25.04.2022 – Chronique du lundi

25 avril 2022 § 1 commentaire

Alors ? Heureuse ?

Une nuit morne qui a conclu ce week-end tout aussi morne qu’incertain. Le gris du ciel s’est mélangé au gris de nos têtes et à la crasse du monde. Un vrai temps de droite pour paraphraser je ne sais plus qui… La comédie de la vie continue de plus belle, nous sommes le 25 avril 2022, il est près de 6h15 du matin au moment où je pose ces premières lignes de cette présente Chronique du lundi. Je vous souhaite la bienvenue chaleureuse malgré toutes ces adversités poisseuses de la vie. Heureusement contre toute attente le Soleil levant darde ses rayons pour percer joyeusement les nuages.

Juste avant de prendre la route aujourd’hui vers nos chère sources de la Drôme avec Thérèse [+] et les enfants, je vais donc écrire quelques lignes de ce nouvel épisode de mes chroniques hebdomadaires sur le temps qui passe sous nos yeux. Une chronique qui sera, j’en suis désolé, encore une fois plus courte que je ne l’aurais souhaité, débutée ce petit matin à deux pas du canal du midi pour finir ce soir pas loin de la Meyrosse.
Alors évidemment, à travers ce réveil difficile et avant de partir sur les routes occitanes, vous comprendrez que je vous parle ad minima de cette mascarade électorale d’hier. Ceci dit et à la réflexion, doit-on retourner encore et encore le couteau dans les plaies béantes d’un « Roman français » moribond ? Cette pauvre fable en lambeau n’est pas belle à voir depuis plusieurs jours. Il serait vraiment temps de passer à autre chose car l’avenir est devant nous.

Un peu comme on ne tire pas sur une ambulance, aujourd’hui je n’ai pas tellement envie de trop m’étaler sur le sujet. Si ce n’est à dire que le président sortant est poussivement réélu dans un vote clairement barrage et aura du mal à envoyer ses troupes en bonne forme aux législatives, et que sa concurrente d’extrême-droite reste l’objet d’un rejet général, alors que 59 % de ses électrices et électeurs du second tour l’ont fait pour faire aussi un autre barrage, celui-ci au président sortant, tout ceci n’entraînera pas de dynamique escomptée pour ces mêmes législatives dans l’escarcelle fasciste.
Et franchement tout compte fait ce n’est pas si mal, c’est même réjouissant.
Ainsi comme beaucoup, mais pas assez nombreuses autant que nombreux, je le répète a tue-tête depuis le rendez-vous manqué du premier tour, amies françaises, amis français et les autres : les élections législatives c’est dans sept semaines, c’est court et tout se jouera là.

Alors à ce point précis de notre histoire commune ne croyez-vous pas que serait enfin bienvenu ce coup d’arrêt à la stupidité ?
Tout d’abord, il serait temps que l’on arrête d’écouter les bruits de la guerre qui voudraient influencer nos votes. De manière des plus crapuleuses, tant de choses ont été mises sur le dos du seul candidat qui aurait pu changer le cours de l’histoire immédiate que l’on en a oublié les manipulations pathétiques du président réélu. Le président « Père de la nation », « chef de guerre », « pacificateur en chef »…, les journalistes et éditorialistes lèches bottes n’ont pas manqué de qualificatifs pour vanter la gestion de la guerre en Ukraine par leur héros de président, quitte à suivre, tels des ombres, la communication du gouvernement, un cas d’école de journalisme de cour comme nous le dévoile Acrimed dans ce lien [+].

Que l’on arrête aussi de croire encore aux mensonges de ce président soutenu par son enthousiaste presse, toutes ces fâcheuses et tous ces fâcheux n’ont même pas eu la décence d’attendre un peu pour pérorer, dès le premier discours les premiers mensonges devant des éditocrates en pâmoison, oubliant les plus de cinquante pour-cent, cinquante trois pour être exact de ses électrices et électeurs du second tour qui n’ont pas voté pour lui mais contre sa concurrente, comme on peut lire dans les analyses de résultats en suivant ce lien [+], analyses d’un journal de droite je le précise, histoire de ne pas me faire traiter de sale menteur d’islamo-gauchiste. Ce vote ne l’oblige pas plus que votre désespoir, car son pouvoir est de piller le pays en faveur des plus riches en nous expliquant trémolo dans la gorge que personne ne sait mieux aider les plus pauvres que lui.

