06.09.2021 – Chronique du lundi

6 septembre 2021 § Poster un commentaire

Merde, Bébel est mort !

Nous y voilà, nous sommes bien en septembre, le 6 pour être précis.
Et malgré cette météo quasi caniculaire à Toulouse où je me trouve en ce petit matin, c’est bien la rentrée totale. Le soleil se lève et tous les signes sont là au cœur de tous les bruits de la rue qui s’éveille tôt…

Chères amies et chers amis bienvenue dans ma 47e Chronique du lundi.
Bienvenue aussi donc dans cette nouvelle saison 2021-2022, amies et amis internautes, comme amies auditrices et amis auditeurs puisqu’à terme toutes ces chroniques sont enregistrées pour être audio diffusées sous formes de pastilles à destinations « podcastables » à défaut d’être radio diffusées à chaque fois.

Tout ceci est compliqué mais selon le temps imparti, j’y arrive ou non. Tout comme la semaine dernière j’étais sec et peu entrain à vous narrer le temps qui était passé sous mes yeux, vous le savez maintenant la teneur de ces chroniques est inégale, mais c’est ainsi que va la vie. Et puis vous savez aussi que j’écris ces lignes depuis avant l’aube jusqu’après le crépuscule. Ce qui ne laisse que peu de temps pour l’enregistrement avec des moyens de fortune. Ce qui me fait penser qu’il me faudra bien un jour revenir sur ces pratiques « bricologiques » que j’exécute jusqu’au bout, y compris dans des domaines qui se voudraient « high tech ». Mais promis aujourd’hui pas trop de digression.

Bref, je réitère cela, et essentiellement à propos de ce qui concerne la version audio ou non de ces chroniques, puisque ces prochains mois sera fêté les 40 ans d’une des radios emblématiques de l’effervescence libertaire du début des années 80, à savoir la fameuse Radio FMR [+] de Toulouse où j’ai eu l’honneur et le plaisir de traîner mes fonds de voix et mes éructations dès son apparition dans le PAF.

Alors oui je ne fais plus de radio à part quand ces billets sont diffusés sur les ondes. Pourtant je reste attaché à ces incroyables fenêtres de liberté que ces radios libres furent et continuèrent à être quelque décennies.

Je dis (ou écris !) ces mots au passé, car malheureusement ce ton de l’indépendance dans la raison a totalement disparu au profit de propos tout aussi idiots que décérébrés.
Je suis très sévère et je sais que dans beaucoup d’endroits du PAF il reste des espaces de résistance. Mais franchement ils sont vraiment rares. Et ce que j’écoute, y compris sur l’écrasante majorité du temps d’antenne de ma radio d’origine me chagrine depuis des années, tellement la vacuité y est de mise.

Et il faut avouer qu’après une effervescence extraordinaire, les radios de service public ont repris rapidement le leadership de l’intelligence radiophonique (sauf quand il s’agit d’y faire l’exégèse du pouvoir et de l’ordi libéralisme évidemment !), laissant loin derrière ces radios qui pour les unes se sont enfoncées dans les syndromes périphériques et commerciales d’antan comme pour devenir presque une parodie vivante du fameux film de Jean Yanne : « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » [+], et pour les autres le robinet à mauvaise musique.

Je clos ici le compte de l’audio pour vaquer à l’objet principal de cette chronique, c’est à dire ma vision approximative et particulièrement brouillonne du monde du moment que nous vivons, j’ai été très bref et laconique ces dernières semaines pour cause de farniente estival, aujourd’hui ça a beau être la rentrée, je ne vais pas non plus risquer “la fracture du myocarde” comme on dit dans notre Midi…

Je ne sais pas vous, mais pour ma part j’ai eu la triste impression que cet été, tout le monde se fichait des signes d’un climat chancelant que nous envoie la nature à jet continu. C’est un peu comme danser sur un volcan, alors que de plus l’on trouve la musique totalement « pérave » !
Le we qui vient de passer Thérèse [+] et moi étions dans une charmante fête à quelques encablures de la ville rose en allant vers nos chères Pyrénées, fête où nous avons rencontré des têtes qui nous étaient jusqu’alors inconnues, dont un producteur looser, selon ses propres dires, et à la non retraite malgré son âge car trop looser, toujours selon ses propres dires, ce personnage attachant a eu cette belle phrase à travers quelques élucubrations fortement avinées : « – C’est parce que je parle au fond de moi que j’ai mal ! ».
Je le concède, l’analogie est farfelue, mais j’ai bien peur que l’attitude adoptée pour faire face au mur vers lequel nous fonçons soit résumé à ces mots d’un vieux producteur décrépit qui aurait voulu écrire et qui n’y arrive plus, le tout sur fond festif en écoutant « Last night à DJ saved my life », c’est le grand n’importe quoi !

