02.05.2022 – Chronique du lundi

2 mai 2022 § 2 Commentaires

Un lundi presque comme un autre, mais loin d’être le même…

C’est étonnant comme à l’instant les neurones de mon cortex insulaire antérieur ont tendance à se télescoper violemment. Je me demande de quel rêve ou cauchemar je m’échappe à peine pour mieux y replonger.
Et puis à ouvrir les yeux sur un monde pas très joli-joli dans son ensemble mais si beau à voir du point de vue cartographique où je me situe, je dois vous avouer que le temps est à la fête printanière. Aucun nuage ne s’accroche aux sommets de mes douces montagnes ce matin. Justin n’est pas embrumé comme l’est mon lobe frontal. À l’arrière, je le vois depuis la terrasse sur les toits, le Glandasse n’en est pas moins dégagé. Tout paraît si bleu et si clair, il fait un temps de rêve, je n’ai pas bien dormi, j’ai du mal à dormir depuis quelques temps. La maladie due peut-être aux aléas de l’âge mais sûrement à un système immunitaire trop zélé ont tendance à me détourner des bras de Morphée. Le jour se lève tranquillement, il n’est pas loin de 6h30 et nous sommes le 2 mai 2022 au moment où j’écris les premières lignes de cette nouvelle chronique du lundi dans laquelle je vous souhaite la bienvenue. Une dernière fois je rédigerai un épisode de ces fameuses chroniques dans notre nid douillet sous les toits de cette veille maison au milieu de la rue Anglaise à Die sur les bords de la Drôme. Fort heureusement, d’autres aventures nous attendent, mais cela reste infiniment triste.

Alors en attendant ces aventures je me lance cahin-caha dans un nouvel épisode de mes chroniques du lundi… Hors donc, même si c’était dimanche, hier était le jour dit de la fête des travailleuses et des travailleurs. Plus exactement c’était la journée internationale des luttes des travailleuses et des travailleurs, et bien évidemment ce n’était certainement pas la fête du travail inventée par Pétain, et encore moins celle du muguet ou de Jeanne d’Arc.
Pour tout vous dire, quand bien même les musiques proposées étaient loin de mes esthétiques préférées, Thérèse [+] et moi avec toute notre famille et nos amis diois, avons bien commémoré ces luttes sociales et politiques qui honorent notre espèce de sapiens depuis que le capitalisme tente de détruire sans répit ses individu·e·s ! C’était un 1er mai joyeux plein de musique et du bonheur d’être ensemble. Une commémoration joliment combative et résolument orientée à l’unisson vers un monde meilleur.
Malgré ces belles images de la veille, je vais devoir rassembler mes esprits. Il faut que je me re motive et que je sorte de la tristesse de mes brumes matinales. Je reviens vous voir brièvement après un petit thé et quelques fruits. D’autant qu’en dépit de mes multiples symptômes qui éreintent mes capacités physiques, aujourd’hui il faut que j’opère une trêve dans mon dilettantisme. Il me faut reprendre le taureau par les cornes, comme on dit. Reprendre surtout les activités multiples, dont l’écriture puis l’enregistrement de cette chronique du jour font évidemment parties. Mais aussi comme la multiplicité de tâches qui se sont accumulées ces derniers temps m’y obligent, il me semble que d’ici ce soir ma narration du jour sera plutôt orientée objets et liens extérieurs à travers ce que j’ai pu lire, voir, chiner, dénicher dans les recoins du web et de la zone incertaine [+] de mon cerveau…

