11.01.2021 – Chronique du lundi

11 janvier 2021 § Poster un commentaire

La neige est tombée, le restant des illusions peut-être aussi…

C’est étonnant les plateformes de réseaux sociaux et autres micro-bloggings sur le web. Elles sont capables de générer des mouvements de foules quasi insurrectionnels, tout comme de vanter la beauté d’une plage méditerranéenne sous la neige. Tout cela en quelques heures d’intervalles. Nos ancêtres qui se sont dressé·e·s sur le Grand Rift Africain n’en croiraient pas leur humanité naissante…
Nous sommes lundi 11 janvier 2021, et comme tous les lundis c’est jour de ma chronique, la désormais solidement enracinée « Chronique du lundi ».

Amies auditrices, amis auditeurs, chères et chers internaute, bonjour !
Ou bonsoir peut-être, car ici, dans mon paradigme éditorial : le temps reste une notion bien relative.

Pour celles et ceux qui m’écoutez c’est évidemment sur les ondes de la fameuse Radio FMR [+] sur le 89.1 MHz de la bande FM à Toulouse. Radio que vous pouvez aussi bien écouter sur le net partout dans le monde en audio, l’adresse URL est un chouïa compliquée tenez vous bien : h t t p deux points slash slash smeuh point org deux points huit mille slash radio tiret fMR point m p trois (http://smeuh.org:8000/radio-fmr.mp3 [+]) !
Vous pouvez, si vous avez les équipements idoines, encore plus écouter cette valeureuse radio historique de la libération des ondes françaises et qui va incessamment sous peu fêter ses 40 ans, sur la radio numérique terrestre : DAB+ 7c, ne m’en demandez pas plus je ne saurais pas vous indiquer mieux quant à cette technologie.
Et pour toutes celles et ceux qui aiment me lire, c’est sur mon site Philippe Pitet point com tout attaché que l’on se retrouve.
J’aime bien ce petit point technique de début de chronique. C’est comme un gimmick, un motif qui revient inlassablement et qui me permet de faire mes gammes de style, quand je commence à écrire cette chronique le lundi matin endormi dans la douceur des draps encore chauds de la nuit aux côtés de ma douce et tendre.

Sur ces considérations familiales et un tant soit peu intimes nous allons tout de même passer aux choses sérieuses et au fond de cette nouvelle chronique.

La boutade avec laquelle j’ai introduit ce nouvel épisode de mes billets d’humeurs hebdomadaires en est tout de même une belle introduction. Je vous avais déjà entretenu de tout le mal que je pensais des algorithmes qui régissent nos pensées contemporaines à travers ces sites plateformes de réseaux sociaux et de micro-bloggings. Toutes les semaines nous amènent leurs lots d’exemples imbéciles. Ce qui restera la fameuse « Prise du Capitole », ce qui en a découlé et la réaction des éditeurs de ces fameux GAFAM est en tout point symptomatique d’un manque total de repères, jusqu’à l’éviction totale de ces réseaux du blond peroxydé qui termine son stage de quatre ans à la Maison Blanche de Washington aux USA.

Un célèbre député et journaliste de la gauche de combat française a bien résumé la situation en une publication (sur un de ces réseaux évidemment !) : la liberté d’expression ne peut pas être mise en œuvre par des sociétés commerciales que sont les GAFAM.
Ce fameux député, qui est aussi réalisateur engagé, à l’élocution parfois erratique mais doté d’une grande finesse, argumente la situation en quelques points en réponse à ses détractrices et détracteurs qui lui reprochent d’avoir élevé sa voix contre le fait que le président US sortant, après avoir mis quatre ans à jeter de l’huile sur le feu des réseaux, se soit fait fermer définitivement ses comptes sur les deux plus importantes plateformes en usage dans notre vaste Monde suite aux événements dramatiquement débiles de cette toujours fameuse « Prise du Capitole »… Il a raison, je ne vais pas reprendre son argumentaire sur la liberté d’expression qui est imparable, comme quand il dit : « […] La liberté d’expression, le pouvoir de censure, ne doivent pas être laissés entre les mains d’une firme privée […] ». Il appelle à plus de régulations afin que ces plateformes ne puissent pas faire ce que bon leur semble : « […] Dès lors, c’est une bataille à mener : refuser « l’auto-régulation » de ces firmes, et leur imposer notre régulation, nos règles, devant une instance externe […] », écrit-il aussi.

