23.12.2024 – Chronique du lundi
23 décembre 2024 § Poster un commentaire
Le vent, le Soleil et Noël devant un palmier et des cactus
À l’heure où je commence la rédaction de cette Chronique du lundi 23 décembre 2024, une douce et sombre quiétude étend son emprise dans la maisonnée endormie d’une des nuits les plus longues de l’année. Plus que deux billet hebdomadaires avant que ne s’achève cette année folle. Dehors la ville envoie quelques messages sporadiques et bruyants de moteurs à explosion dans le lointain des boulevards pour affirmer son existence, même un lundi en plein milieu du creux nocturne des activités humaines. Pas de nature exubérante au dehors pour me rappeler la vie qui m’anime à part quelques bourrasques de vent bien trop doux pour cet hiver naissant. Quelques respirations endormies lointaines, quelques feulements de chats errants s’échappent de la nature en fausse hibernation. Au plus profond de moi, je sais que les jours se rallongent comme une belle promesse d’avenir radieux. Cet dans le noir intense d’un continuum espace temps qui n’est pas celui qui sera le votre quand vous me lirez sur mon blog ou ailleurs dans le futur ou encore quand vous m’écouterez sur les ondes et les électrons de la Radio FMR [+], voire aussi ailleurs dans d’autres lieux et d’autres temps, que je vous souhaite bienvenue au cœur de ces lignes et de ces mots.
Ce matin en me réveillant je sais bien que nous n’aurons pas droit à la fameuse trêve des confiseurs tellement la bêtise incroyable règne en maîtresse au sommet de l’état français. La République a beau se débattre les fâcheux et les fâcheuses qui la gouvernent sont au plus haut de leur potentiel idiocratique. Pas plus tard qu’hier j’ai appris que, même sans gouvernement … ou si … ou non … ou … on n’en sais rien, bref avec un cabinet démissionnaire, le sémillant premier ministre à la sauce béarnaise de la République Française vient de décider de valider les baises des droits de certaines catégories de chômeuses et de chômeurs dès le 1er janvier qui arrive, ainsi que nous l’annonce le journal L’Humanité [+] dans un article intitulé : « Chômage : François Bayrou valide en catimini une baisse des droits des séniors et des saisonniers » [+]. Et d’ailleurs dans un autre article [+] de ce même illustre journal fondé par Jean Jaurès [+] il y a 110 ans, on apprends que le tartarin des Pyrénées a la ferme intention de ne point abroger la contre-réforme macroniste de la retraite, qu’il utilisera le 49.3 s’il le fallait et gardera le sinistre ministre sortant de l’intérieur dans son équipe. Pendant que notre président sort des énormités racistes en faisant le mariolle sur un coin dévasté de notre République à l’autre bout du monde. Que du bonheur !
Pendant ce temps là à l’extrême-droite, toujours à l’affût d’un fait-divers bien crasseux afin de surfer sur les flots merdeux de l’émotion paranoïde nauséabonde, nous voyons le petit monde de la haine ramer comme des grosses crétines autant que gros crétins incultes qu’ils et qu’elles sont. Quitte à se contredire dans un bain d’idiotie poisseuse et même à prendre un « alles ist klar » pour un « Allah akbar ». C’est ainsi que nous venons de voir la pétasse blonde décolorée de service et son poulain dit « Le gendre idéal » débiter des annonces débiles pour entretenir leur exécrable malveillance ces dernières 48h. On a pu les voir déblatérer d’énormes contradictions et se prêter aux pires circonvolutions à propos de la tuerie de masse de Magdebourg [+], vendredi dernier Outre-Rhin. Une tuerie à la voiture bélier perpétrée par un médecin d’origine saoudienne mais proche des idées de l’AfD [+], l’équivalent allemand du Front National français, pardon du Rassemblement National. Alternative für Deutschland est, comme son homologue de ce côté-ci du Rhin, un parti à la parole violente, xénophobe, raciste et tout aussi crapuleux dont la base électorale reste une petite bourgeoisie frustrée et apeurée. Il a fait de l’immigration, de l’islamophobie et du rejet de l’autre ses chevaux de bataille. Prêt à tout et même à recevoir en son sein tout les débiles fascisants germaniques à l’obsession islamophobe. Ce sont les mêmes recettes ici comme en Saxe-Anhalt, en Bavière comme en Pays de Loire, à Berlin comme à Paris. Pareil qu’en France, il leur suffit d’instrumentaliser la peur dans une société anxiogène et trouver des boucs émissaires pour gagner des élections. Et puis de son côté, le bloc bourgeois préfère se vautrer dans cette fange, abonder ce discours délétère et minimiser ces actes de violences d’extrême-droite, plutôt que de perdre ses prérogatives et sa richesse démesurée.