Les programmes politiques des écolos encore trop loin de l’aspiration populaire, encore trop empreints de l’esprit du bloc bourgeois, malgré des personnalités que je sais attachées aux valeurs de partage social comme mon ami Salah Amokrane. Mais franchement quelle réflexion politique face à l’enjeu ?
Bon, je vous le concède j’aurais plutôt une tendance à pencher vers le programme de la France Insoumise en ce qui concerne ce sujet.
Car il est bien là le soucis, dans ce cirque médiatique qui commence, c’est bien un programme dont nous avons besoin, et non une espèce de sauveur ou sauveuse providentielle. Et franchement j’ai peine à voir les programmes qui pourraient nous sortir un peu mieux le cul des ronces, à part l’Avenir en Commun [+] de Méluche et ses potos, je ne vois que guerre d’égos et satisfecit journalistique sur la bonne et adéquate analyse politique du moment présent et de l’instantané décérébré de la presse écrite, parlée et vue. Branlette intellectuelle et tirs de missiles de la part du bloc bourgeois pour faire capoter toute émergence qui pourrait mettre à mal la sacrosainte religion libérale. Tout est bon jusqu’à faire émerger des candidatures à gauche, de Taubira à Montebourg histoire de noyer les petits poissons que nous sommes.

Et pendant ce temps-là les intimidation continuent à lire sur Reporterre [+].
Et on détruit des jardins ouvriers afin de construire des installations pour des Jeux Olympiques, l’article sur TV5 Monde [+] date d’avril et la destruction a commencé tranquillement cet été [+]. Comme j’aimerais que toute cette imbécilité cesse.

Tant que nous somme dans les imbécilités, du point de vue des âneries politico-médiatiques franco-françaises, après mon mutisme estival je ne pouvais passer sans en dire un tout petit mot sur la fameuse crise sanitaire qui fait flipper la Terre entière, alors que l’on devrait grave flipper d’autre chose comme je viens de m’en faire écho plus haut.
Depuis un mois le fameux passe sanitaire est en action. Nous savons qu’il restera en partie voire totalement impraticable, malgré le quoi qu’il en coûte. Mais quand on ne sait pas argumenter on choisit la matraque, c’est ainsi que le voit le gouvernement français.
Le plus terrible dans tout cela est l’opportunisme généralisé autour de ces nouvelles crispations.
J’ai vu toutes ces manifestations avec le drapeau français, je ne sais pas pourquoi : ça me fait terriblement peur.

Tout comme cette histoire d’allocations de rentrée soit disant utilisées pour « acheter des écrans plats » selon un ministre de l’éducation et dont le président réitère la fable malgré toutes les données sociales rationnelles en expliquant avec aplomb que, je cite : « – il faudrait être naïf pour penser que ces allocations ne servent qu’aux fournitures scolaires ». C’est tout simplement un appel du pied à l’électorat de droite extrême qui se complaît dans ces assertions paranoïaques. À mettre en perspective des drapeaux tricolores brandis de-ci, de-là…
Ainsi nous touchons le fond tranquillement, sans nous en rendre compte, sans nous en apercevoir. Ou plutôt, si bien sûr nous avions tous les signaux pour nous en prévenir. La cécité générée par l’abrutissement des masses sera donc le digne de cette société qui s’enfonce.

En parlant de toucher le fond, voilà bien longtemps que Toulouse racle bien fort les galets de la Garonne. Pendant que l’on y détruit allègrement habitat et environnement le « greenwashing » y bat son plein. Après avoir inventé l’eau chaude en fabricant des arbres en plastique mobilisant tout ce que faire de la « smart city » de plus innovant. La fourbe turpitude de nos édiles locaux continue avec cette fable de Végétalisation des cours d’écoles de la Cité Mondine, il suffit de lire ce joli papier toilette qu’est Actu Toulouse [+], à noter que cet article est le même que celui sur le même sujet il y a 6 mois et ainsi de suite, joli exercice et cas d’école de communication et de complaisance appliqué à la vie locale.

