16.03.2026 – Chronique du lundi
16 mars 2026 § Poster un commentaire
« L’œuf au riz de la victoire » !
Chères amies lectrice et auditrices, chers amis auditeurs et lecteurs, sur mon site web philippepitet.com ou sur les multiples canaux de la Radio FMR [+] de Toulouse, je vous souhaite bienvenue dans cette Chronique du lundi 16 mars 2026.
Une chronique assez particulière puisque j’en ai commencé la rédaction très tard en fin d’une matinée qui a suivi des élections extrêmement importantes dans l’organisation politique de la République Française. En effet les élections municipales ne portent pas uniquement sur le choix des édiles de l’échelon le plus proche des citoyens·nes dans l’organisation de la démocratie représentative qui caractérise cette démocratie de type bourgeoise en France comme dans l’ensemble des régimes démocratiques occidentaux, car cette élection impacte clairement la composition des forces de la chambre haute qu’est le sénat. On aura compris pourquoi l’éditocratie du pays, dit des droits de l’homme, s’est arc-boutée avec les pires des outrances sur un discours qui criminalise toute force politique qui pourrait paraître en rupture avec la doxa capitaliste du bloc bourgeois. Hélas pour tout ce petit monde consanguin le vote n’a pas été totalement dans ce sens. Et même si la peste brune soutenue maintenant sans vergogne par une presse d’accompagnement aux mains des puissances du capital et d’un pouvoir corrompu jusqu’à la moelle, allant du « Nouvel Obs » à « Frontières », et plus loin parfois sur ses deux bouts, et même si cette peste brune du fascisme 2.0 voulu par le capital comme le dernier ressort de sa survie n’a pas autant progressé qu’elle ne le souhaitait, elle s’ancre fortement dans la France des vieillards qui ont peur de leurs propres ombres et des jeunes cons autant que connes qui croient que le monde est ce que leur dit l’écran de leurs smartphones. Bref la guerre culturelle est loin d’être gagnée !
Hier soir, à Toulouse, avec ma chère et tendre Thérèse [+] ainsi que quelques ami·es du collectif Travailleur·euses de l’Art 31 [+], j’avoue que l’euphorie était prenante à déambuler dans la Ville rose pour demander une véritable Union des gauches à cette élection locale aux dimensions nationales.
Mais, je ne peux me voiler la face, et je vois autour de moi un maximum de sociales et sociaux démocrates parmi mes relations toulousaines. Beaucoup ont fait de la retape pour la liste « Vivre mieux à Toulouse » menée par le PS. Perso l’envie me démangeait de dire à toutes celles-ci autant qu’à tous ceux-ci à quel point ils me paraissaient hors propos, loin des réalités du monde, que ce soit un monde local comme le monde global, malgré la sincérité de beaucoup. C’est peut-être cela le charme discret de la bourgeoisie !
J’avais envie de leur dire que d’abord je n’avais et n’ai aucune appétence à voir repasser l’hydre mollusque mortifère qui saigne la Cité Mondine depuis deux mandats. Pour autant je n’avais pas plus envie de voir le retour d’une gauche cassoulet délétère. Même si j’adore le cassoulet toulousain (désolé les chauriennes et les chauriens), mais je ne suis pas très fan de cette « gôôôche » qui a fini par ne plus être vraiment de gauche à force d’oublier d’où elle vient (ça va Carole ?). Et surtout qui accompagne un bloc bourgeois mortifère sans trop se poser de question depuis des décennies. Alors quand une présidente de région, qui fut un des piliers de la campagne de Manuel Valls en 2016, se permet de dire qu’elle ne cautionnera pas une alliance avec LFI, ça devient pathétique autant que suicidaire. Fort heureusement tout cela fut déjoué par une cuisante défaite de cette gauche là. La présidente de région a même été évincée dès le 1er tour de l’élection à Martres-Tolosane, petite bourgade du sud de la Haute-Garonne, où elle se présentait dans une liste PS, malheureusement face à une liste de droite unie, rien que le nom ça fait peur.
