30.03.2026 – Chronique du lundi
30 mars 2026 § Poster un commentaire
Prendre l’eau comme une vieille chassure
Chères et chers ami·es, du web et des ondes, sur mon site web philippepitet.com ou à travers ma très chère Radio FMR [+] de Toulouse, encore plus chère que jamais, pour tout ce qu’elle représente de turbulences passées de la Ville rose, je vous souhaite bien le bonjour dans cette nouvelle Chronique du lundi 30 mars 2026, 285e Chronique du lundi. Alors, je ne sais pas ce qui s’est passé dans ma tête à l’orée de ce deuxième confinement dû au (ou à la !) COVID 19, le 19 octobre 2020, alors que nous venions de débarquer dans notre havre de paix au pied de nos montagnes dioises, sur les bords de cette Drôme tumultueuse que j’aime presque autant que ma Garonne chérie, hébergé·es dans la famille de ma chère et tendre Thérèse [+], pour affronter à l’époque cette nouvelle épreuve du feu de la pandémie mondiale.
Oui 285 chroniques tous les lundis, à vous raconter le temps qui passe sous mes yeux, avec toute ma subjectivité. Jusqu’il y a quelques temps je sais que ces billets d’humeurs, qui sont aussi depuis plusieurs saisons l’éditorial officiel de la Radio FMR [+] toutes les semaine, étaient suivis par un public nombreux et assez enthousiaste aux idées que je partageais. Aujourd’hui je suis la cible régulière de « haters », signe que les temps ont changés. Ou peut-être que c’est la rançon de la gloire comme me le disais mon cher ami et génial artiste Alex Less [+], il a sûrement raison. Ces personnes n’ont rien d’autre à faire que de prendre du temps pour écrire des insanités à mon encontre, à l’encontre de notre si chère Radio FMR [+], et pire encore des propos outrageants contre ma famille et mes ami·es qu’ils ou qu’elles ne connaissent pas, juste histoire de déverser leur haine décomplexée. Parfois cela prend des tons orduriers autant que menaçants, parfois cela prend des formes plus polies, mais non moins inquiétantes dans leur finalité et volonté de nuire, ou au moins de m’intimider. Parfois quelques rageuses ou rageurs qui n’ont, ni mes idées sur le monde dans lequel on vit, ni mes opinions vis à vis de la gouvernance de ce dit monde, me donnent le change argumenté de théories qu’ils ou qu’elles ont développées à mon sujet. Tout cela me paraît autant étrange que lunaire.
Il y a quelque temps le mouvement s’est accéléré. En France, depuis quatre ans et la lente agonie d’un pouvoir corrompu, accéléré surtout par la dernière dissolution de l’Assemblée Nationale il va y avoir déjà 2 ans, la « décomplexion » sans filtre de beaucoup d’idées rances, suivie d’effets à caractère violent, de mensonges et de raisonnements puisant dans les fantasmes de la post-vérité, ont pris le dessus dans la vie publique. Les élections municipales qui viennent de se tenir ont rajouté un cran à l’accélération du mouvement. Le problème est qu’à travers toutes ces instrumentalisations médiatiques, beaucoup de nos congénères croient sincèrement au bien fondé de leurs idées nauséabondes, alors qu’en d’autres temps ces idées étaient moralement puissamment combattues. Et d’ailleurs elles restent souvent des délits aux yeux des lois en vigueur dans beaucoup de démocraties occidentales. Il n’y a qu’à voir cette dramatique affaire lyonnaise qui prend des proportions d’un scandale d’état ainsi que le dit le média « Contre-attaque » [+] dans son article du 27 mars dernier : « Affaire Deranque : scandale d’État » [+]. Sauf que la fameuse fenêtre d’Overton [+] s’est bien décalée sur sa droite extrême, depuis que la peur fait partie intégrante et ouverte de la stratégie du bloc bourgeois pour la manipulation des masses. En Occident, comme dans beaucoup d’autres pays de par le monde ainsi que l’explique l’excellente chroniqueuse Aminata [+] dans une vidéo sur la chaine YouTube du non moins excellent média en ligne « Histoires Crépues » [+], vidéo postée aussi le 27 mars 2026 que vous trouverez sous titre : « Sénégal : Ce que cachent les lois anti-LGBT » [+].
