16.02.2026 – Chronique du lundi
16 février 2026 § Poster un commentaire
Comme un kit de survie dans ce monde de la banalité du mal
Chères et chers ami·es, de l’internet et des ondes, que vous me lisiez dans le blog de mon site web philippepitet.com, ou que vous m’écoutiez à travers les canaux de ma très chère Radio FMR [+] de Toulouse, quel que soit le médium par lequel vous prenez connaissance de ce nouvel éditorial du temps qui passe sous mes yeux, je vous souhaite bien le bonjour dans ma Chronique du lundi 16 février 2026.
Parmi les soubresauts d’un monde qui va très mal, ou plutôt qui banalise le mal, j’essaye semaine après semaine, depuis plus de cinq ans, de poser mon point de vue subjectif, approximatif et dilettante sur une situation assez inextricable qui nous entraine loin de toute raison pour nous assommer à coup de stupidité systémique. Cette semaine n’échappe pas à cette norme, et voilà que je vais m’en faire écho… Ou non !
Et tout d’abord avant que certaines et certains ne m’accuse d’user de références à la philosophe du XXe siècle autrice de « La crise de la culture » [+] ou de : « Eichmann à Jérusalem » [+], pour ne pas rendre le titre de cette présente chronique un tantinet trop « téléphoné », je sais que la pensée d’Hannah Arendt [+] a fait l’objet d’une forte polémique à gauche il y a quelque temps. Je n’y reviendrai pas dessus. Mais si je vous parle de cela aujourd’hui c’est bien parce qu’en classant mes notes prises depuis des années de rédaction de ces billets hebdomadaires je suis tombé sur plusieurs articles datant d’il y a presque trois ans. Des articles de presse autour d’un débat devenu polémique lancé par la journaliste Clémence Mary [+] dans un article de la rubrique Idées et Débats du journal « Libération » intitulé : « Hannah Arendt n’appartient pas à la droite » [+]. Arguant du fait que les années récentes des expériences comme Nuit debout ou les Gilets jaunes avaient remis en lumière la pensée politique d’Hannah Arendt, synonyme de rupture. Un article auquel avait promptement répondu le philosophe Emmanuel Faye [+] dans les colonnes de « l’Humanité » [+], à travers son article : « Hannah Arendt, une philosophe de gauche ? » [+] qui posait la question du positionnement politique de fond de l’autrice « Des origines du totalitarisme » [+]. Quelques semaines plus tard, trois autres philosophes spécialistes de l’œuvre d’Arendt : Aurore Mréjen [+], Martine Leibovici [+] et Carole Widmaier [+], avaient répondu dans « Philosophie Magazine », à travers un article intitulé « Arendt est-elle de gauche ? : Emmanuel Faye ou le grand air de la calomnie » [+]. Mes notes de l’époque à ce sujet, se sont arrêtées à la lecture d’un dernier article de l’Huma qui titrait : « Critiquer n’est pas calomnier : la pensée de Hannah Arendt n’est pas de gauche » [+], sous la plume de trois chercheur·euses universitaires : Livia Profeti [+], François Lecoutre [+] et Benoît Basse [+]. En conclusions de ces notes, que je n’avais pas mis en scène dans une de mes Chroniques de lundi de l’époque, parce que j’avais sûrement d’autres choses à faire et à dire étant donné que j’étais en résidence de création pour la création de mes « microbassines », en conclusion donc de ces notes, je me dis que c’est quand même chouette d’apprécier parfois les raisonnements et les interrogations qui ne vont pas exactement dans le sens de ses propres pensées. Et même si je suis dans une banalité crasse en disant cela, ça fait du bien de le dire, à travers toutes les haines actuelles qui traversent le monde de Sapiens.
Alors oui, les choses vont mal sur notre vaste Terre, et les récits qui en sont faits sont encore plus délétères que la réalité. L’affaire Epstein qui secoue le monde est bien le symptôme de ce séparatisme opéré par le bloc bourgeois de tant de pays, et ce sentiment d’impunité des puissant·es qui se traduit dans les faits sans aucun doute à présent. La nouvelle loi Duplomb en préparation et les mensonges d’une ministre de l’agriculture sur les dangers de l’agrochimie pour la planète et les humain·es, est une nouvel indice de leur acharnement jusqu’au-boutiste. En bonnes citoyennes et bons citoyens français autant que françaises signons massivement la pétition qui a été mise en ligne la semaine dernière sur le site de l’Assemblée Nationale sous le titre « Non c’est Non, Monsieur Duplomb ! » [+] n’hésitons pas à la signer pour montrer notre mécontentement à défaut de faire capoter ces lois mortifères, voire assassines.
