30.05.2022 – Chronique du lundi

30 mai 2022 § Poster un commentaire

Le jour où ils ont créé un téléphone vert pour les daltoniens…

Amies et amis lectrices autant que lecteurs, auditrices autant qu’auditeurs, internautes de tous les horizons, nous sommes le lundi 30 mai 2022, il est à peine un peu plus que 5h du matin, très tôt donc à l’heure où j’entame la rédaction de cette nouvelle Chronique du lundi. Je vous y souhaite, comme pour les chroniques précédentes une chaleureuse bienvenue.

Je commence donc bien tôt cette chronique sur les bords de la Drôme dans ce Pays Diois qui, je l’espère, m’a adopté autant que je l’ai élu. Peut-être la finirais-je sur les berges de la Garonne, ou tout du moins sur les bords des eaux vertes du Canal du Midi. Car je ne sais pas encore de quoi sera faite cette radieuse journée de printemps qui nous paraît être déjà la saison estivale. Mais dans tous les cas je sais aujourd’hui plus qu’un autre jour comment ce terme « habiter » me parle. Il me faudra me dépêcher et viser les interstices pour écrire tout au long de la journée un texte un minimum cohérent mais sans prétention littéraire. Au moins ainsi je sais que cet éditorial du temps qui passe sous mes yeux sera fait du bric et du broc des notes éparses prises tout au long de la semaine passée et donc pour le coup assez déstructuré.

En tout cas aujourd’hui, peut-être vais-je être plus concis et vais-je moins vous abreuver de considérations politiques ou électorales partisanes autant qu’approximatives, bien que nous soyons à peine à deux semaines du 1er tour des élections législatives française.
Tout de même quelques mots à ce sujet sont indispensables car nous l’aurons toutes et tous compris, ces élections sont cruciales pour notre futur. Plus que jamais elles voient s’affronter une vision capitaliste aussi stupide que délétère du Monde face à un espoir, certes très ténu, mais un espoir tout de même d’arrêter cette machine infernale qui nous mène droit dans le mur.

Sauf que c’était couru d’avance la confusion entretenue par le bloc bourgeois, confusion consciente ou parfois même inconsciente bat son plein. On peut voir œuvrer ces perturbations équivoques partout et particulièrement en région Occitanie. Menés par une présidente compatible avec la droite macroniste de cette région, les faux nez socialos de salon et les poissons pilotes débiles radicaux voudraient nous faire croire qu’ils incarnent les vrais valeurs de gauche voire de la République laïque. Franchement, si ce n’était pas dangereux pour notre avenir, ce serait à mourir de rire tellement leur stupidité est grotesque. Heureusement il vous suffira de connaître les bonnes candidate et les bons candidats de la NUPES de votre circonscription en Occitanie dont voici la liste ici en lien [+], pour éviter de rajouter aux confusions.

Sinon que dire de plus de la politique hexagonale à part le constat renouvelé de cet incroyable propensions du pouvoir français actuel à dire tout l’inverse de se qui se fait réellement, du grand n’importe quoi un peu à l’image du titre de la chronique du jour.
Il faut évidemment dénoncer encore et toujours ce pilonnage en règle depuis trois semaines des candidats de la NUPES, comme nous le dit avec beaucoup d’humour cet édito vidéo de l’Humanité [+].
La volonté du pouvoir en place de réduire cette alliance à gauche en l’éclatant en mille étiquettes, refusant même d’inscrire les candidates et les candidats sous cette bannière (lire ici en lien [+]) montre sa réelle fébrilité.

