22.11.2021 – Chronique du lundi

22 novembre 2021 § Poster un commentaire

Aussi sec qu’un raisin en automne

Aujourd’hui, retour pour un moment sans bouger de Toulouse, « for a while » comme le diraient mes ami·e·s de langue anglaise.
Mais dans l’attente, il est très tôt ce matin à l’heure où je commence à écrire ma 58e chronique du lundi. Chronique du lundi 22 novembre 2021 pour être précis.
Mes pensées sont brumeuses et je vous souhaite la bienvenue, mais aussi comme à l’habitude je vous prie de ne pas trop m’en vouloir pour son contenu imprécis, imparfait, tout autant que léger.

Je me demande combien de fois vous ai-je déjà fait ce type d’introduction pour vous annoncer un exercice éditorial assez vide et approximatif parce que peu travaillé ?
Car pour tout vous dire, je suis un peu sec et en panne d’une inspiration qui donnerait du lien à toutes les notes mises de côté depuis des semaines. En effet et en parlant de liens, au pluriel, j’en avais plein en tête, sauf qu’aujourd’hui j’ai du mal à les organiser dans la perspective de mes pensées du moment.

Je pourrais vous reparler de la fameuse nouvelle vague qui nous arrive. Malgré les avis partagés sur le bien fondé vaccinal ou non, malgré toutes les dramaturgies sédatives qui arrivent au bon moment où tout est en train de craquer. N’oublions pas cet excellent opus de Barbara Stiegler « De la démocratie en pandémie » [+], dont je vous parlais il y a déjà presque un an. Je reprendrai ce que je disais et écrivais lors de toutes les précédentes vagues : le seul soucis est la gestion de la santé publique. Et je ne peux que répéter encore une fois que les fameux tableurs Excel ne sont pas des outils de soins !
Bref que la santé de l’humanité, tout comme son savoir et son environnement ne se négocient pas dans des bilans comptables. Et comme le disait l’anthropologue Margaret Mead, le premier signe de civilisation dans l’histoire humaine était un fémur cassé puis guéri [+].
À l’aune de cette image, supprimer des moyens de soins et pressurer les personnels soignants ne sont pas des signes de civilisation.

Je pourrais tout aussi bien m’indigner de la violente réponse répressive de l’État français face au désespoir de la population d’un département d’outre-mer meurtri, ainsi que du satisfecit délétère sur le sujet [+] du candidat écologiste à la prochaine élection présidentielle française pour lequel je ne voterai décidément jamais. Apparemment il est plus normal d’envoyer en Guadeloupe plusieurs centaines de policiers pour répondre à une crise sanitaire, plutôt que de fournir l’île en bouteilles d’oxygène.
Peut-être ma comparaison est-elle hasardeuse et fallacieuse, mais dans tous les cas cette gestion est désastreuse une nouvelle fois. Mais à quoi bon s’indigner sans agir, comme le fait bien remarquer cet article de Frustration Magazine que je vous pose en lien [+].

J’aurais encore pu vous entretenir de théorie du complot et des impasses du « débunking », un sujet que l’on retrouve sur un article de la revue AOC [+].
Ou enfin continuer à vous bassiner avec mes obsessions sur les origines de nos cultures humaines avec la découverte de ce qui pourrait être la première ville en pierres de l’humanité à retrouver sur un article du National Geographic [+].
Pour finir par exhorter mes amies toulousaines autant que mes amis toulousains à aller fêter les 40 ans de Radio FMR [+] au Bikini [+], samedi prochain le 27 novembre…

En fait, pour tout vous dire, tout au long de la fin de semaine qui vient de passer, j’ai été fortement absorbé par des rencontres internationales autour des concepts de mentorat artistique et d’entrepreneurs culturels. Journées qui clôturent un programme intitulé « You & I » [+], mises en œuvre par Combustible [+], une structure qui accompagne avec constance et éthique des projets artistiques ou culturels et qui depuis bientôt huit ans accompagne mon labeur avec grande bienveillance.

Alors oui je l’avoue, les mots entrepreneur, artistique et culturel associés résonnent mal dans beaucoup d’oreilles dont les miennes, surtout quand on y introduit le mentorat. Mais voilà, dans le soucis de travailler sur des projets entre plusieurs pays et plusieurs langues, pas uniquement en anglais, nous savons que les mots portent des sens relativement différents d’un endroit du monde à l’autre. Quand il s’agit de les traduire et sans même que ce ne soient des faux-amis, parler d’entreprenariat artistique ou culturel n’endosse pas tout à fait les mêmes ressentis que l’on soit français, norvégien, espagnol, basque, occitan ou encore américain, et surtout quand on pratique les langues de ces cultures dans un multilinguisme nécessaire aux échanges. C’est facile quand il s’agit d’échanger des biens en pièces toutes aussi sonnantes que trébuchantes. Cela devient plus compliqué quand il s’agit d’échanger et de produire des connaissances et du savoir.