En fait tout ceci ne sont que les indices d’un capitalisme aux abois et suicidaire, mais qui n’en finit pas de nous précipiter vers le mur de notre finitude. Les puissant·es de la planète aveuglé·es par un profit insensé ne roulent que pour elles ou pour eux. Beaucoup n’ayant pas de descendance, appliquent un bien facile « après moi le déluge ». Et pour les autres, qui croient encore pouvoir créer des dynasties sur les briques de leurs turpitudes, ils œuvrent à la sauvegarde musclée de leurs héritages qui iront dans les mains de « filles ou fils de ». Une engeance totalement décérébré·es et dépourvu·es d’une quelconque empathie pour notre Terre nourricière et toute l’humanité qu’elle accueille et qui est dans l’incapacité de percevoir qu’elle finira par scier la branche sur laquelle elle est perchée. Pire encore, les élites du bloc bourgeois et des oligarchies, en plein cœur des démocratie bourgeoises, se sont entourées d’un niveau de militarisation incroyable et de nervis dignes des plus sombres polices politiques afin d’assoir un pouvoir toujours plus répressif ils foncent tombeau ouvert vers un mur imparable, nous amenant dans leurs valises. Mais cela n’est pas grave pour ces fous et qu’importe le lot de dérèglements [+] qui emportent les existences de leurs congénères. C’est bien cela « après eux le déluge » [+] !
D’autres types de déluges nous submergent au quotidien. En effet le weekend passé, un nouveau bain sans retour au sec a coulé à flots dans ce qui est désormais le lot commun de nos actualités, l’inversion des valeurs au fond de laquelle ce capitalisme consumériste, extractiviste, nationaliste, belliqueux et fascisant nous plonge… Un jeune militant fasciste, royaliste, pétainiste, raciste, ultra catho et j’en passe, un jeune homme qui rêvait d’en découdre violemment avec des adversaires fantasmés, mais surtout un jeune tristement instrumentalisé par des idées nauséeuse vient de mourir dans un affrontement de rue, dans une rixe qui a opposé des nervis d’extrême-droite à ce que l’on sait être des militants antifascistes. Et ce qui devait arriver arriva, la machine politico-médiatique s’est emballée comme un seul homme, apportant son lot d’approximations et de certitudes pourries.
Tout cela parce que des fous et des folles furieuses autant que furieux obsédés par des théories fictives qui voudraient nous expliquer des hiérarchies de valeurs entre groupes humains essayent de mettre nos sociétés repues de consommation, à feu et à sang dans l’espoir d’accéder au pouvoir pour le profit immédiat d’un bloc bourgeois qui n’a de cesse que de diviser les colères populaires pour maintenir sa rapacité et sa main mise sur le monde.
Du prurit de ce drame se sont échappés les cris d’orfraie d’une presse d’accompagnement crapuleuse servie par une caste journalistique décérébrée qui essaye à tout prix, dans une manœuvre grossière de nous expliquer que tout cela était la faute du premier parti institutionnel d’opposition devenu l’espace d’un temps, juste précédant, extrêmement gauchiste par la grâce d’un ministre de l’intérieur répugnant, sous la houlette d’un président de la république autant ignoble qu’infâme. Pasqua serait encore vivant, sans vouloir tomber dans le complotisme suraigu, je me dirais que tout cela sent la « barbouzerie » et la manipulation de fait divers à plein nez.
