28.11.2022 – Chronique du lundi

28 novembre 2022 § Poster un commentaire

Comme un avis de rétrécissement…

Amies et amis qui suivez assidûment mes chroniques tout comme celles et ceux qui êtes de passage occasionnellement sur ces dernières, ou tout simplement pour toutes et tous qui me lisez ou m’écoutez pour la première fois, amies et amis du présent comme du futur, nous sommes le 28 novembre 2022, il est environ 6h25 à la date et à l’heure où je me lance dans l’assemblage de notes éparses afin de composer de cette Chronique du lundi, et je vous y souhaite une très sincère bienvenue.

Alors il est vrai que pour celles et ceux qui découvriraient mes chroniques du lundi à travers la porte ouverte par la présente, vous risquez d’en être pour votre faim. Je me permets donc de vous renvoyer à la lecture des quatre précédentes où j’explique ma difficulté actuelle à trouver assez d’espace mental pour vous narrer correctement ce fameux temps qui passe sous nos yeux, comme je le fais régulièrement sous une forme hebdomadaire et construite depuis plus de deux ans à présent. Un exercice que j’ai exécuté bien avant cette série de publications numériques régulières, durant quelques décennies par intermittence sur les ondes de diverses radios, dont la fameuse et historique Radio FMR [+].

Bref aujourd’hui j’ai encore la journée bien remplie d’un artiste qui a une actualité prochaine et qui de plus s’essaye à soutenir la production d’autres artistes. Ainsi je vous l’annonce tout de go : je ne serai pas très prolixe dans ma prose de ce lundi. Après tout ce n’est pas si grave face à ce que le monde contient de problèmes irrémédiables. Il est vrai qu’il y a tant de choses à dire, mais tant d’autres que moi le disent bien plus brillamment.

Je sais qu’en tant qu’artiste éternellement précaire, car j’ai bien conscience de faire partie de la cohorte des cinquièmes roues du carrosse, dont l’utilité n’a l’importance que quand l’amusement public bat de l’aile, je devrais être bien plus combatif. D’autant qu’à travers cette apathie générale sûrement due à une lassitude collective accompagnée par la criminalisation [+] de l’action, nos concitoyen·ne·s ont bien du mal à se réveiller face à la brutalité du pouvoir en France quand ce dernier précarise encore plus la population dont il a pourtant la charge, que ce soit pour les retraites [+] ou pour le chômage [+].
Mais voilà je laisse donc les autres en parler si vous surfez sur les liens que je vous donne à suivre dans le texte de ce court exercice éditorial du jour.

Tout comme cette pluie qui tombe un peu et qui nous cache un temps l’urgence du déficit hydrique, alors que je vous ai tanné sans relâche en rabâchant assidument tout au long des semaines et des mois précédents à propos des dérèglements [+] du climat et des effondrements de l’anthropocène [+] à la limite de la collapsologie [+], je n’en deviserai pas plus aujourd’hui.

J’aurais aussi bien pu disserter à propos de fait de société dont s’emparent l’actualité comme par exemple de la corrida. Sauf que je sais bien qu’il ne faut jamais parler de cette violente pratique à table dans nos régions du Sud entre Camargue et Landes. C’est d’autant plus bizarre que les pratiques taurines traditionnelles et culturelles de par chez nous, entre raset et courses diverses, me semblent loin d’être celle qui finissent par des flots de sang sur la piste [+]. Il me semble ainsi à travers l’exemple des pratiques taurines qui ont fini en boucheries à ciel ouvert que la surenchère du spectacle et de l’argent nuisent toujours au sens profond des affaires de l’esprit, et ce n’est pas nouveau puisque ces pratiques prennent leurs racines dans la nuit des temps [+].

