28.02.2022 – Chronique du lundi

28 février 2022 § 6 Commentaires

Bruits !

Depuis jeudi dernier c’est donc la guerre. Le monde est suspendu au bon vouloir d’un fou furieux qui s’est lancé dans une aventure belliqueuse et hasardeuse pour l’humanité. Alors que ce monde devrait plutôt concentrer son énergie à sauver son environnement pour sa survie globale.
Dans cet incroyable chaos qui suit deux ans de pandémie mondiale, je sais la difficulté à vous souhaiter la bienvenue dans cette chronique du 28 février 2022.

Hic et nunc, au sens littéral, ici et maintenant et dans les tréfonds de l’imbécilité qui dirige les humain·e·s, il est difficile de discerner une autre teinte de l’espoir que le noir à l’horizon. L’Ukraine peut se trouver réduite à l’état de cendres, la planète aussi. La stupidité nationaliste est décidément incommensurable. Je ne sais pas exprimer autre chose que ce désarroi impensable qui m’assaille et ce dégoût qui m’étreint.

Même si cela ne pourra rassurer personne dans ce marasme, je suis profondément heureux que l’Occitanie de mes ancêtres ne soit jamais devenue une nation telle que le 19e siècle européen a façonné ce concept d’appartenance. Je suis encore plus bienheureux de ne pas avoir à défendre des frontières avec un fusil, mais seulement l’héritage d’une culture artistique avec mes produits de l’esprit. Je préfère le son des mots aux bruits des bottes. En un mot comme en cent, je n’ai jamais compris toutes celles et tous ceux qui s’identifient à un sol ou à un sang.
Ce qui me fait remonter à la mémoire cette histoire de la croix cléchée qui s’étend des vallées transalpines jusqu’à celles des sources de la Garonne et bien au-delà que l’on retrouve dans L’histoire de La Croix occitane par Ramon Ginolhac. Croix qui est aussi nommée croix de Toulouse ou encore croix provençale, à écouter sur France Bleue en suivant ce lien [+]. Un insigne qui orne un drapeau pour lesquels le sang des hommes et des femmes ne coulera pas de sitôt, et c’est tant mieux.

Bien sûr cet aparté est un peu à côté de la plaque à travers la dramaturgie funeste qui se joue à l’Est. Mais en fait samedi, avant-hier, je discutais avec une amie peintre d’origine moldave et russophone, vivant en France depuis les années 90 et qui a installé son atelier dans nos si accueillantes contrées des sources de la Drôme. Elle était dévastée de voir ces fossés qui se creusaient entre tous ces peuples de l’ex URSS !
Alina Cociere [+], c’est le nom de cette amie artiste qui a fait ses études à l’École nationale supérieure des Beaux Arts Sourikof de Moscou au tournant des années 70 et 80, me disait comment elle avait observé avec une immense tristesse, à travers ces décennies post soviétiques, les fossés se creuser dans ces contrées parce que les nationalismes sont les meilleurs instruments pour celui qui s’accroche au pouvoir. À regarder de près, il en est de même dans nos démocratie occidentales et partout dans le monde. Et d’ailleurs toutes les formations à droite et à l’extrême-droite des échiquiers politiques de nos sociétés libérales européennes et américaines finissent par être financées de près ou de loin par le maitre du Kremlin et sa mafia crapuleuse. La promiscuité dans la stupidité de ces idées se révèlent ainsi jours après jours.

Il y a quelques semaines en janvier nous commémorions la mort de Rosa Luxemburg dont on connait les idées profondément internationalistes (voir ici en lien [+]). Comme pour bien d’autres, et souvent vous ai-je narré mon admiration à propos de tous ces héros du peuple sans frontières, la guerre qui se fait pour des frontières ou un sol est toujours celle des dominant·e·s qui exploitent les dominé·e·s jusqu’à toujours finir par exiger le suprême sacrifice de ces derniers autant que de ces dernières. Et puisque le pendant du nationalisme guerrier, ou plutôt son aboutissement reste l’impérialisme dont le bras armé sera toujours l’intérêt financier des plus riches, le sociopathe qui dirige la Russie est un des leurs, je vous conseille de lire cet article sur le blog de Médiapart « Rosa Luxembourg et la dette comme instrument de l’impérialisme » en suivant ce lien [+].

Aujourd’hui mes étendards sont en berne et d’art je n’ai point trop envie de parler, malgré ma très prochaine participation à l’exposition collective Ricochet [+] du centre d’art contemporain « Le Quai des arts » dans l’Ouest toulousain, dont je vous ai parlé dans ma précédente chronique. J’essaye de m’extraire de ce monde de fureur et de sang pour peaufiner mes dessins de cartographie de l’eau sur les bords de la Drôme avec acharnement, car comme à l’habitude je change tous mes plans au dernier moment… Sinon ce ne serait pas assez palpitant !
Rendez-vous donc dès samedi prochain le 5 mars à Cugnaux, dans la grande agglomération toulousaine…

Mais avant de vous quitter, peut-être dois-je vous dire ce dont je ne me suis justement pas fait écho lors de mes deux dernières chroniques et qui constitue un de mes grands ratés de ces derniers temps. En effet pour des raisons multiples autant que variées qui vont de trop d’activité à l’éloignement de la ville rose, je n’ai pas pu me rendre à une super proposition intitulée « Fol’Appart », un projet porté par l’association Animação [+], ce projet d’exposition de l’artiste Muriel Rodolosse [+], venait de l’envie de faire découvrir une artiste dans un lieu original, de faire se rencontrer les curieuses et curieux autour de propositions artistiques chaque jour renouvelées. Cela avait l’air d’être vraiment super intéressant et extrêmement enrichissant. Je me mords les dents de n’avoir pu être du public. J’espère qu’Animação renouvellera l’aventure, dont on peut avoir un aperçu en surfant sur ce lien [+]

Voilà, après ce mea culpa, je m’arrête là. Je n’ai plus trop envie de m’étaler aujourd’hui pour cette chronique du lundi. Toutes mes pensées volent vers celles et ceux qui souffrent en Ukraine sous les bombes d’un psychopathe. Pour quelques heures encore je vais profiter de mes montagnes adorées avec mon adorable et géniale Thérèse [+] entre nuages ensoleillés et rivières bouillonnantes.
Je vous souhaite une semaine au mieux et vous donne rendez-vous lundi prochain

Dessin de Philippe Pitet - Le Col de la Croix dans la Drôme 2020
Le Col de la Croix sous le soleil – Dessin au crayon, 2020

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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