Et dans cette journée de lundi et de travail présumé intense qui commence, après un petit déjeuner à l’ombre des montagnes, devant ce grand bol de thé tout droit venu des contreforts d’un autre massif, je reprends ma narration. À cet instant de cette dernière, je me dis qu’après ces longues semaines où nous restâmes jusqu’à la saturation accroché·e·s aux terribles histoires crapuleuses d’une élection monarchique déguisée en simulacre républicain, je n’ai que peu d’appétence pour disserter sur les sujets d’une politique politicienne loin de tous les terrains réels de l’action.
Je rigole tout de même comme un potache en m’imaginant toute cette gôôôche de la bien-pensance en PLS quand elle a vu la fameuse affiche de la semaine dernière avec un Méluche appelant les électrices et les électeurs à « l’élire » 1er ministre. J’ai vu passer une tonne de commentaires bien énervés sur toutes les plateformes de médias sociaux…
C’est totalement hilarant je l’avoue, quel punk celui-ci ! Rien que pour cela, il me tarde de le voir accéder à la tête d’un gouvernement de la Nouvelle Union Populaire.
D’autant que j’apprends à l’instant l’accord entre la FI et EELV pour mener ensemble le combat aux prochaines législatives. Et que l’on sait aussi que même s’ils font la bouche fine, les morts vivants du PS et du PC vont finir par céder pour ne pas disparaitre totalement. En tout cas j’en connais qui localement sont prêt·e·s à passer à gauche du Rubicon, pour ne pas devoir partir vers la droite. Et là je me dis que c’est tout le monde de la politique politicienne qui est en position latérale de sécurité, de l’Élysée aux rédactions du bloc bourgeois en passant par tous les guignols de l’extrême-droite ainsi que les idiotes autant qu’idiots utiles de la gauche de droite.

Ceci dit, ça va être compliqué, même si cette Nouvelle Union Populaire se fait malgré les égocentrismes de certaines et certains, les forces politiques de progrès ont déserté depuis si longtemps nos campagnes, cela fait des années que je le dis à cors et à cris, je ne suis pas le seul comme le relève cet article Reporterre que vous pouvez lire en suivant ce lien [+].
Enfin, non ce n’est pas tout à fait vrai, il y a beaucoup de coins des campagnes de l’hexagone et des outre-mers où les militant·e·s de la FI et plus récemment de toute l’Union Populaire se sont engagé·e·s, entre réunions de travail et véritables dialogues avec les populations dites « périphériques ». C’est tant mieux car ça fait peur au pouvoir central qui va évidemment lancer les chiens d’extrême-droite sur la population en proie aux doutes entretenus par toute une batterie de médias et de sondages, et encore une fois ces imbéciles de la gauche du bloc bourgeois, qui voient le leader de la Nouvelle Union Populaire comme le dictateur des temps modernes, vont s’engouffrer dans ce gouffre de stupidité, c’est tant pis pour elles autant que pour eux si la lumière n’est pas à tous leurs étages. Mais je pense que là ils vont avoir du mal a gérer la vacuité de leur vent quotidien face à la réalité du monde.

D’autant qu’il faut aussi rappeler que ces populations dites de la France périphérique ou celles de la France rurale ne sont pas si bêtes et si racistes comme aiment à les présenter nos doctes éditorialistes du monde médiatique qui a pignon sur la rue principale de la pensée, on sait que la plupart de nos concitoyennes et concitoyens ont voté par désespoir, comme on peut le lire dans la fine analyse des votes donnée par Elucid que vous pouvez trouver en accès libre en suivant ce lien [+].
Soyons honnêtes : parfois dans les cas généraux celles et ceux que l’on appelle aujourd’hui avec une pointe de dégoût les « éditocrates » n’ont pas totalement perdu raison. C’est là où le combat intellectuel est compliqué, ce n’est pas le blanc immaculé contre le noir profond, c’est souvent bien gris. Comme par exemple quand le JDD remet les points sur les i en ce qui concerne la véritable teneur des projets politiques d’extrême-droite entre les deux tours de la présidentielle, mais qui reste extrêmement valable pour les législatives. Même si on s’en doute à l’évidence, même si cela paraît enfoncer une porte ouverte, il est clair que malgré la présence d’une femme comme chef de file, l’extrême-droite droite est évidemment très dangereuse pour nos droits fondamentaux et notamment pour les droits des femmes, comme le rappelle cette tribune en lien [+]. Ceci dit cette tribune est donc parue entre les deux tours de la très récente présidentielle, un contexte où il fallait faire gagner sans péril le camp du populisme macronien, qui s’est tout de même fait peur avec l’importance qu’avait prise son assurance vie d’extrême-droite. Il faut être très clair le projet de la droite tout court et de ses avatars libéraux du pouvoir actuel n’est pas mieux derrière les faux nez de Pinocchio qu’ils arborent fièrement.

