04.04.2022 – Chronique du lundi

4 avril 2022 § 3 Commentaires

Comme ce futur proche où le ciel s’éclaircirait…

Il y a des jours où, tel un vieux moteur diesel polluant, on a du mal à démarrer. J’ai bien peur que ce matin en soit un. Nous sommes le lundi 4 avril 2022, tous les poissons sont bien passés, moins d’une semaine nous sépare d’une élection cruciale pour l’avenir de la planète, je n’exagère qu’à peine, et je vous souhaite bienvenue dans cette nouvelle Chronique du lundi. Comme à mon habitude il est très tôt, je suis traversé de terribles insomnies. Mais, tel un paradoxe vivant et pensant (ou non !), j’ai du mal à me réveiller et à avoir la tête assez claire ou le cerveau qui l’occupe moins brumeux.

Il y a dans cette tête toutes les ambivalences du monde. Il y a beaucoup de tristesse à voir ce monde courir à grand train vers le pire encore plus pire jours après jours. Je vous l’ai souvent répété dans mes exercices éditoriaux du temps qui passe sous nos yeux : je suis loin d’être un thuriféraire de la collapsologie [+] actuelle. Au fond de moi j’aurais plutôt tendance à être un bonhomme assez optimiste. Je suis convaincu que la raison peut encore l’emporter dans la majorité des esprits humains. C’est une question de volonté politique. Ce terme politique étant ici bien employé tel qu’il est défini par les dictionnaires. Je cite, deux point ouvrez les guillemets : « Relatif à l’organisation, à l’exercice du pouvoir dans une société organisée », le pouvoir devant évidemment être collectif et partagé. Bon bref, j’ai beau essayer de me convaincre de la force de l’intelligence sur l’idiotie, j’ai du mal dans le noir de cette fin de nuit entre hiver tenace et printemps hésitant.
La quatrième victoire de rang aux élections législatives hongroises [+] de Viktor Orban un des allié·e·s des Le Pen et autres Salvini du clan des conservateurs crapuleux européens, n’augure malheureusement pas des lendemains qui chantent au Soleil… On sait ainsi que le rôle de la presse d’opinion n’y est pas neutre dans la propagande d’un état aux allures « démocratique » mais dans tous les cas autoritaire, comme dans la plupart des démocratie gérées par le bloc bourgeois qui peuvent nous paraitre moins autoritaires, ça dépend où l’on met le curseur évidemment.

Surtout quand je pense aux exactions commises dans cette effroyable guerre à l’Est depuis mon confort douillet d’occidental repu, Orban et Zelensky s’étant directement pris de bec dans quelques invectives relayées dans les médias sans filtre [+]. À observer depuis un mois et demie cette invasion violente d’une partie du territoire ukrainien par l’armée de la Fédération de Russie, on se dit qu’en ce point précis de l’activité humaine du moment : la stupidité est à son comble. L’horreur indicible perpétrée par des humain·e·s fanatisé·e·s et aux abois n’a pas plus de nom que de sens.
Et l’on voit fleurir encore et toujours les produits de l’émotion journalière qui nous emporteront toujours et encore vers le fond, sans justement réfléchir au fond du problème. Alors que le vrai problème est justement la guerre attisée par l’incroyable instrumentalisation de l’individualisme est l’écrasement de la réflexion par les médias de masse. Et qu’ainsi les exactions sont inhérentes à cette situation qui finit par nous dépasser toutes et tous. En Ukraine, comme ailleurs, tout cela, tous les massacres d’enfants, de femmes, d’hommes existent sous les objectifs qui les mettent en lumière depuis les décennies qui ont suivi la barbarie nazie et les boucheries de la 1re moitié du XXe siècle. On a l’impression dans cette 1re moitié du XXIe siècle que tout cela s’amplifie avec la prolifération des objectifs et des moyens de diffusion. Mais soyons plutôt certain·e·s que tout cela s’amplifie réellement avec la production et la prolifération des armes point barre !
L’intelligence eut été de démilitariser l’Europe après la chute du Mur de Berlin, en suivant le courant ouvert par la Pérestroïka. Hélas le capital tenu en fer de lance par les sociétés bourgeoise occidentales n’en a eu cure. À y réfléchir il continuera à s’en contre-fiche tant qu’il existera. La stupidité des décisionnaires politiques l’arrange tant que les ventes d’armes battent son plein. Aujourd’hui Bolloré vise l’acquisition du groupe Dassault [+] avec l’aval et la bénédiction du pouvoir français en place. Un bel exemple pour le monde de demain où la fabrique de l’opinion, c’est à dire les médias de masse et la culture dite populaire, converge avec la fabrication d’outils de destruction massive pour la fortune d’un cercle de plus en plus restreint de privilégié·e·s sur Terre.
Et là, nous voyons même que sous la légitime crainte de leur voisin, l’opinion publique de certains pays dont la neutralité était un principe [+], poussée par le « Storytelling » de la peur, demande à rejoindre le monde des armes de destruction massive.