Franchement on a l’impression d’être dans la pire des républiques bananières. Ou, pire dans le pire, la sensation de se trouver plongé dans une de ces autocraties guerrières de l’Est. Je crois que j’ai résumé une situation où tout est dit et rien de plus ne pourra être dit autrement tant que les sinistres stupides mèneront cette danse macabre que ce soit dans le gouvernement, dans les médias ou sur le terrain. Voilà longtemps que je ne lis, ne regarde ou n’écoute plus que la presse française indépendante de l’état ainsi que de tout actionnaire industriel et financier. Je lis aussi souvent la presse étrangère de langues allemande, anglaise ou espagnole. Ce recul certain me permet de voir à quel point ces médias français dits « mainstream » sont en totale roue libre reprenant sans vergogne le moindre élément de langage de la tête de l’état ainsi que le démontre une analyse dans le magazine « On sort les dossiers » du Média [+]. Cette presse de propagande, le service public en tête, est bien loin d’être dans les mains des islamo-gauchistes wokistes tel que la petite bourgeoisie se plait à le penser, elle est dans les mains de dangereuses et dangereux pervers manipulateurs qui s’accrochent au pouvoir comme à l’argent qu’ils en perçoivent, bon je vais arrêter là et me calmer avant d’être traité de dangereux complotiste !
Heureusement à force de grosses ficelles bien trop visibles, c’est là que je jubile, tout finit par se voir et c’est évidemment la grosse panique en Macronie ainsi que nous le rappelle encore le Média dans cette autre vidéo en lien [+].

Tout ceci me rappelle un fait divers qui a eu lieu il y a déjà près de trois mois et qui en dit long sur l’état de décomposition avancée du traitement de l’information en France. En effet on pouvait lire en mars dans cette rubrique faits divers une information qui aurait pu être cocasse si elle n’avait pas été si dramatique. Quand un homme attaque à l’arme blanche dans une université plusieurs personnes qui « s’opposent au président » il est traité de déséquilibré, s’il avait crié en arabe que dieu était grand on l’aurait plutôt affublé du terme terroriste, ce n’était qu’un fait divers [+], comme beaucoup d’autres mais qui nous renseigne bien sur l’état de notre société et comment elle se documente dans la peur.

Je vais me permettre de sauter de la rubrique faits divers pour faire une incursion dans les colonnes sportives et plus précisément du football. Pas que j’apprécie outre mesure ce sport collectif, mais tout de même, on reste sans voix quand on sait le traitement des supporters fait par notre police hexagonale aux abords du stade de France lors de la toute récente finale d’une compétition de clubs européens, vous pouvez prendre connaissance des faits ici en lien [+]. On a l’impression que ces nervis écervelé·e·s qui servent sous des uniformes républicains sont en manque d’éborgnements ou d’arrachages de mains, comme si ces derniers et ces dernières étaient drogué·e·s à la violence gratuite. Une espèce de gang de psychopathes incontrôlables de type « Clockwork Orange » qui me fout franchement les jetons !
En prime ici j’aimerais bien savoir comment le pouvoir, ministre de l’intérieur en tête, va justifier ces exactions sans pouvoir rejeter la faute sur un quelconque débordement de gilets jaunes, de black-blocks, d’islamo-gauchistes ou même d’obscurs terroristes.
Dans tous les cas au même titre que la décrépitude de la presse, cette déliquescence d’un grand corps constitué de notre état républicain devient extrêmement grave et ça se voit de partout [+].

Cette histoire de répression policière en milieu sportif me fait rebondir et penser à cette autre incroyable affaire qui est loin d’être un fait divers mais qui aurait pu devenir une affaire d’état si elle n’avait pas été enterrée vite fait bien fait juste avant le premier tour de la toute dernière élection présidentielle. On est loin d’avoir tout vu et tout su sur la mort d’un rugbyman argentin à Paris ainsi que nous le fait pressentir ce lien [+] vers un magazine de la presse sportive, dont on a l’impression qu’elle est la seule presse « grand public » à enquêter.
Je me demande encore et toujours comment l’assassinat d’un joueur de rugby international par un militant d’extrême droite qui a tiré dans le dos de sa victime avec une arme de police a eu si peu d’écho dans la presse comme auprès du public à part dans quelques médias libertaires, comme ici dans Nantes Révoltée [+], pourtant peu prompts à parler de rugby ou de sport tout court.