Et en parlant de nuit des temps, mais bien avant notre histoire que l’on s’évertue à n’imaginer qu’à partir de l’invention de l’écriture ou même plus tôt de l’agriculture, comme si notre culture ne pouvait pas faire partie de la nature, il y eu ce que l’on nomme l’art pariétal cet art que, sans être préhistorien·ne, l’on peut dire multiple car il couvre des dizaines de millénaires et des régions si diverses, comme on peut s’en rendre compte en regardant cette courte vidéo, ici en lien [+], à propos de l’exposition sur l’art et la préhistoire au Musée de l’homme [+] à Paris qui se tient en ce moment.

Comme quoi les choses ne sont pas si simples pour les artistes au sein de l’espèce humaine depuis qu’elles ou qu’ils s’adonnent à l’art, quelles qu’en soient les raisons de transcendance qui les poussent à le faire. Dans ces temps lointains les moyens de production des praticien·ne·s des choses de l’art étaient sûrement complexes. De nos jours ces conditions techniques de productions sont évidemment plus aisées, mais les forces de la réaction triomphante n’en finissent pas de mettre des bâtons dans les roues à l’image de cette polémique imbécile [+] autour de la statue de Victor Hugo créée à Besançon par le regretté artiste sénégalais Ousmane Sow [+], une polémique lancée par la droite conservatrice et l’extrême-droite qui restent définitivement des ennemis de l’art et des artistes. Cette querelle stupide qui se déploie autour d’une œuvre d’art a aussi le visage d’un racisme ordinaire en France.

En parlant d’art pariétal et de représentations du monde par les sapiens du paléolithique, malgré toute la richesse foisonnante de ces dites représentations, il est tout de même des constantes dans l’art que sont les lieux communs visuels et le déjà-vu. L’avènement presque avéré de l’après post-modernisme n’y fera pas grand chose et les fameuses intelligences artificielles qui s’immiscent dans l’art y feront encore encore moins. Ainsi que l’explique bien ici en lien [+] dans un article sur son site, l’excellent théoricien et artiste franco-canadien Grégory Chatonsky [+] qui vit et travaille entre Montréal et Paris, un artiste [+] dont il me semble bien vous avoir déjà narré son travail qui interroge depuis plusieurs décennies maintenant le monde du numérique et le digitalisation du monde.

Me voilà presque à la fin de mon propos du jour avant même de l’avoir entamé. Car ainsi que je viens de vous le dire, plein de travail m’attend et en particulier pour une très prochaine exposition avec Thérèse Pitte [+] ma chère et tendre complice sur scène comme dans la vie, ainsi que l’on dit, une exposition en décembre dans un lieu temporaire nommé « Les Herbes Folles » [+] à Toulouse du côté du Faubourg Bonnefoy. Nous y présenterons ce travail photographique qui accompagna la traversée de nos confinements pandémiques. Mais je vous en dirai plus dès la semaine prochaine. Quoi qu’il en soit il vous reste à réserver vos vendredi 9 et samedi 10, voire le dimanche 11, décembre 2022,

Avant de vous quitter, puisque mes billets d’humeur hebdomadaires sont sensés parler tout de même d’art et pas forcément de ma propre pratique même si elle exercée en collaboration ou convergences, je me dois de vous annoncer deux ou trois événements à venir.

Tout d’abord pour dire aux chanceuses et chanceux nantais·es, ou toutes celles ainsi que tous ceux qui projettent de se propulser à Nantes en fin de cette semaine à venir, qu’ils pourront aller voir l’exposition « Espace d’Espèces » qui présente des travaux récents de deux artistes installées dans cette ville Atlantique. Deux artistes qui sont : Laurence Broydé [+] dont j’apprécie énormément le labeur et Anna Picco [+] dont j’avoue humblement ne pas connaître le travail si ce n’est à travers son site web. Le vernissage de l’expo sera vendredi prochain 2 décembre 2022, vous pourrez trouver toutes les informations sur celle-ci en lien ici [+].

Si vous n’êtes pas du côté du château des ducs de Bretagne et si vous êtes plus au Sud dans nos contrées occitanes ce même weekend prochain, si vous êtes à Toulouse par exemple, je vous conseille d’aller voir l’extraordinaire labeur du formidable artiste qu’est Hervé Laplace alias Herbôt [+] que l’on connaît aussi pour son génial travail autour de cet artiste fictionnel connu même dans les grandes universités anglo-saxonnes sous le nom de René Apallec [+], mais dont le travail plastique de gueules cassées est bien réel. Hervé / Herbot présentera un travail de « collages herbôtiques » au Millésimé [+] 62, Rue Riquet à Toulouse, qui est une cave à vin pas très loin de la place Saint-Aubin.

Toujours à Toulouse dès le 1er décembre à la galerie 3.1 [+] qui est la galerie d’art contemporain gérée par le Conseil Départemental de la Haute-Garonne, vous pourrez rencontrer le travail de Xavier Pinel [+], un autre artiste que j’avais eu le plaisir d’avoir comme stagiaire dans une vie antérieure mais pas si ancienne. Xavier nous invite dans son exposition « Noyer le poisson » [+] à réfléchir à ces lignes de front entre fiction et réel dans la perception que nous nous faisons du monde. Ce labeur est le fruit d’une résidence cet été à la SCAC Marestaing [+], un lieu de création dans le Volvestre qui chaque année invite deux artistes, l’un originaire d’Afrique, l’autre des bords de la Garonne.

Pour finir il me fallait aussi vous annoncer que toujours en fin de semaine, du 3 au 5 décembre 2022, vous pourrez voir l’exposition « Si le soleil est s’éteint pas » à la Nouvelle Galerie [+], 15 Place de la Halle à Cologne sur Gers dans le Gers évidemment. L’affiche de couleur rouge pour cette exposition de cette Nouvelle Galerie gersoise me remémore notre NGA pour Nouvelle Galerie Atomium que nous créions il y a pas loin de 39 ans et que l’on peut retrouver succinctement ici dans mes archives [+]. Mais enfin là n’est pas le sujet, car si je vous en parle c’est bien parce que l’on retrouvera dans cette exposition au cœur des collines de la Lomagne gersoise plein de super boulots de non moins supers artistes comme, entre-autres, Sophie Bacquié [+], Jérôme Souillot [+] ou encore les éditions d’art du colletif Le Parti [+], sur un commissariat d’exposition de Valérie Marzouin. Il faut noter que Valérie assure depuis quelques paires d’années avec brio une excellente direction artistique de La Chapelle Saint Jacques [+] de Saint-Gaudens, un autre lieu d’art dans ces zones rurales du piémont pyrénéen en remontant le cours de la Garonne au sud de Toulouse.

Sinon, alors que des crétins millionnaires décérébrés courent en short derrière un ballon dans des stades climatisés ouverts en plein désert, et que d’autres de nos congénères de l’espèce humaine, souvent sans avenir et sans autre plaisir, klaxonnent comme des dératés en cramant de l’essence sur des boulevards périphériques ou intérieurs, Christian Bobin vient de mourir [+], et c’est triste.
Sur cette amère note je vous laisse pour aujourd’hui encore une fois avec un de mes dessins tiré d’une de mes séries du projet « Aiga – La cartographie sensible de l’eau ». Je vous donne rendez-vous lundi prochain selon le même procédé, c’est à dire celui qui vous conviendra dès le moment où ma prochaine Chronique du lundi sera en ligne… Adissiatz amigas e amics !

Reproduction d'une pages d'un carnet "Aiga - La cartographie sensible de l'eau" du plasticien Philippe Pitet - Carnet de la Montagne Noire 2013
Aiga – La cartographie sensible de l’eau, reproduction d’une page du carnet de la Montagne Noire – 2013

La suite la semaine prochaine pour une nouvelle « Chronique du lundi »…

PhP

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