À l’heure qu’il est à présent ce matin, je vous avoue m’être rendormi à travers cette ire précédente contre la stupidité des pouvoirs qui nous écrasent, je vais peut-être passer à un corps plus incarné de cette chronique loin de mes jérémiades de comptoir sur la stupidité ambiante qui règne en maitresse.
Car au départ je voulais juste vous narrer mon weekend passé. Pour plusieurs raisons, une histoire d’eau d’abord, pour l’art ensuite et parce qu’un rassemblement politique enfin. Le tout, on pourra le constater est lié. Tout du moins dans ma tête, qui a vraiment du mal à démarrer aujourd’hui. Je vous prie d’excuser à l’avance les approximations littéraires qui émaillent la chronique du jour et surtout sa courte existence déjà programmée à cette ligne précise.

Il sera ici peut-être question d’art, mais avant toute autre narration je vais quand-même rester dans le domaine de la politique, même si vous le savez maintenant : pour moi tout est politique (revenez à la définition de ce terme en début de cette chronique), et l’art n’échappe pas à cette règle. Je voulais juste parler de la prochaine élection présidentielle de la République Française qui nous occupe toutes et tous.
Je reste persuadé que cette élection qui arrive est cruciale pour l’avenir de nos progénitures, elle est notre engagement responsable pour faire en sorte de ne pas leur léguer que des ruines où la vie disparaitra aussi vite qu’un flocon de neige au Soleil. Alors bien-sûr les fatalistes me diront que ce n’est pas grave, que de toute façon le problème pour la planète c’est l’être humain·e. Désolé les gars et les filles, je suis humaniste, progressiste et jamais je ne pourrai me résoudre à laisser passer de telles conneries. Nous n’irons jamais vivre sur Mars [+] avant que le capitalisme ne détruise notre planète mère, et seuls les plus riches essayeront de s’en sortir quoi qu’il en coûte sur le dos du lumpenprolétariat d’abord et des autres ensuite. Alors oui, comme nous le rappelle l’Huma dans un article récent [+], cette élection risque d’être kidnappée malheureusement par une majorité de vieux cons autant que de vieilles connes qui ne seront plus de ce monde dans quelques années mais qui le laisseront avec jouissance dans un état de non retour pour l’espèce, sous prétexte que l’on s’en sortira toujours laissant derrière elles et eux une génération de néo bourgeois·es dégénéré·e·s qui confondent comme leurs ancêtres délétères progrès et innovation [+]. Enfin c’est ce que nous disent les sondages, mais ainsi que le rappelle cet article de l’Huma dans cet autre lien [+] (je lis beaucoup l’Humanité, mais je ne voterai pas Roussel !), les sondages influencent-ils vraiment les votes de nos concitoyen·ne·s ?