De toute façon et pour toutes les crétines et les crétins qui n’auraient pas compris ce moment politique je vous laisse lire cet excellent article du MondeDeLaCulture dans la revue en ligne Ballast que je vous laisse lier en suivant ce lien [+], même si la publication a elle aussi paru entre les deux tours, tout reste d’actualité.
Et à parler de cet entre deux tours, je vais juste revenir sur les séquences électorales dramatiquement stupides que nous venons de vivre. Un des symptômes de cette stupidité est bien son traitement médiatique, comme dans ces soirées mondaine entre éditocrates [+] où l’auto congratulation est tellement obscène. Si la majorité reste présidentielle, Il y a fort à parier que les cinq années qui vont suivre ce mélange de genre de l’info spectacle mise en scène au profit de médiocres sera fréquemment au menu. Ça a d’ailleurs été le cas dès le premier soir, dès la réélection du président sortant où toute contestation fut médiatiquement écrasée à l’exemple du traitement qu’à pu en faire l’audiovisuel public, comme on peut le lire en dans cet autre article d’Acrimed en lien ici [+]. Et on l’aura compris, les médias n’auront pas de répit à se comporter comme les chiens de garde de la Macronie triomphante, ou comment jamais ils ne cesseront de sécuriser le périmètre présidentiel [+]. D’ailleurs ça commence déjà, en voyant ce monde à l’envers quand un antiraciste est condamné pour racisme, à lire dans cet article de Révolution Permanente en lien [+].

Bon il faut quand même conclure cette longue diatribe politique et réaffirmer que l’extrême-droite et ses idée qui ont contaminé une bien trop grande partie de notre société peut être abattue par une gauche combattante qui propose une vraie alternative et pas une gauche au service du bloc bourgeois comme peut l’être tous ces résidus délétères représentés par la présidente de la région Occitanie ou le candidat écologiste à la présidentielle autant malheureux qu’aigri, ou encore ces ex président et autres ex 1er ministre qui ont détruit les espoirs à gauche. Il me tarde que celles et ceux là rejoignent le clan des macronistes et que l’on n’en parle plus, malgré tous les dégâts et le pouvoir de nuisance qu’ils entrainent. Je vous conseille de lire cet entretien avec l’historienne Ludivine Bantigny qui éclaire ce propos à la lumière de l’histoire politique récente en suivant ce lien [+] vers un article de l’Huma.

À la croisée de la politique, des arts et de la culture les turpitudes de la « Macronie triomphante » n’épargnent pas ce ministère fantôme qui est sensé veiller aux politiques culturelles de notre république. Malgré la portion congrue de ce ministère dans le budget de la nation, les cabinets de conseils sont évidemment passés par là et ce n’est pas joli joli comme on peut le lire en lien [+] dans cet article déjà ancien sur le magazine Actualitté.