Peut-être que l’enjeu est de ne pas trop diaboliser l’extrême droite, qui reste l’assurance vie du pouvoir du bloc bourgeois et son son arc conservateur.
Une extrême droite qui peine avec grand ridicule à être crédible malgré l’effort constant des médias dominants pour la porter aux nues. Je ne résiste pas à vous mettre en lien une vidéo sur Mediapart qui nous explique la vacuité des candidat·e·s fascisant·e·s aux législatives, à voir d’un bout à l’autre, c’est édifiant, il vous suffit de suivre ce lien [+].
D’ailleurs, il ne faudra jamais oublier que la candidate finaliste mais non élue à la présidentielle de cette année, comme il y a cinq ans, a bien précisé dans un entretien sur TF1 ici en lien [+] sur le Twitter de cette chaine complaisante, je cite : « La logique des institutions veut que le Président de la République ait une majorité ».
Somme toute ces élections d’abord présidentielle puis législatives ont permis de clarifier enfin la situation et mis en évidence une terrible série de manipulations et de propagandes mensongères.
Tout cela parce que l’on voudrait encore et toujours nous faire croire que la lutte des classes est terminée, alors qu’elle ne fait que commencer [+]

Il y a tout de même de l’espoir malgré ces néfastes et ces stupides qui cumulent le statut d’électrice ou d’électeur avec celui d’actionnaire de Total. C’est un exemple, mais ce front conservateur n’a rien à braire de la destruction du vivant sur notre planète bleue, comme on peut constater la majorité de visages ridés de petites bourgeoises autant que de petits bourgeois dans les photos de cet article en lien [+] de l’excellent média indépendant qu’est Reporterre. Un article qui nous narre cette spectaculaire action de quelques 250 militant·e·s écologistes réuni·e·s à Paris pour empêcher l’Assemblée générale de TotalÉnergies. Militantes et militants qui ont un peu fait reculer cette dernière.
C’est pour cela que je garde tout de même confiance en un sursaut, au moins d’une minorité pour parvenir à un plus grand nombre, dans les rangs des générations montantes pour sortir notre humanité de l’ornière dans laquelle nous l’avons mise. Voilà pour enfoncer le clou et aider le futur de l’espèce je conseille de lire Alain Supiot dans cet entretien dans l’Humanité en lien ici [+], dont le titre dit beaucoup : « Une société qui donne pour idéal à sa jeunesse de devenir millionnaire se condamne à la répétition des crises ».

Me voilà revenu dans ma Ville rose, je n’en suis pas si content. Pas que je ne n’aime plus cette ville, mais je vous l’ai narré mainte fois dans mes chroniques depuis des mois et des mois, les édiles municipaux et métropolitains locaux sont des caricatures tristes de tout ce que la politique ne devrait jamais engendrer, entre mensonges, affairismes et mépris de classe.
Heureusement, malgré eux d’autres lancent des tentatives de changements salutaires sur le territoire de la ville. Comme le Conseil Départemental de la Haute-Garonne qui a favorisé cette expérience de mixité réussie où près de 1200 élèves de quartiers sensibles toulousains sont acheminés en bus dans des collèges chics de quartiers plus fortunés. Une expérience dont vous pourrez retrouver le détail dans cet article de Ouest France en lien [+]. À noter que ce n’est pas dans la « Détresse » du Midi que l’on pourrait lire un tel article !

J’arrive à la fin de cette journée et il me semble que je devrais vous entretenir de deux ou trois choses autour de l’art et des artistes d’ici comme d’ailleurs.