Et pour rebondir d’un sujet à un autre, mais qui sont liés à travers cette peur panique entretenue par le capitalisme extractiviste, consumériste et nationaliste, je vais encore prendre une posture morale qui sera décriée par mes détracteurs et détractrices. Personnellement donc, j’estime que ce média qui réfléchit à notre passé colonial à travers le filtre de la raison devrait être promu dans toutes les écoles de la République ! Cela nous éviterait peut-être tous les tombereaux racistes déversés dans l’espace public par la majeure partie de la presse d’accompagnement. Comme on l’a vu à propos de l’élection du nouveau maire de Saint-Denis en région parisienne. D’ailleurs dans cette séquence qui nous démontre comment notre Occident n’a pas digéré la décolonisation, je vous renvoie vers un article de Rokhaya Diallo, paru le 22 mars 2026 sur « Médiapart » [+], intitulé : « Les discours sur l’immigration sont pétris de néocolonialisme » [+]. Et pour finir la séquence je ne peux qu’être satisfait de savoir que l’Assemblée Générale de l’ONU ait proclamé le 25 mars dernier la traite des esclaves africains comme le « plus grave crime contre l’humanité » [+].
Bon de toute façon ces élections sont passées avec leurs lots de violences verbales comme certain·es de mes détracteur ou détractrices aime à m’envoyer à la figure, alors que la violence n’est évidemment pas toujours du côté que l’on stigmatise, et que parfois elle n’est que la réponse à des violences que l’on est loin d’imaginer et difficilement supportables. Les élections sont passées et beaucoup s’aperçoivent que ce scrutin local majoritaire à deux tours avec une touche de proportionnelle au second tour, ne représente pas vraiment le choix de base du corps électoral de la cité. Peut-être un jour le scrutin des municipales sera plus simple et représentera ad-minima le choix du premier tour. À Toulouse si ce choix était respecté, au lieu d’avoir 53 élu·es de la liste majoritaire menée par Jean-Luc Moudenc et 16 de l’opposition, sur 69 conseillères et conseillers élu·es, grosso-modo : 26 l’auraient été de la liste du maire sortant, 19 de la liste menée par François Piquemal, 17 de celle menée par François Briançon, 5 à l’extrême-droite et 2 à l’extrême-gauche. Même si on n’est pas dans une logique de vrai représentation démocratique, c’eut été plus juste. Réflexion qui vaut pour Toulouse comme pour toute autre municipalité. Mais bon comme on dit dans certains milieux : « élections piège à cons », sûrement un effet de ma paradoxale position de « notable anarchiste » et de ma « rébellion subventionnée » !
En attendant il faut vivre avec ces majorités élues ainsi, pour 7 ans. Et vivre veut dire vivre en bonne intelligence dans des actes constructifs et des actions responsables. C’est donc ainsi que va reprendre la vie publique, pour ce qui concerne les actions constructives les syndicats et collectifs d’artistes et de travailleur·euses de l’art vont reprendre le dialogue et proposer des solutions pour tenter de sortir tout notre petit monde de la galère systémique dans laquelle il se trouve. Nous serons parfois entendu·es avec bienveillance, parfois rejeté·es tel·les de malpropres jusqu’à la prochaine éruption, pardon élection. Désolé pour ces jeux de mots débiles qui rajoute sûrement à mes outils de « propagande sectaire ». Que l’on se rassure, je reviendrai rapidement dans le « rôle de médiateur culturel » que devrait jouer pour beaucoup l’artiste que je suis et qui « vit grassement au crochet de la collectivité » dans l’imaginaire de nombre de personnes. Une médiation culturelle que je suis sensé porter en toute neutralité. C’est à dire sûrement toujours dans la tête de certaines autant que de certains : dire le beau avant l’engagement. Sauf que pour moi le beau n’est pas une réalité artistique en soi, mais l’engagement quel qu’il soit est essentiel en art. Je vais arrêter là mes plaisanteries approximatives et négligées, pour reprendre un terme phare de l’École de Rodez et dont on pourra retrouver les tenants voire les aboutissants en se propulsant sur le site web du Salon Reçoit : www.tousles22.co [+] en se débrouillant pour trouver la bonne catégorie [+].
Et sur ce jeux de piste, je vous quitte. Auditrices et auditeurs, je vous laisse en compagnie de sons divers autant que variés issus de certaines de mes créations sonores venues de loin dans le temps et posées dans des recoins de mes archives. Pour les lectrices et les lecteurs de mon blog sur mon site web philippepitet.com, je vous laisse avec un dessin à l’encre de chine qui parle encore une fois d’eau. Un labeur qui apparemment serait la représentation « d’un mépris de classe inversé » selon une missive à charge récente, mais qui quoi qu’il en soit préfigure ma prochaine exposition du côté de Die en mai prochain, et dont je vous parlerai bien vite. Quant au titre de ce présent billet d’humeur, je ne sais quoi en dire… Je vous souhaite un joli début de mois d’avril et vous dis : a diluns venent, addisiatz amigas e amics !

Audio diffusé la semaine du 30 mars 2026 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse : (en cours d’enregistrement)
La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

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