son d’une vidéo qui parlait de vent, d’arbres et de ciel. Il me semblait que dans la froideur de l’hiver cet espace sonore printanier ferait du bien à vos oreilles. Et pour celles et ceux qui liraient aussi cet épisode du temps qui passe sous mes yeux sur le blog de mon site web philippepitet.com, je vous laisse avec une image extraite de toute une très ancienne série de dessins. Dessins petits formats destinés à ne pas être séparés les uns des autres, exécutés à l’encre de chine rouge sur papier couché, au début des années 80 du siècle précédent le présent, alors que j’étais immobilisé pour une longue convalescence. Une série de dessins qui interrogeaient nos origines et nos racines.

Voilà, je vous souhaite une belle semaine froide d’un hiver enfin bien présent dans les latitudes dites tempérées et vous dit a diluns venent, addisiatz amigas e amics.

Photographie d'une série de dessin du plasticien Philippe Pitet intitulée "Ont Sont Nòstras Raices" - 1984
Série de dessins à l’encre de chine rouge sur papier, « Ont Sont Nòstras Raices » – 1984

Audio diffusé la semaine du 05 janvier 2026 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse :


La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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