30.12.2024 – Chronique du lundi
30 décembre 2024 § Poster un commentaire
Comme une infinie tristesse dans un épais brouillard
Chères et chers ami·es qui venez à ma rencontre, comme chaque semaine, à travers ces mots que vous lisez sur le blog de mon site philippepitet.com ou entendez sur la Radio FMR [+] de Toulouse, je vous souhaite un doux et bienveillant bonjour dans cette chronique du lundi 30 décembre 2024. Dernière de mes Chroniques du lundi d’une année pas vraiment comme les autres qui suivait d’autres années toutes aussi singulières les unes que les autres.
Ainsi que tous les lundis matins depuis plus de quatre ans, je me réveille les doigts sur le clavier, et même parfois avec un stylo ou un crayon à la main, pour écrire un billet d’humeur sur le temps qui passe sous les yeux de l’artiste que je suis, ou plutôt : que j’essaye d’être le plus souvent de mon temps. Ce matin n’échappe pas à cette étrange coutume que je me suis imposée un lundi d’octobre 2020 au cœur de cette pandémie qui bloqua les activités délirantes de notre espèce de Sapiens, nous laissant entrevoir un autre monde libéré de la tyrannie du capital. La parenthèse ne fut finalement que de courte durée et les pires penchants de nos comportements addictifs ont fini par reprendre le dessus.
Aujourd’hui je vous avoue que je n’ai pas trop le cœur à vous entretenir des turpitudes ou des belles choses qui font la vie des femmes et des hommes sur notre planète et plus particulièrement près de là où je me situe durant le continuum espace-temps à l’intérieur duquel je constitue les notes qui deviendront la chronique que vous lisez ou écoutez tous les lundis.
La semaine dernière, au lendemain de Noël, un ami est mort.
Comme le dit si bien ma chère et tendre Thérèse [+], nous devons notre empathie et notre compassion à celles et ceux qui ont accompagnés la vie des défunt·es et qui restent vivre avec leur infini chagrin.
Ce chagrin touche de près notre très cher Atelier TA [+] où j’exerce ma pratique d’artiste plasticien dans cet espace que je partage avec une quinzaine d’autres plasticiennes et plasticiens, scénographes, designers, constructeurs, médiatrices et médiateurs… Un petit monde qui avec nos voisins et voisines du Collectif IPN [+] constitue une grande famille, un clan singulier au cœur des territoires de l’art contemporain de la Ville rose, au bout de la rue des Jumeaux.
William Gourdin [+] présidait depuis plusieurs années aux destinées de l’atelier. En effet, il m’y avait succédé à la présidence, mais en avait été longtemps le trésorier auparavant, il était un des fondateurs de TA, Trafiquants d’Arts comme on aime parfois à dire, c’était en 2005, il y aura vingt ans dans l’année qui arrive dans trois jours. Nous aurions dû fêter avec joie et bonheur cet anniversaire sous sa conduite. J’espère que nous aurons le cœur à le faire pour honorer sa mémoire.
Au-delà de sa présidence de l’association qui gère notre Atelier TA, il travaillait au sein du Musée des Abattoirs – FRAC Occitanie Toulouse [+], pour le déploiement des collections sur le territoire régional et même ailleurs. Pour nous qui le côtoyions du côté de la rue de Jumeaux, il était un brillant curateur, mais surtout le rédacteur en chef et la plume principale de Multiprise [+], cette revue qui pendant de longues années s’est faite l’écho de la création contemporaine à Toulouse et dans sa région. Cette revue, tout d’abord trimestrielle puis à la parution moins soutenue pour devenir annuelle, voire moins, mais au contenu fortement étoffé, était une formidable expérience dans laquelle les artistes plasticien·nes de tous bords avaient libre pages dans un joyeux tintamarre de formes et de propos.
Dès les années 2000, 2005 donc date de création de cette revue éditée par TA, Radio FMR a accompagné cette aventure. C’est ainsi, alors qu’à cette époque relativement récente, je produisais et animais des magazines radiophoniques autour des arts plastiques et visuels, que j’ai rencontré cette équipe de Multiprise – TA et que nos chemins ont convergé à travers des émissions, des articles et des scénographies d’évènements. Et puis William avait participé à de multiples émissions dans les années 2010 pour y intervenir dans des chroniques qui parlaient de l’actualité dans l’art contemporain.
Depuis la pandémie dont je me faisais écho en début de cette présente Chronique du lundi, Multiprise avait fait une halte et s’était mise en veilleuse. Il n’en restait pas moins qu’elle devait renaître une nouvelle fois en 2025 pour fêter 20 ans d’activisme artistique. Seul l’avenir nous dira si nous mènerons à bien cette tâche.
William est mort, son cœur a lâché trop tôt. Comme il est coutume de dire, nous l’accompagnerons pour son dernier voyage cette semaine, jeudi matin [+] pour être précis. Nos pensées vont avec force vers sa mère et son compagnon. Voilà, vous comprendrez pourquoi je n’ai pas trop d’appétence à vous entretenir du temps qui passe sous mes yeux. J’y reviendrai la semaine prochaine. Je vais vous laisser à présent.
Si vous vous lisez ces mots sur mon site web, je vous laisse avec une image qui fait partie d’un épisode un peu particulier de mon labeur autour de l’eau. Un dessin d’une série elle même incluse dans « Aiga – La cartographie sensible de l’eau » que j’avais réalisé justement pour une des résurrections de la revue Multiprise, pour son numéro 31 [+] intitulé « Ressac ». Mais tout compte fait cette série de dessins ne fut jamais, ni publiée dans la revue, ni montrée lors des expos qui l’ont accompagnées. Si vous m’écoutez sur les ondes de la Radio FMR – Toulouse [+], n’hésitez pas à vous rendre sur mon site web philippepitet.com pour la voir.
Je vous souhaite une douce fin d’année. Je vous donne rendez-vous à l’année prochaine, pas plus tard que dans 7 jours. Addisiatz amigas e amics !

Audio diffusé la semaine du 30 décembre 2024 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse :
La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

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