Mais voilà un exemple flagrant que ce modèle « Sauce Dem » qui tourne le dos à toutes les valeurs du vrai socialisme n’est qu’un leurre. Le piège – toujours dans cette logique de ces élections bourgeoises -, était bel et bien que les têtes de liste de cette gauche que l’on peut affubler de molle, jouent ce jeu de dupes qui prévaut au niveau national de diaboliser une France Insoumise, juste histoire de garder leurs petits fiefs locaux et une bonne partie des sièges sénatoriaux. En suivant ce plan suicidaire, ici à Toulouse nous étions par avance sûres autant que sûrs d’en reprendre pour 6 ans avec une droite qui adore l’ordre et les choses bien rangées. Sauf que malgré tout ce qui fut dit dans la presse locale d’accompagnement, en particulier dans cette affligeante Détresse du Midi, on ne peut que se réjouir du dénouement de l’étape qui a vu rapidement dans la soirée l’avance de François Piquemal, de ses colistières et de ses colistiers. On ne peut que se réjouir donc que cette liste soit passée en tête à gauche et surtout que François Briançon, tête de la liste socialiste, ait eu le courage et la sagesse de faire l’union très rapidement, dès ce lundi, car je pense qu’ici à Toulouse il reste des militant·es PS encore ancré·es viscéralement dans les vrai combat d’une gauche d’émancipation. J’en ai croisé il y a longtemps, encore attaché·es à ces valeurs venues tout droit de l’héritage des idées portées par de grands hommes comme Jaurès ou des combats républicains qui firent rage de l’autre côté des Pyrénées. Par-contre à l’orée des combats de ce second tour, même si on peut se réjouir de voir une extrême-droite très faible à Toulouse, les coups bas de la droite dure qui est à l’œuvre entre Garonne et Canal du Midi, ne vont pas prendre de temps pour nous percuter. Et j’entends déjà les vieilles rengaines bien racistes, homophobes, sexistes, et j’en passe d’une droite qui n’a rien à envier à son extrême. Soyons vigilant·es et ne laissons rien passer !
Alors, me direz-vous comment puis-je me réjouir d’un quelconque dénouement électoral, moi qui me targue d’être fervent admirateur de penseurs libertaires comme l’immense Élisée Reclus [+] qui disait dans sa lettre au militant anarchiste Jean Grave [+], je cite : » […] Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté. Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir […] ». Lettre dont vous pourrez trouver le texte dans son intégralité en suivant quelques liens [+] sur le web, grand avantage que nous offre cette bibliothèque mémorielle mondiale, dès lors que l’on sort des sentiers battus des moteurs de recherches écrasants et des application délétères qui nous envoient vers la constante vacuité des réseaux dit sociaux.
Et oui Élisée Reclus avait fortement et clairement raison à la fin du 19e siècle et cela continue à l’être aujourd’hui dans cette première moitié du 21e siècle. Mais voilà, les règles du jeu sont terriblement pipées, et penser que nous pourrons un jour vivre le grand soir de la révolution qui verra l’avènement d’un monde sans exploitation de Sapiens par Sapiens, me paraît être à l’heure actuelle utopique. Et voilà quelque temps que je suis convaincu que cela se fera par petites touches. Aujourd’hui je pense que cela arrivera à travers des petites victoires, de grandes défaites et vice-versa. C’est pour cela que contre toute attente, et parce que je pense aux enfants que j’aime, j’ai voté pour le moins pire des choix, en gardant grand espoir en un monde meilleur.
Je vais vous laisser après ce très court billet du jour, car justement aujourd’hui en parlant d’engagement, j’ai réunion mensuelle avec mon syndicat le STAA CNT-SO [+], syndicat d’artistes et de travailleur·euses de l’art aux racines honorablement anarchistes. Nous n’y sommes pas nombreuses, ni nombreux, et nous essayons de ne pas tomber dans un corporatisme mortifère, et portons des combats aux aspirations universelles. Ce n’est pas facile c’est d’autant plus nécessaire !
Toi qui m’écoute sur les ondes et les électrons de ma bonne vieille Radio FMR [+], tu entends sûrement en fond une nouvelle fois la version d’un morceau que j’avais composé dans une époque lointaine lors de mes pérégrinations au cœur de l’Empire du Milieu. Et pour celles et ceux qui lisent ces mots, les deux pouvant se pratiquer simultanément ou à la suite sans problème, je vous laisse avec la photo d’une petite montagne dessinée quelque part au pieds du Vercors. Un dessin d’un petit coin de paradis, exposé dans un autre petit coin de paradis… À citer Élisée Reclus, je me dis que la montagne me manque.
Je vous souhaite une très belle semaine presque printanière, mais combative je l’espère. A diluns venent, addisiatz amigas e amics.

Audio diffusé la semaine du 16 mars 2026 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse : (en cours d’enregistrement)
La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

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