Que l’on arrête d’écouter et de lire celles ou ceux qui ne comprennent rien au monde bien au chaud dans leurs conforts parisiens (ou d’ailleurs) dans lequel ils évoluent et nous enfoncent encore plus au fond du trou qu’ils creusent partout ailleurs.
Que l’on arrête d’écouter la bile éditoriale déversée par celles et ceux, qui épanchent leurs frustrations malsaines à longueur de colonnes des médias dits traditionnels ou des fils d’actualités de médias dits sociaux, incapables de voir le mur vers lequel ils foncent nous entraînant à grande vitesse dans leur aveuglante haine.
Que l’on arrête de se faire embobiner par des salades de tous genres du style « tout sauf lui », car le « lui » en question aujourd’hui c’est « celui qui se met en colère, comme c’est pas bien et c’est bien la preuve que c’est l’ami des dictateurs ». Mais demain « lui » n’étant plus là : la bile se déversera sur un ou une autre qui aura pris le relais dans ce « bloc populaire » en cours d’émergence.

Bref, l’enjeu est là c’est l’avenir de nos enfants et petits-enfants qui s’y jouera, ni plus, ni moins. Laissez-moi m’énerver, car toutes et tous ces stupides ne comprennent pas ce fait intangible : nous n’avons à peine que quelques mois pour réagir avant de leur léguer un merdier sans nom… Point !
La seule politique à mener immédiatement doit être écologique et sociale. La gouvernance capitaliste erratique doit finir une bonne fois pour toute et être remplacée au plus vite par une gouvernance coopérative, décentralisée, planifiée et distributive. On aura bien compris que l’actuel locataire de l’Élysée et ses sbires sont loin d’en être capables et surtout de le vouloir, ils veulent tout l’inverse. Quant au camp foireux de l’extrême-droite on voit bien que partout où il mène la danse il est incapable tout court. Pour l’exemple, les propos imbéciles de sa championne finaliste et de son champion au z sur-médiatisé quand ils s’emparent du sujet des énergies renouvelables dont l’éolien, sont un des symptômes de l’incroyable niveau cours de maternelle où se trouve la réflexion dans ses rangs.

La seule inconnue de taille dans ces cruciales législatives va être la force de nuisance des soubresauts d’un parti socialiste en lambeau qui n’arrive pas à crever, des résidus staliniens du PC, ainsi que de tous les nébobos verts bien incarnés dans l’outrance par le personnage du maire écolo de « En même temps » [+], le dernier film en date de Kerven et Delépine. Dans toute l’Occitanie sa présidente de région en tête on voit bien que se profile cette gôôôche qui porte en héritage la gauche cassoulet ou chichoumeille, à l’affût du n’importe quoi pour s’accrocher au pouvoir quitte à faire tout capoter.

Et puis il y a et il y aura tout au long de ces prochaines semaines ces idiot·e·s utiles se disant de gôôôche contre lesquels et lesquelles je n’arrive pas à décolérer, celles et ceux qui ont sabordé les actions de l’Union Populaire, relayant les poncifs et les attaques nauséabondes et stupides autant qu’infondées sur le candidat de cette union, l’empêchant à un cheveux d’accéder aux second tour, ce qui aurait pu nous épargner cette misérable finale.
Le pire c’est que ces fâcheuses et ces fâcheux la ramènent encore et encore. Ceci dit je comprends bien que des personnes qui n’ont pas envie de voir disparaître la gouvernance capitaliste délétère du monde, pour les raisons d’un confort immédiat autant qu’égoïste, s’attaquent violemment au seul projet anticapitaliste qui a des chances de faire tâche d’huile dans toute l’Europe et ailleurs.
Mais comme le disent toutes et tous dans les rangs de l’Union Populaire et comme l’a aussi affirmé son candidat combattif dans une très bonne conférence juste avant le second tour, il ne sert à rien d’accabler les autres, il faut surtout redonner de l’espérance à celles et ceux qui souffrent et qui grossissent les rangs de l’abstention à chaque élection, voici cette conférence en lien [+] que je vous conseille de regarder d’un bout à l’autre avant de venir me crier « Danger Gourou » dans les oreilles… De toute façon, j’avertis tout le monde : à la moindre remarque je tire à vue !