Tout d’abord et à nouveau une grande tristesse m’étreint car voilà en peu de temps deux personnes importantes dans l’histoire de l’art contemporain qui disparaissent, des personnes de ma génération. En effet après Miss.Tic dont je parlais dans ma précédente Chronique du lundi, c’est mercredi dernier que j’ai appris la mort d’Ouka Leele [+]. Ouka Leele de son vrai nom Bárbara Allende Gil de Biedma. Elle fut une des figures majeures de la Movida [+]. Elle a contribué au renouveau de la photographie contemporaine. En tout cas, sûrement parce que je me sentais si proche de cette Movida, j’ai été fan de la première heure du travail de cette photographe plasticienne.
Son travail reposait sur un processus précis. Elle réalisait des mises en scènes qu’elle photographiait en noir et blanc, ensuite elle peignait ses photos manuellement pour les mettre en couleurs vives, principalement à l’aquarelle, pour terminer elle reprenait un cliché de ce travail peint pour créer des images photographique insolites et burlesques à mi-chemin entre photographie et peinture dans une grande mise en abime de son époque.
Je me réjouissait de retrouver Ouka Leele [+] au prochain Été Photographique de Lectoure [+] où l’on pourra admirer quelques éclats de son œuvre. Hélas elle n’est plus de ce monde, mais son œuvre reste à voir.

Voilà, il reste aussi la vie partout autour de nous, nous avons tant de choses à voir et à faire. C’est, à coup sûr, ce que souhaiteraient aux vivant·e·s qui leur survivent toute morte ou tout mort normalement constitué·e !
Et dans les choses vivantes si vous êtes du côté de la Cité Mondine ces prochains jours je vous conseille les Rencontres Raisons Sensibles #1 [+] de Toulouse du 1er au 12 Juin 2022 organisées par le Collectif Raison Sensible [+] dont je ne peux dire encore grand chose mais desquelles transparaissent de belles et bonnes choses. Enfin tout du moins je l’imagine. J’aurai sûrement l’occasion de vous en reparler, en tout cas je l’espère, si mes multiples activités me concède le temps de me rendre aux divers événements de ces rencontres…

Sinon dans une esthétique différente de mes paradigmes habituels je voulais rendre hommage au travail d’un artiste qui m’est proche depuis des années, un ami et un beau-frère car c’est le compagnon d’une des sœur de Thérèse [+] ma compagne.
En fait cet hommage je l’avais rédigé sur un post Instagram, mais je tenais à redire dans ma chronique une partie de ce que j’ai écrit sur cette publication :
« […] l’atelier de Paolo Turini à Die, sur le site de la Griotte. Un travail entre Arte povera, Art brut et Bricologie dans une perspective altruiste et durable. Une pratique qui questionne la vie des matériaux et leur pérennité. Paolo Turini est un super artiste autodidacte qui, du théâtre à la maçonnerie, a appris à travers une vie de labeur et de réflexion humaniste, de valeurs populaires, mais aussi d’empilements, de torsions et de distorsions ou de chemins buissonniers qui l’ont menés des Cinque Terre au Diois en passant par la haute mer. Un labeur plastique où l’expérimentation des matières ressuscitées est un processus, la rouille un fondement esthétique et l’usage des volumes son ciment formel […] ». Le reste sur mon compte Instagram [+].

Voilà il est tard à présent, entre les lignes de l’exercice éditorial présent j’ai travaillé à préparer des expos personnelle (une nouvelle étape d’Aiga – La Cartographie sensible de l’eau) comme collective (avec Imagerie de combat) et à prendre ma petite part d’organisation d’un réseaux de mentors européen avec Combustible [+], dont je vous ai déjà souvent narré tout le bien que j’en pense.
Entre le tout j’ai voyagé à travers cette France de langue occitane avec un chargement d’affaires sensibles près de cinq heures depuis ce matin. Je suis rincé, et je vous laisse donc ici, il n’est pas loin de 23h10, heure à laquelle je clôture ma chronique de ce dernier lundi de mai 2022. Je vous dis à la semaine prochaine, dans le même processus de gestion de nos continuum d’espaces-temps respectifs. Adissiatz las gents.

Migrationströme ohne Grenzen - Dessin contemporain de Philippe Pite dans sa série des Slow gangs 2018
Migrationströme ohne Grenzen, série Slowgangs – Technique mixte 2018

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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