Pendant ce temps-là, alors que ces femmes et hommes politiques pratiquent la haine dans une violence verbale sans limite, ces oligarchies du bloc bourgeois de par le monde s’accrochent comme des poux au pouvoir et continuent leur ouvrage de destruction du vivant en écrasant les opposants à leurs sombres dessins. Toujours en Europe et en France particulièrement, puisque j’y suis, j’y reste, les attaques contre les militant·es d’une écologie légitime de terrain se font de plus en plus violentes, elles n’ont rien à envier aux pratiquent mortifères des pays totalitaires, tout comme celles qui voient le mouvement syndical se faire criminaliser à outrance. En fait l’arsenal des lois censées lutter contre le terrorisme, mises en place depuis une bonne décennie finissent par servir uniquement un pouvoir sans limite a museler toute opposition au projet de destruction sociale et écologique du capitalisme consumériste et extractiviste, tout ça avec une police décérébrée en manque de jihadiste à se mettre sous les dents. On voit jours après jours à travers ces actes et ces propos d’un pouvoir bourgeois à la dérive la faiblesse de ses arguties. À ce sujet je vous laisse prendre connaissance de cet article dans le média « Contre-attaque » [+] intitulé : « Procès Lafarge : qui sont les vrai écoterroristes ? » [+]. C’est édifiant.
« O tempora, o mores ! » comme s’écriait Cicéron dans « Les Catalinaires » [+] en son propre temps d’existence. Fort heureusement le monde change, les mœurs évoluent. Ainsi à travers cette évolution pour exemple de ces changement de paradigmes, au sein des lobes frontaux, temporaux et occipitaux de nos cerveaux [+], on se dit que les lignes que l’on croyait immuables bougent enfin. À l’instar de ce patriarcat mortifère régissant une écrasante majorité du monde des Sapiens depuis l’invention de l’agriculture qui finira bien par s’effriter assez pour qu’un jour il s’effondre totalement. Tout du moins on peut l’espérer. Même s’il est bien ancré dans nos sociétés occidentales et européennes, codifié particulièrement depuis leurs antiquités. Ne serait-ce que quand on voit les comportements réactionnaires que provoquent des affaires comme le procès de Mazan [+], non seulement au sein des rangs masculinistes, mais aussi d’une population en général aliénée par une histoire bien trop genrée pour être vrai. Je me permets d’être tout de même optimiste malgré la longue et venteuse route qui attend encore cette lutte visant la fin de la soumission des femmes à un ordre patriarcal et à la culture du viol.
Dans le désespoir j’aime bien citer les phrases des grands classiques de l’humour à la Audiard. « Les cons ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnaît », galope dans ma tête dès que je pense à ce tragique bal des cloportes. Et au fond de moi je me dis que l’histoire de l’art est le parangon de cette lecture du temps qui passe à travers ce fameux « male gaze ». Dans tout cela, même s’il y a des outrances, des cris, des pleurs et de monstrueuses stupidités, rien ne sera aussi violent que ce qu’endure la moitié féminine de la population humaine tout au long des vies individuelles qui la composent. Alors, voir les choses de la vie autrement ne nous tuera pas, encore un effort les gars !
Pour voir les choses autrement, ce qui ne ferait pas mal serait de changer les canaux de l’information. Même si l’autorité qui régule une partie de ces canaux qu’est l’ARCOM [+] continue son œuvre au service de l’idéologie mortifère dominante et donne toujours plus de fréquences de radios et de télévision aux opérateurs qui restent dans le giron du capitalisme et de ses capitaines d’industrie se fichant éperdument qu’ils distillent des discours haineux et racistes à longueur d’ondes. La honte n’étouffe pas cet organisme qui affirme qu’il y a assez de pluralisme d’idées dans les médias qui composent le paysage audiovisuel français actuel quand il s’oppose à l’accès à la TNT de la télévision de gauche « Le Média » [+]. Discours bien fallacieux quand on voit au grand jour que ce régulateur des ondes censé protéger la liberté d’expression dans notre pays ne protège que les puissance de l’argent. On aura pu un temps se réjouir de voir disparaître des réseaux de la TNT l’infâme C8 de Bolloré, qui continuera par ailleurs à émettre et diffuser ses nauséeux et crapuleux discours, on rigole moins quand de nouveaux milliardaires au idées toutes aussi d’extrême-droite se voient attribuer des fréquences télévisuelles et radiophoniques, comme les nouvelles chaines [+] de Daniel Křetínský avec une certaine Caroline Fourest et un certain Raphaël Enthoven en têtes de gondole.
