14.07.2025 – Chronique du lundi
14 juillet 2025 § Poster un commentaire
Un 14 Juillet quelque part en France
Amies lectrices et auditrices, amis auditeurs et lecteurs, qui que vous soyez, que vous me lisiez sur mon site web philippepitet.com ou que vous m’écoutiez sur les ondes et les électrons de la Radio FMR [+] de Toulouse, je vous souhaite une chaleureuse bienvenue sur cette Chronique du lundi 14 juillet 2025. Jour de fête et jour de gloire oblige aujourd’hui, comme la semaine dernière et comme toutes ces semaines estivales, je ne vous tiendrai pas les yeux, les oreilles ou la jambe bien longtemps !
Alors que la chaleur extrême a l’air d’avoir décidé de faire une petite pause, j’entends les oiseaux piailler joyeusement au dehors, la vie tente de vaquer à ses occupations dans ce petit matin à l’heure où je commence la rédaction du billet de ce jour. Devant la journée naissante, Louison notre petite chatte du foyer s’est couchée à mes côtés après m’avoir entretenu de quelques miaulements impérieux, avoir mangé sa petite ration de pâté matinal, puis avoir joyeusement joué un temps de ce réveil estival. Les chats sont faits de routines et d’habitudes, moi aussi sûrement. Le ciel est mitigé, le gris le dispute au bleu. Peut-être va-t-il enfin pleuvoir sur la Ville rose. Un vent doux et léger se lève. Je bois ma tasse de thé assis sur ce petit balcon qui donne vers la cour intérieure de notre logis typiquement toulousain. Cette cour est exubérante de verts, des palmes de ces petits arécacées, des feuilles massives de figuiers prolifiques et de bien d’autres essences qui nous garde fraîcheur lors des canicules de l’été. Je regarde l’immeuble en face, de l’autre côté du mur. Une vieille petite bâtisse si typique qui a été si mal refaite il y a peu. Cet immeuble d’origine individuel est devenu collectif autant qu’hideux, empli de climatiseurs, juste pour accueillir des locations de très courtes durées et de tourisme à travers des plateformes de locations bien connues sur le web. Elle est comme une verrue dans le charme des arrières bâtiments de ce vieux quartier des Chalets en plein centre de la capitale occitane. Cette maison refaite avec le mauvais goût de l’appât du gain, dans sa nouvelle esthétique est un concentré de toute la stupidité du capitalisme consumériste, extractiviste et nationaliste actuel. Je détourne mes yeux et fixe le vert des jardinières qui ornent les gardes-fous de notre balcon. À l’autre bout de l’appartement, la famille dort paisiblement dans les chambres. Après tout, malgré l’hideuse rénovation dont je viens de vous narrer tous les défauts, je pense au bonheur de vivre dans ces conditions alors que le monde explose de partout. Je pense avec rage à toutes et tous ces incendiaires qui martyrisent notre planète. Je pense à ce président qui essaye de nous vendre des sacrifices en échange d’armements et d’un avenir guerrier.
Aujourd’hui en France, alors que l’on devrait juste se réjouir en dansant joyeusement d’avoir un jour abattu la tyrannie royale et l’arbitraire pour un temps, si court qu’il fut, les militaires vont parader dans les rues. Ils vont bomber leurs tristes torses uniformisés, faire voir qui est le plus fort, démontrer qu’ils savent broyer des vies et mutiler des individu·es.
Depuis plus de quarante ans, je sais ce que c’est que d’être meurtri dans sa propre chair, je connais le mauvais goût du métal et de la poudre qui fracasse son corps et je n’aurai de cesse que de promouvoir la paix face à la haine.