Hors donc depuis plus d’une semaine, ayant été totalement HS pour les quelques raisons de santé ainsi que je vous l’ai déjà laissé entendre la semaine dernière et en début de cette chronique du jour, je n’ai pas trop pu m’informer de l’état de l’art dans le monde ou près de chez moi. Que ce soit ici dans les Alpes aux accents dauphinés ou provençaux, ou à l’opposé du côté du Golfe de Gascogne, ou encore dans les régions de l’Occitanie centrale des bords de la Garonne au littoral méditerranéen, et même d’ailleurs. Je ne parlerai donc pas vraiment d’art dans cette chronique.
Il y a juste quelque mois que je voulais partager ce documentaire sur Alain Badiou dans  Actualitté que vous pouvez retrouver en suivant ce lien [+]. Alain Badiou y parle de son éducation de ses parents, de son cheminement intellectuel. Surtout dans ce documentaire il narre aussi sa vision de l’art contemporain et de la politique, j’aime beaucoup Alain Badiou. Tout cela n’a rien à voir avec le Midi à part que son père fut un des maires socialistes emblématique de Toulouse à l’époque ou le socialisme se conjuguait encore au marxisme.

Et puis à tant que faire partager des découvertes, je me dis que cette chronique entre deux pourra bien aussi me permettre de vous faire partager des univers qui ne sont pas dans mes habitudes ni forcément dans mes esthétiques, mais que j’apprécie beaucoup par leur poésie et leur finesse.
Dans les hasards d’échanges numériques en dehors de ces médias sociaux imbéciles qui deviennent des enjeux vitaux pour nos milliardaires mondialisés, il peut se créer de beaux dialogues entre blogs qui parlent d’art, de culture et de vie. En effet au fil des mes chroniques j’ai pu approcher avec bonheur quelques espaces numériques à suivre, dont « La Vie, au contraire » de l’auteur Joël Hamm, un très chouette blog entre images et textes que je vous recommande et que vous pourrez suivre en cliquant sur le lien ici [+].
Et puis, Diois oblige, il y a ce blog que Véronique une de mes adorables belles sœurs (dois-je vous dire que Thérèse fait partie d’une fratrie très tonique de 6 sœurs et frère ?) m’a fait découvrir il y a déjà quelques bonnes paires de mois avec bonheur. Un blog lui aussi tout en finesse, dessins et poésie intitulé : « Le Carnet de la langue-espace » [+] de l’artiste Yves Bergeret.
Voilà, je trouve que c’est toujours chouette d’explorer les paradigmes numériques en prenant les chemins buissonniers, loin de ces médias sociaux qui deviennent un grave danger pour l’intelligence collective humaine.

D’ailleurs à l’autre bout de la chaîne de production à l’endroit où tout se produit, je n’aurai de cesse que d’encourager les artistes à justement tenir blog et productions comme peut le faire ce formidable artiste qu’est Alexandre Lessoult, AK Alex Less, AK A4 Putevie [+], ou cet autre artiste non moins formidable qu’est Nataly Nato [+], deux artistes dont je vous ai maintes fois parlé dans mes chroniques, parce que j’aime parler d’artiste que j’aime. Il en existe bien d’autres de par le monde, bien sûr il y a à boire et à manger comme on dit, il y a des centaines et des milliers d’artistes auto-proclamés qui miment les plus gros travers du monde de la communication et de la consommation. Mais je sais qu’il suffit de surfer avec un minimum de curiosité pour trouver les bons.

Je ne vais pas en faire plus pour aujourd’hui, je viens de vous le dire mon état de santé un peu chancelant depuis plusieurs jours n’est pas des plus propice pour produire du jus de cerveau. Beaucoup de travaux et pas des moindres m’attendent pour boucler une fin de mois qui commence dès son début. Et puis l’orage gronde sur la montagne, j’aime trop voir ce majestueux spectacle de la nature.
Je suis vraiment désolé d’écourter ce temps passé ensemble, mais il m’est difficile de faire mieux. Je vous souhaite une bonne semaine et vous donne rendez-vous lundi prochain même endroit même temporalité.

Dessin de Philippe Pitet représentant le Minsitre de l'Intérieur Gérard Darmanin disant "Bon, là... Franchement ça déconne". Cette image, dessin au crayon, a été créée pour le groupe Imagerie de Combat.
Dessin au crayon. Numérisé et augmenté de texte. format 20x20cm – 11.2020
Pour le groupe Imagerie de combat

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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