06.04.2026 – Chronique du lundi
6 avril 2026 § Poster un commentaire
Ainsi s’allongent les journées mais pas mes chroniques !
Chères amies lectrices ou auditrices, chers amis auditeurs ou lecteurs, merci d’être encore une fois à l’écoute ou dans la lecture de mes Chroniques du lundi et bienvenue dans icelle pour le dire en terme archaïque, aquesta pour le dire en occitan quel qu’en soit le dialecte, et pour commencer ce billet du jour sous un air champêtre et guilleret de printemps autant que de Pâques !
Aujourd’hui, date de ce présent éditorial du temps qui passe sous mes yeux, c’est donc un lundi de Pâques, temps du renouveau, bien ancré dans la tradition chrétienne, elle-même bien plus ancrée qu’on ne peut l’imaginer dans ce monde européen qui se radicalise à vouloir à tout prix conserver des traditions comme si sa survit en dépendait. Alors que ces dites traditions, il faut l’avouer, ne sont rien face à la longueur de notre histoire de Sapiens. Imaginez bien que si l’on prend stricto sensus le temps depuis l’apparition de notre espèce jusqu’à l’époque contemporaine de cette chronique, je laisse de-côté l’idée de prendre en compte le temps depuis l’apparition des premières et premiers individu·es du premier genre homo, nous pouvons compter environ 300 000 ans. Mis en perspective de ce temps immémorial, nous ne nous massacrons à propos de croyances monothéistes que depuis moins de 3000 ans [+] c’est à dire 1 % de notre temps de présence en tant qu’espèce constituée sur la surface de la planète.
C’est à dire surtout peanuts et boule de gomme ! La tradition ancestrale que l’on nous balance à la figure a donc bon dos, et il ne faut pas être grand clerc pour affirmer que les traditions évoluent et durent peu face aux millénaires. Je ne dis pas que nos ancêtres du paléolithique n’avait aucun rite, aucune démarche collective et grégaire dans une perspective symbolique, ni même aucune interrogation métaphysique, je dis tout simplement que nos prétendues traditions ne sont que des comportements éphémères liés aux constructions sociales de notre espèce qui évoluent à travers le temps et l’histoire. Qui peut dire ce que nos descendant·es, si tant est qu’il en existe encore dans quelques millénaires, qui peut dire donc ce qu’ils et elles auront comme traditions à se mettre sous les dents, si tant est qu’elles existent encore.
Nos comportements et interrogations face à nos incompréhensions du monde qui nous entoure et notre interrogation perpétuelle face à la fin de vie, nous amènent souvent vers des croyances irrationnelles mais souvent nécessaires pour la survie à un moment donné, des croyances comme la religion, et plus particulièrement les religions monothéistes. Alors, encore une fois sans vouloir stigmatiser, ces dernières peuvent être salutaires à un moment précis, je le répète, lorsqu’elles permettent l’émancipation, mais peuvent rapidement devenir contraignantes lorsqu’elles se transforment en traditions que l’on affuble du mot « immuable ».
En ce qui concerne Pâques, dans la tradition chrétienne, donc – qui je le rappelle n’a pas plus de 2000 ans [+] d’existence -, c’est une célébration majeure de son calendrier. Une date qui commémore la résurrection de celui qui est venu sauver nos âmes. C’est même l’événement fondateur de la foi chrétienne. À l’origine de cette fête il y a la Pâque juive : « Pessa’h ». Liturgie qui célèbre, elle, la libération des hébreux de l’esclavage en Égypte. Et pour capter cette filiation concrète dans des traditions religieuses qui se succèdent et se superposent : selon les Évangiles, c’est durant cette célébration juive que Jésus partagea son dernier repas avec ses disciples, instituant la Cène. Sa crucifixion et sa résurrection donnent à Pâques son sens : le passage de la mort à la vie, porteur d’une espérance de salut. Ce qui là tend à supplanter les traditions animistes et polythéistes qui elles se réjouissaient du passage annuel de l’hiver au printemps. Ce qui fait aussi penser du côté des pratiques de l’Islam à l’Aïd El Fitr qui vient d’être célébré il y a quelques jours et marque la fin du jeûne ainsi que le renouveau de la vie et du partage dans une temporalité qui voisine toutes les dates pascales et l’arrivée du printemps.
Bref toutes ces conventions religieuses puisent dans les codes ancestraux. Ce qui ne pose aucun problème tant qu’elles ne sont pas imposées à toutes et tous et que cela reste dans la sphère privée de ses croyances. Alors je souhaite de belles fêtes de la résurrection et du renouveau à toutes celles et ceux qui sont croyantes autant que croyants, sans animosité, sans condescendance avec toute l’empathie qu’un sapiens doit avoir envers ses congénères. En espérant que ces dernières et ces derniers en aient autant que moi.