Je profite de ces éditoriaux du temps qui passe sous mes yeux, de la possibilité si fragile de les publier sur mon site philippepitet.com, je profite des ondes de ma très chère Radio FMR [+], frêle fenêtre ouverte sur la liberté depuis 1981, pour le crier à la face du monde. Comme un dérisoire barrage à la stupidité guerrière crasse des discours de nains insignifiants. Des imbéciles qui imaginent tellement plus intéressant de fabriquer des outils de destruction massive que de construire un monde meilleur pour la santé, l’éducation et la culture pour toutes et tous. Je déteste les armes et les munitions, je pense à ces enfants de Gaza, je pense à ces enfants au Soudan. Je vois toutes ces vies sacrifiées à l’autel du capitalisme et des puissant·es, alors que la propagande bat son plein dans le souffle du clairon.
Du haut de mon balcon toulousain, j’entends les rumeurs de la ville qui s’éveille, je pense à toutes celles et ceux qui vont assister aux défilés, à Paris sur les Champs Élysées, ici dans la Cité mondine sur les allées Jules Guesde [+]. Je me dis l’ironie de voir des bottes de guerre capitaliste fouler le sol d’une avenue au nom d’un homme qui a défendu des idées foncièrement internationalistes. Un révolutionnaire collectiviste qui, malgré ce qui les opposaient, a su voir les idées communes pour s’allier à Jean Jaurès [+] et d’autres afin de fonder la Section Française de l’Internationale Ouvrière à l’aube du XXe siècle. Même si l’histoire aura montré que Jaurès fut assassiné en 1914 par l’extrême droite alors qu’il s’opposait à la guerre qui venait et que Guesde finit malheureusement par rejoindre l’union sacré dès le début de cette guerre.
Je pense à ces psychopathes en chef qui nous servent de dirigeant·es de par le monde, je pense au président de la France qui se voit en chef de guerre, pour pisser plus loin que son homologue états-unien, face au méchant Poutine, au fourbe XI Jinping, à l’horrible Kim Jong-un ou autres salauds de mollahs iraniens. Il joue aux petits soldats comme un enfant de six ans pourrait le faire, baigné dans la culture coloniale et masculiniste bien bourgeoise. Je pense à ses sbires corrompus jusqu’à la moelle suivis par l’aréopage mortifère de l’éditorialisme du bloc bourgeois français qui partent en croisade pour éradiquer l’ennemi de l’intérieur, une cinquième colonne qui serait composée selon ces crétines et ces crétins de sales féminazies, d’écoterroristes khmer verts, de wokistes, d’islamo-gauchistes, d’une vermine en tout genre soutenue par l’extrême gauche sous la coupe du gourou Méluche, empêcheuse de « génocider tranquille »… Une éditocratie qui consacre des humoristes loin d’être drôles et des philosophe faiseurs de vide !
Le ciel vire presque totalement au bleu malgré quelques nuages de traine. Je pense au merveilleux travail photographique intitulé « Vent des draps chasseur de nuages » [+] de ma chère et tendre Thérèse Pitte [+].
Il n’aura donc pas plu, ou juste quelques gouttes samedi. Je me ravis de voir Louison jouer comme une folle avec une balle en caoutchouc. J’entends la famille se réveiller.
Je pense à Buenaventura Durruti [+] né un 14 juillet, le 14 juillet 1896, anarchiste, presque de légende, héro de la guerre d’Espagne, qui pourtant avait pris les armes, non pas pour établir la puissance toxique d’une domination de classe, mais bien pour défendre la liberté et l’autonomie du peuple face au fascisme.
Durruti disait : « […] Nous allons hériter de la terre. Nous ne pouvons pas en douter. La bourgeoisie peut détruire et brûler son propre monde avant de finalement quitter la scène de l’histoire. Nous n’avons pas peur des ruines. Nous sommes les personnes qui avons labouré les champs, et construit les villes, elles peuvent être construites à nouveau. Ce sera encore mieux la prochaine fois . Un monde nouveau est dans nos cœurs. Ce monde grandi l’instant. […] »
Il ne pleuvra pas ici, alors qu’il a trop plu jusqu’à dévaster la terre plus loin. Je pense aux funestes promoteurs et promoteuses de l’A69, bourgeoisie locale tout comme édiles locaux, cette autoroute inutile sauf pour leurs portefeuilles mais délétère pour le vivant. Je me demande quel niveau de stupidité sont-ils ou sont-elles capables encore d’atteindre à travers leur égoïsme et le confort de leurs grosses limousines. Je penses à celles et ceux qui luttent contre le bras armé de cet égoïsme bourgeois.