Et pour changer les canaux d’accès à l’information sur notre vaste monde, je conseille à toutes et tous qui suivez mes billets hebdomadaires d’aller voir ailleurs de ce qui est proposé par les néfastes voix de la presse aux mains du capital ou de ses gouvernements que ce soit dans les médias commerciaux comme ceux du service public. Alors bien évidemment il ne faut pas tomber dans les grosses conneries complotistes et autres débilités affligeantes des vastes champs de l’information parallèle, miroir réfléchissant de la stupidité des médias dits « mainstream » dans ce monde de la post vérité et de l’information rédigée à grandes lignes d’intelligence artificielle. Heureusement la raison a encore son mot à dire, je vous en parle à longueur de chroniques. Il existe une multitude de médias qui font un vrai travail d’enquête ou d’information de terrain à commencer par la vénérable institution qu’est L’Humanité [+] ou aussi Médiapart [+] qui fait figure de mastodonte dans cette galaxie de l’information indépendante, jusqu’au BondyBlog [+] ou autre StreetPress [+]. Le journal « Basta! » [+] a créé un portail des médias indépendants à l’URL portail.basta.média [+], ce portail nous permet d’accéder à une multitude d’articles de fond ainsi que d’informations de qualité. Ce média a lancé une opération de financement participatif pour aider à développer cette formidable initiative qui est aux antipodes des portails gérés par des algorithmes aussi cons que l’information qu’ils délivrent. Et puis surtout n’oubliez pas d’écouter vos radios associatives locales préférées qui restent un des premiers échelons du savoir vivre ensemble dans notre République parce qu’elles ont une mission de communication sociale de proximité et maillent nos territoires du tissu de la solidarité. Comme ma très chère Radio FMR [+] qui sait si bien prendre le pouls de l’underground et des idées contestataires depuis près de 44 ans, sur laquelle vous m’entendez parfois et qui vient d’inaugurer son nouveau site web [+] imaginé dans les planches à dessin de mon aussi très cher Atelier TA [+], comme une ode à la « lowtech » et à la résistance aux gabegies technologiques inutiles.
Avant de vous quitter et après vous avoir parlé des choses qui me passaient dans la tête ce matin à propos du cirque médiatique qui se joue sous nos yeux, il y a une pensée qui est aussi passé à travers mes synapses et mes neurones lorsque je faisais ce dur constat sur le paysage morose d’une presse et de médias en perdition en France, mais aussi sur la réjouissante relève et contre-offensive alternative qui prend forme. Je me suis souvenu de mes années juvéniles au mitan des années 70 du 20e siècle. Années où je m’éveillais aux choses de l’art à travers la contre-culture grâce à des géniales revues comme « Métal Hurlant » [+], à une époque où malgré la prédiction déjà présente d’un village planétaire par Marshall McLuhan [+] l’Internet n’avait pas encore dépassé le niveau du laboratoire. En fait pour moi, il n’y avait pas plusieurs géniales revues, il y avait Métal, et ça suffisait à créer tous les champs des possibles que je voulais explorer à travers mes crayons, mes marqueurs, mes plumes, mes pinceaux et des planches de Letraset ou de trames le tout avec les couleurs de la gouache, le noir de l’encre de chine ou le blanc des correcteurs de machines à écrire, sans oublier justement la vieille machine à écrire trouvée dans un grenier familial ainsi que la colle pour agglomérer toute cette production graphique sur de grandes feuilles de papier à grain. Il y a peu en surfant sur le web j’ai découvert une vidéo d’interview de Jean-Pierre Dionnet [+] – l’un des quatre créateurs de cette revue mythique et de la maison « Les Humanoïdes Associés »[+] qui l’accompagnait -, Vous pouvez voir cette interview intitulée « La folle histoire du journal Métal Hurlant » [+] sur la chaine YouTube de Kombini. Je n’apprécie pas outre mesure Kombini, mais Dionnet y est formidable à plus de 77 ans, et Métal… c’était génial !
Sur ces quelques mots de souvenirs autant émus qu’émerveillés d’une époque qui est révolue, je vais vous quitter alors que le vent souffle fort au dehors faisant valser les rameaux des petits palmiers de la cour devant les circonvolutions des cactus en grande forme posés sur le rebord de la fenêtre au dessus de mon bureau sous un joli Soleil pâle d’hiver. Il fait bien jour maintenant et je vais rejoindre le temps de mon présent actuel pour travailler d’arrache-pied avec ma chère et tendre Thérèse [+] afin que notre petit Noël familial soit réussi au mieux de nos envies. Non sans avoir évidemment fait un tour en studio (ou non !) pour enregistrer ces mots afin qu’ils passent sur les ondes et les électrons de la radio dès aujourd’hui.
Pour les chanceuses et les chanceux abonné·es qui me lisent avant de m’entendre, comme d’habitude sur mon site web philippepitet.com avec le texte de cette chronique d’un lundi juste avant Noël, je vous laisse avec une image. Ceci dit pour ceux et celles qui m’écoutent vous pouvez toujours venir sur mon site afin de voir ce dont je parle. Cette semaine c’est une image tirée de ma série des dessins « Slowgangs » réalisée tout au long de l’année 2018. Une série de dessins hybrides qui interrogeait les utopies graphiques et le monde de la propagande politique autant que commerciale. il est temps de vous souhaiter de belles fêtes. Je vous donne rendez vous dès lundi prochain pour le dernier billet de l’année 2024. Addisiatz amigas e amics !

Audio diffusé la semaine du 23 décembre 2024 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse :
La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

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