17.07.2023 – Chronique du lundi
17 juillet 2023 § Poster un commentaire
Balhar sa lenga al gat !
Une petite truffe fraîche accompagnée d’un adorable petit miaulement suivi à son tour d’un ronronnement appuyé vient de me réveiller il y a quelques minutes dans ce petit matin encore noir. Un matin d’été qui s’avère si agréablement doux et calme pour une fois. La chambre est encore plongée dans une pénombre intense, je me réveille ainsi quelques instants avant que l’aube ne fasse son entrée en scène. Thérèse [+] dort paisiblement à mes côtés. Louison, c’est le nom de notre petite chatte, avec ses câlins de félin domestique vient de me signifier qu’elle avait un ventre et un appétit à satisfaire. Je ne vais donc pas tarder à lui remplir sa gamelle de croquettes adaptées à sa physiologie. À travers la fenêtre ouverte de notre chambre toulousaine, la rumeur de la ville transparaît à peine. L’air est frais. Nous sommes bien au plus fort de l’été dans la ville rose. Une ville déserte en raison des grandes vacances débutantes. À l’heure où je commence à rédiger les premiers mots de cette nouvelle Chronique du lundi il est 5h. Ainsi vous ai-je campé le continuum de mon espace-temps dans lequel je suis plongé en début de rédaction de ce présent exercice éditorial. Et là je m’aperçois que je manque à tous mes devoirs de bienséance et je vous y souhaite une très cordiale et fraternelle bienvenue.
Dans la recherche de l’équité littéraire et perdu dans les considérations vaseuses de mon cerveau embrumé du matin, boite à croquettes de la chatte dans une main et clavier dans l’autre, je me dis que l’utilisation du terme fraternel est encore une fois peu adapté à la pensée que je voulais mettre en œuvre à travers les premiers mots de ma chronique du jour. Pas que je ne me sente point frère sincère de toute femme et homme de bonne volonté sur cette terre (et ailleurs !)… Mais justement comme je viens de le dire : il y a les sœurs, une moitié d’humanité que le langage des hommes oublie dans nombre de langues humaines. Le français, écrasé depuis des siècles par une académie où le masculin est surreprésentés, est bien une de ces langues. J’ai employé le mot « fraternelle » uniquement, j’aurais pu y accoler le mot « sororelle », sauf que je trouve ce dernier adjectif totalement hideux à l’écriture et à la prononciation. Il paraît qu’il existe un terme plus neutre qui serait « adelphique ». Ce n’est pas terrible non plus au niveau de la consonance. Bref je suis resté sur la fraternité [+] qui reste tout de même à mon sens celle des femmes autant que des hommes.
À ce point de mon billet du jour, à travers toutes ces élucubrations linguistiques, je me dis aussi qu’il faudrait se rassurer quant à la vigueur de la langue française. En effet, malgré tout ce que la France de la conservation aime à colporter dans ses délires paranoïdes, cette langue n’est pas en danger, elle ne subit aucun coup de boutoir islamo-gauchiste des forces « wokisto-grandremplaceuses ». Loin de là le français est en très grande forme. Il ne faut pas oublier que c’est la 5e langue [+] la plus parlée dans le monde avec plus de 250 millions de locuteurs sur les 5 continents. Dans le babil mondial il est la 4e langue la plus utilisée sur l’Internet et aussi la 3e langue des affaires. Je ne parle même pas des traditions francophones dans les échanges diplomatiques. Ami·e·s française et français, Il n’y a donc pas de soucis à se faire pour votre langue. D’autant que malgré les croulantes et les croulants du quai de Conti à Paris, comme nous le réaffirme les « Linguistes atterrés » [+] : le français va très bien merci ! Il évolue et dans des formes [+] qui lui sont propres, sans être absorbé par d’autres.