Et puis de toute façon comme on dit : « peut-on mettre la fin du monde avant la fin du mois ? » ou vice-versa. C’est non seulement impossible mais c’est contraire à toute règle d’empathie, d’entre-aide et justement de progrès. Sauver la Terre c’est sauver l’être humain·e on ne peut pas se passer de redonner du sens au vivre ensemble. Le seul vrai programme écologique reste encore et toujours celui de l’Union Populaire parce qu’il s’inscrit dans une vrai préoccupation sociale.
Comme il est dit dans cette édition de l’émission Usul de Médiapart que vous pouvez visionner en suivant ce lien [+], le vote pour les Verts ne correspond qu’à une certaine classe sociale, le vote pour le programme de l’Union Populaire est à destination de tout le monde. Alors bien-sûr certaines et certains mettrons la main à la pâte, mais d’autres sortiront ainsi la tête de l’eau. Et ainsi, nous aurons collectivement bien plus de capacité à fournir de l’eau équitablement à toutes et tous.
Il se peut que j’enrage fort dans la chronique du jour. Il y a malheureusement de grandes probabilités que j’enrage encore plus dans celle de la semaine prochaine. Mais nous n’en sommes pas encore là. Avec un peu de chance et d’un sursaut populaire de raison nous déjouerons ces mauvais pronostiques. La dynamique est là comme on dit. Je l’ai vue en œuvre au meeting d’hier dimanche à Toulouse, tiens pour une fois j’en partage un lien vers la Détresse [+]
Il faut dire que l’enjeu est de taille. Du social à l’écologie les combats à mener sont implacables et la tâche est énorme face au forces de l’ultra-libéralisme et du fascisme qui convergent comme à leur habitude. Surtout aujourd’hui où pour brosser le plus conservateur des poils les limites sont dépassées en toute décomplexion : travail à partir de 12 ans (pour les pauvres !), travail jusqu’à la mort (encore pour les cons de pauvres !), travail forcé non payé ou payé au lance-pierre du RSA (toujours pour ces salauds de pauvres !). pendant que l’on détourne l’argent de l’état au profit des petits copains et des petites copines, pas la peine de faire un dessin avec scandale McKinsey [+], qui éclabousse jusque sur les bords des canaux de la capitale Occitane, à voir sur France 3 en suivant ce lien [+].
D’ailleurs en parlant de Toulouse et de ce meeting d’hier, je ferai juste remarquer que sans dispositif policier alentour il n’y a eu aucune échauffourées, aucune tension, aucune casse et aucune exaction, les commerçants et cafetiers ont même pu travailler un maximum avec cette immense foule qui avait besoin de se réchauffer avec de bons chocolats chauds. Qu’est-ce qu’il en dit l’édile principal du Capitole ? En dehors de sa phobie des pastèques… Je dis ça je ne dis rien !

Alors c’est bien pour cela et c’est bien par la peur de cette dynamique et d’une sortie des classes laborieuses de leurs léthargies, que depuis le début pour les zélateurs du bloc bourgeois, l’homme dangereux, l’homme à abattre est bien Mélenchon. Voilà de longues années que la rhétorique est bien huilée, jusqu’à aujourd’hui jusqu’à dire tout et son contraire [+]. Tout a aussi été fait depuis le début pour organiser un hold-up électoral permanent [+], face à un réel choix de société, en créant cette autre « Storytelling » qui nous fait croire à un barrage libéral face à la dérive sectaire et ultra-conservatrice de l’extrême-droite. Je le répète ici : ces deux piliers du capital font partis de la même famille et sont même son assurance-vie.
Tout a donc été bon pour disqualifier le candidat de gauche à fort potentiel qui ne soit pas totalement inscrit dans le bloc bourgeois. Déjà, soyons clairs et objectifs, avouons que ces cinq dernières années, dans l’action, son groupe parlementaire a été le seul à se lever avec force [+] face au rouleau compresseur macronnien, je ne suis pas sûr que les autres oppositions de gauche auraient été aussi efficaces à se battre pied à pied face à la démolition systémique de notre société mise en œuvre par le président sortant et ses sbires.
Démolition qui continuera quelle ou quel que soit un·e quelconque autre candidat·e de l’extrême-droite à la fausse gauche qui arriverait au pouvoir, soutenu·e par une majorité parlementaire qui continuera à chaparder les biens publics pour le compte des copains et des copines. À part si le tribun de la France Insoumise accède à l’investiture suprême de la république, rien ne changera, j’en suis à présent totalement certain. Ainsi, encore une fois je le rappelle : alors que je ne suis réellement pas du tout satisfait de ces élections au vote majoritaire à deux tours, ainsi que ce cette pseudo représentativité démocratique de nos institutions, je voterai dès le premier tour pour le candidat Mélenchon à l’élection présidentielle, et j’espère réellement que ces institutions évolueront enfin telles que son programme l’annonce.

