01.06.2026 – Chronique du lundi
1 juin 2026 § Poster un commentaire
Juste se dire que l’on entame la dernière ligne droite !
Mes amies lectrices, mes amis lecteurs, tout comme mes amies auditrices ou mes amis auditeurs, nous voilà donc arrivé dans cette Chronique du lundi 1er juin 2026, dans laquelle je vous souhaite une très sincère bienvenue. Me voici surtout à la fin d’une saison harassante à plus d’un titre. Et surtout après 6 saisons et plus de 290 chroniques, voici peut-être le temps pour moi de quitter ces territoires textuels qui ont occupé tous mes lundis sans exception depuis près de 5 ans. En tout cas j’y réfléchi fortement, et je pense sincèrement clore cette grande saga de mes billets hebdomadaires à l’horizon de mi-juillet pour son 300e numéro. Des billets qui sont aussi l’éditorial officiel de la Radio FMR [+] de Toulouse depuis 2 saisons, après y avoir été diffusés dans leurs versions parlées très épisodiquement tout au long des saisons précédentes, mais des billets qui ont toujours été conçus dans leur dimension radiophonique au même titre que leur dimension quasi carnettiste. Dans tous les cas, des chroniques écrites pour être lues tel des épisodes d’un journal presque intime de nos activités humaines et écoutées comme un éditorial du temps qui passe sous mes yeux.
Et forcément, à observer le monde qui nous entoure, nous constatons que les turpitudes humaines ne manquent pas. Ces fameuses turpitudes prennent bien trop souvent l’ascendant sur les belles choses de la vie. C’est fatiguant. Ainsi que le rappelait l’immense penseur qu’était Edgar Morin [+] dans une de ses nombreuses citations : « La beauté n’est jamais superflue ». Je suis triste d’avoir appris il y a trois jours la disparition de ce sociologue et philosophe engagé. Certes il nous a accompagné bien longtemps et sa mort à près de 105 ans est dans la nature des choses. Mais sa pertinence nous manquera. Je ne sais pas pourquoi cela me donne une nouvelle raison pour ne plus être assidu dans mes Chroniques du lundi. Il me semble vous l’exprimer à répétition ces dernières semaines, je ne suis pas très prolifique à travers ces derniers billets hebdomadaires. C’est peut-être aussi parce que je réfléchis et travaille beaucoup sur de nouvelles séries de dessins, de créations de volumes et de boulots vidéographiques. En fait, je pratique énormément en atelier, mais aussi en résidences, et j’essaye de me concentrer sur ce labeur. Et vous l’aurez aussi compris depuis plusieurs semaine que mon propos éditorial n’est pas vraiment concentré. D’autant qu’après avoir essuyé beaucoup de sales salves immondes de fâcheux autant que de fâcheuses qui se sont défoulées en belles crasses à mon encontre, je me pose la question de l’utilité d’exprimer ma pensée urbi et orbi comme on dirait du côté de la Place Saint Pierre, celle de Rome pas celle de Toulouse !
Alors, je le sais bien et pour continuer à paraphraser grâce à ce cher Edgar Morin et une autre de ses pertinentes citations : « La bataille des mots est essentielle en politique car c’est avec, par des mots qu’on conquiert des territoires idéologiques ». J’ai l’impression qu’en quittant ce terrain, j’abandonne une position dans le combat. Mais je sais aussi qu’en pratiquant mon art, ce combat continue, sur d’autres terrains. L’art est politique et l’art est un combat, quoique peuvent en penser beaucoup de celles et ceux qui gravitent dans ce milieu.
D’ailleurs, en compagnie d’autres artistes qui se compteront sur trois dizaines, des artistes aux pratiques multiples, et en particulier en compagnie de ma très chère et formidable Thérèse Pitte [+], nous sommes invité·es pour la 21e édition de ce superbe festival qu’est Cahors Juin Jardins [+], qui se tient tous les ans en juin à Cahors comme son nom l’indique. Un festival qui se répartit sur plusieurs jardins et espaces de ce chef-lieu du Lot du 4 au 7 juin pour ce qui concerne les expos.
Des travaux récents de Thérèse ainsi que les miens, accompagné·es de travaux de près de dix autres artistes seront présentés dans un superbe lieu : « La Pouponnière » [+], un lieu en plein aménagement et consacré à la création artistique. Cahors Juin Jardins est un événement plus que jamais essentiel dans le paysage artistique du monde. Il ne dure malheureusement que quelques jours, son budget ayant été fortement rognés, comme partout ailleurs le sont les budgets alloués à la culture et aux arts, plus particulièrement évidemment aux arts visuels et plastiques. Juste histoire pour le capitalisme extractiviste, consumériste, nationaliste et prédateur qui sévit partout sur notre Terre de se donner les moyens de fabriquer encore plus d’armes et d’outils de destruction.
Tous les ans Radio FMR [+] se fait l’écho de ce festival hors du commun et terriblement attachant, et pour le coup vous pourrez avoir toutes les informations sur l’édition 2026 en vous propulsant sur le site web de la radio et consulter l’article : « Les 4-5-6-7 juin 2026, Radio FMR au Festival Cahors Juin Jardins » [+], dans la rubrique « Good News Travel Fast » [+]. Et il faut noter que la radio organise le samedi 6 juin sur le site de la Pouponnière à 19h30 une table ronde enregistrée en public intitulée « L’Éco Sytème de la création ». En partenariat aussi avec le fameux syndicat d’artiste dans lequel je milite : le STAA cnt-so [+]. La boucle est bouclée !
Je pense et repense à la mort de cet homme formidable qu’est Edgar Morin. Et je ne peux, dans le contexte de cet édito du jour, que le citer encore une fois, car tout ce qui justifie mon combat pour une juste humanité tient dans son autre citation, deux points ouvrez les guillemets : « Je ne crois pas à un effondrement généralisé des civilisations mais plutôt à divers effondrements et à des catastrophes multiples. Je crois à la possibilité conjointe d’un avenir technoscientifique prodigieux et d’un désastre humain généralisé. Il est déjà préfiguré : des vaisseaux spatiaux s’envolent vers d’autres planètes, le télescope spatial Hubble observe des objets à 11 milliards d’années-lumière. En même temps, la masse de l’humanité subit l’exploitation, la domination, l’humiliation et pourrait subir le néototalitarisme. L’homme augmenté devenu surhumain se ferait au détriment de l’homme amélioré par la lucidité, la bienveillance et la bonté. » Fermez les guillemets !
Je vous laisse ainsi, sur cette réflexion et ces interrogations. Je vous quitte chères auditrices et chers auditeurs avec l’écoute en fond d’un morceau composé lors d’une de mes rêveries chinoises dans un jardin céleste et dans un temps passé du côté de l’Empire du Milieu. Et pour mes fidèles chères et chers lecteur·ices, je vous laisse avec un de ces dessins de carnets de montagnes que l’on verra le weekend prochain à la Pouponnière de Cahors. Je vous souhaite une super bonne première semaine de juin et vous dis, comme ma tradition le veut à chaque chronique : a diluns venent, addisiatz amigas e amics !

Audio diffusé la semaine du 1er juin 2026 sur les ondes de Radio FMR -Toulouse :
La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…
PhP

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