Alors, comme je l’ai déjà dit dans d’anciennes chroniques, si « grand remplacement » il y a eu et il y a dramatiquement toujours, c’est bien ce qui s’est passé et se passe encore pour beaucoup de cultures sur le territoire que la France administre. Le français et les français depuis des siècles, de l’ancien régime à toutes les républiques, en passant par les empires et autres formes que l’état français à pu prendre dans son histoire, ont bel et bien détruit des cultures, remplacé des institutions et même des populations en Europe comme partout dans le Monde. Un état français qui depuis le début de sa croissance autour d’un domaine royal où la langue française était reine a toujours écrasé les us et coutumes, dont les langues, qui n’étaient pas siennes. Ainsi, parmi bien d’autres, ma langue vernaculaire (je n’ose pas dire maternelle, puisqu’elle était grand-maternelle !), la langue occitane a été systémiquement écrasée et continue à l’être par un français triomphant qui par ailleurs tente de se faire plaindre face à la soi-disant arrogance de l’anglais.
Alors oui, dans ces contrées du Sud entre Côte landaise et Côte d’Azur, une langue et une culture se meurent dans une tragique indifférence générale. Tout cela pour vous dire que cette culture subsiste et résiste. L’occitan est tout de même une langue officielle dans dans le Val d’Aran [+] en Espagne aux sources de la Garonne qui a même un statut de semi-autonomie, et aussi dans quelques vallées transalpines de Ligurie et du Piémont en Italie [+]. Une chose étrange on retrouve cette langue officialisée dans le sud de la péninsule italienne en Calabre avec une commune toute en occitan depuis un millénaire, la Guarda Piemontese. On peut retrouver l’histoire des occitans de Calabre en suivant ce lien [+].
Même si l’expression « donner sa langue au chat » en occitan ne se dit pas comme la traduction littérale que j’en ai faite en titre de cette Chronique du lundi 17 juillet 2023, et que l’on devrait plutôt dire « manjar favas » (manger des fèves allez savoir pourquoi !), j’ai développé toute cette histoire de langues car je voulais au départ vous parler de nos origines et des néandertaliens qui ont côtoyés nos ancêtres sapiens. Je voulais interroger la capacité de cette espèce disparue à faire langage parlé. L’observation et les câlins d’un chat m’en ont détourné !
Pour le coup, je me contenterai de vous laisser ce lien [+] qui tente de nous expliquer comment parlait nos cousines et cousins Néandertalien·ne·s.
Car il est tard à présent et je n’oublie pas que nous sommes en mode chroniques d’été, douces et légères.
Et puis, à travers une grosse fatigue et quelques soucis de santé chroniques sûrement dûs à l’âge, je dois partir préparer mes ateliers de la semaine avec des publics auxquels il me faudra faire approcher les arts visuels par la pratique et aussi les faire réfléchir au monde numérique qui nous entoure. Une semaine avant de partir vers d’autres sources qui sont celles de la Drôme et continuer lentement mon travail autour de la mémoire de l’eau. Avant de partir et de vous retrouver là-bas lundi prochain, nous pourrons nous rencontrer IRL (In Real Life, pour faire un pied de nez angliciste !) à Toulouse pour le prochain Salon Reçoit [+] consacré à l’excellente artiste presque autant toulousaine que québécoise Nataly Nato [+]. Une artiste dont je vous ai souvent narré les qualités dans mes chroniques.
Pour ce « 22 » de juillet [+] qui lui est consacré, Nataly a invité quelques autres artistes autour du thème de la micro-édition et des livres d’artistes. Thérèse et moi y serons afin de présenter un futur projet que nous essayons de mener tant bien que mal avec les géniales éditions Kloug [+] des non moins géniaux Élise Pic [+] et Jacques Barbier [+]. Il nous faut trouver son financement pour le mener à bien vous devez vous en douter, vous pourrez donc juger sur pièce samedi entre 18h et 22h au 274 Rue Henri Desbals à Toulouse [+].
Je vous laisse pour de bon et vous souhaite une belle semaine d’été. Je vous laisse avec une photo de la série « Ne va Jamais à Navatar » – « Bienvenue en Chamanie « [+] que nous avions présentée lors de l’édition à moitié confinée de l’Été photographique de Lectoure [+] en 2020.
Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine sur la même longueur d’onde mondiale… Adissiatz amigas e amics !

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

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