Bon allez, j’arrête avec ces élections, il est temps de passer à autre chose, je vous avais promis un peu de culture et d’art aujourd’hui. Alors pour aller vers cela tout en restant avec le candidat Mélenchon, j’avoue que j’aime bien aussi ses préoccupations et ses propositions à propos de l’eau [+]. Et pour rebondir aussi à propos de ce fameux culte de la personnalité égocentré qu’on lui prête à outrance, je vais encore parler de moi !
Vous l’aurez compris, le thème de l’eau rejoint un des labeurs que j’ai en cours autour de ce sujet, nommé : « Aiga – La cartographie sensible de l’eau ».
Je vous parle de ce travail depuis des semaines parce vous pouvez en voir une étape majeure dans le cadre de l’exposition « Ricochet » [+] au centre d’art Le Quai des Arts [+] de Cugnaux.
Je rappelle encore une fois que le weekend qui arrive vous pourrez bénéficier de médiations exceptionnelles à travers le WEACT#13 du réseau d’art contemporain toulousain Pink-Pong [+].
Ces quelques mots pour opposer l’adage : « on n’est jamais mieux servi que pas soi-même » à cet autre adage qui nous dit que c’est le cordonnier qui est le plus mal chaussé…
Dans tous les cas, et c’est ce dont je voulais vous parler à propos de cette précieuse eau, ainsi que de ma cartographie de cette dernière, ce fut un très grand plaisir de dialoguer avec un public curieux sous les cimaises du centre d’art en buvant café et dégustant viennoiseries. Il n’y a rien de plus sympathique que de parler de son travail plastique avec un public attentif. Samedi dernier, celui de Cugnaux l’était sincèrement. Je l’en remercie vivement, ainsi que toute l’équipe du Quai des Arts. Je rappelle que l’exposition est visible jusqu’au 22 mai prochain.
Sinon, afin qu’il ne soit pas toujours question de moi, je viens de vous en entretenir en parlant de « Ricochet », le weekend qui arrive dans la Ville rose et son agglomération ce WEACT#13 proposera beaucoup de belles et intelligentes choses de l’art à voir ainsi qu’à appréhender… Vous pouvez prendre connaissance de tout le programme sur ce lien ici [+]. Sans oublier de rappeler que tout cela se situe dans la perspective de ce mois de l’art contemporain en Occitanie porté par le réseau Air de Midi [+]

Je vais arrêter de faire mon petit VRP de l’art local ou de la politique de comptoir. Je vais clore cette très brève chronique et vous laisser, il me semble que j’ai rendez-vous comme tous les jours avec la plus merveilleuse des artistes en la personne de Thérèse Pitte [+] ce qui vaut bien d’écourter cette chronique. Je vous souhaite une belle semaine, je vous enjoins à bien voter dimanche prochain, je n’aurais jamais imaginé écrire ou dire cela publiquement !
Dans tous les cas, je vous donne rendez-vous dans 7 jours, espérons le sourire aux lèvres, je compte sur vous les ami·e·s…

"Aiga - La cartographie sensible de l'eau" dans le cadre de l'exposition du printemps 2022 : "Ricochet" au Quai des Arts de Cugnaux
Exposition « Ricochet » au Quai des Arts de Cugnaux. (Crédit photo : Pascale Herpe)

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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