Ce serait formidable si les politiques qui se veulent démocrates et républicains (c’est chouette parce qu’en France on peut être les deux) poussent ces mastodontes omnipotents vers des paradigmes adaptés afin de nous offrir une meilleure liberté d’expression, à nous citoyennes et citoyens du Monde. Je suis bien moins enthousiaste vous l’aurez compris.
C’est vrai que que nous le voulions ou non : ces plateformes sont devenues les espaces actuels des expressions en tous poils. Elles ont évolué par induction vers des territoires de la pensée qui pourraient paraître publics. C’est oublier qu’elles ont été créées et sont donc gérées par des entreprises privées, loin de la sphère du bien public. Ce sont bien les lois du marché qui les animent et non la considération des communs. Elles sont surtout et effectivement devenues incontournables, Twitter et Facebook essentiellement, pour la communication qu’elle soit commerciale, culturelle, comme politique, surtout et parce que les usagers et les usagères sont tombé·e·s dans le piège de leurs algorithmes et s’en sont délectées plus qu’à leurs tours. Bref c’est tout de même les consommatrices et les consommateurs qui font vivre ces grosses bébêtes !
Elles sont avant tout des terrains de jeux ou le gain à court terme et la rapacité sont la norme. Il serait totalement naïf de penser qu’une quelconque modération raisonnée dans leurs usages pourraient voir le jour. Ces espaces virtuels sont d’utilisations gratuites pour la plupart ou tout du moins lors de manipulations basiques pour les autres (comme ces plateformes qui se disent à destination du « monde des entreprises »). Et comme tout cela est gratuit, le produit c’est vous, c’est moi, c’est nous tous les usagers. Nous voyons bien qu’il n’y a aucune solution possible pour responsabiliser telle ou telle plateforme et l’obliger à une régulation qui serait hors des lois du profit.
Sans compter que la multiplicité et la complexité des us et coutumes de plusieurs milliards d’individus baignés dans des milliers de cultures n’est pas réellement compatible avec la soupe globalisée que nous sert le capitalisme dit occidental et dont ces plateformes sont de fiers avatars.
Bref que faire de tout cela, de toutes ces différences de niveaux de compréhensions, d’appréhensions et de comportements, si ce n’est de générer des algorithmes et des intelligences dites artificielles qui ne modélisent que les plus petits dénominateurs communs de notre espèce, de façon à rendre accessible l’information selon des modalités qui s’opposent justement à la complexité (ou non !) de l’intelligence humaine. Deux choses basiques et communes régissent la diversité de nos société humaine, l’émotion et le gain. Un des premiers postulats algorithmiques est de modéliser l’émotion pour l’organisation des informations. L’émotion est déjà le premier moteur de l’information spectacle depuis bien des décennies dans nos fameuses démocraties. Ensuite l’autre postulat qui a présagé le développement de ces algorithmes est la promesse de gains substantiels, soit en terme d’accumulation de richesses soit en terme d’apports en nature (gagner en popularité par exemple), gains qui permettent d’accroitre les capacités de consommations, promesse fallacieuse qui s’est substituée à celle d’une amélioration de cadre ou de bonheur de vie pour l’être humain.
Ces plateformes de réseaux sociaux et de micro-bloggings sont bien ce quelles sont : une création du monde de la consommation et de l’autosatisfaction et non des outils au service de la liberté d’expression.
Il suffit de le savoir me diriez-vous pour ne pas tomber dans le piège qui nous est tendu. Mais avec le temps on s’aperçoit que l’usage renforcé de ces sites et applications ne font que renforcer, bien malgré nous, les opinions que nous nous faisons déjà du Monde qui nous entoure par des systèmes de récompenses mis en œuvre à travers des biais cognitifs que nous ne maitrisons pas. Évidemment sans nous amener à voir ce Monde ou le questionner avec d’autres yeux plus curieux que celles des stratégies qui nous sont imposées. On pourra donc le réfléchir et le constater : dans le domaine des idées, la convergence de l’emploi de l’émotion et du gain comme moteur n’est pas des plus recommandé pour renforcer et développer esprit critique, curiosité et raison.
On le remarquera, comme je l’ai déjà écrit dans une précédente chronique : nous sommes loin d’avoir le cul sorti des ronces !