Car personnellement, athée je suis et athée je reste et je ne cache pas que voir des processions catholiques dans l’espace public, en France et particulièrement à Toulouse, peut me choquer. Tout comme quand des milliardaires ultra catholiques font la promotion dans des diocèses d’une méthode censée restaurer la fertilité pour contrer la PMA – la procréation médicalement assistée -, comme on peut le lire dans cet article de « Reporterre » [+] intitulé : « Repeupler la France, contrer la PMA : la méthode naturelle des catholiques réactionnaires financée par Stérin » [+]. Je ne vais pas en rajouter, je constate juste les faits à l’inverse de ce qu’affirme certain·es de mes détracteur·rices et « haters » qui vont encore me dire que je crée de la polémique pour rien et que je brutalise le débat dans ma position « d’artiste bourgeois qui se veut anarchiste ».
À elles et eux je répondrai simplement que je n’ai rien à faire de leurs réflexions imbéciles. Et surtout que j’aimerai bien qu’ils entrent dans le peau d’un·e travailleur·euse de l’art et artiste qui vit au-dessous du seuil de pauvreté ou a du mal à boucler les fins de mois depuis des années voire des décennies, mais peut-être est-ce cela qu’ils appellent bourgeoisie. Allez, je ne vous en veux même pas, bye-bye et sans rancune.
Dans les registres de l’angoisse qui pourraient bien plomber l’atmosphère générale en ces jours de festivités, et tant que nous parlons du renouveau de la nature, j’entends au dehors, dans ce petit matin gai, les rossignols chanter leurs joies de sentir les beaux jours pointer leur Soleil quotidien. Rien d’angoissant bien au contraire, l’angoisse est dans ce nouveau scandale sanitaire qu’est l’invasion du cadmium – métal lourd hautement cancérigène – dans notre alimentation de base en France. La presse s’en est largement fait l’écho, on en connais la cause qui est l’usage immodéré des fertilisants phosphatés.
Mais ce que la presse d’accompagnement oublie de marteler : c’est que cet usage est dû à ce modèle économique délétère, parangon du capitalisme extractiviste et consumériste qu’est l’agriculture intensive. Un modèle qui tue les sols ainsi que les agriculteur·ices qui les cultivent en premier lieu. Pour finir par empoisonner toutes et tous qui consomment ces produits devenus des bombes sanitaires. Vous pouvez vous faire une idée précise du sujet en lisant l’article paru le 25 mars dernier sur le média indépendant « La Relève et la Peste » [+], intitulé : « L’Anses confirme la contamination massive des français au cadmium par l’alimentation » [+].
Le pire des scandales dans tout cela est bien que malgré les évidences d’un empoisonnement public général par une agro-industrie mortifère un certain sénateur, surtout grand lobbyiste pour le compte de la FNSEA, veuille à nouveau remettre le couvert. Malgré un rejet massif par le français·es, son projet de réintroduction d’une autre molécule cancérigène dans la source de notre alimentation revient à la charge, soutenu par un pouvoir macroniste et une droite du centre jusqu’au son extrême, il met la pression pour activer le calendrier ainsi que le révèle « Reporterre » [+] dans son article du 4 avril dernier sous la plume de sa journaliste Jeanne Cassard [+] dont le titre est : « Laurent Duplomb tente d’imposer sa loi au mépris des faits » [+].
Voilà nous sommes tout de même un jour de fête et d’espoir et donc il ne faut pas voir tout en noir, il existe des sources et des solutions d’alimentions vertueuses à travers les filières bio et raisonnables qui soutiennent une agriculture paysanne [+]. Filières souvent dénigrées par les thuriféraires imbéciles de l’agriculture intensive parce que ce seraient des produits systématiquement plus chers pour les consommateur·ices. Alors que ce ne sont, ni les paysan·nes, ni le mode de production qui en sont la cause, mais les spéculations de la grande distribution, ainsi que le rappellait la très sérieuse Agence Bio [+] en septembre dernier. Donc une chose à faire : manger bio à travers des circuits courts d’approvisionnement comme les AMAP [+]. D’ailleurs à la Radio FMR [+] de Toulouse, il y a une AMAP FMR [+] depuis près de vingt ans, En ce début du mois d’avril 2026, il reste des paniers pour celles et ceux que ça pourrait intéresser. Il vous suffira de vous renseigner à l’adresse mail suivante : amap.fmr@gmail.com.
Et comme c’est aussi un peu férié aujourd’hui, mon billet du jour sera très succinct, car il va s’arrêter là !