Et justement entre la fameuse Détresse du Midi et les divers canaux voix de son maître locaux on en arrive à ce que plus personne ne se rende compte des pires choses et se contente du niveau zéro de la culture. Quand on voit que l’expo monographique d’un peintre jusqu’ici quasi inconnu au bataillon, est donné comme acte préfigurant la Cité des Arts de La Grave, ça fait peur. Ce n’est pas que j’ai quelque chose à exprimer sur ce peintre, enfin si car il aurait beaucoup à dire quand on essaye d’en connaitre plus sur lui, mais il faut de tout pour faire un monde comme on dit. En fait ce qu’il y a à écrire et dire ici c’est l’incroyable incurie artistique de cette municipalité bien dans la peau d’une bourgeoise provinciale toute boursouflée à coup de marché immobilier, où tout se mélange dans un gris terne, voire marron de déjection… Ce n’est pas La Grave, c’est grave !

Mais attention la Mairie de Toulouse n’est pas la seule dans le coin, et il serait tout de même heureux que les autres collectivités ne se complaisent pas a montrer des travaux, certes qui pourraient être intéressants mais qui ne sont que des pales reflets de travaux d’artistes contemporains bien plus inspirés. Cet été, à la galerie 3.1 (galerie d’art contemporain gérée par le Département de la Haute-Garonne sise à Toulouse), j’aurais préféré voir des concepts originaux plutôt que des copies, même si les copies ne savent même pas que ce sont des copies. Tiens, voilà pour l’édification des décideurs, si par hasard ils me lisaient, voici un petit lien vers le journal Le Monde [+] sur Jan Vormann [+] qui travaille avec des fameuse briques de Lego® depuis plus de dix ans.
Bref les arts visuels et plastiques à Toulouse c’est tous les jours qui passent : un peu plus la loose !

On va encore me traiter d’élitiste qui brasse du vent avec ses copines et copains de l’ »art contemporain » local. Je n’en ai rien à faire et j’emmerde celles et ceux qui pensent cela. Qu’ils nettoient devant leurs portes avant de porter un quelconque jugement.
Bref ça c’est écrit et dit… Et ça fait du bien !

Fort heureusement il reste des trucs bien sympas à voir à Toulouse ou ailleurs comme la prochaine expo très confidentielle à Trois‿a [+] ce super espace et atelier d’artiste du côté du Faubourg Bonnefoy. C’est mercredi 8 septembre et c’est l’expo de Julien Nédélec et Elsa Werth, « Avalanche » .

Il y a tout de même quelques lueurs d’espoirs qui arrivent un peu par la bande, comme on dit, comme cette expo à la Médiathèque Saint-Exupéry, 37 rue du Lot à Toulouse où vous pourrez voir le travail de trois artistes plasticiens de talent : Julien Alins, Romain Ruiz Pacouret et Jules Canouet. Une exposition initiée entre-autres par Lieu-Commun [+], et en parlant de cet Artist Run Space qu’est LC, vous pourrez vous y rendre dès le 17 septembre pour l’expo « Dans un autre Monde » [+] qui s’y tiendra dans le cadre de l’édition 2021 du « Printemps de Septembre ».

En restant dans la famille Lieu-Commun, son directeur artistique et artiste plasticien, Manuel Pomar présentera son travail à Sète dès ce weekend et pendant un mois à La Chapelle du Quartier Haut dans le cadre d’une exposition monographique intitulée « Sous un soleil noir » [+].
De l’autre côté en allant dans le Gers à Auch, vous avez encore un mois pour voir l’édition 2021 de Memento [+].

Et puis en revenant, jusqu’au 18 septembre, à Toulouse vous pourrez passer rue Bouquières pour une exposition dans une galerie temporaire [+] investie par la galerie virtuelle « Les Multiples » [+] sur une excellente initiative d’Olivier Gal dont on se rappelle son livre sur la « Truskool » et l’histoire du graffiti à Toulouse [+].

Je vous laisse car il me semble que j’ai un conseil d’administration de la Radio FMR dont je vous entretenais en début de cette chronique.

Je n’en ai pas envie et j’ai juste envie de revoir Pierrot le Fou, ciao Bébel !

Je vous souhaite une belle semaine et vous dit à la semaine prochaine.

Portrait de Bébel - Philippe Pitet 2009, dessin numérique.
« S’effacer » – Dessin // Drawing – 2009

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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