Dans des précédentes chroniques j’avais mis le doigt sur notre responsabilité en tant qu’artiste à interroger les images qui parsèment, sans réelle médiation, le monde moderne et donc le web et donc encore plus les fils d’actualités de sites comme Facebook, Instagram, Twitter ou autre Tiktok.
On le voit dans cette présente chronique de ce lundi 11 janvier 2021, il n’y a pas que les images, il faut aussi interroger les processus qui amènent le public à consommer ces images.
Je ne pousse absolument pas le travail plastique vers plus de frontalité dans la représentation, vers la dénonciation politique ou toute autre facilité visuelle. Bien au-contraire certaines ou certains artistes qui produisent des labeurs paisibles nous donnent plus à réfléchir que des travaux brutaux et frontaux. Sans vouloir faire de promotion outrancière c’est toujours ce que je me dis quand je regarde le travail de Thérèse [+]… Bon, laissons aux artistes visuelles et plastiques le choix de leurs représentations autant que de leurs médias.
Pour sortir donc des algorithmes de ces plateformes que je viens de fustiger et pour découvrir de supers artistes, femmes comme hommes, qui œuvrent à questionner le Monde de leurs recherches respectives, je crois que je vous l’avais déjà indiqué, je réitère mon enthousiasme en vous donnant le lien de ce portail simple mais efficace qu’est Occitanies (au pluriel) point art (https://ocitanies.art [+]), un projet mené par l’artiste plasticienne Marianne Plo [+] qui vit et travaille à Toulouse. Laissez-vous guider par la curiosité et entrez dans les multiples, variés et singuliers univers qui peuplent la scène de l’art contemporain en Région Occitane. Ça vous évitera de vous perdre en recherches qui auraient peu de probabilité de résultat en passant par un quelconque canal des GAFAM.

Pour finir la chronique d’aujourd’hui, je saute du coq à l’âne, comme on dit, quoi que ! Enfin je change presque de sujet, même s’il reste dans le domaine culturel pour rendre-compte d’une réunion qui a eu lieu à Toulouse, dans le célèbre tiers-lieu (il paraît que c’est ainsi que l’on doit nommer les lieux hybrides de la création) Mix ‘Art Myrys, l’Assemblée « Culture et droits sociaux en dangers ». C’était le jeudi dernier, tout du moins le jeudi d’avant l’écriture de cette chronique, c’est à dire le jeudi 8 janvier 2021. Je préfère rester précis lorsque l’on navigue à travers des failles temporelles du continuum espace-temps !
Hors donc, sur l’invitation de plusieurs organisations essentiellement issues du spectacle vivant, des arts de la rue et du cirque, nous nous sommes rendus quelques ami·e·s d’Art En Grève Occitanie [+] et moi-même à cette réunion. Cette assemblée des intermittents et travailleurs précaires de la culture a permis de faire le point et d’alerter sur la détresse du secteur. S’il est évident que les artistes-auteur·e·s sont toujours sous-représenté·e·s, et les plus précaires, il nous semblait important d’amener témoignages et soutien. Et quoiqu’il en soit nous ne pouvons que remercier les organisateurs pour ce moment de partage et de conscience collective.

Une fois n’est pas coutume, je relaie des images d’une chaîne de télévision, France 3 pour ne pas la citer, que l’on sait gré d’avoir documenté cette rencontre. Les images sont visibles dans le journal local de Midi-Pyrénées du 7 janvier 2021 à la première minute. Avec une intervention masquée de notre super collègue Manuel Pomar, artiste et directeur artistique de Lieu-Commun [+] à Toulouse. Pour accéder au site de France 3 et voir ce journal, soit vous venez lire cette chronique sur mon site (à moins que vous n’y soyez déjà) et suivez le lien qui suit https://www.france.tv/france-3/occitanie/19-20-midi-pyrenees/2187061-emission-du-jeudi-7-janvier-2021.html [+], ou alors vous notez bien qu’il faut taper l’url suivant sur votre navigateur : h t t p s deux points slash slash trois w point France point tv slash France tiret 3 slash 19 tiret 20 tiret midi tiret Pyrénées slash 2187061 tiret émission tiret du jeudi tiret 7 tiret janvier tiret 2021 point h t m l, tout en minuscule et sans accent. Vous voyez, ce n’est pas si simple et il y a fort à parier que tous les chemins vont mener à mon site si vous voulez faire l’usage de clics malins.

Voilà c’est tout pour aujourd’hui, je vous souhaite une belle semaine d’hiver, restez au chaud et lisez des livres. Bon je sais ça n’a rien à voir (quoi que !) avec ce que je viens de dire dans cette chronique du lundi ci-présente, mais ça fait du bien de le dire.

Ah petite dernière pour les internautes : je n’avais pas d’image à me mettre sous la dent, mais j’aime bien ce tract ci-dessous fait sur un coin de table. Pour les autres vous voyez que vous serez bien obligé·e·s de vous rendre dans mon domaine afin de savoir de quoi je parle. Alors rendez-vous sur philippepitet point com !

Tract pour la Chronique du Lundi de Philippe Pitet sur Radio FMR - Toulouse et dans la rubrique La Chronique du lundi sur ce site

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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