Non sans vous avoir une nouvelle fois informé qu’il y a une pétition sur le site de l’Assemblée Nationale française, à signer urgemment. Un pétition officielle qui combat une nouvelle instrumentalisation de l’antisémitisme qu’est la fameuse proposition de loi numéro 575 de la 17e législature de cette 5e République. Une proposition de loi fortement contestée en commission et qui soi-disant « vise à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme ». Une proposition de loi portée par la députée macroniste de la 8e circonscription des français établis hors de France, et qui ne dit en fait juste qu’une chose : être juif c’est forcément être sioniste et critiquer la politique israélienne c’est forcément antisémite. Du coup beaucoup de juifs dans le monde et même en Israël vont se retrouver antisémites si on suit ce raisonnement foireux piloté par la clique à l’autocrate de Jérusalem. J’en vois au fond de la classe qui toussent fortement et justement s’élèvent [+] pour dire haut et fort : « pas en notre nom ! ». Une loi au profit d’un gouvernement étranger génocidaire qui est le seul vecteur de la montée de l’antisémitisme dans les monde occidental et dont sa promotrice est une agente influenceuse zélée ! Je m’empresse de dire cela aujourd’hui, car si la loi passe je serai passable des pires sanctions. La pétition à signer, qui hier soir atteignait le 320000 signatures, est disponible sur le site web petition.assemblee-nationale.fr [+] sous le titre « Non à la loi Yadan ». Son URL complet est : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5158 [+].
Et puis cette chronique du jour s’achève parce que c’est bien aussi de prendre du recul, du repos de l’esprit. Ça va me permettre de terminer enfin la lecture d’un petit livre que m’avait offert l’an dernier pour mon anniversaire ma super amie et artiste Sophie Marty Edward [+], avec qui parfois nous actons plastiquement à travers le collectif Imagerie de Combat [+]. Ce petit bouquin en question est ce fameux manuel subversif de résistance à l’exploitation capitaliste qu’est « Le sabotage » [+], petit classique de la lutte ouvrière paru en 1898 écrit par Émile Pouget [+], fameux anarchiste syndicaliste fondateur du journal « Le Père Peinard » [+], anti-militariste, anticolonialiste et féministe, ce qui n’était pas une mince affaire au tournant des XIXe et XXe siècles, il y a donc près de 130 ans. On doit noter qu’aujourd’hui un média en ligne nommé aussi « Le Père Peinard » [+], se réclamant de l’original, existe et a été assez actif en 2024 et 2025, j’en ai plusieurs fois partagé le contenu les années précédentes, mais il semble en mode stand-by depuis quelques mois. J’espère que ce n’est que temporaire, voilà une affaire à suivre de près.
Juste avant de vous quitter, pour vous donner un peu d’espoir face à un avenir incertain et malgré les signaux d’un avenir mortel propagé par l’alliance brutale aux relents totalitaires de l’extrême-centre, de la droite et de l’extrême-droite, soutenue par des irresponsables de la gauche bourgeoise, je vous renvoie vers un très bon sujet vidéo du média « Street Press » [+] sur sa chaîne YouTube, intitulé : « Le danger est là : 3 spécialistes du fascisme nous alerte » [+], un peu plus de 20mn d’une excellente et très concise analyse de la situation politique du moment. Et qui pose la question simple, alors que l’extrême droite est donnée favorite pour l’élection présidentielle de 2027 : « fascisme est-il vraiment un vestige du passé ? » Un sujet sur les menaces qui pèsent sur l’État de droit, dans lequel interviennent trois brillant·es spécialistes, l’historien Johann Chapoutot [+], le sociologue Ugo Palheta [+] et la constitutionnaliste Eugénie Mérieau [+].
Pas vraiment de mots pour l’art aujourd’hui, je vais juste le pratiquer un peu, profitant de ce très beau lundi de Pâques et d’un bon gros état grippal qui me scotche un peu au lit et ne me laisse que le choix des crayons comme échappée belle, ce qui n’est pas plus mal. D’autant que fort heureusement je suis entouré de tout l’amour bienveillant de ma chère et tendre Thérèse [+] et des enfants. Dehors Louison la petite chatte du foyer s’active à travers les rayons du soleil et la vie qui s’épanouit en beauté, belle entrée en matière dans une semaine qui s’annonce contemplative mais fort active à la fois.
Et à vous parler de mon état péniblement grippal, mes ami·es auditrices et auditeurs sur les ondes et les électrons de ma très chère Radio FMR [+] de Toulouse doivent entendre ma voix embrumée, fort heureusement en fond du son d’une installation montrée quelque part de l’autre côté du Rhin, accompagne cette voix défaillante du jour. On se demande quel est cet autre côté, fans tous les cas je me souviens que c’était lors d’un semaine dite sainte. Pour celles et ceux qui me lisent, sur le blog de mon site web philippepitet.com, pas ce soucis de voix et juste un petit dessin fort à propos en prime de ce court texte, extrait de mes séries « Slow Gangs, die Symphonie der relativen Utopien ».
Je vous souhaiet une belle semaine de printemps et de renouveau, et vous dis : a diluns venent, addisiatz amigas e amics !

Audio diffusé la semaine du 06 avril 2026 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse : (en cours d’enregistrement)
La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

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