Car là vraiment, l’œil humide, la boule au ventre je suis allé, hier dimanche, poser mon bulletin dans l’urne comme des millions de castors français pour sauver les petits culs de crétin·e·s qui nous ont donné des leçons avent ces élections avec cette fameuse phrase : « au premier tour on choisit, au second on élimine », alors que le barrage contre l’extrême-droite, tout comme contre la casse sociale et écologique, se faisait là. Des envie de meurtre me passent par la tête, je ne suis heureusement que velléitaire.
J’ai fait le castor parce que le danger était là, parce que je ne voulais pas laisser tomber mes amies et amis Rachid, Fatima, Salah, Saïd, Noûr, Louna, Yasmine, Fatouma, Aminata, Momo, Ahn Bin, Jian, Lee, Fang et j’en passe qui, après avoir magnifiquement défendu l’honneur de la République au premier tour, tout au long de ces deux semaine passées m’ont appelé à ne pas les laisser dans les griffes acérées de l’arbitraire décomplexé d’extrême-droite.
Et en revenant chez moi, plombé par un pénible problème de santé, longeant les champs dévastés aux pesticides à travers une triste campagne, pensant aux enfants qui devront survivre dans cette merde, je me suis effondré en larmes alors que même en 2002, même en 2017, j’avais eu le réflexe de m’abstenir afin de ne pas voter pour des escrocs et des menteurs.

Sur ce, ce n’est pas que je veuille botter en touche et clore le débat mais je vais devoir faire un break dans cette chronique. Et du coup un gros coup de frein sur mes considérations politiques toujours aussi approximatives que proches d’un comptoir de bistrot, afin de me mettre en route vers les montagnes de ce pays Diois qui me tendent les bras depuis trop de semaines d’absence. Un pays qui malgré sa ruralité est bien hermétique aux idées nauséeuses de l’extrême-droite et de la droite tout court, c’est sûrement pour cela que je l’aime tant.

En route vers la montagne, je me dis qu’il y a des semaines que j’avais plein de trucs à dire et à partager… La pandémie, la guerre, les élections n’ont laissé aucune place à ces petites digressions dans les dernières chroniques. Et justement en cet instant de l’après-midi où le soleil joue à cache-cache dans les nuages le long de la Méditerranée, je me suis rappelé avoir vu un truc d’industrialisation 4.0 au sujet d’une « nouvelle 2CV » ce n’est pas tant le véhicule mais son mode de production qui m’avait paru intéressant que vous pouvez découvrir en lien [+], je ne sais pas pourquoi, mais ça me rappelle le projet White Cube [+], que j’avais mené avec l’Atelier TA [+] et Combustible [+], il a déjà près de 6 ans, le mode de production sûrement. Bref j’aime bien les digressions de comptoir, c’est mieux que la politique de comptoir tout compte fait. Cette pause sur notre chemin arrive à sa fin, il est temps de reprendre le volant et peut-être arriver à temps pour clore cette brève chronique de route !

Dans une de ces failles du continuum espace-temps que cet exercice éditorial hebdomadaire me permet d’user et d’abuser honteusement, me revoilà devant celle-ci pour la conclure, dans cette veille maison traditionnelle de Die face à Justin dont la parure de verts allant du tendre au profond luit sous des rayons de soleils entrecoupés de grosses gouttes de pluie dans ce joyeux tintamarre d’une nature qui s’adonne au printemps. Et à cet instant de la faille je me rappelle aussi que je ne tiendrai pas ma promesse de vous parler d’art et d’artistes comme dit la semaine dernière. Je m’étais donné un temps de semaine toulousaine à explorer des expos et rencontrer des artistes. Hélas ma santé fut légèrement vacillante et m’a empêché de me déplacer à mon gré dans ma bonne Cité Mondine et ses vastes alentours, le privilège de l’âge peut-être, les excès passés sûrement.
Je me contenterai aujourd’hui de regretter la disparition d’Hermann Nitsch [+], un des fondateurs de cet actionnisme viennois [+] qui révolutionna la performance dans les années 60, du temps où la contestation était très rouge…

Il est tard, la famille m’appelle, je vous laisse, je serai sûrement plus prolixe la semaine prochaine profitant de régénérantes ballades le long des cours d’eaux dans les montagnes, l’ordre est dans le désordre et du chaos nait la matière, ne l’oublions jamais. Je vous laisse avec un de mes dessins de la série Slow Gangs et vous dis à lundi prochaine tout le monde.

Démocratie règles douloureuses - Dessin contemporain de Philippe Pite dans sa série des Slow gangs 2018
Démocratie – Règles douloureuses, série « Slow Gangs » – Technique mixte 2018

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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