23.02.2026 – Chronique du lundi

23 février 2026 § Poster un commentaire

Ces jours où la France a basculé

Chères et chers ami·es, auditrices, lecteurs, auditeur, lectrices et toutes autant que tous les autres, sur le blog de mon site web philippepitet.com ou sur les canaux de diffusions de ma très chère Radio FMR [+] de Toulouse, je crois que nous serons d’accord pour convenir que les moments que nous traversons au temps de cette présente Chronique du lundi 23 février 2026 sont gravissime du point de vue de l’histoire commune de ce pays appelé France. Mais avant de développer en quelques phrases cette assertion, laissez moi vous souhaiter bienvenue à travers ces mots, avec amour et bienveillance comme tous les lundis depuis déjà près de cinq ans et demi.

Oui quelque chose comme 280 Chroniques du lundi ont jalonné mon existence depuis 64 mois, très drôle pour quelqu’un qui vient de fêter ses 64 ans, ce qui n’a rien à voir avec mon propos ici présent. Bref, je vous livre depuis ce mois d’octobre 2020 des billets d’humeur assez approximatifs et partisans. Des analyses, je l’avoue, proches bien souvent, de réflexions de comptoirs et dans lesquelles je décris l’état du monde de Sapiens à partir de mon point de vue d’artiste plasticien. Aujourd’hui vu l’état de ce monde j’étais près de jeter l’éponge. Car nous vivons des instants propres à la déjection buccale vomitive, pour n’importe quel ou quelle individu·e normalement constitué·e !

Je crois que je n’ai plus de mots, en français comme dans n’importe quelle autre langue, pour narrer ce qui se passe en France et sur la planète. Je suis atterré, voilà le mot : atterré ! Atterré par ce que notre société du spectacle et de la consommation est en train de produire sous mes yeux, mais aussi les vôtres. Ce que nous croyions être des démocraties basculent les unes après les autres dans un cauchemar totalitaire produit par le bloc bourgeois, ses nervis et ses affidé·es, qui s’accrochent au pouvoir coûte que coûte, jusqu’à retourner la réalité dans un univers de contre-vérités assumées sans vergogne. L’écœurement de ces derniers jours, des séquences médiatiques inouïes dans le pays qui se vante d’être celui des droits de l’homme, aux prises de positions politiques à contresens de la raison, atteint son paroxysme, voire son point de non-retour.
Aujourd’hui j’ai comme des envies de fracasser à coup de massue toute cette éditocratie, ces journalistes imbéciles qui vont de la presse et des médias aux mains de milliardaires crapuleux, jusque dans un service public corrompu par un pouvoir délétère et caisse d’amplification de l’idéologie haineuse d’extrême-droite qui gangrène jusqu’à la tête de l’état. Je finis même par ne plus avoir honte de ces envies de violence, tellement leur violence nous agresse sans retenues.

Comment regarder sans bouillir des marches de fascistes se dérouler sans honte pour la majorité de la classe politico-médiatque française irresponsable [+], dont on voit dans cette séquence l’extrême consanguinité, pour qui toutes les morts ne se valent pas [+] malgré leur profession de foi inverse. Un défilé qui a vu les bras se lever et les mains se tendre comme autant de saluts fascistes [+] faisant des doigts d’honneur à la République. Cela le jour même de l’anniversaire de l’exécution par les nazis le 21 février 1944 de 23 membres des FTP-MOI [+], résistant·es communistes pour la plupart étrangers autant qu’étrangères tombé·es en héros et en héroïnes, dont Missak Manoukian [+] entré au Panthéon il y a deux ans en compagnie de sa femme Mélinée [+]. On n’oubliera pas la forfaiture du ministre de l’intérieur et d’un gouvernement qui a laissé faire, voire encouragé cette marche de la honte à Lyon. On n’oubliera pas tout ce tombereau ordurier déversé sur les forces antifascistes, par une droite radicalisée même en dehors de son extrême, jusqu’au parti socialiste dont on ne peut décidément plus rien attendre de bon et dont j’espère que les militant·es sincères finiront par déserter les rangs. Même si je n’y crois pas, et même si cela paraît vain aux yeux du vieux libertaire aux crocs rognés par l’âge que je suis, j’espère clairement que ces infâmes trahisons seront sanctionnées dans les prochaines urnes municipales.