Je pense à ces incendies de notre Sud aux accents d’òc qui se déclarent à cause de ces fortes chaleurs précoces ici à Toulouse près de quartiers populaires [+], à Narbonne ou encore à Marseille [+] du côté de Castellane, dénommée souvent la cité de la drogue avec tout le dédain dont le bloc bourgeois sait se parer, où pour faire front au danger la solidarité populaire et la jeunesse phocéenne ont été exemplaires [+].
Alors, face à cela, face aux faits indiscutables, je pense à toutes et tous ces député·es de droite et d’extrême-droite qui ont voté la fameuse loi Duplomb [+], qui a défaut de libérer l’agriculture de contraintes imaginaires, libèrera la progression du cancer chez Sapiens à commencer par le monde agricole lui-même et détruira le vivant dans nos campagnes. Alors qu’avec trois couples de mésanges nous n’aurions plus besoin d’insecticide ainsi que nous le disait le député Benoît Biteau [+], écologiste agriculteur paysan, sur la Chaîne Parlementaire LCP il y a quelques jours dans une vidéo devenue vite virale [+].
Même si cette « punchline » est un raccourci imagé, nous savons toutes et tous que préserver les sols et la biodiversité, savoir vivre avec la nature comme alliée plutôt que comme ennemie, imaginer des cycles vertueux est la clé de notre survie face à la prédation de l’agro-industrie mortifère. Une agriculture des riches [+] fortement soutenue par des salopards esclavagistes [+] et une extrême-droite [+] qui n’en a que faire d’un peuple qu’elle assure pourtant vouloir représenter. Je pense à tout le travail à mener pour casser ces logiques mortelles dans ce que l’on appelle l’opinion publique.
Je pense à tout cela, je me dis que ces petits problèmes et accidents de santé qui jalonnent ma vie ces derniers temps ne sont que des gouttes d’eau dans des océans de désespoir. L’art et la culture ne peuvent pas tout, mais au moins elles nous donnent de l’oxygène et de la respiration pour tenir face à tout cela.
Aujourd’hui, à part dessiner, j’ai juste envie de me plonger dans le travail du regretté Jean-Pierre Thorn, cinéaste engagé au côté du mouvement ouvrier, disparu la semaine dernière, dont la coopérative cinématographique « Les Mutins de Pangée » [+] vient de mettre en ligne une série d’entretiens documentaire dans un article intitulé « Jean-Pierre Thorn, cinéaste-ouvrier-cinéaste » [+] sur leur tout nouveau site web lesmutins.org [+]. C’est grâce à la Cinémathèque de Toulouse [+] que j’avais découvert ce réalisateur qui « […] a filmé la lutte ouvrière de l’intérieur, pendant les années 1970 et 1980, passant de l’école de cinéma au bleu de travail pour vivre la lutte prolétaire sans concessions ni médiations […] ». On ne remerciera jamais assez cette cinémathèque pour le travail accompli depuis des décennies.
Ainsi se clos cette Chronique du 14 juillet 2025, il va me falloir l’enregistrer puis la publier à travers tous les canaux que j’ai bien heureusement à disposition pour le faire. Si vous l’écoutez sur les ondes de la Radio FMR [+] n’hésitez pas à aller voir mon site web philippepitet.com, tout comme si vous la lisez sur ce dit site n’hésitez pas à aller l’écouter. Et sur le texte de ce billet à lire dans mon site web, je vous laisse pour la 9e semaine consécutive avec encore une image de ma série de dessins « Slow Gangs die Symphonie der relativen Utopien ». Je vous souhaite une belle semaine d’été malgré tout. A diluns venent, addisiatz amigas e amics.

Audio diffusé la semaine du 14 juillet 2025 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse :
La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

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