De ces constatations, sommes toutes très basiques, il me semble que travailler en bonne intelligence sur les échanges de pratiques d’accompagnements d’artistes et de projets culturels, reste un sujet très pertinent, même si pour ces fameuses raisons linguistiques on a donc choisi ce terme d’entrepreneur. Je suis super heureux de participer à ce labeur et d’amener mes compétences d’artiste visuel en complément d’une super équipe composée d’autres artistes et d’enseignants venant de plusieurs endroits du monde et qui œuvrent sur différentes pratiques artistiques.

Ces jours passés dans ce merveilleux Pays Basque ont permis d’échanger sur les actions en cours et les processus d’enseignements, d’accompagnements, mais surtout de tutorat d’entrepreneuses ou d’entrepreneurs artistiques ou culturels qu’ils ou qu’elles soient artistes ou structures.
Avec un seul mot d’ordre : empathie, bienveillance et l’humain toujours avant l’économie !
Bien sûr toutes les infos seront bientôt disponibles sur le site web du projet You & I [+].
Un projet qui se clôt pour en relancer un autre, élargissant les frontières et intégrant encore plus de partenaires venant d’autres contrées.

Je vous parle de tout cela car je vous l’ai déjà écrit et dit, sans être le benêt de service, et en restant pragmatique, je suis un optimiste forcené, tout du moins un enthousiaste à tendance contemplative. Je préfère voir le positif dans tout être humain·e et dans toute situation, plutôt que d’imaginer le pire dès les premiers abords. Il y a quelques paires d’années j’ai rencontré deux jeunes gens, Carine et Jean-Louis qui œuvraient dans un groupe de rock and roll à tendance pop portant le nom « Bubblies » [+], le courant est passé, car ces jeunes gens avaient la même philosophie que moi. À nos rythmes conjugués, les collaborations artistiques ont avancées, comme par exemple l’expérience « Crowd Hackers » [+].
Mais aussi les actions d’aides au développement avec entre autres le gros morceau que fut la mise sur orbite en quelques années de la structure Combustible Numérique [+], aujourd’hui incontournable à Toulouse et sa région quand il s’agit de vulgarisation d’outils de création numérique basé sur le libre ainsi que de la réduction de la fracture numérique et de « l’illectronisme ».
Sans parler du support que Combustible a pu apporter à plusieurs projets de la compagnie de théâtre contemporain Zart Cie [+], avec laquelle j’ai œuvré un temps.

Voilà pourquoi je ne suis pas très prolixe aujourd’hui et bientôt vais-je poser le point final de cette chronique du jour. Je vais tout de même terminer avec encore un peu d’art tout d’abord pour me souvenir de mon projet « White Cub » dont j’ai vu l’idée reprise et vraiment tant mieux par d’autres [+].

Je me sens aussi assez coupable de n’avoir point parlé dans cette chronique de la 6e foire d’art contemporain « Also Known as Africa ». Cet événement qui a eu lieu la semaine du 11 novembre n’a pas été trop médiatisé, malgré toutes ces saisons africaines de cette année 2021. L’art contemporain africain trop souvent passé sous silence n’est décidément pas toujours bien supporté par l’Occident. On peut retrouver quelques lignes à propos d’ »Also Known as Africa » sur Jeune Afrique Magazine [+].

En parlant d’Afrique, la perception du monde par les Himbas [+], un peuple autochtone bantou en Namibie, qui ne conçoivent pas les échelles de perspectives visuelles de la même manière qu’une personne occidentale parce que leur culture n’est pas la même que la notre, à lire sur BBC Africa en lien ici [+].

Voilà la chronique du jour s’achève, courte mais concise quoique foutraque comme à l’habitude. Je ne suis pas à une contradiction près, mes fidèles lectrices autant que lecteurs commencent à le savoir, les autres aussi d’ailleurs. N’oublions pas que tout ceci est un peu sec comme les pruneaux que je mange avec Thérèse [+], tout en écrivant ces lignes.

Je vous laisse avec une reproduction d’un des croquis que j’avais dessinés pour l’installation « Don’t Try » avec le collectif « Crowd Hackers » en juin 2018 dans le cadre du Festival En Création – Sorbidean Festibala [+] à Hasparen au Pays Basque, ainsi qu’un gif animé réalisé pour le même événement.
Après une période en creux à cause de la crise sanitaire, ce festival organisé par La Fabrique Affamée [+] reprendra l’été prochain et où il y a de forte probabilités d’y voir mon travail en contribution avec d’autres artistes soutenus par Combustible. Je vous souhaite une bonne semaine et vous dis à lundi prochain…

Don't Try, installation du Collectif CrowHackers, avec BrainHover et Carine Puyo dans le cadre du Festival En création de La Fabrique Affamée à Hasparren - Philippe Pitet plasticien Toulouse
Don’t Try #1. Posca noir sur toile cirée blanche – 2018
Charles Bukowski animation GIF Collectif CrowdHackers Philippe Pitet Plasticien Toulouse
Bukowski, gif animé – 2018

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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