Aujourd’hui je suis donc en berne, j’ai retourné et retourné dans ma tête ce que je pouvais vous dire dans mon édito du jour, dont j’ai commencé très tard la rédaction. J’ai déjeuné tranquillement avec ma chère et tendre Thérèse [+] et sa fille Constance. Nous savons que la situation est dure. J’ai regardé Constance, je me suis demandé et me demande encore et encore quel monde va-t-on laisser ? Quel triste monde va-t-on laisser aux jeunes générations, à nos enfants ?
J’aurais plein de choses à relayer ici-même, qui fort heureusement font le contre-feu à toutes la propagande autant nauséeuse que nauséabonde qui s’étale dans nos écrans et sur le papier. Il y a une presse sérieuse et responsable qui sait encore raison garder, de « L’Humanité » [+] à « Blast » [+] en passant par des médias plus engagés comme « Cerveaux Non Disponibles » [+] ou autres « Reporterre » [+]. Des médias que l’on trouve en ligne ou en kiosques, souvent en accès libre, parfois payant, mais que l’on se doit de soutenir quoi qu’il en soit. Je conseille à toutes les personnes qui me suivent dans mes lignes ou sur les ondes de vous propulser sur le portail des médias indépendants mis en œuvre par la revue en ligne « Basta! » [+], à l’adresse web : https://portail.basta.media/ [+], et qui fait la revue nationale et internationale de tous ces médias qui permettent d’avoir une autre vision du monde, loin de ces points de vues viciés autant que vicieux d’une presse qui a oublié de nous informer pour tomber dans la propagande idéologique, afin de protéger un capital qui n’en finit pas de détruire la planète. Et on sait que ça ne fait que commencer ici en France vu les échéances électorales, l’ennemi à abattre étant la gauche que l’on affuble d’extrême alors qu’elle n’est même pas au niveau de la cheville du programme commun [+] qui gagna les urnes présidentielles puis législatives de 1981, avant de sombrer dans la félonie d’un tournant ayant pris le nom de rigueur !

Bref c’est pour cela que je n’en dirai pas plus, tellement j’enrage ! Et puis, je n’ai pas le cœur de trop en faire aujourd’hui, car justement au cœur de notre si chère Radio FMR [+] un cœur s’est brutalement arrêté il y a quelques jours. Fabrice Serin, alias DJ Tro, producteur et animateur de l’émission « Last hétéro expérience » [+] s’est éteint victime d’une crise cardiaque alors qu’il avait à peine 56 ans. Personnage remarquable du monde underground toulousain, puits de science dans le domaine des choses de l’étrange discret mais incontournable, amateur de bicyclettes, mélomane averti autant que passionné de bonne chère, il a accompagné la radio pendant des décennies jusqu’à en être un de ses indéfectibles piliers. Les hommages ont fusé de partout ces derniers jours et c’est plus que justice pour ce clochard céleste dont la Terre des humain·es aurait tant besoin d’en compter bien plus.

Juste avant de vous quitter je vais faire une dédicace ce qui n’est pas dans ma coutume et dire bonjour à une personne avec laquelle j’avais eu l’occasion de travailler dans un temps passé, à travers de chouettes opérations artistiques, comme « L’inconnu me dévore » [+]. Cette personne se reconnaitra, puisque je sais qu’elle m’écoute ou me lis. C’est aussi cela les interactions humaines à l’époque du numérique !
Sur ce je vous laisse, si vous m’écoutez dans les tuyaux « FMRiens » vous entendez comme à l’habitude un peu de son extrait d’une pièce sonore ou d’une installation qui ont jalonnées mon parcours de plasticien les décennies passées. Pour celles et ceux qui me lisent sur mon site philippepitet.com, je vous laisse avec la photo de la table à dessin dans mon atelier, sur laquelle je viens de griffonner un bout de papier qui rappelle les jours de luttes ! Je vous souhaite une belle semaine, et vous dis : a diluns venent, addisiatz amigas e amics.

Photo de la planche à dessin de l'ateleir du plasticien Philippe Pitet le 23 février 2026
Jaurès sus la plancha ! (23.02.2026)

Audio diffusé la semaine du 23 février 2026 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse :


La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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