Mais le pire est que tout d’un coup ce petit monde médiatique a oublié que voilà plus de 20 ans : les militants antifas meurent durement sous les coups de ces nervis fascistes. Et que pas plus tard que le mois dernier, pas loin de Lyon, un jeune garçon, Ismaël Aali, a été ignominieusement assassiné [+] par ces militants fascistes. Un meurtre raciste passé sous les radars dans une indifférence habituelle quand les choses se passent dans ce sens du courant. Aujourd’hui, ces militants de la peste brune sont à présent propulsés au sommet de l’angélisme, le temps d’un martyre. Plus de 11 morts officielles, sans compter les laissé·es sous silence, ont jonché les pavés de la violence exercée par ces fameux anges d’extrême-droite. L’odieux groupuscule Némésis pratique la provocation outrancière permanente. Qu’importe, tout cela est la faute de celles et ceux d’en face. La mémoire devient trop sélective dans cette séquence de bêtise systémique. Il seraient temps que s’arrêtent les mensonges. et pour garder raison je vous renvoie vers deux articles du média indépendant « Contre Attaque » que vous trouverez en ligne, le premier publié le 15 février intitulé : « Que s’est-il passé à Lyon le 12 février ? Ce que l’on sait des événements trois jours après les faits » [+] et le second paru le 16 février sous le titre : « L’invention médiatique de 2026 : le néo-nazisme non-violent » [+].
Je ne vais pas m’étaler de plus aujourd’hui, car il y a des jours où je n’aime pas mon monde parce que ce monde me met sévèrement en rogne. Mais par contre j’aime de plus en plus les formats courts pour mes éditoriaux du temps qui passe sous mes yeux. Alors je vais m’arrêter là. Juste avant je voulais dire deux mots sur tout l’espoir que l’on peut avoir en la jeune génération, celle que l’on appelle la Gen Z. Des jeunes gens que je côtoie en famille mais souvent lors d’ateliers que je mène au sein de quelques écoles d’art appliqué dans lesquelles j’ai le plaisir d’intervenir.
Une Gen Z qui, ne l’oublions pas, a fait tomber en Europe même, il y a peu, un gouvernement corrompu en Bulgarie [+]. Même si cela ne résout rien, c’est déjà un premier pas. Une Gen Z qui se mobilise dans les écoles d’art pour protéger bec et ongles toutes les capacités qu’ont les artistes à interroger le monde avec la force de l’art. Je suis très heureux de voir aujourd’hui que les élèves de l’isdaT, anciennement École des Beaux-Arts de Toulouse, une école que j’ai côtoyée quotidiennement il y a des décennies, comme plein d’autres jeunes gens élèves de plein d’autres écoles d’arts en France, sont solidaire des attaque faites contre leurs camarades de Mulhouse et Strasbourg élèves de la HEAR (Haute École des Art du Rhin) [+], à propos de cette affaire de piñata policière dont je vous ai parlé les semaines précédentes. En tout cas, pour ce qui en est du soutien des étudiant·es en art toulousain·nes, je vous conseille de voir un sujet vidéo sur le compte Instagram du syndicat d’étudiant·es Le Poing Levé de Toulouse : lepoingleve_tlse [+] qui vous éclairera sur l’affaire. Je ne peux encore une fois que remercier ces jeunes gens de leurs prises de positions pertinentes.
D’ailleurs, la semaine prochaine je reviendrai sur les élections municipales qui se profilent et je commenterai comment la culture à Toulouse, entre autres, y sera traitée, surtout en ce qui concerne les arts visuels et plastiques dans leurs pratiques contemporaines.
Mais là je vais arrêter pour de bon la rédaction de ce billet du jour et rejoindre de ce pas ma chère et tendre Thérèse [+] pour un petit déjeuner tranquille avant que la vie nous propulse dans une nouvelle semaine d’intenses activités. Et surtout partir en studio pour enregistrer et monter ces mots que vous entendez donc aussi sur les ondes et les électrons de la Radio FMR [+] de Toulouse, sur laquelle en plus de ces mots vous entendez en ce moment même une bande son d’une de mes vidéos du temps passé. Si vous lisez ce texte sur mon site web philippepitet.com, outre tous les liens pour aller lire les références et les sources de mes informations, je vous laisse une nouvelle fois avec un de mes dessins de ma série « Slow Gangs » qui va fort bien à propos avec cette Chronique du lundi 16 février 2026. Je vous souhaite une belle semaine de février, a diluns venent, addisiatz amigas e amics.

Audio diffusé la semaine du 16 février 2026 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse :
La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP
