11.05.2026 – Chronique du lundi

11 Mai 2026 § Poster un commentaire

Surtout pas de retour à la normale

Amies lectrices comme auditrices, amis auditeurs comme lecteurs, que vous preniez connaissance de ces mots à travers les ondes de la Radio FMR [+] de Toulouse, ou sur le blog de mon site web philippepitet.com, que vous me suiviez avec assiduité depuis longtemps ou que vous soyez de passage par hasard, qui que vous soyez, pris dans les lignes de mes narrations approximatives autour du temps qui passe sou mes yeux, je vous souhaite une sincère bienvenue dans cette Chronique du lundi 10 mai 2026.

Bienvenue dans un billet d’humeur hebdomadaire qui tente de faire sa mue, ainsi que je vous le promettais dans mes deux derniers opus, et plus particulièrement la semaine dernière. Ce qui reste assez compliqué tant me suis-je engouffré, tout au long de ces dernières années, dans cette faille d’observation de la vie « politico-politiciennes » du monde et plus particulièrement en France. Des observations qui m’ont amené dans des états d’énervements et d’indignations, comme l’ont été, j’en suis sûr, la plus grande partie des membres de notre espèce de Sapiens. Mais à force de m’énerver textuellement contre ces dérives de mes congénères, particulièrement de mes congénères appartenant au fameux bloc bourgeois et à l’armée de leurs nervis, l’impression de tourner en rond dans mes commentaires sur le temps qui passe sous mes yeux, n’est plus une impression mais bien une réalité. Ainsi ai-je décidé de prendre du recul.

Lors de ma première Chronique du lundi écrite le 19 octobre 2020, je parlais d’un trip salutaire. Ce fameux voyage immobile autant que mobile s’est ancré dans le temps et c’est devenu un chouette moment passé avec mes lectrices régulières autant que mes lecteurs réguliers, puis mes auditrices et auditeurs. Au fil du temps, des mois et des ans, j’ai essayé de livrer mes impressions et sentiments sur l’actualité du monde des femmes et des hommes qui vivent sur notre Terre. Des narrations assez approximatives sans aucun autre filtre que celui de ma vision d’un artiste plasticien qui se tient dans ce dit monde. Au départ, en plein cœur d’une pandémie mondiale qui n’en finissait pas de décimer nos capacités à raisonner avec raison, j’ai abordé cet exercice éditorial justement pour me tenir loin de ces considérations bien terre à terre. C’était une tentative de voir ce monde déraisonnable à travers le prisme de l’art et particulièrement des arts visuels et contemporains. Hélas la frontalité des faits m’a emporté semaine après semaine vers des diatribes énervées, dont pourtant je n’enlève aucun mot et aucune ponctuation, aucun plein pour vide, mais qui ont fini par m’épuiser. Et pourtant aussi, je dois avouer que je suis assez fier de mes prises de positions, même si celles-ci m’ont fait moi-même grincer les dents. L’exercice paraît simple, mais reste compliqué quand il s’agit de renouveler ses obsessions et ses points de vue comme de vie, chaque semaine, et de la livrer à un public toujours grandissant. Surtout depuis que ces billets d’humeur sont devenus l’éditorial hebdomadaire régulier de ma très chère Radio FMR [+] il y a deux ans, car avant la version audio était souvent malmenée je l’avoue. En relisant toutes les logorrhées qui ont parsemées ces 290 précédentes Chroniques du lundi, je suis loin du compte en ce qui concerne cette idée du départ de voir le monde à travers l’art.

Du coup, et aussi parce que les esprits s’échauffent bien trop vite depuis plus d’un an. Je ne vous parle pas des messages incendiaires, voire menaçants que je reçois régulièrement après chaque parution de mes chroniques, jusqu’à des menaces bien réelles contre ma personne, mais aussi contre toutes celles et tous ceux que j’aime… Et puis après un séjour de création et d’échanges artistiques en compagnie de ma chère et tendre Thérèse [+] dans des contrées hispaniques grâce à des supers programmes de mobilités mis en place par cette formidable structure qu’est Combustible [+] et qui soutient mon travail depuis si longtemps, j’ai décidé de prendre un peu de recul. Je reviendrai d’ailleurs sur ce périple à long terme dans quelques dessins et autres écrits.
En attendant, soyez rassuré·es, je n’abandonne pas les rangs de la résistance dans cette guerre culturelle qui fait rage. Bien au-contraire, et tout comme il me semble le faire quand je travaille à ma pratique artistique, je vais continuer à vous narrer les combats qui sont menés contre le capitalisme consumériste, extractiviste, nationaliste et j’en passe, au service d’une caste prédatrice autant que stupide qui ne nous veut que du mal. Mais l’idée est moins de soutenir certaines personnalités politiques, il y en a peu qui nous proposent un monde de progrès, fort heureusement ils et elles sont là et se battent au quotidien, elles et ils ont tout mon appui sincère. L’idée est aujourd’hui de plutôt partager tout ce qui fait le sens du progrès pour la survie de notre espèce dans une planète que l’on voudrait apaisée. Je pense qu’il y a des utopies pour lesquelles il faut se battre afin qu’elles deviennent réalité.

Alors, vous le savez sûrement, je vous le serine assez depuis des années : un des boulots que je mène, je le fais autour de l’eau. Un labeur qui s’inscrit dans ce vaste travail artistique à long terme que j’ai nommé : « Aiga – La cartographie sensible de l’eau ». Je l’ai entamé il y a déjà plus de 15 ans, et même avant sous quelques formes embryonnaires. Je le continue inlassablement. Car l’accès à l’eau pour toutes et tous, ainsi que la préservation de ce bien commun est un des combats les plus urgents à mener. Et je vous conseille de lire et de voir tout d’abord ce sujet qui vient d’être traité sur le formidable média indépendant qu’est « Blast » [+], dans une enquête menée par la journaliste Salomé Saqué [+], sous le titre : « Les assoiffeurs : l’enquête choc sur le business de l’eau » [+]. Et puis je vous préconise aussi un autre article, sur « Médiapart » [+] celui-ci, écrit par la journaliste Lucie Delaporte [+], intitulé : « Mégabassines, data centers : La guerre contre l’eau s’est intensifiée » [+]. Voilà bien qui va énerver celles et ceux anonymes qui aiment me taxer « d’artiste privilégié donneur de leçon bobo » sans connaître de quoi est faite ma vie. Mais peut-être que ces petit·es bourgeois·es manipulé·es par leur égoïsme forcené sous une chape d’amabilité de façade finiront par se rendre compte de leur stupides positions et reviendront dans le giron de la raison, Je vous l’ai seriné il y a quelques mots : j’aime l’utopie !

Voilà je vais vous quitter. Pour celles et ceux qui m’écoutent sur les ondes de la FM ou les électrons de l’Internet, je vous laisse encore avec du son extrait d’une de mes multiples installations sonores, la source paraît inépuisable. Pour les lectrices ou lecteurs sur le blog de mon site web, les deux approches sont compatibles autant que complémentaires, je vous laisse avec la photo d’un bout de mon atelier (comme on peut le voir j’y travaille tard !), dans lequel trainent des dessins qui vont s’animer dans le cadre de ma prochaine exposition : « D’aicí a Romeyer », qui se tiendra de ce vendredi 15 mai jusqu’au dimanche 31 mai de cette année 2026, à « L’Entre-pÔt » [+], 53 rue Camille Buffardel dans notre chère petite ville de Die dans la Drôme. Ce n’est pas un centre d’art, c’est un magasin foutraque « d’artisanat d’art et d’essai », créé et tenu par le super artiste François Lagrange [+] et qui sait agiter le petit microcosme artistique local à super bon escient.

Je vous laisse ici et vous dis a diluns venent, addisiatz amigas e amics !

Photo de l'atelier de l'artiste plasticien Philippe Pitet, dessins préparatoires pour une animations vidéo - mai 2026
Photos de dessins dans mon atelier pour la réalisation d’une animation : « D’aicí a Romeyer » dans le cadre du labeur « Aiga – La cartographie sensible de l’eau » – mai 2026

Audio diffusé la semaine du 11 mai 2026 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse : (en cours d’enregistrement)


La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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